Charles Enderlin

écrivain, journaliste et documentariste français et israélien
Charles Enderlin
Nom de naissance Alphonse, Fernand, Charles Enderlin
Naissance (74 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de la FranceFrançaise
Drapeau d’Israël Israélienne
Profession Journaliste grand reporter
Correspondant de presse
Spécialité Domaine :
Conflit israélo-arabe
Conflit israélo-palestinien
Années d'activité 1971-2015
Distinctions honorifiques Chevalier de la Légion d'honneur
Site internet Twitter, Blog
Médias
Pays Drapeau de la France France
Média Télévision
Fonction principale Reporter, correspondant, écrivain à Jérusalem
Télévision France 2

Charles Enderlin, né le à Paris, est un journaliste, reporter et auteur franco-israélien. Il est, de 1981 jusqu'à , le correspondant à Jérusalem de la chaîne de télévision française France 2.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Après le divorce de ses parents, Charles Enderlin et sa sœur sont élevés en Lorraine, à Nancy, dans la région de Metz, par sa mère, Trudi Brunner, et ses grands-parents maternels Juifs autrichiens ayant fui l’Anschluss en 1938. Son grand père, Benjamin Brunner, ancien joailler viennois et fils de violoniste se fait passer pour un alsacien et rejoint l'armée française. Ils sont arrêtés et transférés au camp de Gurs mais après un scandale, libérés pour rejoindre sa soeur Zelma, épouse de Fernand Burger, cuisinier de Kemal Atatürk puis du restaurant Walter Place Stanislas à Nancy, où viennent diner Himmler et Goebbels[1].

Charles Enderlin commence des études à la faculté de médecine de Nancy. Pendant les manifestations étudiantes de mai 1968, il est membre du comité de grève En , féru des pensées du fondateur du mouvement sioniste , le hongrois Theodor Herzl, il décide d'émigrer vers Israël pour vivre dans un kibboutz. Il prend la citoyenneté israélienne au début des années 1970.

CarrièreModifier

Charles Enderlin entre en journalisme en 1971 pour une radio israélienne. En 1973, il devient correspondant de RMC et l'année suivante éditeur à Kol Israel.

En 1981, il devient le correspondant à Jérusalem de la chaîne de télévision française Antenne 2 (devenue France 2) et acquiert le titre de grand reporter en 1988. En 1991, il est le chef du bureau de France 2 en Israël et participe à la formation des journalistes de la Palestinian Broadcasting Corporation[2]. Il est également vice-président de l'Association des correspondants de la presse étrangère à Jérusalem. Ses reportages sur le conflit israélo-palestinien ont suscité des réactions hostiles des partisans des deux camps.

En , il prend sa retraite et quitte ses fonctions au bureau de la chaîne à Jérusalem où il est remplacé par Franck Genauzeau[3].

DécorationModifier

Il reçoit la Légion d'honneur (au grade de chevalier) en 2009 à Jérusalem[4],[5].

Vie privéeModifier

Il a deux enfants d'une première épouse, Irene, d'origine chilienne[6]

Sa femme, Danièle Kriegel, fille de l'historienne Annie Kriegel, est correspondante à Jérusalem pour le journal La Dépêche du Midi et l'hebdomadaire Le Point.

Controverse sur la mort de Mohammed al-DurahModifier

 
Avenue Al Qoods dans le centre de Bamako.
La peinture murale représente les instants qui précèdent la mort de Mohammed al-Durah.

L'un des reportages de Charles Enderlin, sur des images tournées le , montre la mort d'un garçon palestinien de 12 ans dans les bras de son père. L'enfant est présenté comme ayant été touché par des balles israéliennes, et le reportage a été à l'origine d'une campagne au début de la Seconde Intifada[7],[8].

L'armée israélienne admet dans un premier temps être responsable de la mort de l'enfant et présente ses excuses, puis affirme ensuite que les tirs ne provenaient pas de la position israélienne. En , le B'nai B'rith de France porte plainte contre France 2, pour « diffusion d'une fausse nouvelle ayant entraîné un trouble de l'ordre public »[réf. nécessaire]. Cette plainte est basée sur l'enquête menée par le réalisateur de documentaires Pierre Rehov. L'affaire est rejetée par le tribunal correctionnel au motif que seul le procureur de la République pouvait l'en saisir.

Au cours de plusieurs entretiens dans la presse ou d'émissions de médiation de France 2, Charles Enderlin a affirmé chercher l'objectivité dans ses reportages et ses commentaires. Il affirme dans Le Monde du  : « À partir du moment où un correspondant de presse commence à travailler en tenant compte des réactions éventuelles que son information va susciter, il est fini. »

La direction de France 2 soutient son journaliste, maintient sa position et annonce avoir porté plainte contre X pour diffamation. Le , la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris condamne pour diffamation publique Philippe Karsenty, qui avait relayé des soupçons de trucage du reportage exprimés par le media francophone israélien dit Metula News Agency (Mena). Le tribunal estimait que la contre-enquête menée par la Mena se fondait « essentiellement sur des extrapolations et des amalgames ». Le tribunal affirmait qu’« aucune autorité officielle israélienne […] n'avait jamais accordé le moindre crédit [à la contre-enquête de la Mena] »[9].

Le , la cour d'appel de Paris relaxe Philippe Karsenty[10], mais cette relaxe est annulée par la cour de cassation en 2012. Un nouvel arrêt de la cour d'appel de Paris, initialement attendu le , puis le , est rendu le  : la condamnation de Philippe Karsenty pour diffamation est confirmée et sa peine est aggravée[11].

Charles Enderlin, qui a été victime de menaces de mort de la part de différents organismes ultra-sionistes partisans de la théorie du complot[12],[13], a reçu le soutien de très nombreux journalistes, ainsi que de personnalités juives dont Théo Klein, ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF)[14].

En 2010, il publie Un enfant est mort, livre qui revient sur cette affaire.

PublicationsModifier

  • Shamir : une biographie, Paris, Olivier Orban, 1991 (ISBN 2855655242)
  • Paix ou guerre : les secrets des négociations israélo-arabes, 1917-1995, Paris, Stock, 1997 (ISBN 2234044480)
  • Le Rêve brisé : histoire de l'échec du processus de paix au Proche-Orient, 1995-2002, Paris, Fayard, 2002 (ISBN 2213610266)
  • Les Années perdues : intifada et guerres au Proche-Orient, 2001-2006, Paris, Fayard, 2006 (ISBN 2213621500)
  • Par le feu et par le sang : le combat clandestin pour l’indépendance d’Israël, 1936-1948, Paris, Albin Michel, 2008
  • Le Grand Aveuglement : Israël et l'irrésistible ascension de l'islam radical, Paris, Albin Michel, 2009
  • Un enfant est mort, Don Quichotte, 2010 (ISBN 2-35949-026-5)
  • Au nom du Temple : l'irrésistible ascension du messianisme juif en Israël (1967-2012), Paris, Le Seuil, 2013 (ISBN 978-2-02-104407-2)
  • Les Juifs de France entre république et sionisme, Paris, Le Seuil, 2020 (ISBN 978-2021211658)[15],[16]

BibliographieModifier

  • Hubert Védrine, Face à l'hyperpuissance: Textes et discours (1995-2003), 2003
  • Guillaume Weill-Raynal, Une haine imaginaire ?: Contre-enquête sur le « nouvel antisémitisme, 2005
  • Albert du Roy, La mort de l'information, 2007
  • Guillaume Weill-Raynal, Les nouveaux désinformateurs, 2007
  • Pierre-André Taguieff, Judéophobie des Modernes (La): Des Lumières au Jihad mondial, 2008
  • Albert Naccache, Contre Israël: de l'amour de la Palestine, à la haine des Juifs, 2008
  • Kenza Mourad, Le parfum de notre terre, 2011
  • Samuel Ghiles-Meilhac, Le Crif: De la Résistance juive à la tentation du lobby, de 1943 à nos jours, 2011
  • Robert I. Weiner, An Uncertain Future: Voices of a French Jewish Community, 1940-2012
  • Pierre-André Taguieff, La nouvelle propagande antijuive: Du symbole al-Dura aux rumeurs de Gaza, 2015
  • Rudy Reichstadt, L'opium des imbéciles: Essai sur la question complotiste, 2019

Notes et référencesModifier

  1. [1], France culture
  2. Charles Enderlin, un témoin engagé (3/0) Enquêter sur un siècle de politique au Moyen-Orient (1990-200), France Culture
  3. Benoît Daragon, « France 2 : Charles Enderlin quitte le bureau de Jerusalem où il officie depuis 34 ans » sur PureMédias, 15 août 2015.
  4. « Charles Enderlin décoré de la Légion d'honneur » sur le site de France Télévisions, 12 août 2009.
  5. « Décret du 13 juillet 2009 », Journal officiel de la République française n° 0161 du 14 juillet 2009.
  6. Charles Enderlin, un témoin engagé, France Culture
  7. « Reportage de Charles Enderlin : Israël contredit France 2 », L'Obs.com, 25 octobre 2013 (consulté le 21 août 2015).
  8. « La deuxième Intifada », avec vidéo du reportage en question, sur le site Jalons de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) (consulté le 21 août 2015).
  9. « Charles Enderlin et France 2 gagnent leur procès », Le Monde.fr, 20 octobre 2006.
  10. « Enderlin débouté en appel pour un reportage », L'Obs.com, 21 mai 2008.
  11. « Affaire al-Dura : Karsenty condamné pour diffamation en appel », Rue89.fr, 26 juin 2013.
  12. « Enderlin conserve sa carte de presse israélienne », L'Obs.com, 1er juillet 2008.
  13. Pierre Haski, « "Un enfant est mort" : Charles Enderlin défend son honneur », Rue89.fr, 29 septembre 2010.
  14. « Pour Charles Enderlin », L'Obs.com, 27 mai 2008.
  15. Laurent Joffrin, « Les juifs, le sionisme, la République », sur Libération.fr,
  16. Dominique Vidal, « Retour sur une histoire méconnue - « Les Juifs de France entre République et sionisme », par Charles Enderlin », sur Orient XXI,

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier