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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Goldschmidt.

Famille Goldschmidt
Branches Goldschmidt
Goldschmidt-Rothschild
Goldsmith
Pays ou province d’origine Francfort-sur-le-Main
Demeures Château de Madame du Barry
Charges Consul du grand-duc de Toscane

La famille Goldschmidt est une famille de banquiers et de financiers connue à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne, dès le XVIe siècle. Active dans plusieurs pays d'Europe occidentale au XIXe siècle, elle a joué un rôle notable dans le développement du capitalisme par actions. Plusieurs de ses membres ont également marqué la vie culturelle.

HistoireModifier

La lignée fut fondée par Moshe Yehuda Ha-Levi Segal Samuel Goldschmidt, originaire de Nuremberg, qui s'installa à Francfort en 1521.

Très importante famille juive de Francfort, les Goldschmidt ont occupé une maison de la Judengasse à l'enseigne du Cygne d'Or (Zum goldenen Schwan (de)) pendant quatorze générations tout en diversifiant progressivement leurs lieux de résidence. Dès le XVIème siècle, certains membres de la famille étaient en relations d'affaires avec les Fuggers. Josef Goldschmidt "Zum Goldenen Schwan" a compté par les principaux financiers de la fin du XVIème siècle.

Des membres de la famille se sont installés dès le XIXe siècle en Autriche, en France, en Belgique et en Grande-Bretagne.

 
Le siège de la Banque B.H. Goldschmidt à Francfort

Les descendants du banquier Benedict Hayum Goldschmidt (23 avril 1798 à Francfort – 7 mai 1873 à Paris), fondateur de la banque B.H. Goldschmidt (de) et consul du grand duc de Toscane, qui eut sept fils, se sont illustrés dans différents domaines (banque, industrie, collection d'art, cinéma, politique).

Les Goldschmidt se sont plusieurs fois mariés avec des membres d'autres familles de la haute banque, comme les Rothschild et les Bischoffsheim. Au XIXe siècle, ils entretenaient des relations d'affaires particulièrement étroites avec la famille Bischoffsheim, avec laquelle ils fondèrent et dirigèrent la banque Bischoffsheim, Goldschmidt et Cie, qui devait fusionner en 1863 avec la Banque de crédit et de dépôt des Pays-Bas, puis en 1872 avec la Banque de Paris, pour former la Banque de Paris et des Pays-Bas (Paribas) et donner naissance en 1999, après une nouvelle fusion avec la Banque nationale de Paris (BNP), à l'actuelle banque BNP Paribas.

La branche Goldschmidt-RothschildModifier

La branche Goldschmidt-Rothschild provient de l'union en 1878 de Maximilian Benedict Goldschmidt (en), un des fils de Benedict Hayum Goldschmidt, avec Minna Caroline von Rothschild (1857-1903), une des filles du baron Wilhelm Carl von Rothschild (1828-1901), dernier représentant des branches de Francfort et de Naples de la célèbre famille. Maximilian Goldschmidt adopte le nom de Goldschmidt-Rothschild en 1878, et est anobli -avec le titre de baron- en 1903, par l'Empereur d'Allemagne Guillaume II.

Au tournant du XIX° et du XX° siècle, jusqu'à la première guerre mondiale, Maximilian de Goldschmidt-Rothschild était considéré comme le détenteur de la plus importante fortune personnelle parmi les plus riches familles de l'empire allemand, avec un revenu supérieur à celui de l'empereur lui-même[1].

 
Maximilian von Goldschmidt-Rothschild

À travers lui, le nom Rothschild restera ainsi présent à Francfort jusqu'en 1940, année de sa mort dans son palais de Bockenheimer Landstrasse, où les Nazis, après avoir confisqué ses biens, l'avaient autorisé à conserver une chambre.

Le producteur de cinéma Gilbert de Goldschmidt, qui produisit notamment les grands films de Jacques Demy (Les parapluies de Cherbourg, Les demoiselles de Rochefort), appartenait à la branche Goldschmidt-Rothschild.

La branche anglaiseModifier

La branche anglaise anglicisa son nom en Goldsmith, à la suite de Frank Goldsmith (1878–1967), qui fut notamment parlementaire et membre de la chambre des communes de 1910 à 1918 (parti conservateur). Au XXe siècle, son membre le plus célèbre fut l'homme d'affaires James Goldsmith, qui fut notamment élu au parlement européen sur une liste eurosceptique conduite avec Philippe de Villiers. Son fils Zac Goldsmith, est aujourd'hui représentant de la circonscription de Richmond Park à la chambre des communes (parti conservateur).

L'écrivain et philosophe écologiste Edward Goldsmith et sa fille l'actrice Clio Goldsmith, appartiennent également à la branche anglaise.

Il s'agit, selon le "Evening Standard", de "la plus irrésistible dynastie de Londres", "peut être pas les Windsor ou les Kennedy mais, avec un excitant cocktail de barons-voleurs, de bonne société établie, d'exotisme, de beauté, d'engagement politique et de souci de l'environnement, une antidote aux industriels et entrepreneurs sans couleur"[2].

Les autres branchesModifier

Parmi les Goldschmidt installés en France, les banquiers Salomon Goldschmidt (1821-1888) et Léopold Goldschmidt (1830-1904) furent de grands collectionneurs d'art et mécènes. La collection de Salomon Goldschmidt, qui possédait le château de la comtesse du Barry à Louveciennes, comprenait notamment de nombreux tableaux d' Eugène Delacroix, acquis directement dans l'atelier de l'artiste, qu'il fréquentait régulièrement en amateur constant[3]. Léopold Goldschmidt, qui avait fait construire son hôtel particulier du parc Monceau à Paris par l'architecte William Bowens Vander Boijen , avait une collection comprenant des tableaux majeurs, comme le portrait de Diderot par Fragonard ou l'autoportrait au chardon de Dürer (actuellement au musée du Louvre). Il était le mécène du peintre Gustave Moreau et avait soutenu, à l'instigation de ce dernier, Georges Rouault à ses débuts.

 
l'hôtel Goldschmidt à Paris, construit par William Bowens Vander Boijen

La fille d'Isaac ("John") Goldschmidt, Elena Goldschmidt-Franchetti, tint un salon littéraire réputé à Paris et au château de Voisins, qu'elle possédait avec son mari, le banquier Guillaume Beer. Elle fut l'admiratrice et la muse de Lecomte de Lisle. Celui-ci mourut au cours d'un séjour à Voisins. Le poème "La rose de Louveciennes" est un hommage à Elena Goldschmidt. Elle écrivait elle-même sous le pseudonyme de Jean Dornis.

La sœur d'Elena, Isabelle Goldschmidt-Errera (1869-1929), qui habitait et tenait salon, avec son mari Paul Errera, à l'hôtel Errera de Bruxelles, fut une spécialiste reconnue de l'histoire des textiles. Importante collectionneuse, qui s'intéressa à la création contemporaine dans ce domaine, elle est l'auteur d'ouvrages qui font encore autorité. La salle d'exposition des musées royaux de Belgique consacrée aux textiles porte son nom et est ornée de son buste, dû au sculpteur Thomas Vinçotte. Avec son mari, elle fut une mécène active, soutenant notamment les jeunes artistes belges de la Libre Esthétique, comme Octave Maus et Fernand Khnopff, qui fit son portrait[4].

