Béchar

ville en Algérie

Béchar
Béchar
Rue à Béchar en 2016
Noms
Nom arabe بشار
Nom berbère ⴱⴻⵛⵛⴰⵔ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Saoura
Wilaya Béchar
Daïra Béchar
Président de l'APC Abdallah Bouziane[1]
2017-2022
Code postal 08000
Code ONS 0801
Démographie
Gentilé Bécharien(ne)
Population 165 627 hab. (2008[2])
Densité 33 hab./km2
Géographie
Coordonnées 31° 37′ 00″ nord, 2° 13′ 00″ ouest
Altitude Max. 773 m
Superficie 5 050 km2
Localisation
Localisation de Béchar
Localisation de la commune dans la wilaya de Béchar.
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Béchar
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Béchar

Béchar (en tifinagh: ⴱⴻⵛⵛⴰⵔ, en arabe: بشار), anciennement Colomb-Béchar pendant la colonisation française, est une commune de la wilaya de Béchar dont elle est le chef-lieu, située à 1 150 km au sud-ouest de la capitale Alger, à 852 km au nord-est de Tindouf et à environ 80 km à l'est de la frontière marocaine. Béchar est la plus grande ville du sud-ouest algérien, sa population est de 171 724 habitants.

GéographieModifier

SituationModifier

Le territoire de la commune de Béchar est situé au nord de sa wilaya. Béchar se situe à la limite nord-ouest du Sahara algérien. On considère que la ville fait partie de la région de la Saoura.

Communes limitrophes de Béchar
Lahmar Mougheul Beni Ounif
Kenadsa   Beni Ounif
Kenadsa Taghit Taghit

ReliefModifier

Béchar est entourée de chaînes de montagnes :

ClimatModifier

 
Neige tombée dans l'oasis de Qorai à Bechar
Données climatiques à Béchar.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1 4 8 12 16 21 25 25 20 13 7 2 13
Température moyenne (°C) 8 11 15 19 23 28 32 31 26 20 13 9 20
Température maximale moyenne (°C) 15 18 22 26 30 35 40 38 33 27 20 16 27
Précipitations (mm) 0 0 10 0 0 0 0 0 0 10 10 0 80
Source : Weatherbase, statistiques sur 26 ans[3].


TransportModifier

Béchar dispose d'un aéroport situé à 5 km au nord-ouest de la ville. Des vols opérés par la compagnie Air Algérie la relient à Alger et à Oran.

La commune de Béchar est traversée par la route nationale 6 (RN 6), dite « route des Oasis », qui relie la ville de Sig, située au nord-ouest de l'Algérie, à la ville de Timiaouine, située à l’extrême sud de l'Algérie à la frontière avec le Mali, via Béchar et Adrar.

Le 15 juillet 2010, la ligne ferroviaire Oran-Béchar, longue de 700 km, a été inaugurée. Le voyage s'effectue en 10 heures. Cette ligne de train permettra au sud-ouest algérien un désenclavement et accentuera les échanges commerciaux entre le nord et le sud algérien en desservant jusqu'à Oran les villes suivantes : Oued Tlelat, Sidi Bel Abbes, Ras El Ma, Mecheria, Naâma, Ain Sefra, Beni Ounif.

Localités de la communeModifier

En 1984, la commune de Béchar est constituée à partir des localités suivantes[4] :

  • Béchar-Centr
  • Kasr Béchar
  • Debdaba
  • Béchar Djedid
  • Ouakda
  • Benzireg
  • Hassi Haouari
  • Zouzfana
  • Gharassa
  • Manouarar Nekheila

Un quartier s'appelle Mer Niger, du nom du Chemin de fer transsaharien[5].

HistoireModifier

Vers la fin du XVIIe siècle, le Bey de l’Ouest mande des expéditions dans le Sahara vers lequel il voulait étendre sa domination[6]. Les objectifs de ces expéditions étaient doubles: établir une cartographie de cette partie du Sahara et trouver de l'eau. Une récompense fut promise à toute personne découvrant des points d'eau encore inconnus. Сes derniers, recevant une prime annuelle étaient de plus exemptés d’impôt et d'obligation militaire. Parmi ces explorateurs, beaucoup moururent de soif ou en se perdant dans le Sahara loin des routes commerciales. Néanmoins, bon nombre d’entre eux découvrirent des zones minières et des sources d'eau (mais le plus souvent saumâtres)[7].

Les traditions locales rapportent qu'un jour, un voyageur demanda audience au Bey, puis lui présenta dans une guerba en peau de chèvre de l'eau limpide qu'il expliqua avoir recueillie dans une source qu'il aurait découverte dans la vallée de Zousfana. Le Bey remercia publiquement l'envoyé, puis, après l'avoir félicité, il surnomma l'explorateur du surnom "'El Bechar" signifiant celui qui apporte une bonne nouvelle, surnom qui sera repris pour désigner toute la région[6],[7].

 
Ancien Ksar de Béchar.

Comme la région était assez plane, cela facilita la création de palmeraie grâce à la possibilité d’utiliser l'eau de la source nouvellement découverte. Le Bey choisit entre autres la tribu des Ouled Nasir pour travailler la terre de la région et pour s'y installer. Il offrit à ces derniers divers animaux (chevaux, mulets et moutons) pour faciliter leur installation et ordonna la construction d'un premier fort dans cette nouvelle place[6].

Rapidement, la nouvelle palmeraie prospéra et fut réputée dans la région pour ses figues et dates, mais aussi pour les divers animaux provenant de la chasse. Elle atteignit l'Oued Guir, non loin de cet endroit et assura la prospérité de la nouvelle ville qui rapidement vit de nombreuses tribus nomades se mettre sous la protection de la ville et camper non loin de Béchar[6]. Néanmoins, quelques décennies plus tard, la région connue pour les fortes crues de l'Oued motiva les Ouled Nasir à quitter le pays pour s'installer plus au Nord dans les plaines marocaines du Ghrarb.

Avertis de ces terribles événements, le Bey de l'Ouest rechercha de nouveaux volontaires pour aller continuer l'œuvre des Ouled Nasir mais la plupart des tribus et citoyens du Beylicat de l’Ouest de la Régence d'Alger refusèrent, de peur de mourir dans le désert des mêmes conditions. Devant cette situation, le Bey décida d'envoyer des esclaves et tribus de force et constitua ainsi la place d'Abda. Il y construisit le Fort de Zoukourt où vécut une grande partie des esclaves. Rapidement, de nombreuses personnes venant du Tell accoururent dans la région et furent si nombreuses que les gens d'Abda décidèrent de construire un nouveau Ksar à côté de celui de Zoukourt, qui fut nommée Zekakor (ou petit Zakour)[6]. Ainsi, la région de Béchar devint une plaine fertile couverte de cultures, depuis le barrage d'Ouakda et la vallée de l'oued actuel jusqu'à la palmeraie d'Ait Hamou Aissa et le pied du Djebel Béchar, à mi-chemin de la piste de Béchar à Gharassa[6].

Le siège de la Forteresse de ZakourModifier

Le sultan Lakhal (sultan du Gharb et du Tafilalet) apprit que Béchar possédait en abondance une région très fertile et de nombreuses sources d'eau de bonne qualité et résolut ainsi de s'emparer du ksar de Zakour dont il fit le siège. Il coupa tous les barrages et toutes les séguias qui alimentaient les jardins, et détruisit bon nombre de cultures. Le siège du Zakour durait depuis un an, sans succès pour les assiégeants. Les traditions locales, que rapporte notamment L. Cesard dans ses travaux anthropologiques de la région, narrent que les habitants du Ksar, lorsqu'il ne restait plus qu'environ quelques kilos de blé et moins d'une dizaine de génisses, décidèrent sur les conseils d'un "ancien" de l'assemblée d'Abda de nourrir une des génisses qu'il possédait avec les céréales qu'il restait avant de la libérer pour qu'elle soit récupérée par les assiégeants. La nuit suivante, la génisse fut capturée par les assiégeants qui l'égorgèrent avant de s'apercevoir que l'estomac de la bête était rempli de blé. Le sultan assiégeant, informé de ce fait, décida de lever le siège[6].

Quelques années plus tard, des familles nomades des tribus berbères des Ait Atta vinrent s'installer à Bechar, édifiant notamment le Ksar El Beidh. Par la suite, de nombreuses autres tribus nomades vinrent s'installer dans la région avec leur troupeaux, mais la plupart ne restèrent que temporairement.

Harcèlement de Béchar par diverses tribusModifier

Les Ghenanma, tribu bédouine du Draa, implantée notamment dans la vallée de la Saoura menèrent de nombreuses incursions sur Béchar et ses environs pour se ravitailler en dattes et céréales essentiellement. Les habitants de la région firent appel aux tribus bédouines des Doui Menia, récemment installés dans la vallée du Guir, pour les protéger en échange de terrain. Ces derniers acceptèrent, avant pour certains de rompre le contrat afin de reprendre leur vie nomade.

Sidi M'hammed Ben Bouziane, riche érudit alors installé à Béchar, partira à cette époque dans la ville voisine de Kénadza où il fondera sa Zaouïa. De leur côté, les tribus des Ghenanma et des Doui Menia s'étaient déclaré la guerre et, comme les Douia Menia ne passaient à Béchar qu'à certaines périodes de l'année pour acheter des dattes, une partie des Ghenanma profita de la situation pour piller les récoltes. Les Doui Menia décidèrent, après avoir été informés de la situation par Sidi M'hammed Ben Bouziane et être appelés par les habitants de la région, de livrer bataille contre les Ghenanma. La bataille eut lieu à Redjem Kaam (entre Guelb El Aouda et Gueltet Amed ben Salah) : le Cheikh Aissa, chef des Doui Menia y provoqua en duel singulier Kaam, le chef des Ghenanma, qui fut tué. Privés de leur chef, les Ghenanma se débandèrent et furent vaincus par les Doui Menia.

Dans les années 1800, des pluies anormalement abondantes transformèrent l'Oued Béchar en torrent qui dévasta la région, et qui fut nommée l'Oued Lakhal à cause de la couleur de ce dernier. Cette crue marqua et creusa plus profondément le lit de l’Oued et détruisit entre autres les principaux systèmes d'irrigation de Béchar dont notamment la grande seguia des Ait Atta[6].

Époque contemporaineModifier

 
Vue de Colomb-Béchar par Alexandre Iacovleff

En 1902, lors de la colonisation française, la ville est rattachée à la partie des Territoires du Sud, subdivision de l'Algérie française entre 1902 et 1957. La ville, durant la période coloniale, tire son nom composé de Colomb-Béchar du général français Louis Joseph Jean François Isidore de Colomb (1823-1902) qui servit dans la région de l'Oranais et du sud Oranais (Laghouat, Mascara, Tlemcen) et mourût la même année du ratachement de la ville à la France[8], et du nom indigent pré-colonial de Béchar, ou porteur de bonnes nouvelles en arabe, suivant une légende qui remonte au début de la période turque. En 1958, elle fait partie du département de la Saoura. Dans le but de sécuriser la zone frontalière algéro-marocaine, foyer d'agitation permanente, Lyautey installa de nouveaux postes destinés à assurer la sécurité de la région régulièrement menacée par les incursions des tribus hostiles à l'implantation française. Il établit ainsi une ligne de postes partant au sud de Béchar alors située dans les territoires non-délimités par le Traité de Lalla Maghnia[9], il occupa en 1903 le Ksar de Béchar et le rebaptisa "Colomb" puis l'intégra aux départements français d’Algérie.

 
Café à Béchar, 1932. Photographie de Walter Mittelholzer, ETH-Bibliothek.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un camp de concentration vichyste est installé à Colomb-Béchar, où sont soumis au travail forcé des prisonniers républicains espagnols, communistes français[10] et des Juifs[11]. C’est à proximité de Béchar que le général Leclerc a trouvé la mort le dans le crash de son B-25 Mitchell, lors d’une tempête de sable au cours d’une tournée d’inspection. Les 13 occupants de l'appareil sont tués sur le coup. Elle devient une commune de plein exercice le [12].

L'armée française installe en 1947 une base militaire de lancement de fusées et de fusées-sondes appelée le Centre interarmées d'essais d'engins spéciaux. Cette base fut utilisée encore après l'indépendance de l'Algérie, jusqu'en 1967, selon les termes des accords d'Évian entre la France et l'Algérie[13]. Le charbon, découvert dès 1907, ne connut un début d'exploitation qu'en 1917, puis une expansion pensée et préparée lors de la Deuxième Guerre mondiale, qui isole l'Algérie de la Métropole et nécessite un accroissement rapide des sources d'énergie locales[14]. C'est l'expansion du Bassin houiller de Djerada dans les années 1950 : une centrale thermique est installée et la voie ferrée normale Méditerranée-Niger prolongée jusqu'à Kenadsa[14]. Après l'indépendance, la ville reprend le nom de Béchar[15].

AdministrationModifier

Le 19 mai 2020, le président de l'APC est suspendu par le wali, suite à des poursuites judiciaires engagées pour « concussion, corruption, trafic d'influence, infractions commises dans le cadre de la passation de marchés publics et dilapidation de deniers publics »[1].

EducationModifier

L'université de Béchar regroupe 13 spécialités dont les sciences technologiques, le droit, la gestion et les lettres arabes.

SantéModifier

Cette commune abrite des salles de soins, polycliniques et maternités relevant de la Direction de la Santé et de la Population (DSP) de la wilaya de Béchar ainsi que du Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.

Les consultations spécialisées ainsi que les hospitalisations des habitants de cette commune se font dans l'un des hôpitaux de la wilaya de Béchar:

Elle chapeaute 10 salles de soins sur un total de 19 que compte la wilaya de Béchar.

Cette commune chapeaute 2 polycliniques sur un total de 5 polycliniques que compte la wilaya de Béchar.

Cette commune chapeaute 2 maternités sur un total de 8 maternités que compte la wilaya de Béchar.

ÉconomieModifier

Le développement rapide de Béchar est étroitement lié à la présence de l'armée algérienne notamment le long de la frontière marocaine.

Colomb-Béchar doit être le point de départ d'un des premiers segments du chemin de fer transsaharien Alger-Gao-Bamako-Dakar.

PersonnalitésModifier

Relations internationalesModifier

La ville de Béchar est jumelée avec deux villes :

Notes et référencesModifier

  1. a et b Le président de l'APC de Béchar et trois autres élus suspendus en raison de poursuites judiciaires, agence APS, 19 mai 2020.
  2. [PDF]Recensement 2008 de la population algérienne, wilaya de Béchar, sur le site de l'ONS.
  3. « Béchar, Algeria », sur weatherbase.com (consulté le 14 avril 2011).
  4. [PDF]Journal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret no 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya de Béchar, page 1489.
  5. « Les quartiers Ksar et Mer-Niger renouent avec le calme », sur Djazairess (consulté le 9 février 2020)
  6. a b c d e f g et h Gens et Choses de Colomb-Béchar (Sud Oranais), L. Céard.
  7. a et b Archives de l'Institut Pasteur d'Algérie Publication Trimestrielle, Tome XI (1933)
  8. Claude Merle, « COLOMB », sur www.histoire-de-guerre.net (consulté le 13 septembre 2020)
  9. « TRAITE DE LALLA-MARNIA (18 mars 1845) » (consulté le 9 février 2020)
  10. Evelyn Mesquida, La Nueve, 24 août 1944. Ces républicains espagnols qui ont libéré Paris, Paris, Le Cherche-Midi, 2011, collection « Documents ». (ISBN 978-2-7491-2046-1), p. 219
  11. Michael R. Marcus et Robert O. Paxton (trad. de l'anglais), Vichy et les Juifs, Paris, Calmann-Lévy, , 601 p. (ISBN 978-2-7021-5702-2), page 247
  12. « Fac-similé JO du 01/01/1958, page 11976 - Legifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le 9 février 2020)
  13. Interview de Pierre Messmer, ancien ministre français de la Défense par Vincent Jauvert, grand reporter, Nouvel Observateur no 1720, semaine du jeudi 23 octobre 1997
  14. a et b "Une cité minière au Nord-Sahara: Béchar-Djedid" E. Dalmasso Méditerranée 1962 [1]
  15. Atlas de l'Algérie 1830-1960, Paris, Éditions Archives & Culture, , 80 p. (ISBN 978-2-35077-157-1, présentation en ligne)
  16. « Hôpital 240 lits de Béchar », sur Djazairess (consulté le 9 février 2020)
  17. http://www.letempsdz.com/content/view/136353/1/
  18. « 2 associations de Nantes dans la wilaya de Béchar », sur Djazairess (consulté le 9 février 2020)
  19. « Béchar : L'ambassadeur de France en visite », sur Djazairess (consulté le 9 février 2020)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier