Carol (film)

film sorti en 2015
Carol
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Réalisation Todd Haynes
Scénario Phyllis Nagy
Acteurs principaux
Sociétés de production Film4
Number 9 Films
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Film d'amour
Durée 118 minutes
Sortie 2015


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Carol est un film américano-britannique réalisé par Todd Haynes qui est sorti en France en janvier 2016. C’est un film historique et un mélodrame sentimental, adapté d’un roman de Patricia Highsmith (The Price of Salt) et se déroule en 1952 et 1953 à New York. Il décrit la relation amoureuse impossible entre une jeune vendeuse (Rooney Mara) et une élégante bourgeoise d’âge mûr, en instance de divorce (Cate Blanchett). Le film aborde les thèmes de l’homophobie et du sexisme dans l’Amérique conservatrice des années 1950. Malgré un accueil favorable de la critique, il n’a pas connu un grand succès public[1].

SynopsisModifier

À New York en fin 1952, la jeune et timide Therese (Rooney Mara), passionnée de photo et modeste vendeuse dans un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une riche, élégante et séduisante cliente, Carol (Cate Blanchett), mère d’une petite fille et en instance de divorce. Une relation très forte se noue entre les deux femmes.

Résumé détailléModifier

Durant la saison des fêtes de fin d'année, en 1952, Therese Belivet, photographe en herbe, travaille dans un centre commercial de Manhattan. Elle rencontre Carol Aird, une femme riche et séduisante, qui cherche une poupée à offrir à sa fille Rindy. Sous les recommandations de Therese, elle finit par lui acheter un train miniature. Quand Carol s'en va, elle laisse ses gants sur le comptoir. Therese lui les envoie par la poste en utilisant la fiche de vente que Carol avait remplie.

Richard, le petit ami de Therese, veut l'emmener en France avec lui et espère se marier avec elle, mais Therese est mitigée concernant sa relation. Un de leurs amis, Dannie, invite Therese dans les bureaux du New York Times, où il travaille, pour lui faire rencontrer un de ses amis, iconographe. Pendant ce temps, Carol traverse un divorce difficile avec Harge, son mari. Carol appelle le centre commercial pour remercier la personne qui lui a envoyé ses gants et invite Therese à déjeuner. Therese rend visite à Dannie et il l'embrasse, ce qui la met mal à l'aise.

Carol invite Therese dans sa demeure dans le New Jersey. Elle s'arrête pour acheter un sapin de Noël, et Therese prend des photos d'elle. Harge arrive sans prévenir à la maison pour emmener Rindy en Floride pour Noël ; il est suspicieux de Therese car Carol avait déjà eu une aventure quelques années auparavant avec Abby, l'une de leurs amies. Therese est témoin de la dispute. Une fois Rindy partie, Carol, apeurée, emmène Therese à la gare afin qu'elle rentre chez elle.

Carol appelle pour s'excuser et elles se rencontrent de nouveau dans l'appartement de Therese, où Carol lui offre une valise contenant un appareil photo Canon et des pellicules. Carol apprend que Harge compte utiliser le devoir de moralité pour dévoiler l'homosexualité de sa femme et obtenir la garde complète de Rindy. Elle décide de partir en voiture pour échapper au stress du divorce et emmène Therese avec elle. Richard accuse Therese d'être éprise de Carol et que celle-ci se lassera bien vite d'elle. Les deux se disputent et rompent. La deuxième nuit du voyage, Therese rencontre Tommy Tucker, un vendeur.

Le jour du Réveillon de la Saint-Sylvestre, Carol et Therese s'embrassent et font l'amour pour la première fois. Le lendemain matin, elles découvrent que Tucker avait en fait été engagé par Harge pour obtenir des preuves contre Carol. Celle-ci le menace avec un pistolet, mais il annonce déjà avoir envoyé les preuves à Harge. Carol et Therese s'en vont. Le jour suivant, à Chicago, Therese apprend que Carol est repartie chez elle pour se battre pour la garde de sa fille, demandant à Abby de la ramener chez elle. Abby donne à Therese une lettre de Carol. De retour chez elle, Therese téléphone à Carol, mais sachant qu'elle risque de perdre la garde de Rindy si elle continue sa relation avec Therese, Carol raccroche.

Therese crée un portfolio de ses photographies et obtient un emploi au New York Times. Pendant ce temps, Carol est suivie par un psychothérapeute comme condition du divorce. Pendant un rendez-vous mi-avril avec les avocats chargés du divorce, Carol finit par admettre la vérité et refuse de nier sa sexualité. Pour éviter le tribunal et le scandale public, elle dit à Harge qu'il a le droit de la garde de Rindy tout en insistant sur des visites régulières.

Carol écrit à Therese, et elles se retrouvent dans le restaurant de la Ritz Tower. Carol annonce qu'elle a trouvé un emploi dans un magasin de meubles et qu'elle a acheté un appartement sur Madison Avenue. Therese décline l'invitation de Carol de venir vivre avec elle. Carol dit à Therese qu'elle va rejoindre des associés et qu'elles peuvent dîner ensemble si elle change d'avis. Therese ne dit rien et Carol lui chuchote qu'elle l'aime. Elles sont interrompues par Jack, un collègue qu'elle n'avait pas vu depuis plusieurs mois, et Carol s'en va.

Therese accepte d'aller à une soirée avec Jack mais se rend compte qu'elle n'a de lien avec personne. Elle se dirige alors de nouveau à la Ritz Tower. Elle entre dans la salle à manger et voit Carol à une table. D'abord hésitante, elle finit par marcher vers elle. Leurs regards se croisent et Carol sourit.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

 
Rooney Mara, Todd Haynes et Cate Blanchett lors de la présentation du film au festival de Cannes 2015.

  Source et légende : version française (VF) sur RS Doublage[5] et selon le carton de doublage.

ProductionModifier

Genèse et développementModifier

Carol est basé sur le roman semi-autobiographique The Price of Salt de Patricia Highsmith, paru en 1952. Le livre a été initialement publié sous le pseudonyme "Claire Morgan" par Coward-McCann après le rejet de part de l'éditeur de Highsmith, Harper & Brothers. En 1990, Highsmith a accepté de le republier sous son propre nom avec Bloomsbury Publishing et l’a renommé Carol[6],[7]. Le roman est inspiré par une rencontre entre Highsmith et Mme E.R. Senn (Kathleen Wiggins Senn), une femme blonde qui portait un manteau de vison, alors qu'elle travaillait comme vendeuse au rayon des jouets de Bloomingdale's à New York pendant les fêtes de Noël en 1948. Ce soir-là, elle a écrit un plan de huit pages. Elle le développait quelques semaines plus tard et l’a achevé en 1951[8],[9].

Elle ira jusque chez elle sans oser la rencontrer. Mme Senn, dépressive, se suicida au monoxyde de carbone avant la publication du livre[10].

TournageModifier

Il démarre au début de 2014 et dure 35 jours. Il s’effectue dans la ville de Cincinnati, dans l’Ohio et non à New York[11]. Les responsables du projet justifient ce choix par le fait que les immeubles et les intérieurs de cette ville n’ont pas beaucoup changé depuis les années 1950[12]. Des considérations financières ne sont sans doute pas non plus étrangères à ce choix. De fait le budget de ce film d’époque « se déroulant dans le New York des années 50 » est très modeste : $11,8 millions.

Bande originaleModifier

La musique du film est composée en partie par Carter Burwell mais comporte aussi des titres d'artistes comme The Clovers, Billie Holiday, Georgia Gibbs, Les Paul and Mary Ford, et Jo Stafford. Certains de ces titres font partie intégrante de l'intrigue du film : Thérèse, qui aime le jazz, fait écouter des 33 tours contenant ces morceaux à son amie.

À partir du cette bande originale est disponible sur le marché.

AccueilModifier

La critiqueModifier

Présenté en avant-première au Festival de Cannes 2015, Carol obtient le prix d’interprétation féminine pour Rooney Mara, ex aequo avec Emmanuelle Bercot. C’est la seule récompense notable que le film recevra. Quand il sort en salle sept mois plus tard, les médias l’accueillent avec bienveillance si ce n’est avec enthousiasme. Le site Allociné comptabilise une note moyenne de 4 sur 5 pour 35 critiques récoltées[13].

La plupart des critiques s’accordent sur le fait qu’il s’agit d'un mélodrame de qualité et citent Douglas Sirk, le grand maître du genre dans les années 1950. Le Point, Ouest-France et 20 minutes qualifie ce mélo de « flamboyant ». Mais la plupart des critiques saluent plutôt ses qualités formelles, son « brio technique » (Direct Matin), son « élégance » que Les Fiches du Cinéma qualifient de « remarquable » et Femme Actuelle de « feutrée ». Mais à force de « distance » (Cinemateaser) et de « pudeur exemplaire » (La Voix du Nord) le mélo flamboyant manque de flamme, estiment certains : « ... la fièvre de la passion manque parfois », regrette par exemple Paris Match tandis que Voici déplore un « mélo ... à l'écrin splendide, mais au cœur un peu glacé » et Cinemateaser un film qui « marche dans les clous, reste à distance et peine à émouvoir ». VSD regrette pour sa part le jeu de Cate Blanchett, qualifié de « cabotinage ».

Le publicModifier

Box-office   France : 469 598 entrées[14]. Globalement le film rapporte 42,2 millions de dollars à ses producteurs. Il a coûté 11,8 millions, budget modeste pour un film d’époque. Le seuil de rentabilité est ainsi largement dépassé.

DistinctionsModifier

RécompensesModifier

Nominations et sélectionsModifier

Autour du filmModifier

Ce film est le 6e long-métrage de Todd Haynes[16] ; il s'agit d'une adaptation cinématographique du deuxième roman de Patricia Highsmith, The Price of the Salt[17], écrit en 1952[18],[19], sous le pseudonyme « Claire Morgan »[20].

Il fait écho au film Loin du paradis, où le même réalisateur, homosexuel affiché, filmait une histoire d'amour interdite dans l'Amérique des années 50[21],[22].

Carol a été bien reçue par les groupes de cinéphiles LGBT : un sondage organisé en mars 2016 par le Festival londonien du film Gay et Lesbien le sacre en effet « meilleur film LGBT de tous les temps, devant La Vie d'Adèle et Le Secret de Brokeback Mountain[18]. Par ailleurs, lors du festival de Cannes 2015, le film a reçu la Queer Palm.

Notes et référencesModifier

  1. « Carol », sur allocine.fr
  2. « Visa d'exploitation no 143586] », sur Centre National du Cinéma.
  3. « Page du film », sur IFCO.
  4. « Carol », sur BBFC.
  5. « Fiche du doublage français du film », sur RS Doublage, (consulté le 7 janvier 2016) [m-à-j].
  6. (en-US) Frank Rich, « Frank Rich on Carol and Lesbian Culture », sur Vulture, (consulté le 23 novembre 2019)
  7. (en) Louis Jordan, « The Writer—and Friend of Patricia Highsmith’s—Who Worked Almost 20 Years to Make Carol », sur Slate Magazine, (consulté le 23 novembre 2019)
  8. (en) Margaret Talbot, « Patricia Highsmith’s Forbidden Love », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (ISSN 0028-792X, lire en ligne, consulté le 24 novembre 2019)
  9. (en-GB) « Happily ever after, at last: Patricia Highsmith on the inspiration for Carol », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne, consulté le 24 novembre 2019)
  10. François Rivière : "L'amour interdit de Patricia Highsmith", dans Le Figaro, 11 décembre 2013, https://www.lefigaro.fr/livres/2013/12/11/03005-20131211ARTFIG00599-l-amour-interdit-de-patricia-highsmith.php
  11. (en) « Cate Blanchett, Rooney Mara to shoot 'Carol' movie here (par John Kiesewetter) », sur Cincinnati.com (part of The Cincinnati Enquirer & USA Today),
  12. « Carol. Secrets de tournage », sur allocine.fr
  13. « Carol. Critiques presse », sur allocine.fr
  14. « Page du film Carol », sur JP-Boxoffice.com (consulté le 26 juillet 2017).
  15. « Top 10 2016 », Cahiers du Cinéma n°728,‎ , p. 6 (lire en ligne).
  16. Julien Gester, « "Carol", le coup de fougue », sur Libération, (consulté le 26 janvier 2018).
  17. Yannick Vely, « "Carol": la bluette est une couleur chaude », sur Paris Match, 12 javier 2016 (consulté le 26 janvier 2018).
  18. a et b Alice Develey, « Le film Carol sacré meilleur film LGBT de tous les temps », sur Le Figaro, (consulté le 26 janvier 2018).
  19. Thomas Sotinel, « "Carol" : filmé par Todd Haynes, l’amour est le plus beau des crimes », sur Le Monde, (consulté le 26 janvier 2018).
  20. Marine Le Breton, « L'histoire du roman révolutionnaire derrière le film "Carol" qui passe sur Canal+ », sur HuffPost, (consulté le 26 janvier 2018).
  21. Thomas Baurez, « Carol, un film à la fois tendre et désespéré », sur L'Express.
  22. Théo Ribeton, « "Carol": la rencontre amoureuse filmée comme un miracle », sur Les Inrocks, (consulté le 26 janvier 2018).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier