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Végétal

page d’homonymie
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végétal
Nom vulgaire ou nom vernaculaire ambigu :
L'appellation « végétal » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Description de cette image, également commentée ci-après
Observation d'un végétal (affiche d'Eugène Grasset)

Taxons concernés

Dans les règnes :

et le sous-règne :

Voir texte


Selon les classifications scientifiques classiques un végétal est un organisme appartenant à l'une des diverses lignées qui végètent : c'est-à-dire qui respirent, se nourrissent, croissent comme les plantes, selon l'étymologie du terme[1]. Contrairement à une idée largement répandue, le terme végétal ne désigne pas uniquement les plantes. Si l'on définit les plantes comme l'ensemble des organismes couramment reconnus comme les « végétaux verts », elles forment un groupe monophylétique comprenant les algues vertes et les plantes terrestres, constituant le taxon des Chlorobiontes. Au sens phylogénétique et dans les classifications modernes, le « règne végétal », dans son contenu traditionnel, n'existe plus et les végétaux sont un terme trop vague[2],[3],[4],[5].

Sommaire

SystématiqueModifier

Le règne végétal est un assemblage polyphylétique d’organismes photosynthétiques et dont les cellules ont une paroi faite de cellulose. Ce groupe est formé de deux lignées, l’une d’algues, et la seconde de plantes terrestres, qui comprennent notamment les bryophytes (mousses et hépatiques), fougères (ptéridophytes), gymnospermes et angiospermes.

La botanique, discipline d'étude des végétaux a identifié environ :

  • 300 000 espèces de plantes à fleurs, diversifiées depuis le Crétacé,
  • 900 espèces de Gymnospermes (Conifères, Cycades, Gnétales), diversifiées depuis probablement la fin du Carbonifère,
  • 20 000 espèces de fougères, diversifiées depuis le début du Carbonifère,
  • 10 000 espèces de mousses
  • 4 000 d’hépatiques.

Les champignons ne sont plus classés dans le règne végétal, et forment le règne identifié des Fungi.
Les algues forment un ensemble polyphylétique (algues vertes, brunes, etc. ..).

Une histoire de classificationModifier

La botanique a progressivement écarté le terme « végétal » de son vocabulaire.

Au début du XXe siècle, on répartissait les végétaux selon les trois grandes catégories suivantes :

En 1969 Robert Harding Whittaker proposait une classification à cinq règnes dans lequel le règne végétal Plantae complétait quatre autres règnes : les protistes (unicellulaires), les monères, les Fungi (champignons), et les animaux[6].
Cette classification n'est encore retenue de nos jours que pour les organismes multicellulaires (animaux, champignons, plantes).

Ainsi la classification moderne des Eucaryotes a évacué le terme de « végétal » car les espèces ainsi réunies formaient un groupe polyphylétique. On lui préfère aujourd'hui les termes plus précis de Chlorobionte (algues vertes et plantes terrestres), algues rouges, algues brunes, etc. qui désignent des groupes monophylétiques aux caractères bien définis.

Caractéristiques des végétauxModifier

Les végétaux sont des eucaryotes pluricellulaires réalisant la photosynthèse et cela grâce à des organites bien particuliers.

Les cellules végétales se distinguent des autres cellules eucaryotes par une paroi pectocellulosique faite de cellulose et de protéines et par la vacuole faisant partie de leur vacuome.

Les végétaux n’ont pas de neurones et donc pas de système nerveux structuré. Ils disposent cependant de mémoire et réagissent aux stimuli au même titre que les animaux. Les informations et les réactions sont transmises par les cellules du liber sous forme de signal électrique[7]. Stefano Mancuso du Laboratoire international de neurobiologie végétale à Sesto Fiorentino, près de Florence, estime que les végétaux ont une « sorte de cerveau » diffus, alors que chez les animaux tout est concentré dans un même organe[8]. Lorsqu'une plante est attaquée, elle produit des protéines de défense (véhiculées par l'acide jasmonique) ; ces substances, désagréables pour l'herbivore, vont l'inciter à aller manger une autre plante. L'exemple le plus frappant serait celui de certains acacias qui rendent leurs feuilles toxiques. On a même constaté que des acacias encore non-touchés avaient déjà rendu leurs feuilles toxiques avant d'être attaqués. Un phénomène similaire a également été constaté chez les érables. Beaucoup de végétaux émettent des protéines de défense. C'est le cas, par exemple de la tomate (notons qu'il émet du jasmonate méthyle, une forme volatile de l'acide jasmonique), du chou, ou encore du maïs. Cependant, ces deux derniers émettent non pas des protéines, mais des phéromones qui vont attirer les prédateurs des herbivores. Ainsi le maïs va attirer une variété de guêpes qui vont pondre leurs œufs dans la chenille qui attaque le plant de maïs[9].

Notes et référencesModifier

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « végétal » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. Jean-Louis Morère et Raymond Pujol, Dictionnaire raisonné de biologie, Paris, Frison-Roche, , 1222 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-87671-300-4), « Article Règne végétal »
  3. Marc-André Selosse, « Les Végétaux existent-ils encore ? », in Les Végétaux insolites, Dossier Pour la Science, no 77, octobre-décembre 2012, p. 8-13.
  4. Marc-André Selosse, « Que sont devenus Animaux, Végétaux et Champignons ? », in Daniel Prat, Aline Raynal-Roques & Albert Roguenant (dir.), Peut-on classer le vivant ? Linné et la systématique aujourd’hui, Éditions Belin, Paris, 2008, p. 225-233. (ISBN 978-2-7011-4716-1)
  5. Marc-André Selosse, « Animal ou Végétal ? Une distinction obsolète », Pour la Science, no 350, décembre 2006, p. 66-72.
  6. (en) Robert Harding Whittaker, « New concepts of kingdoms or organisms. Evolutionary relations are better represented by new classifications than by the traditional two kingdoms », Science, vol. 163, no 3863,‎ , p. 150-160
  7. Michel Thellier, Les plantes ont-elles une mémoire ?, Quæ, 2015, p. 66, 67
  8. Le Monde, Science et techno, 29/02/2016
  9. Loïc Chauveau, « Les plantes souffrent elles quand on les coupent », Sciences et Avenir,‎ , p. 110

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier