Tébessa

ville en Algérie

Tébessa
Tébessa
Porte de Caracalla à Tébessa
Noms
Nom arabe
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Tébessa
Daïra Tébessa
Code postal 12000
Code ONS 1201
Démographie
Population 196 537 hab. (2008[1])
Densité 1 068 hab./km2
Géographie
Coordonnées 35° 24′ 19″ nord, 8° 06′ 59″ est
Altitude 960 m
Superficie 184 km2
Localisation
Localisation de Tébessa
Localisation de la commune dans la wilaya de Tébessa.
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Tébessa
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Tébessa
Localisation de Tébessa dans l'Afrique romaine

Tébessa ou Tbessa (en tamazight : Tibest ou Tebest; en arabe: تبسة) est une commune d'Algérie, chef-lieu d'une wilaya, située à l'est du pays, entre le massif de l'Aurès et la frontière algéro-tunisienne.

La ville remonte à l'époque "libyenne", où elle portait le nom de Thevest (francisé en Théveste).

GéographieModifier

Situation

Tébessa est à 16 km à vol d'oiseau, mais à 45 km par la route nationale 10, de la frontière frontière algéro-tunisienne.

Communes limitrophes
Communes limitrophes de Tébessa
Hammamet Boulhaf Dir El Kouif
Bir Mokkadem   Bekkaria
Ogla Melha El Ma Labiodh El Ma Labiodh
Géographie physique

Elle se trouve au nord du djebel Doukane et à l'ouest des monts de Tébessa.

HistoireModifier

.

Période "Libyenne" - Période carthaginoise / puniqueModifier

Les Grecs de l'Antiquité appellent l'agglomération Theveste (Θεβέστη) ou Hekatompyle (Ἑκατομπύλη, ville aux cent portes par confusion avec Thèbes d’Égypte).

Vers 880-820 avant l'ère actuelle, les Carthaginois s'installent dans la région mais la ville de Theveste reste une grande ville "libyenne" et ne tombe que vers , où elle sera prise et occupée par Hannon le Grand, général et stratège carthaginois.[2]

Présence numideModifier

De -174 à -150, Masinissa dirige le grand centre agricole de Théveste.

Colonisation romaineModifier

Après la soumission de Jugurtha en -105, de -104 à ̘435, la région est sous domination romaine. Dans l'antiquité classique, la ville romaine de Theveste[3] sert de lieu de garnison pour la IIIe légion Auguste. En 77, est construit l'amphithéâtre, classé en 1982. En 98-117, est construite l'huilerie de Berzguène, classée en 1985. À l'époque de Trajan, la ville compte 30 000 habitants.

Au IIe siècle, elle est colonie de Septime Sévère, et huit grandes routes y aboutissent. Un temple de Minerve y est érigé.

En 213, est construit l’Arc de triomphe de Caracalla, classé en 1982, en l’honneur de Septime Sévère, père de l’Empereur Caracalla, Puis est construite la basilique chrétienne. La ville devient le siège d'un évêché. Dès 350, elle est un centre donatiste.

Époque byzantine et vandaleModifier

 
Ruines du mur byzantin de Tébessa, l'un des nombreux sites restaurés et fortifiés par Solomon[4].

En 428, Boniface de Carthage appelle les Vandales, qui se débarrassent de lui dès 435, et dirigent la région dès 443. La persécution vandale commence en 488. En 496, des tribus berbères envahissent la région, sous la conduite de Jaldas ː la ville est pillée et ruinée, puis reprise par le roi vandale Thrasamund.

En 530, le gouverneur byzantin Solomon reprend tout le pays. La région de Théveste devient une province byzantine, dès le début de la guerre des Vandales. La ville est restaurée. Mais en 545, les troupes berbères d’Antalas attaquent Solomon qui, vaincu, meurt au pont de l’Oued Zour.

Époque turqueModifier

En 1573, la ville est conquise militairement par les Turcs.

Epoque française : (colonisation de l'Algérie)Modifier

Le , la ville est conquise sans engagement militaire par le général français François de Négrier, mais laissée sous la responsabilité des chefs locaux .

Face aux nombreuses razzias entre tribus et comme suite aux demandes répétées des autorités locales, la France décide d'occuper la ville le , par les troupes du général Jacques Louis Randon. Une troupe de 40 Spahis sera laissée sur place, sous la responsabilité du commandant Allegro et de 2 sous-officiers. Cette troupe logera dans l'ancienne caserne des janissaires turcs du quartier de la Casbah.

Avec son terrain d'aviation, Tébessa est un lieu de ravitaillement important pour les Alliés lors de la bataille de Kasserine.

Le , après l'assassinat du sergent Walter de la Légion étrangère de l'armée coloniale à la place du marché de la ville, une expédition "punitive" sera organisée spontanément par des légionnaires, qui détruiront et brûleront le souk. Il s'ensuit une chasse à l'homme (ratonnade est le terme qui convient) dans les rues de la ville, qui fera des dizaines de victimes. Des meurtres seront commis au couteau, en réponse au mode choisi par le rebelle qui a commis l'assassinat du légionnaire. Les officiers avaient interdit aux soldats l'utilisation des armes à feu, mais avaient cautionné ces actes de vengeance. Après plusieurs articles de presse relatant l'événement, notamment de la part du journal communiste l'Humanité, le régiment de la Légion étrangère sera déplacé et le commandant Jean pierre sanctionné. C'est à partir de ces événements là qu'une méfiance s'est installée au sein des communautés musulmanes et européennes.

Le , un soulèvement populaire contre l'administration coloniale a lieu.

Jusqu'en 1961, la ville de Tébessa est la base du 57e régiment de transmissions, dont le chant de marche reste "Ô Tébessa".

Époque de l’Algérie indépendanteModifier

En , quelques semaines avant l'indépendance de l’Algérie, la ville accueille l'entrée des troupes de l'ALN , (armée des frontières ) stationnées en Tunisie.

Lors du découpage administratif de 1974, Tébessa accède au statut de Wilaya (préfecture) et la ville est doté d'un hôpital Khaldi Abdelaziz.

En 1978, est inaugurée la ligne aérienne Alger – Tébessa.

ÉconomieModifier

Foyer artisanal, elle est aussi un important centre commercial et agricole et possède un grand nombre de ressources minières (phosphate) et forestières. La wilaya de Tébessa abrite les mines de phosphates, la mine de Djebel Onk.

Vie contemporaineModifier

SportsModifier

Le club de football UST évolue dans le championnat de 2e (amateur) division algérienne.

PatrimoineModifier

Les vestiges romains sont aujourd’hui le principal attrait de la ville. L’ancienne enceinte byzantine ceinture l’agglomération. L’une de ses quatre portes est un arc de triomphe, à proximité duquel se trouve un temple de Minerve datant du début du IIIe siècle. L’ensemble basilical est très bien conservé. L’édifice, consacré à une sainte locale, sainte Crispine, date de la fin du IVe siècle[5].

En 1918, on découvrit dans des grottes au sud de la ville, un manuscrit latin, de treize feuillets, probablement du IVe siècle, relatif au manichéisme[6].

De nombreuses inscriptions ont été retrouvées lors d'une campagne de fouilles en 1967, notamment les épitaphes de soldats gaulois de la Legio III Augusta[7].

Patrimoine touristiqueModifier

Patrimoine culturelModifier

  • Arc de triomphe de Caracalla (214 apr. J.-C.)
  • Théâtre romain
  • Temple de Minerve : Stéphane Gsell y découvrit en une mosaïque[8].
  • Amphithéâtre
  • Ruines de la basilique Sainte-Crispine, découverte en 1906[9].
  • Murs byzantins (du VIe siècle), un ensemble de ruines situées à trois kilomètres au Sud-Ouest des remparts de la ville et appelées localement Tebessa Khalia. Elles furent explorées en 1954[10]. Elles font l'objet d'entretien et de restauration par l'association des Amis de Tébessa avec le concours de la commune[11].
  • Dolmens de Tébéssa et de Guestel, explorés en 1869 par Louis Faidherbe[12].
  • Musée archéologique.

Personnalités liées à la villeModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Wilaya de Tébessa : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. Gabriel Camps, « Gastel », Encyclopédie Berbère,‎ , p. 2974-2993 (lire en ligne)
  3. La forme latine Theveste se trouve dans le dictionnaire Gaffiot.
  4. Graham 2002, p. 44
  5. Duval Noël. L'évêque et la cathédrale en Afrique du Nord. In: Actes du XIe congrès international d'archéologie chrétienne. Volumes I et II. Lyon, Vienne, Grenoble, Genève, Aoste, 21-28 septembre 1986. Rome : École Française de Rome, 1989. pp. 345-399. (Publications de l'École française de Rome, 123)
  6. P. ALFARIC, « Un manuscrit manichéen. Le document de Tebessa », in Rev. Hist. et Litt. relig., vol. VI, 1920
  7. Gascou Jacques. Inscriptions de Tébessa. In: Mélanges d'archéologie et d'histoire T. 81, 1969. pp. 537-599.
  8. Leschi Louis. Une mosaïque de Tébessa . In: Mélanges d'archéologie et d'histoire T. 41, 1924. pp. 95-110.
  9. Héron de Villefosse Antoine. Découverte d'une basilique dans les environs de Tébessa et d'une inscription mentionnant des martyrs africains. In: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 50e année, N. 2, 1906. pp. 141-144.
  10. Boucher Jean-Paul. Nouvelles recherches à Tébessa. In: Mélanges d'archéologie et d'histoire T. 66, 1954. pp. 165-187.
  11. Tébessa restaure ses ruines romaines
  12. Faidherbe . Fouilles dans les dolmens de Tebessa et de Guestel. In: Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, II° Série. Tome 4, 1869. pp. 543-545.

Voir aussiModifier

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Documents audiovisuelsModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier