Classe Brumaire

classe de sous-marins

Classe Brumaire
Image illustrative de l'article Classe Brumaire
Un sous-marin de la classe Brumaire à Cherbourg
Caractéristiques techniques
Type Sous-marin de haute mer
Longueur 52,15 m
Maître-bau 5,41 m
Tirant d'eau 3,19 m (en surface)
Déplacement 398 tonnes en surface
551 tonnes en plongée
Propulsion
  • 2 moteurs diesel à 4 temps MAN
  • 2 moteurs électriques
Puissance 840 ch (thermique)
660 ch (électrique)
Vitesse 13 nœuds en surface
8,80 nœuds en plongée
Profondeur 40 m
Caractéristiques militaires
Armement
  • étrave: 1 tube à torpilles de 450 mm
  • arrière: 6 tubes extérieures à torpilles de 450 mm
Rayon d’action 1700 mille marin en surface (84 en plongée)
Autres caractéristiques
Équipage 22 matelots, Quartier-Maitre et Officier Marinier + 3 Officiers
Histoire
Constructeurs Arsenal de Cherbourg (6)
Arsenal de Rochefort (4)
Arsenal de Toulon (6)
A servi dans Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale
Date début commande 1906
Période de
construction
1906 - 1913
Période de service 1912 - 1930
Navires construits 16
Navires perdus 3
Navires démolis 13

La classe Brumaire est une classe de seize sous-marins construits pour la marine nationale française peu avant la Première Guerre mondiale. Tous participent à la guerre, trois seront coulés.

HistoireModifier

ConceptionModifier

La classe Brumaire est une modernisation de la classe Pluviôse. Repartant de son concept initial de submersible à double coque, l'ingénieur naval Maxime Laubeuf remplace les moteurs à vapeur par des moteurs diesel type MAN, afin d'améliorer le temps de plongée. Les Pluviôses avaient un temps d'immersion d'environ 10 minutes. C'était le temps nécessaire pour rentrer la cheminée d'évacuation des fumées des moteurs à vapeur, fermer les panneaux, purger les ballasts et passer sur les moteurs auxiliaires électriques en découplant les dynamos [1]ce que les Brumaires faisaient en 5 minutes. Cette amélioration est cependant à pondérer par le fait qu'à la même époque les sous-marins allemands exécutaient la même opération en 45 secondes[1].Il fallait au moins la moitié de l'équipage pour manipuler 18 vannes de remplissage et 30 purges sur les submersibles français alors qu'un seul homme était nécessaire dans un u-boot[1].

Bien que la forme générale est reprise des Pluviôses, certaines formes extérieures sont retouchées par l'ingénieur Fernand Fenaux, permettant d'améliorer la vitesse (13 nœuds (24 km/h) en surface au lieu de 12 nœuds (22 km/h) et 8,8 nœuds (16 km/h) en plongée au lieu de 8 nœuds (15 km/h)). On notera aussi le remplacement de 248 éléments d'accumulateurs de 360 kilos chacun par 124 éléments de 560 kilos chacun, portant la distance franchissable en plongée à 84 milles marins (155,6 km) au lieu de 27 milles marins (50 km).

Les moteurs diesel type MAN seront construits sous licence par les sociétés Ateliers et Chantiers de la Loire (Nantes et St Nazaire), Sautter-Harlé (Paris), Ateliers Normand (Lorient), Etablissement d'Indret (Indret) et la Société des Moteurs Sabathé (St Étienne) selon les besoins des différents chantiers navals[2]. Ces moteurs connurent de nombreuses avaries du fait de leur mise au point[1]

Comme pour les Pluviôses, les moteurs électriques seront produits par la "Compagnie Générale Electrique" (Nancy)[3].

ArmementModifier

UnitésModifier

Nom Indicatif Chantier naval Lancement Mise en service Fin de carrière [4] Photo
Brumaire Q60 Arsenal de Cherbourg Désarmé en avril 1928 puis vendu pour la ferraille à Cherbourg le aux chantiers de démolition Cousin pour la somme de 45 600 francs [5].  
Frimaire Q62 Arsenal de Cherbourg Condamné le . Utilisé comme cible de tir à partir du , pour être finalement vendu à Cherbourg pour la ferraille le .
Nivôse Q63 Arsenal de Cherbourg Condamné le et vendu à Cherbourg pour la ferraille le (chantiers de démolition Cousin).  
Foucault Q70 Arsenal de Cherbourg Touché par une bombe et grenadé par deux hydravions biplan de reconnaissance Lohner L de la marine austro-hongroise (N°132 du Lieutenant Commander Dimitrije Konjović et le N°135 piloté par Walter Železnià) à 10 milles marins (18,52 km) au sud de Kotor le , il n'a plus de lumière, à une voie d'eau et un début d'incendie. Il s'enfonce jusqu'à 75m de profondeur mais parvient à refaire surface. Ne pouvant relancer les moteurs sans électricité et subissant toujours des attaques aériennes, le Lieutenant de Vaisseau J. Lemaresquier ordonne l'abandon et le sabordage du navire (ouverture voies d'eau, purge ballast et mise à feu grenade type Guiraud). Aucune victime à déplorer, l'équipage fut récupéré par un torpilleur ennemi et fait prisonnier. Le Foucault sera cité à l'ordre du jour de l'Armée navale (Journal Officiel du ) et devient le premier sous-marin victime d'une attaque aérienne.
Euler Q71 Arsenal de Cherbourg Retiré du service le et vendu pour la ferraille à Cherbourg le pour 120 175 francs [6],[7].
Franklin Q72 Arsenal de Cherbourg Retiré du service le et vendu pour la ferraille à Bizerte le .
Faraday Q78 Arsenal de Rochefort Retiré du service le et vendu pour la ferraille à Bizerte le à M. Boccara .
Volta Q79 Arsenal de Rochefort Retiré du service le et vendu pour la ferraille à Bizerte le .
Newton Q80 Arsenal de Rochefort Désarmé le , retiré du service le et remis aux Domaines. Il est vendu à Cherbourg le à l'Union des Syndicats ouvriers de la Manche pour la somme de 80 617 francs[8],[9].  
Montgolfier Q81 Arsenal de Rochefort Condamné le , désarmé et vendu pour la ferraille à Cherbourg le .  
Bernoulli Q83 Arsenal de Toulon Le , il entre dans le port de Kotor et détruit la poupe du destroyer austro-hongrois Czepel. Le , il percute accidentellement le U-Boot U-47 après un duel aux torpilles raté. Au cours d'une patrouille, il est probablement victime d'une mine marine et coule devant Durazzo le [10]. Il était commandé par le lieutenant de vaisseau Eugène Robert Defforges[11]. Cité à l'ordre du jour de l'Armée navale (Journal Officiel du 19 juin 1915).  
Joule Q84 Arsenal de Toulon Coulé par des mines durant la bataille des Dardanelles le , sous le commandement du Lieutenant de vaisseau Aubert du Petit-Thouars de Saint-Georges. Cité à l'Ordre du jour de l'Armée navale (Journal Officiel du 6 juin 1915).
Coulomb Q85 Arsenal de Toulon Désarmé le , retiré du service le , il servira de cible à l'aviation le . Il sera finalement vendu pour la ferraille à Toulon le (Société Pons pour la somme de 206 475,30 francs[12])[13].  
Arago Q86 Arsenal de Toulon Retiré du service le et condamné le , il est conservé pour former le barrage de la darse des pétroliers à Toulon. Le , il devient flotteur pour la fermeture de la darse du parc à mazout et sera vendu pour la ferraille (pour 56 387 francs [14]) à Toulon le à la Société de Matériel Naval du Midi[15].
Curie Q87 Arsenal de Toulon Se prend dans un filet anti-sous-marins, le en essayant d'infiltrer la principale base navale autrichienne à Pula, devant faire surface pour éviter l’asphyxie de son équipage. Canonné en surface par la marine ennemie, le lieutenant de vaisseau Gabriel O'Byrne ordonne l'abandon du navire. L'équipage est récupéré et fait prisonnier par les cuirassés ennemis. Renfloué et restauré, il reprend du service sous les couleurs austro-hongroises, avec l'indicatif U-14. Il est retourné à la France le , il reprendra le service actif jusqu'au , date de sa condamnation. Rayé des listes le , il sera vendu pour la ferraille à Toulon le à M. Caselli pour 91 113 francs [16]. Cité à l'Ordre du jour de l'Armée navale (Journal Officiel du 6 aout 1915).
Le Verrier Q88 Arsenal de Toulon Condamné le et retiré du service le , il est soumis en baie de la Garonne (en face du Pradet) à une expérience d'explosion sous-marine sur un fond de 30 m. Renfloué et étudié, il est vendu pour la ferraille à Toulon le .

RéférencesModifier

  1. a b c et d Jean-Jacques Antier, Les sous-mariniers, FeniXX, 275 p. (ISBN 2402127406)
  2. http://www.navypedia.org/ships/france/fr_ss_brumaire.htm Descriptif de la classe brumaire sur le site Navypedia
  3. Gérard GARIER, « "Le cas du sous-marin Curie, ex-U.14, ex-Curie" », NAVIRES & HISTOIRE, no 91,‎ , p. 4
  4. « Sous-marin de haute mer Classe Brumaire 1 », sur https://www.agasm.fr/les-sous-marins-classiques-avant-1920/ Association Générale des Amicales des Sous-Mariniers
  5. soit 28 983 euros de 2020
  6. soit 76 382 euros de 2020
  7. https://memorial-national-des-marins.fr/crypte-he/184363-euler Fiche du Euler sur /memorial-national-des-marins.fr
  8. soit 51 239 euros de 2020.
  9. /http://sous.marins.disparus.free.fr/index.php/chants/105-newton?start=1
  10. « Fiche du Bernouilli », sur sous-marin.france.pagesperso-orange.fr
  11. La guerre navale aux Dardanelles, Auguste Thomazi
  12. soit 131 233  de 2020
  13. http://sous.marins.disparus.free.fr/index.php/sous-marins/106-coulomb?start=1
  14. soit 33 303  de 2020
  15. http://www.netmarine.net/bat/hydro/arago/ancien.htm
  16. soit 53 621 euros de 2020

Voir aussiModifier

Sources et bibliographieModifier

  • Auguste Thomazi, La guerre navale aux Dardanelles, Paris, Payot,
  • Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d’Histoire maritime, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1508 p. (ISBN 2-221-08751-8 et 2-221-09744-0).
  • Jean Meyer et Martine Acerra, Histoire de la marine française : des origines à nos jours, Rennes, Ouest-France, , 427 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-7373-1129-2, notice BnF no FRBNF35734655)
  • François Cochet et Rémy Porte, Dictionnaire de la Grande Guerre 1914-1918, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,
  • Alain Boulaire, La Marine française : De la Royale de Richelieu aux missions d'aujourd'hui, Quimper, éditions Palantines, , 383 p. (ISBN 978-2-35678-056-0)
  • Rémi Monaque, Une histoire de la marine de guerre française, Paris, éditions Perrin, , 526 p. (ISBN 978-2-262-03715-4)
  • Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t. II : 1870-2006, Millau, J.-M. Roche, , 591 p. (ISBN 2-9525917-1-7)
  • Jean-Jacques Antier, Les sous-mariniers, FeniXX, 275 p. (ISBN 2402127406)
  • Gérard GARIER, « Le cas du sous-marin Curie, ex-U.14, ex-Curie », NAVIRES & HISTOIRE, no 91,‎ , p. 4

Articles connexesModifier

Liens externesModifier