Famille de Grolée

famille historique lyonnaise

Famille de Grolée
Image illustrative de l’article Famille de Grolée
Armes

Blasonnement Gironné d'or et de sable de huit pièces.
Devise « Je suis Grolée. »
Période XIIe siècle - XXe siècle
Pays ou province d’origine Bugey
Fiefs tenus Aromas, Bressieux, Châbons, Chanas, Châteaufort, Châteauvillain, Corveissiat, Groslée, Marchastel, Montrevel, Neyrieu, Peyre, Saint-André, Sandrans, Virville.
Demeures Châteaufort, Groslée, Saint-André, Villard
Charges Sénéchal de Lyon
Fonctions ecclésiastiques Chanoine-comte de Lyon

La famille de Grolée ou Groslée, originaire du Bugey, est une famille noble française, d'extraction féodale, dont la filiation remonte au XIIe siècle.

TitresModifier

Liste non exhaustive des titres que porta la famille de Grolée suivant les périodes :

  • marquis de Bressieux (1612), de Virville (1639) ;
  • comtes de Grolée[1],[2] (1580), de Marchastel[3], de Peyre, de Virville (1569) ;
  • barons de Sandrans, de Virville (1560) ;
  • seigneurs d'Aromas, de Châbons, de Chanas, de Châteaufort, de Châteauvillain, de Corveissiat[4],[5], de Groslée, de Montrevel, de Neyrieu (Saint-Benoît), de Saint-André.

HistoriqueModifier

Les opinions divergent quant à l'origine du nom de Viriville; la plus ancienne mention connue est citée dans le Cartulaire de saint Hugues,"Veteris Villae", et remonte à 902. Du XIeme au XIIIeme siècle, on trouve, dans divers documents,"Veirevilla"'Virivilla","Verevilla". Par ailleurs, pour Nicolas Chorier, historien dauphinois, Viriville viendrait du nom d'un soldat romain,"Virius", à qui aurait été attribué une "centurie".

En ce soir d'été, sur le seuil de sa tente, Virius le Vétéran apprécie le calme de la campagne environnante; les soldats de sa cohorte se sont endormis, il est seul. Lui, le légionnaire des armées de Dominius, se souvient de son enfance dans les ruelles de Rome, Rome la puissante cité pour laquelle il a guerroyé pendant de si longues années; il pense à ce temps, déjà lointain, où, encore adolescent, il a été enrôlé dans la grande armée romaine. Il aperçoit, là-haut, sur la colline des Gorgons, les feux allumés par les derniers résistants Allobroges. Peut-être préparent-ils encore une escarmouche contre sa petite garnison ? Quand se soumettront' ils ? C'est au cours d'une bataille, au bord de la Sorgue, là où ses eaux se mêlent à celles du Rhône, que Virius avait rencontré, pour la première fois, les Allobroges, ces guerriers fiers et courageux, surnommés les"Gessates c'est à dire les"Vaillants". Quelle bataille ce fut ! Sans attendre les Arvernes, leurs alliés, les Allobroges, armés de leurs longues et larges épées, le corps nu jusqu'à la ceinture étaient venus au devant de l'armée de Domitius. La bataille leur fut meurtrière : les Romains possédaient des éléphants et les Allobroges n'en avaient pas vu depuis que Annibal, le Carthaginois, avait passé ses armées en revue à Penol, lors de sa traversée des Alpes : il y avait plus de quatre vingt ans ! Ces énormes pachydermes avaient semé la panique parmi la cavalerie gauloise : les chevaux, terrorisés, s'étaient emballés avec tant de fougue que leurs cavaliers n'avaient pu les arrêter. Les Allobroges avaient reculé, sans se rendre. Les légions de Fabius et de Domitius leur infligèrent une seconde bataille, au confluent de l'Isère et du Rhône. Les combats furent très violents, les Allobroges et leurs alliés, les Arvernes, perdirent beaucoup d'hommes. Bien que défaits, les Allobroges n'étaient toujours pas soumis, beaucoup se retirèrent dans les montagnes et sur les hauteurs et, depuis, se soulevaient à toutes occasions. Les Romains, vainqueurs, étendirent alors leur domination à tout le territoire des vaincus et commencèrent à pacifier l'Allobrogie. Afin d'affermir leur autorité, ils partagèrent les terres conquises entre les vétérans des armées de la République. Ces soldats, qui avaient participé à tant de campagnes, trouvèrent, de ce fait, la récompense de leurs loyaux services. A lui, Virius, qui avait servi près d'un quart de siècle, venait d'être attribué une parcelle de territoire, une "centurie" pour la coloniser. Ces terres qui l'entourent et qui s'étendent entre les collines, le long de la "pétrosa", la rivière qui descend des coteaux, ces terres fertiles sont devenues son domaine; son regard le parcourt lentement. Autour de l'humble campement. Il imagine l'habitation du maître qu'il construira, les logis des serviteurs et des esclaves, les maisons des paysans et des artisans qui formeront une "villae" : la "villae de Virius".

La famille serait originaire du château éponyme, situé dans l'actuel département de l'Ain. Il aurait été construit au XIIe siècle puis restauré au XVe et XVIe siècles. Au XVIIIe siècle, il est démantelé et il n'en reste que le donjon.

La première mention d'un membre de la famille Grolée/Groslée est Jacques de Groslée, sénéchal de Lyon, qui vivant en 1180[6],[7]. Il est à l'origine de la fondation du couvent de Saint-Bonaventure, à Lyon (couvent des Cordeliers)[8],[6] et c'est en son souvenir qu'une des rues de la ville porte le nom de Grolée.

La seigneurie de Groslée fut vendue par Antoine de Grolée au duc Amédée VIII de Savoie qui le donna à Pierre de Bourbon. Vers 1420, les Grolée héritèrent la baronnie de Bressieux, quatrièmes des anciennes baronnies du Dauphiné, par le mariage d'Alix de Bressieux et de Guillaume de Grolée. En 1455, Jean de Grolée, chanoine de Lyon, s'accorde avec Pierre de Bourbon pour qu'il lui revende la seigneurie de Groslée[9].

Comme toutes les familles nobles, les Grolée avaient de nombreux droits, tels que celui de bac sur le Rhône au port de Grolée en Bugey[10], ou de péage dans la seigneurie de Rossillon[10].

Les dépendances du comté de Grolée sont Lhuis, Ordonnaz ou encore Innimont[2].

Les Grolée se sont installés ou avaient des possessions en Dauphiné, en Bresse, en Jura, en Languedoc[11], etc. Ils donnèrent de nombreux sénéchaux[12], des chanoines-comtes de Lyon, abbés et religieuses, des chevaliers des Ordres du Roi, de l'Ordre de l'Annonciade, des chambellans des ducs de Savoie, des militaires, un Gouverneur militaire de Lyon, (Humbert de Grolée), et de Montélimar, , etc. et ils jouèrent un rôle important, notamment dans le Lyonnais.

La branche aînée des seigneurs de Grolée s'éteint en 1620 avec le dernier enfant mâle, fils du chevalier Pierre-Pompée de Grolée, comte de Grolée[7]. Une des filles de ce dernier, Marie-Claire de Grolée, voit son époux Joachim du Cros relever le nom et les armes de la famille Grolée, donnant naissance aux du Cros de Grolée[7],[13]. Selon Gustave de Rivoire de La Bâtie, la famille du Cros de Grolée serait tombée « dans celle de Barral-Montferrat un peu avant la révolution de 1789 »[13].

Claude-François de Grolée, comte de Virville meurt en 1714, sans postérité[14]. Avec lui s'éteint, en ligne masculine la branche de Virville[14]. Ses biens passent à sa sœur Jeanne-Anne-Magdelaine de Grolée de Virville, épouse de François Olivier de Sonozan[14].

HéraldiqueModifier

Les armes de la famille de Grolée se blasonnent ainsi :

Gironné d'or et de sable de huit pièces[6],[14]Devise des Grolée est : "Je suis Grolée"[6],[14]

Cimier : une queue de paon d'or[15].

Supports : deux anges au naturel[15].


La branche des comtes de Grolée s'éteint en 1620[7].

Branches
  • Grolée, seigneurs de Châteaufort
François de Grolée[16] (vivant en 1579), marié à Claudine de Montluel, acquiert, en 1586, par arrêt du Sénat de Savoie, le Château de Châteaufort et donne naissance à la branche des Grolées, seigneurs de Châteaufort.
Branche tombée en quenouille, vers 1670, ses biens passant à la famille de Mareste[7].
  •   Grolée, seigneurs de Mépieu, Bouvesse et Saint-Romain.
Gironné d'argent et de sable de huit pièces, le premier giron de sable chargé d'un croissant montant d'or[14].
Branche des seigneurs de Mépieu, installée en Dauphiné. Seigneurs de Bouvesse et Saint-Romain, en 1646[7]. Éteinte au XVIIe siècle, dans la famille Joly de Choin[7].
  • Grolée-Mévouillon
Branche des Grolée-Mévouillon (ou Meuillon, ou encore Mévillon), marquis de Bressieux, quatrièmes barons de Dauphiné[7]. Passée par mariage à la famille de Grolée en 1427[7]. Éteinte au XVIIe siècle[7]
Le titre de marquis de Bressieux et les terres qui y sont attachées passent à une cousine germaine, puis à son époux qui appartient aux La Baume de Suze[7].
  •   Grolée-Bressieux.
Gironné d'argent et de sable de huit pièces[14]
Support et cimier : trois lions d'or, lampassés de gueules[15]
  •   Grolée-Virville, comtes et marquis de Virville.
Gironné d'argent et de sable de huit pièces, brisé en cœur d'une couronne [de marquis] d'or[14],[17].
Branche des Grolée-Virville éteinte en 1714[14]. Passe par mariage à la famille de Senozan[14]. Puis au XXe siècle dans la famille Lepri di Rota. Une partie de cette branche s’installa en Italie au château de Podernovo, près de Florence, où on les voit jusqu'au XXe siècle, représentés par l'avocat florentin Léon-Marie-Gabriel-Alexandre de Grolée-Virville, marquis de Grolée-Virville-Sansedoni. La dernière branche française est représentée par Alain de Grolee avec ses enfants Aymar, François et Jean Philippe.[réf. nécessaire]
  • Seigneurs de Gerboules et de Chapeaucornu
Éteinte[14]
  • Seigneurs de Charray, Passins, Cousance et Bouvesse
Voir branche de Châteauvilain. Éteinte[14]
  • Seigneurs de Saint-André-de-Briord
Éteinte[14]
  • Grolée de la Combe et de la Forcatière
Éteinte[14]
  •   Grolée-Peyre, comtes de Peyre, seigneurs de Montbreton[18].
  • des Boches (branche naturelle)
Éteinte[14]
  •   Cros de Grolée.
Ecartelé d'azur à la fasce d'or, accompagnée en chef de deux croisettes d'argent et en pointe d'une étoile d'or, qui est de Cros, et de Grolée (gironné d'or et de sable de huit pièces).
Famille relevant le nom de la branche aînée[13] (voir section « Historique »).

FiliationModifier

  • Jacques de Groslée, sénéchal de Lyon en 1180[6],[7].
  • Guy de Grolée (vivant en 1307), chanoine-comte de Lyon en 1307.
  • Jean de Grolée, participe à la bataille de Varey en 1326.
  • Guy de Grolée (vivant en 1385), chevalier[19].
  • Aymar de Grolée, chanoine-comte de Lyon en 1406.
  • Antoine de Groslée (vivant en 1420), descendant de Jacques, mariè à Catherine de Palagninil avec qui il n'aura que deux filles, vend la seigneurie de Groslée à Amédée VIII de Savoie.
  • Jean de Groslée (vivant en 1455-†1458) chanoine-comte de Lyon[20].
  • Jacques II de Groslée (vivant en 1455), neveu de Jean, bailli du Bugey[21], seigneur de Lhuis.
  • Méraud de Grolée (vivant vers 1465), prieur de Pommiers-en-Forez vers 1465.
  • Humbert de Grolée (†1434), sénéchal de Lyon.
  • Pierre de Grolée (†1454)[19].
    • Marguerite de Grolée, fille de Pierre, mariée à Philibert de Viry, seigneur d'Allemogne[19].
  • Jean-Philippe de Grolée (v. 1504-†1550), fils du chambelan Jacques de Grolée, archevêque comte-prince de Tarentaise, aumônier du Roi[22].
  • Pierre de Grôlée (†fin du XVIe)[23], seigneur du Villard, mort, à la fin du XVIe[24], probablement sans descendant, car le fief fait retour à la Maison de Savoie.
  • François de Grolée (vivant en 1579)[16], marié à Claudine de Montluel. Il acquiert, en 1586, par arrêt du Sénat de Savoie, le Château de Châteaufort et donne naissance à la branche des Grolées, seigneurs de Châteaufort.
  • Claude de Grolée (vivant en 1579 et 1580)[16], marié à Claire de Montluel, Ier comte de Grolée
  • Pierre de Grolée (vivant en 1611)[16], frère de François, marié à Anne de Clermont, s'installe, en 1611, au château de Châteaufort.
  • Marguerite de Grolée (†1652)[25], marié à Charles-Emmanuel de Mareste, marquis de Lucey.
  • Philibert de Grolée, gouverneur de Lyon.
  • François de Grolée (vivant en 1625), gouverneur de Montélimar et de Nyons en 1625[26].
  • César de Grolée de Virville (vivant en 1649 et encore cité en 1663), Grand-Prieur de la Langue d'Auvergne de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem de 1649 à 1663.
  • Pierre-Pompée de Groslée, chevalier, qui ne laissa qu'une fille, Claire, mariée à Joachim du Cros.

PossessionsModifier

Liste non exhaustive des possessions tenues en nom propre ou en fief de la famille de Grolée :

Notes et référencesModifier

  1. Par lettre patente d'Emmanuel-Philibert, duc de Savoie
  2. a et b Jules Baux, Nobiliaire du département de l'Ain (XVIIe et XVIIIe siècles), 1862-1864 p. xx
  3. Hippolyte de Barrau, Documens historiques et généalogiques sur les familles du Rouergue, tome II, 1854, p. XX[réf. incomplète].
  4. Par succession de la famille de Chambut[réf. nécessaire]
  5. M.L Sandret, Revue héraldique, historique et nobiliaire, tome VI, 1870-1871, p. XX[réf. incomplète].
  6. a b c d et e Paul Guillemot, Monographie historique du Bugey, Léon Boitel, , 272 p. (lire en ligne), p. 81, VI Seigneuries indépendantes dans le Bugey. XIe siècle.
  7. a b c d e f g h i j k et l Rivoire de La Bâtie, 1867, p. 290 (présentation en ligne)
  8. Samuel Guichenon, Histoire de Bresse et du Bugey, 1650, p. 112.
  9. Recueil de généalogies pour servir de suite ou de supplément au dictionnaire de la noblesse, tome XIV, 1784, p. 264.
  10. a et b Arrêt du conseil d’État du Roi,
  11. Louis Lainé, Dictionnaire véridique des origines des maisons nobles ou anoblies du royaume de France, 1819, p. 125.
  12. « Jean de Grolée », sur le site du Musée d'histoire militaire de Lyon et de la région Rhône-Alpes.
  13. a b et c Rivoire de La Bâtie, 1867, p. 181 (présentation en ligne)
  14. a b c d e f g h i j k l m n et o Rivoire de La Bâtie, 1867, p. 292 (présentation en ligne)
  15. a b et c Rivoire de La Bâtie, 1867, p. 293 (présentation en ligne)
  16. a b c et d Michèle Brocard, Les châteaux de Savoie, Cabédita, 1995 (ISBN 9782882951427), p. 199.
  17. Cette brisure doit dater de l'érection du comté de Grolée en marquisat[réf. nécessaire].
  18. « Alain-Marie Joseph Peyre (auteur de ces armoiries écartelées), né le 12 octobre 1932 à L'Aigle, a été adopté, suivant jugement du Tribunal de grande instance d'Albertville (Savoie)du 23 juin 1964, par l'avocat florentin, Léon Marie Gabriel de Grolée-Virville, connu sous le titre de marquis de Grollée-Virville-Sansedoni. Celui-ci était le dernier représentant de la branche italienne d'une famille issue de la noblesse du Bugey et du Dauphiné. Alain-Marie Peyre est donc devenu à l'état civil Peyre de Grollée-Virville et a pris les titres de comte, puis de marquis de Grollée-Virville » (Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire-Français, Sedopols; 2012, p. 631-632)
  19. a b et c Marie-Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain, Bourg, Gromier Ainé, , 518 p. (notice BnF no FRBNF30556006, lire en ligne), p. 332.
  20. Note et documents pour servir à l'histoire de Lyon, Antoine Péricaud, 1838
  21. Site clunisien.
  22. Jean-Paul Bergeri, Histoire de Moûtiers. Capitale de la Tarentaise, Montmélian, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », , 503 p. (ISBN 978-2-84206-341-2, lire en ligne), p. 202, notice.
  23. Jean Létanche, Les vieux châteaux, maisons fortes et ruines féodales du canton d'Yenne en Savoie, Le livre d'Histoire-Lorisse, 1907 (ISBN 9782843738135) p. 48.
  24. Michèle Brocard, op. cit., p. 106.
  25. Michèle Brocard, op. cit., p. 200.
  26. Mémoires d'Eustache Piemond, collectif, 1885, p. 608
  27. Dans le Beaujolais, vendu en 1452 par Antoine de Grolée à Antoine de L'Aubespine
  28. Histoire du Beaujolais, Pierre Louvet, 1903
  29. Relevé des registres du notaire Étienne Bout, 3E411 à 3E416, par Roger Durante
  30. Michèle Brossard, Les Châteaux de Savoie, Cabédita, 2004, p. 106
  31. Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Jean-Bernard Challamel, Alain Guerrier, Histoire des communes savoyardes. Le Genevois et Lac d'Annecy (Tome III), Roanne, Éditions Horvath, , 422 p. (ISBN 2-7171-0200-0), p. 423.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier