Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Localisation du noyau à l’origine de la culture capsienne

Le capsien est une culture de l'Épipaléolithique d'Afrique du Nord. Il doit son nom à la ville de Gafsa, anciennement appelée Capsa, près de laquelle fut découvert le site d'El Mekta au début du vingtième siècle par Paul Boudy, Inspecteur des eaux et forêts[1].

Le Capsien dure d'environ 8 500 av. J.-C. à 5 400 av. J.-C. Il se traduit par des escargotières[2], amas de coquilles d'escargots et de cendres auxquelles sont mêlés des outils et des débris de cuisine. L'un des éléments culturels originaux du Capsien est la réalisation de gravures sur œufs d'autruche.

Il a été produit par des Hommes anatomiquement modernes[3].

Sommaire

OrigineModifier

Pour certains auteurs, s'appuyant sur les données linguistiques, le Capsien d'Afrique du Nord dériverait du Natoufien du Moyen-Orient[4]. L'intervalle chronologique de plusieurs millénaires entre ces deux cultures rend toutefois cette hypothèse peu probable. L'origine proche orientale de la civilisation capsienne avait également été émise au cours du XXe siècle par des chercheurs français, qui la considèrent comme une civilisation d'origine allochtone à l'Afrique du Nord-Ouest sur la base des industries lithiques et des données anthropobiologiques. Des rapprochements ont par ailleurs été proposés avec les industries égyptiennes de Nubie et de l'oasis de Kharga[5]. D'autres auteurs plaident pour une continuité biologique et culturelle locale entre l'Ibéromaurusien et le Capsien[6].

Extension géographiqueModifier

La civilisation capsienne est localisée[7] sur les hautes plaines et dans les vallées entre l'Algérie et la Tunisie. Ses limites correspondent :

  • au Nord à la lisière sud de l’Atlas Tellien ;
  • à l’est à un méridien situé à une cinquantaine de kilomètres de Gafsa jusqu'à la côte orientale tunisienne ;
  • à l’Ouest à une ligne joignant Tiaret à Laghouat et
  • au Sud, à la bordure pré-saharienne allant de Laghouat au sud de Gafsa et passant par Ouled Djellal, Biskra et Negrine.

Division du CapsienModifier

Le Capsien est traditionnellement divisé en Capsien typique et en Capsien supérieur selon la nature des pierres taillées trouvées. Le premier[7] se caractérise par une industrie volumineuse d'éclats et de lames constituée surtout de burins et de lames à dos associés à un nombre relativement important de lamelles à dos et à de rares armatures géométriques. Le second se caractérise par une production orientée vers l'obtention de lamelles, obtenues par la technique de la pression et transformées pour produire des armatures géométriques.

Le Capsien typique, localisé dans la région de Tébéssa-Gafsa, apparaît à Kef Zoura vers 10000 BP. et dure jusqu'environ 8000 BP. Il est absent des autres régions.

Le Capsien supérieur apparaît vers 9000-8200 BP et dure jusqu'environ 7500 BP. Certains gisements de ce faciès sont antérieurs à ceux du Capsien typique. Dans la région de Tébéssa-Gafsa où les deux Capsiens se chevauchent pendant quelques siècles, le Capsien typique est stratigraphiquement sous le Capsien supérieur, ce qui montre son antériorité dans cette région.

Notes et référencesModifier

  1. Voir l'étude sur les stations préhistoriques du Sud Tunisien, page 105 en ligne
  2. Voir une description des escargotières dans l'article de G. Camps.
  3. Voir la description de l'homme d'Aïn Meterchen faite par le Professeur Vallois en ligne.
  4. Werner Vycichl, Les langues tchadiques et l'origine chamitique de leur vocabulaire in Barreteau Daniel (ed.), Tourneux H. (ed.) Relations interethniques et culture matérielle dans le bassin du lac Tchad, Paris, ORSTOM, 1990, p. 33-42. (Colloques et Séminaires). Colloque MEGA-TCHAD, 3., Paris (FRA), 1986/09/11-12. (ISBN 2-7099-0998-7)
  5. Romuald Schild, M. Chimielewska, H. Wieckowska, The Arkinian and Shamarkian Industries in The prehistory of Nubia, 2,, Dallas, (ISBN 9780870741258), p. 651–767
  6. (en) David Lubell, « Continuity in the Epipaleolithic of Northern Africa with emphasis on the Maghreb », Advances in world archaeology,‎ , p. 143-191 (lire en ligne)
  7. a et b Voir l'article de D. Grébénart.

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  •  J. de Morgan, Dr Capitan et P. Baudry, « Étude sur les stations préhistoriques du Sud Tunisien », Revue mensuelle de l'École d'anthropologie de Paris, vol. 10,‎ , p. 105-136 (lire en ligne)
  •  M.T. Lacorre et F. Lacorre, « Les hommes éponymes d'Aïn Métherchem et Combe-Capelle », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 50, no 4,‎ , p. 258-275 (lire en ligne)
  •  G. Camps, « Escargotières », dans Encyclopédie berbère, Aix-en-Provence, Edisud, (lire en ligne), p. 2683-2691
  • Simone Mulazzani (dir.), « Le Capsien de Hergla (Tunisie). Culture, Environnement et économie ». Reports in African Archaeology 4. Frankfurt M., 2013, Africa Magna Verlag. (ISBN 978-3-937248-36-3).
  •  Belhouchet L., Mulazzani S., Pelegrin J. 2013. Evolution of a 9th-8th mill. cal BP Upper Capsian site : the techno-typological study of the bladelet production at SHM-1 (Hergla, Tunisia). Quaternary International. DOI: 10.1016/j.quaint.2013.05.006.Noura Rahmani, « Nouvelle interprétation de la chronologie capsienne (Épipaléolithique du Maghreb) », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 101, no 2,‎ , p. 345-360 (lire en ligne)
  • E. Gobert, « Recherches sur le Capsien (lre série) », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 7, no 11,‎ , p. 595-604 (lire en ligne)
  •  Danilo Grébénart, « Capsien », in Encyclopédie berbère, 12 | Capsa – Cheval [En ligne], mis en ligne le 01 mars 2012, consulté le 22 février 2013. URL : http://encyclopedieberbere.revues.org/2057

REYGASSE M. & LATAPIE M. Note sur les escargotières de la région de TEBESSA. In Bulletin de la Sté de Préhistoire de France. t. IX, 1912 p.166 - 167.consultable en ligne

Articles connexesModifier