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Ne pas confondre avec le quartier de Benghazi, en Libye, appelé Benghazi al-Jadida.

El Jadida
ⴰⵍ-ⵊⴰⴷⵉⴷⴰ الجديدة
El Jadida
La forteresse portugaise de Mazagan (El Jadida)
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Casablanca-Settat
Province El Jadida
Code postal 24000
Démographie
Gentilé el jadidien e
Population 200 000 hab.[1] (2017)
Densité 6 250 hab./km2
Géographie
Coordonnées 33° 14′ 00″ nord, 8° 30′ 00″ ouest
Altitude 48 m
Superficie 32 km2
Divers
Site(s) touristique(s) la Cité portugaise, le phare de Sidi Bouafi
Localisation

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Liens
Site web http://www.eljadida.gov.ma/
Les remparts d'El Jadida

El-Jadida ou al-Jadida (arabe:الجديدة, berbère: ⴰⵍ-ⵊⴰⴷⵉⴷⴰ) --avec anciens noms al-Breyja (arabe:البريجة), Mazagan (arabe:مازاگان, berbère: ⵎⴰⵣⴰⴳⴰⵏ, portugais: Mazagão) et al-Mahdouma (arabe:المهدومة)-- est une ville côtière du Maroc, à 96 km de Casablanca, province d'El Jadida. Une cité fortifiée, édifiée par les Portugais au début du XVIe siècle et nommée Mazagan (Mazagão en portugais), fut prise par les Marocains en 1769. Les fortifications de la cité portugaise, avec leurs bastions et remparts, constituent un exemple précoce de l’architecture militaire portugaise de la Renaissance. Les édifices portugais encore visibles sont la citerne portugaise, la forteresse portugaise de Mazagan et l'église de l'Assomption, construite dans le style manuélin. Ils offrent un témoignage exceptionnel des influences croisées entre les cultures européenne et marocaine. Dès le début du XIXe siècle, la ville éclata hors des remparts de la cité portugaise. Elle s'étend aujourd'hui très au-delà de ce qui n'est plus qu'un îlot historique au bord de l'Atlantique. d'une altitude de 28 m.

Sommaire

HistoireModifier

Selon certains auteurs, le mouillage était connu des Européens dès le début de l'ère chrétienne : il se confondrait avec le port de Rutubis évoqué par Pline l'Ancien (Ier siècle apr. J.-C.) et celui de Rousibis dont parle Ptolémée (IIe siècle apr. J.-C.)[2]. Quelques historiens soutiennent qu'il correspond au site d'Akra cité dans le Périple d'Hannon (Ve siècle av. J.-C.)[3] ). Il ne s'agit là que d'hypothèses.

Les Portugais édifièrent à Mazagan une forteresse - un château flanqué de quatre tours - en 1514, puis en 1542 une ville fortifiée ceinte d'épaisses murailles, qui pouvait accueillir plusieurs milliers d'habitants, tous originaires du Portugal[4].

La présence portugaise prit fin en 1769, quand la ville fut prise par Sidi Mohamed ben Abdellah. À la veille de l'assaut, le commandant de la place reçut de Lisbonne l'ordre d'évacuer la ville. Un accord fut passé avec Mohamed ben Abdellah pour que les Portugais quittent la ville sans crainte d'une attaque. Avant leur départ, ceux-ci décidèrent de miner tous les bastions. Lorsque les Marocains pénétrèrent dans la cité, une série d'explosions détruisit les murailles et fit de nombreuses victimes. Entre la reprise de la ville et jusqu'au début du XIXe siècle, la cité fut appelée El-Mehdoûma, « la Ruinée » en arabe[5].

Moulay Abd ar-Rahman, proclamé sultan en 1822, décida de restaurer la cité fortifiée et de l'appeler El Jadida, « la Nouvelle » en arabe. Des commerçants européens, surtout des Anglais originaires de Gibraltar, vinrent s'y installer. La ville accueillit de nombreux habitants venus de l'intérieur du pays. Elle déborda rapidement des limites de la cité portugaise, désormais souvent désignée sous le nom de Mellah car les juifs y étaient les plus nombreux. Au début du XXe siècle, El Jadida, que les Européens continuaient à appeler Mazagan, devint un des ports les plus importants du Maroc[6].

À partir de 1912, sous le protectorat de la France, une ville nouvelle fut créée comprenant un centre d'affaires (administrations, banques, etc.) et des quartiers résidentiels à l'attention des émigrants français[7].

Citerne portugaiseModifier

Article détaillé : Cité portugaise.
 
La Citerne portugaise

Cette vaste salle souterraine et voûtée faisait partie du château fort construit en 1514 par les Portugais. Elle servit probablement de salle d'armes avant d'être utilisée comme réserve d'eau. Sur un plan carré de 34 m de côté, elle comporte six nefs dont les voûtes d'arêtes reposent sur 25 colonnes et piliers. La travée centrale est percée d'un large oculus par où se déverse la lumière du jour qui produit par réflexion sur l'eau de la citerne, un surprenant effet de miroir imprégnant le lieu d'une étrange atmosphère. La citerne portugaise d'El Jadida avait séduit Orson Welles au point qu'il y tourna certaines séquences de son film Othello. Quelques scènes des films le retour de l'étalon noir, produit par Francis Ford Coppola et Harem, d'Arthur Joffé, ont également été tournées dedans[7].

Le , la cité portugaise de Mazagan (El Jadida) a été inscrite dans le patrimoine mondial de l'Unesco[8].

Théâtre municipalModifier

Édifice datant de 1925 qui fut construit juste après le théâtre de Casablanca et, de ce fait, est le deuxième théâtre au Maroc. À l’origine, l’établissement portait le nom de « Salle municipale des fêtes » et servait aux soirées dansantes et aux bals jusqu’en 1930 où il fut transformé en véritable théâtre doté de 658 places dont 88 sous forme de loges réservées aux personnalités. La première présentation théâtrale Le malade imaginaire, de Molière, a eu lieu le 15 juillet 1930. Cet établissement a joué un rôle primordial dans le développement du théâtre marocain. En 2015, il fut baptisé « Théâtre Afifi » en hommage posthume à Mohamed Saïd Afifi, dramaturge né à El Jadida ayant dirigé ce théâtre (1969-1974)[9].

HarasModifier

C'est le plus ancien des haras du Maroc, construit par le maréchal Lyautey en 1913, il avait à l'origine, une vocation purement militaire. Il abrite une centaine de boxes, une cinquantaine de stalles, des dépendances et des ateliers dont une forge, une sellerie, une menuiserie et une infirmerie. C’est également un lieu de formation et d'élargissement des compétences liées à la filière équine[10]

Liés au chevalModifier

 
Fantasia

Moussem de Moulay Abdellah Amghar : un rassemblement où se côtoient de nombreuses activités d’ordre religieux ou non, autour des fantasias qui assemblent plus de 3 600 cavaliers. Un rituel organisé en hommage et à la mémoire du saint soufi de Doukkala, Abdallah Abou Lmahasin Mohammed Amghar (vers 1060), fondateur de la Taifa Senhajia, durant le règne de la dynastie Almoravides. Le moussem est célébré dans la commune de Moulay Abdellah située à 15 km d’El Jadida, chaque année au mois d'août. Les habitants de la région ont pour tradition de dresser leurs tentes aux pieds du sanctuaire, de ramener leurs meilleurs cavaliers et leurs plus beaux chevaux afin de manifester, durant sept jours, leur ferveur et leur joie. En 2015, le moussem a attiré plus de 500 000 visiteurs marocains[11].

Salon international du cheval d’El Jadida : le roi Mohammed VI a accordé son patronage au 1er salon international du cheval à El Jadida du 22 au 26 octobre 2008. Un tel choix s'explique, non seulement parce que la région possède d'importantes richesses naturelles, mais aussi parce qu'elle a été toujours le fief du cheval. Ce salon annuel participe au développement de l’ensemble de sa filière équine et à son rayonnement à l’international. Il constitue l’évènement le plus important du genre sur l’ensemble du continent africain[12]. Durant 6 jours, championnats, concours, compétitions, conférences et spectacles s’y succèdent. En 2015 (8e édition), le salon a reçu 260 000 visiteurs[13].

PhareModifier

 
Phare de Sidi Bouafi

Connu sous le nom de «  phare de Sidi Bouafi », c'est un monument imposant de la ville d’El Jadida, datant de 1917. Vu l’importance commerciale du port d’El Jadida pendant le XIXe et au début du XXe siècle, la construction dans la région d’un grand phare était avisée. La lumière du phare Sidi Bouafi avec celles du phare du cap Saint-Vincent au Portugal et du phare de Trafalgar en Espagne sont les trois points de repères formant un triangle permettant aux navigateurs se dirigeant de l’archipel des Açores vers les côtes atlantiques marocaines ou d’Europe de se positionner. Au début son appareillage fonctionnait au pétrole, il ne fut doté d’un appareil électrique qu’après l’alimentation de la ville en électricité vers 1925. Actuellement les éclats, visibles d’une distance découverte de 30 milles, sont émis sous forme de faisceau tournant par le mouvement de rotation à la vitesse de 3 tours par minute[14].

Université Chouaïb DoukkaliModifier

L'université Chouaib Doukkali fut créée en 1985 et se composait, à l'origine, de deux établissements universitaires : la faculté des sciences et la faculté des lettres et des sciences humaines.

Elle compte trois autres établissements universitaires : la faculté polydisciplinaire[15] (2004), l'École nationale de commerce et de gestion (2006) et l'École nationale des sciences appliquées (2008).

Liste des établissements académiques post-secondaires:

Université Chouaib Doukkali, incluant les composantes suivantes:

Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail (OFPPT), incluant les composantes suivantes:

  • Centre de Qualification Professionnelle (CQP)
  • Institut Spécialisé de Technologie Appliquée (ISTA) - Al-Massira
  • Institut Spécialisé de Technologie Appliquée (ISTA) - Cité-de-l'Air

Et:

  • Centre Régional des Métiers de l'Éducation et de la Formation (CRMEF) --à el-Jadida--
  • Institut de Technologie Hotelière et Touristique (ITHT) --à el-Jadida--
  • Section de "Brevet de Technicien Supérieur" (BTS) (au Lycée Technique ar-Razi)
  • Section des "Classes Préparatoires aux Grandes Écoles" (CPGE) (au Lycée Technique ar-Razi)
  • Institut Supérieur de Génie Appliqué (IGA) (privé) --à el-Jadida--

DémographieModifier

El Jadida comptait, en 2004, 144 440 habitants[16].

La population d'El Jadida est estimée à 160 000 habitants en 2009.[réf. nécessaire]

ÉconomieModifier

Activités portuairesModifier

La province d'El Jadida dispose de deux ports : le port d'El Jadida et celui de Jorf Lasfar en eau profonde.

 
Le port de pêche d'El Jadida
  • Le port d'El Jadida dans le centre ville est réservé à la pêche, aux bateaux de plaisance et aux sports nautiques[17]
  • Le port de Jorf Lasfar, à 17 km au sud de la ville, est le premier port minéralier d’Afrique. Ouvert au commerce international depuis 1982, le port de Jorf Lasfar constitue l’un des maillons de l’infrastructure portuaire du Maroc. Parmi les grandes entreprises qu'il abrite, on trouve l'OCP, JLEC, ODEP, SONASID...[réf. nécessaire]

TourismeModifier

La province d'El Jadida dispose d'une importante offre hôtelière, à cela s’ajoutent de nombreux riads. Les sites à visiter sont:

 
Poterie d'El Jadida
 
Stade d'El Jadida

Réseau routierModifier

La province d’El Jadida dispose d’un réseau classé de 2 012 km de route dont 1 831 km revêtues. C’est le plus long réseau revêtu comparé à celui des autres provinces du Royaume.

L'autoroute reliant El Jadida à Casablanca, d'une longueur de 80 km a été ouverte à la circulation à partir du 4 novembre 2006.

L'extension de l'autoroute A5 reliant El Jadida à Safi a été ouverte au public le 4 août 2016 avec une longueur de 143 km.

IndustrieModifier

Situation : route de Marrakech
Aménageur : municipalité d’El Jadida
Superficie : 117 ha
Il est l'un des plus grands ports d'Afrique. Prévu sur une superficie de 500 ha, le parc sera un espace structurant visant à assurer un développement spatial équilibré de la région et constituera le premier parc industriel destiné à abriter les moyennes et les grandes industries ainsi que celles liées aux activités du complexe phosphatier.[réf. nécessaire]

JumelagesModifier

Personnalités et érudits liés à la villeModifier

Notes et référencesModifier

  1. [1]
  2. L'indication de la position astronomique du port de Rousibis fournie par Ptolémée est : 6°40' et 32°10'.
  3. Notamment Jérôme Carcopino, Le Maroc antique, Gallimard, 1943, p. 102.
  4. http://www.abebooks.fr/Place-Mazagan-domination-portugaise-1502-1769-GOULVEN/15917910299/bd
  5. http://www.bibliomonde.com/livre/mazagao-ville-qui-traversa-atlantique-maroc-l-amazonie-1769-1783-3861.html
  6. http://www.sudoc.abes.fr/DB=2.1//SRCH?IKT=12&TRM=174619707&COOKIE=U10178,Klecteurweb,D2.1,Efa2182e0-18b,I250,B341720009+,SY,A\9008+1,,J,H2-26,,29,,34,,39,,44,,49-50,,53-78,,80-87,NLECTEUR+PSI,R90.56.9.25,FN
  7. a et b http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=34466
  8. http://whc.unesco.org/fr/list/1058
  9. http://www.maghress.com/fr/eljadida24fr/3274
  10. http://www.eljadida.com/actualite_news_el_jadida/quand-les-chevaux-parlent-aux-hommes%E2%80%A6-dans-les-coulisses-du-haras-d-el-jadida-a2175.html
  11. http://lematin.ma/express/2014/moussem-moulay-abdellah-amghar-_plus-de-500000-visiteurs-attendus-a-el-jadida/207250.html
  12. http://www.equidia.fr/life/el-jadida-lautre-salon-du-cheval/
  13. http://www.le360.ma/fr/sports/equitation-le-haras-del-jadida-remis-a-neuf-54359
  14. http://eljadidascoop.com/lhistoire-dun-pharele-phare-sidi-bouafi/
  15. http://www.fpj.ucd.ac.ma/index.php/faculte/mot-doyen
  16. « Royaume du Maroc – Haut commissariat au Plan – 2004 – Recensement de la population et de l'habitat de 2004 – Population légale du Maroc »
  17. http://anej.asso-web.com/37+port-del-jadida-et-club-nautique-anej.html

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

BibliographieModifier

  • Ahmed Chahid et Mostafa Lekhiar, El Jadida mémoire, éd. Al Mohajir, 1970.
  • Mostafa Lekhiar et Bouchaïb Chergui, Doukkala fief de la fauconnerie au Maroc, Casablanca, Dar al Thaqafah, 1984.
  • Laurent Vidal, Mazagão, la ville qui traversa l'Atlantique. Du Maroc à l'Amazonie (1769-1783), Paris, Aubier, 2005.
  • Mustapha Jmahri, Chroniques secrètes sur Mazagan-El Jadida, 1850-1950, Les cahiers d'El Jadida, 2010.
  • Mustapha Jmahri, Mazagan-El Jadida, deux siècles d'histoire consulaire, Les cahiers d'El Jadida, 2011.
  • Michel Amengual, EL Jadida, Capitale des Doukkala, Maroc Prémium Le Magazine, 2011.
  • Christian Feucher, Mazagan (1514-1956), Paris, L'Harmattan, 2011.
  • Nasrallah Belkhayate, La ville d'El Jadida, éd. Livre de prestige17, 2012.
  • Aboulkacem Chebri, Doukkala et sa région. Histoire et patrimoine de Doukkala-Abda (دكالة وإيالتها. جهة دكالة-عبدة، تاريخ وآثار), El-Jadida, 2012.
  • Bouchaïb Chergui, Le cheval dans le Doukkala, 2014.
  • Abdelali Najah, Mazagan, Edilivre-Aparis, 2015.
  • Aboulkacem Chebri, El-Jadida, la ville-bateau qui a transcendé l'Histoire et les Continents, in Patrimoine mondial de l'Unesco. Les sites du Maroc, Pub. Ministère de la Culture (Maroc) et l'Unesco, Ed. La Croisée des Chemins, Casablanca, 2016.
  • Joseph Goulven, La place de Mazagan sous la domination portugaise(1502-1769), Paris, Émile Larose, 1917.

Lien externeModifier