Colchique d'automne

espèce de plantes

Colchicum autumnale

Le Colchique d'automne, Colchicum autumnale (Syn. Colchicum multiflorum Brot.), est une plante herbacée du genre Colchicum.
Il appartient à la famille des Liliaceae selon la classification classique de Cronquist (1981)[1]. La classification phylogénétique le place dans la famille des Colchicaceae.

Il a aussi pour nom : safran bâtard, safran des pays (son apparence est proche de celle du safran), ail des prés, chenard, mort chien, tue-chien, tue-loup, vachette ou veilleuse[2].

DescriptionModifier

 
Fleurs

C'est une plante assez basse, à corme. Elle présente la particularité d'avoir deux apparences très différentes :

  • en automne, seules les fleurs apparaissent, naissant d'une spathe tubuleuse au niveau du sol. elles sont formées de six tépales, trois pétales roses et trois sépales de la même couleur et de même aspect. Les 6 étamines sont insérées sur deux niveaux différents. Les styles courbés à leur extrémité sont terminés par un stigmate décurrent ;
  • au printemps, ce sont les feuilles lancéolées, larges qui apparaissent entourant le fruit, une grosse capsule ovoïde formée d'abord sous terre.

CaractéristiquesModifier

 
Fruits

Organes reproducteurs[3] :

Graine :

Habitat et répartition :

  • habitat type : prairies médioeuropéennes, mésohygrophiles, fauchées, mésothermes, planitiaires à montagnardes ;
  • aire de répartition : européen tempéré.

PathogènesModifier

Plusieurs maladies cryptogamiques peuvent infecter les feuilles de la Colchique d'automne à savoir le charbon causé par Urocystis colchici qui prend la forme de sores allongées gris-plomb se déchirant à maturité pour disperser des spores noirâtres ainsi que les rouilles Uredo colchici-autumnalis au stade urédie qui prend la forme de pustules jaunes ou brûnatres et Uromyces colchici au stade télie qui prend la forme de coussinets noirâtres et poudreux visible à la base des deux côtés de la feuille la plus basse[4].

Statuts de protection, menacesModifier

L'espèce n'est pas considérée comme étant menacée en France. En 2021 elle est classée Espèce de préoccupation mineure (LC) par l'UICN.

Toutefois localement l'espèce peut se raréfier : elle a disparu en Bretagne; elle est considérée Quasi menacée (NT), proche du seuil des espèces menacées ou qui pourrait être menacée si des mesures de conservation spécifiques n'étaient pas prises, dans les régions Poitou-Charentes, Aquitaine, Nord-Pas-de-Calais et Limousin ; elle est classée Vulnérable (VU) en Haute-Normandie.

ToxicitéModifier

Le Colchique contient de la colchicine (pour l'humain, troubles à partir de 10 mg, mortelle à partir de 40 mg) et il arrive fréquemment au bétail d'être intoxiqué. La colchicine, bien qu’utilisée en thérapeutique est un poison bloquant la division cellulaire. L’intoxication par ingestion se manifeste par des troubles digestifs violents, des troubles sanguins et neurologiques. L’issue peut être dramatique.

En avril 2020, un Alsacien d'une cinquantaine d'années meurt d'intoxication après avoir consommé un pesto du colchique qu'il avait cueilli en le confondant avec de l'ail des ours[5].

Il fut un temps où les jouets étaient souvent fournis par la nature. Dans la capsule du colchique d’automne, les graines cliquettent. Il arrivait que des enfants cueillent des capsules, qui devenaient entre leurs mains des hochets assassins. Certains avalaient les graines, absorbant ainsi une dose fatale de colchicine. La dose létale est évaluée à 1 mg par kilogramme de poids corporel et une seule graine en contient environ 4 mg [6].

La Colchique d'automne et l'HommeModifier

Utilisations médicinauxModifier

La plante était utilisée pour combattre les crises de goutte[7].

Dans les artsModifier

Art nouveauModifier

La colchique d'automne est utilisée comme élément décoratif[8].

MusiqueModifier

Il existe un poème et une chanson sur cette plante.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Arthur Cronquist, An Integrated System of Classification of Flowering Plants, New York, Columbia University Press, (ISBN 0-231-03880-1, OCLC 1136076363, lire en ligne) 
  2. Fiche sur le colchique d'automne sur le site pixiflore.
  3. Données d'après Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.
  4. (de) Friedemann Klenke & Markus Scholler, Pflanzenparasitische Kleinpilze : Bestimmungsbuch für Brand-, Rost-, Mehltau-, Flagellatenpilze und Wucherlingsverwandte in Deutschland, Österreich, der Schweiz und Südtirol, Berlin, Heidelberg, Springer Spektrum, , 1174 p. (ISBN 978-3-662-46162-4, DOI 10.1007/978-3-662-46162-4)
  5. « Un homme meurt après avoir confondu la colchique avec l’ail des ours », Sud Ouest,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. Ivo Pauwels, L’automne et l’hiver au jardin, p. 56, Artis, Bruxelles, 2003, – (ISBN 2-87391-404-1)
  7. « colchique d'automne: propriétés et utilisation thérapeutique », sur Therapeutes magazine, (consulté le )
  8. « Colchique d'automne - Louis Comfort Tiffany | Musée d'Orsay », sur www.musee-orsay.fr (consulté le )

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier

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