Chaenomeles

genre de plantes

Chaenomeles est un genre de plantes de la famille des Rosacées, toutes originaires d'Asie Orientale.

Dans la sous-famille des Maloideae, le genre Chaenomeles est étroitement apparenté aux genres des cognassiers (Cydonia), des Docynia, des pommiers (Malus) et des poiriers (Pyrus).

Terminologie scientifique et nom vernaculaireModifier

Actuellement, quatre espèces constituent le genre Chaenomeles : une espèce japonaise C. japonica, la première étudiée et connue des Européens, et trois espèces chinoises, C. cathayensis, C. speciosa et la dernière découverte C. thibetica (1963). « Cependant, durant toute son histoire, la plus grande confusion taxonomiste a régné pour les Chaenomeles. Les premières erreurs sont probablement imputables à l'absence d'herbiers complets. De plus, il y a peu de caractères distinctifs des genres entre eux et des espèces entre elles. Les plantes Chaenomeles phénotypiquement variables rendent tout travail taxonomique basé sur les caractères morphologiques difficile » (Rumpunen et al.[1], 2003).

Le premier spécimen connu des botanistes européens fut le kusa-boke (草木瓜) japonais décrit par le médecin botaniste suédois Carl Peter Thunberg[2] comme un genre de poirier et qu'il dénomma en conséquence Pyrus japonica (1784). L'espèce fut ensuite rattachée en 1807 par Persoon au genre Cydonia (des cognassiers) et nommée Cydonia japonica (Thunb.) Pers. Finalement en 1822, John Lindley établit le genre Chaenomeles en le distinguant principalement du genre Cydonia par les caractéristiques de son fruit. Mais il a fallu attendre les études morphologiques et moléculaires[3] des dernières décennies, pour que la séparation du genre Chaenomeles et du genre Cydonia soit bien établie.

L'arbuste très ornemental, donnant une profusion de fleurs rouges au début du printemps, fut importé du Japon en Europe et connut le succès auprès des horticulteurs, d'abord sous le nom de « Poirier du Japon »[4] puis rapidement sous celui de « Cognassier du Japon »[5] sur la base de la dénomination scientifique Cydonya japonica Persoon (1807). Ce terme vernaculaire s'est imposé dans tous les catalogues de plantes et revues de botanique à partir du XIXe siècle[6],[7]. Durant cette période plusieurs centaines de cultivars et hybrides entre les trois espèces Chaenomeles japonica, speciosa et cathayensis furent créés[2] qui tous continuèrent à être nommés « cognassiers du Japon » ou « cognassiers à fleurs ». L'usage constant depuis deux siècles, par les horticulteurs et les jardiniers, du terme « cognassier du Japon » en a fait un terme générique pour toute Chaenomeles horticole[N 1]. Et comme il a fallu aussi deux siècles pour que les botanistes se mettent d'accord sur une taxonomie, on se retrouve actuellement dans la situation où il n'existe pas de nom vernaculaire propre pour désigner le genre Chaenomeles et ses différentes espèces. Car c'est l'usage qui définit la norme dans la langue commune pas les colloques scientifiques.

Rappelons que le coing, fruit du cognassier Cydonia oblonga, originaire du Caucase et de l'Iran, était connu dans la Grèce antique,comme l'atteste son nom vernaculaire qui dérive via le latin cotoneum, du grec κυδώνια [μη̃λα ou μα̃λα] kydonia (mela) « pomme de Kydonia » soit pomme de La Canée, ville de Crète. Par contre, toutes les Chaenomeles sont originaires d'Asie Orientale et les noms vernaculaires dans leur régions d'origine n'ont pas été adoptés à l'extérieur[N 2].

ÉtymologieModifier

Chaenomeles vient du grec χαίνω "chaïnen", se fendre et μηλέα "mêlea", pommier. John Lindley croyait, d’après Carl Peter Thunberg, que le fruit éclatait en cinq divisions. Ce qui arrive mais très rarement.

DescriptionModifier

 
Fruit

Les Chaenomeles sont des arbustes ou de petits arbres, à feuillage caduc ou persistant, épineux.

Les feuilles simples, alternes, comportent des stipules. La marge est crénelée ou serrulée.

Les fleurs sont en fascicules. Elles sont formées de 5 sépales, 5 pétales, plus de 20 étamines en 2 cycles, 5 styles soudés à la base.

Le fruit est pommacé.

Le genre Cydonia des « cognassiers véritables » se distingue des Chaenomeles par ses styles libres (ceux des Chaenomeles sont soudés à la base) et des branches inermes (non épineuses). Le Pseudocydonia n'a pas non plus d'épines et ses fleurs sont solitaires.

Liste des espècesModifier

La liste des espèces du genre Chaenomeles suivant GRIN[8]

Clés de déterminationModifier

Suivant Flora of China[9] (qui inclut en outre dans le genre Chaenomeles sinensis )

  • Chaenomeles
    • 1a : branches non armées, fleurs solitaires, apparaissant après les feuilles ; sépales réfléchis ; stipules de forme ovale-lancéolée, avec une marge glandulaire dentée
    • 1b : branches armées ; fleurs fasciculées, apparaissant après ou avant les feuilles ; sépales dressés, rarement réfléchis ; stipules herbacés, réniformes ou auriculés, avec une marge dentée

UsagesModifier

OrnementalModifier

De nombreux cultivars de Chaenomeles ont été sélectionnés pour leur splendide floraison printanière. Ce sont des arbustes touffus et vigoureux qui peuvent être plantés isolés ou en haie. Ils sont rustiques et apprécient le soleil ou la mi-ombre.

MédicinalModifier

En chinois écrit classique, mùguā 木瓜 désigne soit les arbustes du genre Chaenomeles, originaire des régions tempérées de Chine soit la papaye, le fruit du papayer (Carica papaya), originaire du Mexique. La confusion n'est pas rare. Il existe de nombreuses appellations locales des Chaenomeles en langue parlée.

Suivant la Pharmacopée chinoise[10] mùguā 木瓜 (Fructus chaenomeles), le fruit du cognassier à fleurs possède les fonctions et les indications suivantes :

Fonctions :

  • « disperse le vent et l'humidité[N 3], régule l'estomac et améliore la digestion »
  • « active la circulation du qi et du sang, relaxe les muscles et les tendons »
  • « antirhumatismal, antispamodique ».

Indications :

  • « douleur rhumatismale et spasme musculaire »
  • « dyspepsie, vomissement, diarrhée »

Il est souvent prescrit en association avec d'autres herbes médicinales. En cas de crampes musculaires, il est combiné avec Dang-gui et Bai-shao-yao.

Affinité : foie, rate.

La Commission de Pharmacopée chinoise[11] (2005) le recommande pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, la prosopalgie (névralgie faciale) et l'hépatite.

Les fruits de Chaenomeles 木瓜 ne sont pas mentionnés dans la première matière médicale chinoise,Shennong bencao jing. Il faut attendre les XVIe - XVIIe siècle pour trouver des mentions dans le Bencao gangmu de Li Shizhen ou dans le Bencao zheng (1624).

GalerieModifier

NotesModifier

  1. Chaenomeles est féminin
  2. en Chine, le nom vernaculaire normalisé de Chaenomeles est 木瓜 mùguā (prononcer mougoua), celui de Cydonia est 榲桲 wenbo
  3. 祛风除湿qufeng chushi, méthode de traitement des méridiens ou des articulations encombrés par le "vent-humidité"

RéférencesModifier

  1. K. Rumpunen, I. Bartish, L. Garkava–Gustavsson, H. Nybom, « Molecular and Morphological Diversity in the Plant Genus Chaenomeles », dans "Japanese quince - Potential fruit crop for Northern Europe", Department of Crop Science, Swedish University of Agricultural Sciences,‎
  2. a et b Claude Weber, « Cultivars in the genus Chaenomeles », Arnoldia, vol. 23, no 3,‎ (lire en ligne)
  3. Kaneko, Y., I. Nagaho, S.W. Bang, and Y. Matsuzawa., « Classification of flowering quince cultivars (genus Chaenomeles) using random amplified polymorphic DNA markers », Breed. Sci., vol. 50,‎ , p. 139-142
  4. J. Fr Bastien, auteur de la Nouvelle Maison rustique, La flore jardinière, chez l'Auteur, rue Hautefeuille n°14, , GoogleBooks p.
  5. A. Poiteau, Le Bon Jardinier pour l'année 1826, Audot, libraire-éditeur, , GoogleBooks p.
  6. Bailly de Merlieux, Maison rustique du 19e siècle, Librairie agricole, quai Malaquais n°19, , GoogleBooks p.
  7. Gaston Bonnier, Revue générale de botanique, vol 48, Librairie générale de l'enseignement,
  8. (en) Référence GRIN : genre Chaenomeles Lindl. (+liste d'espèces contenant des synonymes)
  9. (en) Référence Flora of China : Chaenomeles (consulté le )
  10. Universités de Médecine Traditionnelle Chinoise de Nanjing et Shanghai, La pharmacopée chinoise. Les herbes médicinales usuelles. 中药学, Éditions You Feng,‎ (ISBN 978-2-84279-361-6)
    Traduit et augmenté par Dr You-wa Chen
  11. Chinese Pharmacopoeia Commission., Pharmacopoeia the People’s Republic of China, Vol 1, People’s Medical Publishing House, Beijing,

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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