Eugène Jacob de Cordemoy

médecin et botaniste français
Eugène Jacob de Cordemoy
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
Hell-BourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Abréviation en botanique
Cordem.Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Fratrie

Eugène Jacob de Cordemoy est un médecin et botaniste français originaire de l'île de La Réunion né le à Saint-André[1] et mort le à Hell-Bourg (Salazie).

BiographieModifier

Sur le plan médicalModifier

Docteur en médecine de la Faculté de Paris, licencié es sciences naturelles, Eugène Jacob de Cordemoy est médecin de l'hôpital de Saint-Benoît, bourgade de l'Est de La Réunion où il pratique également la chirurgie, comme la plupart de ses collègues de cette époque.

Le tambave est une pathocénose, c'est-à-dire une maladie liée à un contexte culturel particulier. En 1864, dans l’ouvrage intitulé La médecine extra-médicale à l’Île de la Réunion, Cordemoy décrit le tambave, maladie mortelle du petit enfant : « Les petits malheureux qui sont en proie à cette cachexie (par ce mot on entend en médecine un état dans lequel toute l’habitude du corps est manifestement altérée), où, pour parler le langage des empiriques, qui ont le tambave, présentent un aspect très caractéristique. Ils sont profondément amaigris, ils ont de la bouffissure, souvent une infiltration générale. La diarrhée prolongée leur a souvent fait pousser le ventre (...) La peau amincie est transparente nacrée. Maladie qui, à terme, est mortelle ». Ayant identifié les différentes manifestations de la maladie, il conclut : « Le tambave n’est donc pas une entité pathologique, mais la conséquence de plusieurs maladies distinctes ». Cette superposition de plusieurs pathologies que la médecine de l’époque avait du mal à différencier, pouvait devenir mortelle.

Témoin de l'introduction de la fièvre à la Réunion, il formule son opinion à ce sujet dans le journal de la Réunion du  : « Plusieurs d'entre nous savent comment la fièvre paludéenne a été introduite à la Réunion. Quand la quarantaine qui avait été imposée aux provenances de l'île Maurice, fut levée, une famille arriva et s'installa au Champ-Borne, près de l'Etang (1867). Elle avait apporté, dans un but de spéculation, des vêtements portés par des soldats anglais morts, à Maurice, de fièvre dite de Bombay et acquis à vil prix. Ces vêtements furent lavés sur les bords de l'Etang. Peu de semaines après, la fièvre paludéenne éclata dans le voisinage et se propagea de proche en proche. Je pus suivre cette marche envahissante de case en case, du Champ-Borne à Saint-Philippe. Ce mode spécial d'extension me suggéra alors la conviction que la cause du mal ne pourrait être un simple agent physico-chimique, mais un organisme pathogène se reproduisant et se multipliant dans l'espace et dans le temps. Cette conviction s'imposait, me semble-t-il. Elle parut dans le temps quelque peu hérétique, lorsque je la publiai : les découvertes de Laveran ont justifié mes vues légèrement révolutionnaires ».

BotaniqueModifier

Les premières études globales sur la Flore des Mascareignes à être publiées furent la Flore de Maurice et des Seychelles par Baker en 1877 et la Flore de La Réunion par Eugène Jacob de Cordemoy en 1895, lequel reprit les travaux de Charles Frappier, un autre botaniste réunionnais. Ces travaux concernaient plus particulièrement les orchidées de La Réunion, soit un catalogue de 145 espèces dressé en 1880. Flore de La Réunion synthétise trente années de prospections et d'études de la flore réunionnaise et établit les fondements synthétiques des connaissances botaniques générales de la flore de l'île. Son herbier est aujourd’hui conservé à Marseille.

PolitiqueModifier

Durant trente ans il est maire de Saint-Benoît et conseiller général.

Eugène Jacob de Cordemoy fut membre de la Société Linnéenne de Paris, vice-président de la Commission administrative du Muséum et du Jardin Botanique de Saint-Denis, membre de la Société des Sciences et des Arts de la Réunion, correspondant de la Société des Sciences et des Arts de l'Île Maurice.

GénéalogieModifier

Il est un descendant de Philippe Antoine Jacob de Cordemoy, Gouverneur de La Réunion du au , lequel était né le à Bouillon en Belgique. La particule vient de Gilles Jacob, brigadier des armées du Roi, qui a acquis en le fief de Cordemoy, aux environs de Bouillon.

Il est le père de Hubert Jacob de Cordemoy qui, suivant les traces de son père, se consacra, bien que Docteur en médecine, presque exclusivement à la botanique. Reçu en 1896 docteur ès sciences, il fut préparateur de botanique au PCN de Paris, nouvellement créé. Reçu docteur en médecine en 1898, il fut chargé des cours d'histoire naturelle coloniale à la faculté de médecine et fut également professeur à la faculté des sciences.

ŒuvresModifier

  • La médecine extra-médicale à l'île de la Réunion, St Denis, 1864
  • « Traitement du tétanos par l'opium à hautes doses », Bulletin thérapeutique, Paris, 1866
  • « Sur un cas de résection partielle du foie suivie de guérison », Paris, 1894
  • Flore de l'île de la Réunion (Phanérogames, Cryptogames vasculaires, Muscinées) avec l'indication des propriétés économiques & industrielles des plantes, Paris, Paul Klincksieck, 1895, 574 p.

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier

Cordem. est l’abréviation botanique standard de Eugène Jacob de Cordemoy.

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