GénéalogieModifier

  • Mayer Salomon Goldschmidt (1775-1854), marchand, fils de Salomon Benedict Goldschmidt (1738-1812) et de sa femme, née Rechle Cassel (1746-1810), marié à Hélène Hanau Cassel (1769-1827)
  • Son frère, Hayum Salomon Goldschmidt (1772–1843), banquier, marié à Gelchen (Caroline) Gans (1779-1847)[5]
    • Benedict Hayum Goldschmidt (1798–1873), banquier, fondateur de la banque B.H. Goldschmidt (de), marié à Johanetta Kann (1802-1848)
      • Leopold Benedict Goldschmidt (1830–1904), banquier, marié à Régine Bischoffsheim (1834–1905)
        • Marie Emma Goldschmidt (1857–1888), mariée à Maurice Villeroy (1844–1924)[6],[7],[8]
        • Paul Herman Goldschmidt (1860–1901)[6]
        • Louise Hortense Goldschmidt (1864–1893), mariée au vicomte Louis de Sartiges (1859–1924)[6]
        • Clara Julie Eugénie Goldschmidt (1866–1930), mariée à Ange André Pastré (1856–1926), comte romain[6]
      • Ferdinand Benedict Goldschmidt (1826- 1893), dr. Jur et dr. phil, banquier, marié à Hortense Cerfberr (1839-1911)
      • Salomon Benedict Goldschmidt (1821-1888), banquier, marié à Henriette Berend (1833-1856) puis à Mélanie Biedermann (1834-1894)
      • Hermann Benedict Goldschmidt (1831-1886), banquier, marié à Ottilie Prizbram (1843-1923)
        • Thérèse Goldschmidt (1875-1963), active dans les œuvres sociales, mariée à Paul Hymans (1865-1941), homme politique belge, universitaire, diplomate
        • Alfred Goldschmidt (1871-1954), industriel, trésorier général de la croix rouge belge, marié à Marguerite Brodsky (1884-1973)
      • Isaac ("John") Goldschmidt (1828–1909), banquier, marié à Sophie Franchetti (1843–1922)
        • Elena Goldschmidt (1864–1948), femme de lettres connue sous le nom de Jean Dornis, mariée à Guillaume Louis Beer (1854-1913), banquier
        • Isabelle Goldschmidt (1869-1929), collectionneur et mécène, mariée à Paul Ererra (1860-1922), juriste et mécène
      • Adolphe Goldschmidt (en) (1838–1918), banquier, marié à Alice Emma Moses (1844–1922)
      • Maximilian von Goldschmidt-Rothschild (en) (1843–1940), banquier et fait baron von Goldschmidt-Rothschild après avoir épousé Minna Caroline de Rothschild (1857–1905)
        • Albert Maximilian von Goldschmidt-Rothschild (1879–1941), banquier
        • Rudolph Maximilian von Goldschmidt-Rothschild (1881–1962)
          • Gilbert de Goldschmidt (1925–2010)
            • Frédéric Rodolphe Emmanuel de Goldschmidt (1959)
            • Sarah Benedicte Emmanuellede Goldschmidt (1975)
        • Lili Jeannette von Goldschmidt-Rothschild (1883–1925)
        • Lucy Georgine Leontine von Goldschmidt-Rothschild (1891–1977)
        • Erich Max Benedikt von Goldschmidt-Rothschild (1894–1987), banquier
    • Hertz Hayum Goldschmidt (1799-1879), marié à Henriette Schnapper (1798-1840)
    • Rebecke Goldschmidt (1801-1814)
    • Aron Hayum Goldschmidt (1802-1851), marié à Pauline Reiss puis à Sara Stiebel
      • (1er mariage) : Henrich Anton Goldschmidt
      • (2e mariage) :
      • (2e mariage) :
    • Amalie Goldschmidt (1804–1887), mariée à Louis Raphaël Bischoffsheim
    • Dorothea Goldschmidt (1806-1811)
    • Caroline Goldschmidt (1807-1878)
    • Regina Goldschmidt (1810-1834), mariée à Eduard Jacob Hirsch Kann
    • Henriette Goldschmidt (1812–1892), mariée à Jonathan-Raphaël Bischoffsheim
    • Salomon Hayum Goldschmidt (1814-1898)[12], président de l'Alliance israélite universelle


BibliographieModifier

  • Bertrand Gille, Histoire de la Maison Rothschild, Genève, Librairie Droz, 1965 et 1967, 2 volumes.
  • Anthony Allfrey, The Goldschmidts, Think Publishing, London 1996, (ISBN 0-9541363-3-0)
  • Chris Hutchins, Dominic Midgley, Goldsmith - Money, Women and Power, Neville Ness House, Richmond 2015, (ISBN 978-0-9933566-2-9).
  • Hans-Dieter Kirchholtes, Jüdische Privatbanken in Frankfurt am Main, Verlag Waldemar Kramer, Frankfurt am Main 1989, (ISBN 3-7829-0351-X).

RéférencesModifier

  1. Ziegler, Dieter., Grossbürger und Unternehmer : die deutsche Wirtschaftselite im 20. Jahrhundert, Vandenhoeck & Ruprecht, (ISBN 352535682X et 9783525356821, OCLC 45817166, lire en ligne)
  2. (en) « The Goldsmith supremacy: London's most compelling dynasty », sur Evening Standard, (consulté le 3 octobre 2019)
  3. Catalogue des tableaux modernes et des objets d'art, composant l'importante collection de feu M. S. Goldschmidt... vente... 17... 18 et... 19 mai 1888 / [experts] E. Féral, Petit, Mannheim, (lire en ligne)
  4. Eliane Gubin, Dictionnaire des femmes belges: XIXe et XXe siècles, Lannoo Uitgeverij, (ISBN 9782873864347, lire en ligne)
  5. Généalogie de Caroline Goldschmidt, site geni.com.
  6. a b c et d Cyril Grange, Une élite parisienne : les familles de la grande bourgeoisie juive (1870-1939), CNRS Éditions, Paris, 2016 (ISBN 978-2-271-08954-0).
  7. Généalogie Maurice Villeroy
  8. Généalogie Villeroy de Galhau
  9. (en) Noble Circles by MacGregor Sadolin (searchable genealogical database)
  10. La cérémonie de mariage s'est tenue le 23 juin 1973 en la basilique Sainte-Clotilde de Paris. Leur divorce est prononcé en 1975.
  11. a et b (en) Sally Bedell Smith, Billionaire with a Cause, Vanity Fair, May 1997.
  12. Généalogie de Salomon Hayum Goldschmidt, site geni.com.

Voir aussiModifier