Cleptoparasitisme

Un cleptoparasite est un animal qui se nourrit aux dépens de la production ou des réserves accumulées par une autre espèce (telles du miel produit par les abeilles, des proies capturées, ou des provisions mises de côté par les insectes coprophages ou nécrophages). Ce cleptoparasitisme, appelé aussi cleptobiose, se rencontre chez certains insectes : plusieurs espèces d'abeilles, chez des coléoptères méloïdés (Meloe franciscanus) et Scarabaeidae, chez des araignées, chez des oiseaux tels les Labbes et certaines espèces de Laridés.

La Frégate du Pacifique est une espèce encline au cleptoparasitisme, chassant occasionnellement d'autres oiseaux, ici un Fou à pieds rouges, pour voler les proies attrapées par ce dernier.

Chez les mammifèresModifier

Le cas le plus connu est celui de la Hyène tachetée parasite du Lion et d'autres grands prédateurs, mais en réalité un grand nombre de grands mammifères prédateurs africains pratiquent le cleptoparasitisme, en particulier les mammifères sociaux dont font partie les lions et les hyènes mais aussi les lycaons. Inversement, une troupe de lions peut parasiter le repas d'un groupe de hyènes si ces dernières sont moins nombreuses. Les lions font en effet partie des grands prédateurs qui pratiquent le plus le cleptoparasitisme, contrairement aux idées reçues à propos des hyènes qui ne sont pas des charognards exclusifs.

Un des grands fauves les plus touchés par cette pratique est le Guépard qui est souvent pris pour cible par les lions, lycaons, hyènes et léopards car il est généralement dans l'incapacité physique de combattre un de ces animaux adultes après une chasse, encore moins quand il fait face à un groupe.

Le léopard a quant à lui mis au point une stratégie particulière pour contrer les tentatives de vol des lions et des hyènes qui consiste à hisser le produit de sa chasse sur un arbre grâce à sa musculature puissante que ne possèdent pas ces derniers.

Chez les oiseauxModifier

Chez les oiseaux, le cleptoparasitisme est un comportement plus ou moins fréquent selon les familles.

De nombreux laridés sont des cleptoparasites réguliers :

Toutefois, ce comportement existe chez certains rapaces diurnes :

et des passereaux :

Parasitisme de couvéeModifier

 
Nid de Rousserolle effarvatte parasité par un Coucou gris

Une forme particulière de cleptoparasitisme est pratiquée par certaines espèces d'oiseaux comme les coucous ou les Viduidae qui pondent dans le nid d'autres espèces. Dupes de la supercherie, les couples parasités couvent l'ensemble des œufs et nourrissent l'envahisseur. Ce stratagème fonctionne d'autant mieux que la période d'incubation du parasite est plus courte que celle des parasités. L'oisillon du coucou gris, parasite bien connu, étant plus gros et plus fort que les espèces parasitées, jette en dehors du nid les autres oisillons (ou les œufs non encore éclos) de façon à obtenir toute l'attention des parents.

Chez d'autres animauxModifier

Certaines araignées du genre Argyrodes comme Argyrodes flavescens ou Argyrodes bonadea peuvent pratiquer le cleptoparasitisme aux dépens d'autres araignées du genre Nephila comme Nephila clavipes, Nephila clavata et Nephila maculata ou des araignées Argiope minuta, Leucauge blanda ou Cyclosa confusa[5].

Au Cambrien inférieur (étage 4, datant de 514–509 Ma), des animaux de nature inconnue formaient des tubes encroûtant les coquilles de Neobolus wulongqingensis, un brachiopode. Ce n'étaient pas de simples épibiontes mais bien des cleptoparasites, car ces tubes s'ouvraient sur la commissure antérieure des deux valves (et préférentiellement à l'endroit où le flux entrant était maximal), et les brachiopodes porteurs de tubes avaient à âge égal une biomasse inférieure à ceux qui en étaient dépourvus (et le défaut de masse était d'autant plus important que les tubes étaient anciennement implantés, ce qui se mesure par la distance entre le point d'attachement du tube et le bord postérieur de la coquille). Ces animaux détournaient donc à leur profit une partie du flux d’animalcules aspirés par le brachiopode[6],[7].

RéférencesModifier

  1. Sueur F. (1993) La Mouette Rieuse. Saint-Yrieix (Éveil éditeur), 72 p.
  2. Sueur F. (1993) La raison du choix de l'hôte lors du kleptoparasitisme des Limicoles par la Mouette rieuse. Rev. Ecol. (Terre Vie), 48 : 65-71
  3. Sueur F., Desprez M. & Ducrotoy J.P. (1989) Avifaune et macrozoobenthos dans l'estuaire de la Somme : II. Le Goéland cendré Larus canus et les populations de Coques Cerastoderma edule (Mollusque : Bivalve). L’Oiseau & Revue française Ornithologie, 59 : 56-72.
  4. Lecomte Y. (1995) Kleptoparasitisme du Faucon crécerelle Falco tinnunculus envers un Hibou des marais Asio flammeus. L'Avocette, 19 : 65.
  5. Miyashita, T. 2002. Population dynamics of two species of kleptoparasitic spiders under different host availabilities. The Journal of Arachnology, 30:31-38.
  6. Hervé Le Guyader, « Le plus vieux parasite du monde », Pour la science, no 514,‎ , p. 92-94 (présentation en ligne).
  7. (en) Zhifei Zhang, Luke C. Strotz, Timothy P. Topper, Feiyang Chen, Yanlong Chen et al., « An encrusting kleptoparasite-host interaction from the early Cambrian », Nature Communications, vol. 11,‎ , article no 2625 (DOI 10.1038/s41467-020-16332-3).

Articles connexesModifier