Hépatite

Hepatite
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Hépatite alcoolique avec stéatose, nécrose cellulaire et corps de Mallory
Spécialité Gastro-entérologie, hépatologie, infectiologie, médecine interne et médecine généraleVoir et modifier les données sur Wikidata
CISP-2 D72Voir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 K75.9
CIM-9 573.3
DiseasesDB 20061
MedlinePlus 001154
MeSH D006505
Symptômes Ictère, anorexie, douleur abdominale et hépatomégalieVoir et modifier les données sur Wikidata
Causes Virus de l'hépatite B, alcoolisme, intoxication, auto-immunité (en), Hepatitis delta virus (d), virus de l'hépatite A (d), virus de l'hépatite C et Hepatitis E virus (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Médicament Ledipasvir/sofosbuvir (en), ribavirine, peginterféron alfa-2b, peginterféron alfa-2a et sofosbuvirVoir et modifier les données sur Wikidata

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L’hépatite désigne toute inflammation aigüe ou chronique du foie. Les causes les plus connues étant les infections virales du foie et l'alcoolisme. Mais l'hépatite peut aussi être due à certains médicaments ou à un trouble du système immunitaire de l'organisme. L'hépatite est dite aigüe lors du contact de l'organisme avec le virus ou chronique lorsqu'elle persiste au-delà de six mois après le début de l'infection. L'hépatite peut évoluer ou non vers une forme grave (fulminante), une cirrhose ou un cancer.

L'hépatite grave peut mener à la destruction du foie et, sauf transplantation hépatique, à la mort.

La journée mondiale contre l'hépatite, journée internationale consacrée à la prévention, la détection ainsi que le traitement des hépatites, est organisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) tous les [1].

Signes et symptômesModifier

 
Yeux jaunes, signe possible, mais non systématique de l'hépatite (ictère)

La grande majorité des hépatites est asymptomatique c’est-à-dire ne présente aucun symptôme.

Cependant, il existe des symptômes qui ne sont pas spécifiques tels qu'une fatigue chronique, des nausées, la fièvre, la perte d'appétit, les maux de tête, les urines foncées à rougeâtres (et excréments jaune clair, traduisant un problème de bilirubine), les douleurs ostéoarticulaires.

La jaunisse (ictère) est caractéristique de cette maladie mais elle n'est pas spécifique.

ÉpidémiologieModifier

Selon l'OMS, l’hépatite virale touche 400 millions de personnes dans le monde, mais 95 % des personnes ayant une hépatite ignorent leur infection[1]. Découvert en 1989, le virus de l’hépatite C est la première cause d’hépatites chroniques et de cirrhose en Europe et en Amérique du Nord[2].

Types d’hépatite selon l'aspect lésionnelModifier

Types d’hépatite selon la causeModifier

ViraleModifier

 
Virus de l'hépatite A

Les hépatites virales sont les hépatites A, B, C, D, E et G. Une hépatite F pourrait exister, mais les recherches n'ont pas abouti à l'heure actuelle.

Les cinq virus principaux sont l'hépatite A et E (causées par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés) et l'hépatite B, C et D (habituellement survenant après un contact parentéral avec des liquides biologiques contaminés)[3]. L’hépatite B peut se transmettre par voie sexuelle.

Hépatite alcooliqueModifier

Hépatite médicamenteuseModifier

Une fois dans le sang, les médicaments passent par le foie qui les métabolise et permet leur évacuation par les voies naturelles. Parfois, c'est ce passage hépatique qui active le médicament. Néanmoins, l'abus de certains médicaments peut conduire à une dégradation de l'état du foie et à une hépatite. Le paracétamol, par exemple, a une toxicité hépatique connue.

Hépatite de LymeModifier

La borréliose de Lyme a plusieurs fois été liée à une hépatite (hépatite granulomateuse souvent[4]), généralement subclinique[5] (aux premiers stades de l’infection)[6], révélée par un taux d’enzymes hépatiques anormalement élevé[7]. Cependant la manière dont la borréliose peut interfèrer avec le foie étaient en 2014 encore « largement inexplorée »[8].

Jusqu’alors ces hépatites n’avaient été signalées qu’en début de maladie, et en l’absence de traitement antibiotique[4],[9]. Puis un article médical de 2014, a présenté le cas d’une femme de 53 ans, diagnostiquée positive à la maladie de Lyme, après un érythème migrant survenu en 1988 suite à une piqure de tique, et ayant développé une hépatite aiguë (avec des enzymes hépatiques élevées) lors d’un traitement antibiotique[8]. L'examen histologique des tissus de biopsie du foie a révélé des spirochètes dispersés dans tout le parenchyme hépatique[8].
Ces spirochètes ont été identifiés comme Borrelia burgdorferi par des tests moléculaires avec des sondes d'ADN spécifiques[8]. Des spirochètes mobiles ont également été isolés de l'hémoculture du patient et l'isolat a été identifié comme Borrelia burgdorferi sensu stricto par deux laboratoires indépendants utilisant des techniques moléculaires, démontrant que le patient avait une infection systémique active à Borrelia burgdorferi et une « hépatite de Lyme » consécutive, en dépit du traitement antibiotique (clarithromycine et tinidazole)[8]. Les tests faits chez cette patiente pour le virus de l'hépatite A, le virus de l'hépatite B, le virus de l'hépatite C, le virus de l'immunodéficience humaine, le virus de l'herpès simplex, le virus d'Epstein-Barr, la syphilis, la toxoplasmose, le cytomégalovirus, les anticorps antinucléaires, les anticorps antimitochondriaux et l'enzyme de conversion de l'angiotensine étaient négatifs ou normaux. L'échographie abdominale et l'IRM ont révélé une architecture hépatique normale sans lésions focales ni dilatation biliaire[8]. La patiente n'avait initialement pas pris d'antibiotiques, mais ses symptômes de maladie de Lyme (principalement des myalgies et une arthrite de Lyme sévère se sont aggravés (avec des tests de la fonction hépatique montrant un excès d'enzymes hépatiques). Le Western blot était positif pour la Borréliose de Lyme et le test pour Anaplasma phagocytophilum était négatif. Après un traitement par corticostéroides et anti-inflammatoires n'ayant montré aucun bénéfice, elle a commencé une antibiothérapie à la clarithromycine et au cefdinir en septembre 2013[8]. En janvier 2014, ses symptômes de maladie de Lyme s'étaient atténués, et ses tests de fonction hépatique étaient revenus à la normale. Le taux de CD57 NK était remonté, de 18 cellule/μl à 110 cellules/μl (la normale étant comprise entre 60 et 360 cells/μl)[8].

Autres toxines causant une hépatiteModifier

Troubles métaboliquesModifier

CholestatiqueModifier

Auto-immuneModifier

L’hépatite auto-immune est une maladie inflammatoire chronique du foie caractérisée par la présence d’autoanticorps. La présence anormale de HLA II (Human Leucocyte Antigen) à la surface des hépatocytes (cellules du foie) entraîne une attaque des anticorps contre le foie : c’est l’hépatite auto-immune. Cette maladie peut évoluer vers la cirrhose. On peut distinguer 2 types d’hépatite auto-immune :

  • l’hépatite de type 1 caractérisée par la présence d’anticorps antimuscle lisse (dirigé contre l’actine) et antinucléaire ;
  • l’hépatite de type 2 caractérisée par la présence d’anticorps dirigés contre le réticulum endoplasmique (anticorps antimicrosome hépatique ou LKM et anticorps anticytosol hépatique).

Pour la traiter, on prescrit des corticoïdes qui sont efficaces dans 85 % des cas environ. On peut prescrire également des immuno-suppresseurs tels que l'azathioprine ou la ciclosporine. Si tout cela ne fonctionne pas, une transplantation peut être envisagée.

Déficience en alpha-1-antitrypsineModifier

Le déficit en alpha 1-antitrypsine est une maladie génétique.

Stéatose hépatique non alcooliqueModifier

La stéatose hépatique non alcoolique est une surcharge en graisse du foie sans rapport avec la prise d'alcool. C’est une maladie le plus souvent asymptomatique mais dont la prévalence est actuellement en augmentation en raison du surpoids de plus en plus fréquent. Le problème est une évolution possible, dans un faible nombre de cas, vers une cirrhose, confirmant l’intérêt de son diagnostic.

Hépatite chroniqueModifier

MicroscopieModifier

Une hépatite chronique est une pathologie nécrotico-inflammatoire du foie, de sévérité variée, excluant les maladies biliaires (cholangiopathies), la maladie alcoolique (hépatopathie alcoolique) et les stéatohépatites.

ClassificationModifier

Cette classification utilise les lésions élémentaires :

Les termes anciens d'« hépatite chronique persistante » et « hépatite chronique agressive » ont été abandonnés. Ils ont été remplacés à partir de 1981, de façon progressive par le score de Knodell, puis, en 1994, par le score Metavir (ou index Metavir), établi par des anatomopathologistes français. Il semblait en effet que les nombreux paramètres nécessaires au score de Knodell ne pouvaient pas toujours être obtenus, en particulier sur des biopsies de petites tailles comportant peu d’espaces portes.

Chez l’animalModifier

Diverses formes, sporadiques ou infectieuses sont connues chez les animaux. Parmi les hépatites non infectieuses, on citera l’hépatite aigüe diffuse ou parenchymateuse (qui peut cependant être due à une infection) et l’hépatite suppurée ou abcès du foie, souvent sous la dépendance d’un corps étranger. Les hépatites chroniques ou cirrhoses se divisent chez les animaux en cirrhose hématogène, cirrhose biliaire et cirrhose cardiaque, selon l’origine pathogénique.

Notes et référencesModifier

  1. a et b OMS. Journée mondiale contre l’hépatite. Genève (consulté le 7 novembre 2016.
  2. Christian Trépo, Philippe Merle, Fabien Zoulim : Hépatites virales B et C , Ed.: John Libbey Eurotext, 2006, Coll.: Pathologie science formation, (ISBN 2-7420-0604-4)
  3. Organisation mondiale de la santé. Hépatite. Genève, consulté le 7 novembre 2016.
  4. a et b Chavanet P, Pillon D, Lancon J, Waldner-Combernoux A, Maringe E, Portier H. Granulomatous hepatitis associated with Lyme disease. Lancet. 1987;2:623-4
  5. Kazakoff M, Sinusas K, Macchia C. Liver function test abnormalities in early Lyme disease. Arch Fam Med. 1993;2:409-13
  6. Horowitz H, Dworkin B, Forseter G, Nadelman R, Connolly C, Luciano B, et al. Liver function in early Lyme disease. Hepatology. 1996;23:1412-7
  7. Benedix F, Weide B, Broekaert S, Metzler G, Frick J, Burgdorf W, et al. Early disseminated borreliosis with multiple erythema migrans and elevated liver enzymes: case report and literature review. Acta Derm Venereol. 2007;87:418-21
  8. a b c d e f g et h (en) Marianne J Middelveen, Steve A McClain, Cheryl Bandoski et Joel R Israel, « Granulomatous hepatitis associated with chronic Borrelia burgdorferi infection: a case report (résumé sous licence CC-BY-SA3.0) », Research, vol. 1,‎ (ISSN 2334-1009, DOI 10.13070/rs.en.1.875, lire en ligne, consulté le 8 juin 2020)
  9. Zanchi A, Gingold A, Theise N, Min A. Necrotizing granulomatous hepatitis as an unusual manifestation of Lyme disease. Dig Dis Sci. 2007;52:2629-32

Liens externesModifier