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Tifinagh

alphabet utilisé par les Berbères

Tifinagh in Tifinagh.svg Cette page contient des caractères tifinaghs. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.

Tifinagh
Image illustrative de l’article Tifinagh
Tifinagh en néo-tifinagh
Caractéristiques
Type Alphabet
Langue(s) Langues berbères, comme le kabyle, le chleuh, le rifain, le chaoui, le zénète, le tamazight du Maroc central, le nafusi, le tagargrent, le touareg, le mozabite, le siwi, le zenaga, le guanche, etc.
Historique
Époque VIIe siècle av. J.-C. à nos jours[1]
Système(s) apparenté(s) Alphabet libyque, tifinagh touareg, néo-tifinagh
Codage
Unicode U+2D30 à U+2D7F
ISO 15924 Tfng
Entrée à Kidal, ville touareg du Mali, au centre du massif de l'Adrar des Ifoghas. Sur le côté gauche du rocher, Kidal est écrit en caractères tifinagh.
Panneau de signalisation trilingue incluant une version en tifinagh, à Tizi Ouzou en Kabylie (Algérie).

Le tifinagh (en tifinagh, ⵜⵉⴼⵉⵏⴰⵖ ou ⵜⴼⵏⵗ ; en ABL, Tifinaɣ) est l'écriture utilisée par les Berbères en Afrique du Nord pour écrire leur langue, le tamazight. Tombée en désuétude depuis l'Antiquité pour les langues berbères du Nord, elle fut cependant conservée dans l'aire linguistique touarègue (Sahara algérien, malien, libyen et nigérien) jusqu'au début du XXe siècle avant d'être réintroduite par les militants berbéristes de l'Académie berbère.

Aujourd'hui, le tifinagh a été adopté par le Maroc comme alphabet de l'amazigh, langue officielle du pays depuis 2011 (le tifinagh s'est généralisé et apparaît partout : institutions, rues, entreprises, télévision, produits de consommation, médicaments, etc.).

Il est aussi l'alphabet utilisé chez les berbères du nord-ouest libyen pour écrire leur langue.

L'Algérie, qui a officialisé l'amazigh en 2016, hésite entre le tifinagh, l'alphabet latin et l'alphabet arabe.

Cet alphabet, aussi appelé alphabet libyque, a subi des variations depuis son origine jusqu'à nos jours. Il existe de nos jours une version moderne, dite néo-tifinagh, dérivée des variantes traditionnelles.

Étymologie

Selon l'ethnologue Jean Servier, le mot « Tifinagh » renvoie à une racine FNQ, « rappelant l'alphabet phénicien »[2].

Citant pages 106 et 107 J.-P. Maître (Contribution à la préhistoire de l'Ahaggar, Tefedest central, Mémoire du CRAPE[Quoi ?], éd. Arts et Métiers, Paris ou Alger, 1971) : « Tifinagh est le pluriel de Tafineq qui signifie caractère d'écriture en tamacheq. Par extension, tifinagh désigne toutes les gravures et les peintures aussi bien que les caractères alphabétiques. On peut même dire que c'est ce dernier sens qui prévaut en certains cas. »

D'autres sources[Lesquelles ?] tendent à expliquer que le mot « Tifinagh » viendrait du verbe berbère « Fnagh » qui veut dire « J'ai dessiné ».

Il existe une étymologie populaire soutenant qu'il s'agit d'un mot composé de tifi qui signifie « trouvaille » ou « découverte » en berbère et de l'adjectif possessif nnegh qui signifie « notre », donnant ainsi le sens global de « notre trouvaille »[3].

Origine

Dans la culture touarègue, l'inventeur mythique du tifinagh est l'ancêtre Anigouran, personnage connu pour sa grande intelligence et auquel sont attribuées plusieurs autres inventions[réf. souhaitée].

D'après Slaouti Taklit, enseignante de linguistique au département de français à l'université d'Alger, certains signes de l'alphabet libyque remonteraient au capsien et auraient été tout d'abord des symboles religieux qui permettaient de nommer des êtres ou des objets, car donner un nom revient à donner une réalité à ce que l'on nomme, autrement dit une seconde vie[4].

Selon plusieurs linguistes l'alphabet berbère ne serait pas un emprunt à l'alphabet phénicien comme le soutient une hypothèse classique, mais proviendrait d'une émergence endogène qui renvoie à une dynamique socio-culturelle largement interne à la société berbère, approche désormais admise par la majorité des spécialistes[5]. Cette seconde hypothèse pose cependant plusieurs problèmes[6].

Vestige archéologique

Au Musée de Chemtou de Tunis, en Tunisie, on peut voir un obélisque avec des inscriptions gravées en tifinagh. Il fut découvert dans le gouvernorat de Jendouba où se trouvent les ruines du site antique au Nord-Ouest de la Tunisie et qui se nommait Simitthu (Simithu ou Simitthus) que l'on a traduit par Chemtou, cette cité datée du cinquième siècle avant J.C. fût ensuite rattachée à la province d’Afrique proconsulaire à l’époque romaine.

Écriture libyque

Libyque
Caractéristiques
Type Alphabet consonantique
Langue(s) Ancien berbère dit ancien libyen
Historique
Époque VIIe et VIe siècles av. J.-C.
Système(s) parent(s) Symboles magico-religieux

 Libyque

Système(s) dérivé(s) Tifinagh, néo-tifinagh

On distingue deux formes très similaires de l'écriture libyque :

  • Le libyque oriental, a plutôt été utilisé dans l’Aurès (Algérie), en Tunisie et en Libye ; Seule cette forme a été déchiffrée grâce notamment à l'existence d'importantes inscriptions bilingues punico-libyques. Ce déchiffrement a permis de déterminer la valeur de 22 signes sur 24 ;
  • Le libyque occidental, qui a plutôt été utilisé le long de la côte méditerranéenne de la Kabylie jusqu'au Maroc et aux Îles Canaries ; elle comporte 13 lettres supplémentaires et serait, selon Février (1964-65), la forme la plus primitive.

D'autres caractéristiques :

  • La gémination n'était pas notée ;
  • Les inscriptions sont souvent des dédicaces ou épitaphes. La plupart sont brèves ;
  • Le sens de l'écriture n'est pas fixé, mais c'est plus souvent verticalement de bas en haut et de droite à gauche[7]. Chaque ligne constitue un mot phonétique ou un sens complet ;
  • Une minorité de lettres permettaient de déterminer le début de la ligne. Ces lettres sont appelées lettres directrices ou signes directeurs ;
  • Une hypothèse a été avancée que certaines lettres seraient secondaires par rapport à d'autres.

Tifinagh saharien

 
Écritures Tifinaghs anciennes, site des gravures rupestres d'Intédeni près d'Essouk au Mali.

Le tifinagh saharien est un alphabet touareg ancien et contient des signes supplémentaires, comme le trait vertical pour noter la voyelle finale /a/.

L'âge des inscriptions les plus récentes est peut-être de quelque 200 ans. Les modalités du passage entre le libyque et le tifinagh saharien sont inconnues. On ne sait pas si cet alphabet était contemporain des formes libyques, ni même s'il est comparable à la forme occidentale ou orientale du libyque. La période d'utilisation de cet alphabet, si elle n'est pas établie avec précision, est largement antérieure aux conquêtes musulmanes. La seule certitude nous vient d'une inscription qui porte une date : celle du temple du roi berbère Massinissa qui attribue la construction du temple à l'an 10 du règne de ce roi [ou de son fils Mikoussan, que certains transcrivent Micipsa (forme du latin) et prononcent Missipssa à la française, alors que le c en latin se prononce k devant un i ],193 ans avant notre ère.

La valeur des signes nous est transmise par le missionnaire Charles de Foucauld.

Tifinagh traditionnel et authentique

Tifinagh traditionnel
Caractéristiques
Type Abjad[8]
Langue(s) Touareg
Historique
Époque ? - actuellement
Système(s) dérivé(s) Néo-tifinagh

Il existe au sein du tifinagh traditionnel utilisé par les Touaregs (et de plus en plus par le reste des Berbères dû au militantisme) quelques divergences des valeurs des signes qui correspondent aux variations dialectales touarègues. Si d'une région à une autre, la forme et le nombre des signes peuvent changer, les textes restent en général mutuellement intelligibles car la plupart des différences graphiques suivent la logique des variations phonétiques dialectales.

Particularités

L'innovation la plus frappante est la ligature à dernière consonne /t/ ou à première consonne /n/.

Comme pour le saharien, le tifinagh touarègue dispose d'un signe ⴰ /ʔ/ pour noter les voyelles finales appelées tighratin (masc. tighrit).

  • Les voyelles /i/ et /u/ (ou /o/) sont notées par les signes correspondant aux /y/ et /w/ c'est-à-dire ⵉ et ⵓ (de façon comparable aux lettres yod et waw de l'hébreu ou de l'arabe).
  • Les voyelle, qui sont au nombre de trois en berbère (/a/ ; /i/ ; /u/), ne sont notées qu'en fin de mots ainsi pour les mots ciel (aǧenna) on n'aura pas ⴰⴶⵏⵏⴰ mais ⴶⵏⴰ
  • la gémination n'est pas notée, deux même caractère côte à côte se font entendre deux fois
  • Les autres dialectes l'emploient pour toutes les voyelles finales et, selon le père Charles de Foucauld, pour toutes les voyelles initiales sans distinction (le signe a alors la valeur de consonne glottale, mais phonétiquement peu ou pas marquée ; en cas de besoin, des diacritiques arabes peuvent compléter le signe pour expliciter la voyelle initiale représentée).

Les lettres sont épelées de différentes façons suivant les régions :

  • dans le Ghat, la prononciation suit le modèle « ya-valeur consonantique ». Par exemple, /b/ se lit « yab », /d/ « yad », etc. ;
  • dans l'Ayer et chez les Iwelmaden, ce sera plutôt « e-valeur consonantique redoublée » : /b/ « ebba » ; /d/ : « edda », etc. ;
  • une légère variation dans le sud colore « ebba » en « abba ».

Parmi les tribus maraboutiques de la région de Tombouctou, on a relevé l'emploi des diacritiques arabes pour noter les voyelles brèves.

Usage

À part quelques rares utilisations pour la notation de textes longs, les tifinaghs traditionnels ont souvent été utilisés pour des inscriptions sur des objets (bijoux, armes, tapis, etc.), pour des déclarations amoureuses et pour des épitaphes. Toute transcription commence par la formule « awa nekk [Untel] innân  », c’est-à-dire « c'est moi [Untel] qui ai dit ».

Depuis peu, les tifinaghs sont utilisés comme support pédagogique pour la campagne contre l'analphabétisme.

Il n'y a pas d'ordre pour énoncer les lettres de l'alphabet. Mais une formule mnémotechnique, citée par Foucauld (1920), contient toutes les lettres ou presque : « awa näk, Fadîmata ult Ughnis, aghebbir-nnit ur itweddis, taggalt-nnit märaw iyesân d sedîs .» (« C'est moi, Fadimata, fille d'Oughnis : sa hanche ne se touche pas, sa dot est de seize chevaux. »)

Néo-tifinagh

Néo-tifinagh
 
Exemple d'écriture Néo-Tifinagh sur un panneau routier.
Caractéristiques
Type Alphabet
Langue(s) Langues berbères
Historique
Époque 1980 - actuellement
Système(s) parent(s) Libyque

 Tifinagh
  Néo-tifinagh

Codage
Unicode U+2D30 à U+2D7F
ISO 15924 Tfng
 
L’alphabet Tifinagh-IRCAM comprend trente-et-une lettres de base, ainsi que deux lettres composées chacune d'une lettre de base suivie du signe de labialisation.

À la fin des années 1960, une association culturelle, l'Académie berbère (AB), se forma à Paris en France, dans le but d'établir un alphabet standard sur la base des tifinagh touarègues, afin de le faire revivre et de pouvoir transcrire l'ensemble des variantes locales de la langue berbère : Tamazight.

Salem Chaker, professeur à l'INALCO, proposa une révision de cet alphabet (v. Tafsut. 1990 no 14.). D'autres systèmes basés sur les tifinagh des militants kabyles de l'Académie berbère[9] ont été proposés par l'association Afus Deg Wfus (Roubaix), la revue Tifinagh (éditée au Maroc), par le logiciel d'Arabia Ware Benelux et l'IRCAM, et sont relativement similaires.

Normalisation internationale (Unicode)

Avant la normalisation Unicode, le tifinagh n'était pris en charge que par un codage compatible Windows ANSI remplaçant dans d'anciennes polices de caractères (aujourd'hui obsolètes) les lettres de l’alphabet latin de base (dans cet ancien codage pris en charge par un utilitaire de conversion pour Windows fourni gratuitement par l'IRCAM, seule une partie du tifinagh de base était représenté, et aucune différence n'est faite entre les lettres latines majuscules et minuscules pour représenter les autres lettres tifinaghs manquantes) :

Lettre Tifinagh Lettre Équivalente

Majuscule

Lettre Équivalente

Minuscule

Ordre
A a 01
B b 02
C c 03
D d 04
E e 05
F f 06
G g 07
H h 08
I i 09
J j 10
K k 11
L l 12
M m 13
N n 14
Ɛ ɛ 15
16
Q q 17
R r 18
ⵙ / ⵚ S s 19
T t 20
U u 21
V v 22
W w 23
X x 24
Y y 25
Z z 26
  • Le signe de labialisation n'était pas représenté explicitement mais pouvait être marqué par le guillemet double ASCII (") ou un autre signe similaire comme l'apostrophe ASCII ('), le symbole accent grave ASCII (`), le symbole accent circonflexe ASCII (^), ou encore par la mise en style exposant du W=ⵡ (dans les documents où ce style était possible).
  • Un tel codage peut encore être utilisé comme méthode de saisie sur un clavier latin standard mais il ne constitue pas une bonne translittération latine des lettres tifinaghs. En effet concernant l'alphabet de base de l'IRCAM, il y manque les 5 lettres géminées /ḍ/, /ṛ/, /ṣ/, /ṭ/, /ẓ/ (pour la méthode de saisie, il peut être nécessaire d'utiliser une touche supplémentaire) ; et la représentation P=ⵃ (par exemple) est trop éloignée de sa valeur phonétique du /ḥ/ géminé, de même que la représentation V=ⵖ du /ɣ/ (gh) dont la similitude de la lettre latine est seulement graphique avec la lettre Tifinagh (et le symbole gamma latin de l'API), ainsi que la représentation de O= ⵄ du /ɛ/.

À compter de la version 4.1.0 de la norme Unicode, les caractères tifinaghs sont codés dans la plage U+2D30 à U+2D7F. Il y a 55 caractères définis dans la norme, mais il existe un nombre beaucoup plus grand de caractères qui ne font pas partie de la norme Unicode[10].

Représentation Unicode des glyphes (de gauche à droite)
Code +0 +1 +2 +3 +4 +5 +6 +7 +8 +9 +A +B +C +D +E +F
U+2D30                                
U+2D40                                
U+2D50                                
U+2D60                                
U+2D70                                

Voici un tableau comparatif entre les glyphes des lettres tifinaghes (ici dans leurs variantes non calligraphiques, dites « capitales carrées » telles que présentées sur les anciennes inscriptions lithographiées et dans les tables de caractères des normes Unicode et ISO 10646) et les translittérations en caractères latins et arabes. De nombreux autres styles existent pour ces lettres (de façon similaire aux styles des lettres latines) y compris des versions grasses, italiques (« cursives », jointives ou non), « minuscules » (avec jambages), avec ou sans empattement (serif), avec fûts fixes (imitant l'écriture avec un crayon à tête ronde) ou en pleins et déliés (imitant le tracé à la plume ou au pinceau), des formes artistiques et décoratives (inspirées des styles calligraphiques arabes ou latins); ainsi que des formes didactiques (à usage scolaire pour l'apprentissage de l'écriture manuscrite et la reconnaissance des formes et de l'ordre de dessin des traits). Il existe également divers autres œils traditionnels (actuellement encore non normalisés) des mêmes lettres, propres à certains dialectes amazighes ou régions linguistiques (par exemple tournées, ou en miroir pour une écriture de droite à gauche). Les formes ci-dessous sont présentées dans une direction d'écriture de gauche à droite.

Codes couleur
Couleur Signification
  Tifinagh de base selon l'IRCAM[11]
  Tifinagh étendu (IRCAM)
  Autres lettres tifinaghs
  Lettres Touareg modernes
Lettres simples (et lettres modifiées)
Code Glyphe Codage Translittération Nom
Unicode
(recommandé)
« ANSI »
(déprécié)
latine API arabe
U+2D30   A a a ا ya
U+2D31   B b b ب yab
U+2D32   bh ٻ yabh
U+2D33   G g ɡ گ yag
U+2D34   ghh ڲ yaghh
U+2D35   Ǧ dj d͡ʒ ج yadj (Académie berbère)
U+2D36   yadj
U+2D37   D d d د yad
U+2D38   dh ذ yadh
U+2D39   dd ض yadd
U+2D3A   ddh ḏ̣ ظ yaddh
U+2D3B   E è, ey ɛ yè, yey
U+2D3C   F f f ف yaf
U+2D3D   K k k ك yak
U+2D3E   yak touareg
U+2D3F   ⴿ khh ڪ yakhh
U+2D40   H h
b
h
b
ه
ب
yah
= yab touareg
U+2D41   H h h ه yah (Académie berbère)
U+2D42   yah touareg
U+2D43   hh ح yahh
U+2D44   Σ ʿ ʕ ع yaʿ
U+2D45   X kh x خ yakh
U+2D46   yakh touareg
U+2D47   Q q q ق yaq
U+2D48   yaq touareg
U+2D49   I i i ئ yi
U+2D4A   J j ʒ ج yaj
U+2D4B   yaj de l'Ahaggar
U+2D4C   yaj touareg
U+2D4D   L l l ل yal
U+2D4E   M m m م yam
U+2D4F   N n n ن yan
Code Glyphe Codage Translittération Nom
Unicode
(recommandé)
« ANSI »
(déprécié)
latine API arabe
U+2D50   ny ɲ ني yagn touareg
U+2D51   ng ŋ نڭ yang touareg
U+2D52   P p p پ yap
U+2D53   U u
w
u
w
و
ۉ
you
= yaw touareg
U+2D54   R r r ر yar
U+2D55   rr ڕ yarr
U+2D56   V gh ɣ غ yagh
U+2D57   yagh touareg
U+2D58   gh
dj
ɣ
d͡ʒ
غ
ج
yagh de l'Aïr
= yadj de l'Adrar
U+2D59   S s s س yas
U+2D5A   ss ص yass
U+2D5B   C sh ʃ ش yach
U+2D5C   T t t ت yat
U+2D5D   th ث yath
U+2D5E   ch t͡ʃ تش yatch
U+2D5F   tt ط yatt
U+2D60   v v ڤ yav
U+2D61   W w w و yaw
U+2D62   Y y j ي yay
U+2D63   Z z z ز yaz
U+2D64   yaz (Tawellemet)
= yaz harpon
U+2D65   zz ‍ﮊ yazz
U+2D66   é e yé (APT, Niger)
U+2D67   o o yo (APT)
U+2D6F    ⵯ º ʷ ʷ ‍ ۥ lettre modificative de labialisation
= tamatart
≈ <exp> 2D61 ⵡ[12]
U+2D70   séparateur
= tazarast
U+2D7F   ⵿ liant de consonnes[13]
Digrammes (ligatures possibles)
Code Glyphe Codage Translittération Nom
Unicode
(recommandé)
« ANSI »
(déprécié)
latine API arabe
U+2D33 U+2D63    ⴳⵯ gw گۥ yagw
U+2D37 U+2D63   ⴷⵣ DZ dz d͡z دز yadz
U+2D5C U+2D59   ⵜⵙ TS ts t͡s تس yats
Code Glyphe Codage Translittération Nom
Unicode
(recommandé)
« ANSI »
(déprécié)
latine API arabe
U+2D3D U+2D6F    ⴽⵯ kw كۥ yakw
U+2D37 U+2D4A   ⴷⵊ DJ dj d͡ʒ دج yadj
U+2D5C U+2D5B   ⵜⵛ TC tch t͡ʃ تش yatch


Exemples de textes en tifinagh

  • Azul, fell-awen !, soit « Bonjour ! » en s'adressant à un groupe : « ⴰⵣⵓⵍ, ⴼⵍⵍⴰⵡⵏ ! » (dans le style par défaut), « ⵣⵍⴼⵍⵓⵏ ! » (dans un rendu de style traditionnel : bien que le codage Unicode soit identique, il faut installer la police Hapax Touareg pour le visualiser ici correctement).
  • Chez les touaregs, le mot « Azul » n'existe pas en la forme[Quoi ?]. Les Imuhagh disent « Ahul ». Le mot se retrouve en zenaga sous la forme « Azol » signifiant paix, il est donc analogue au « salam » arabe ou au « shalom » hébraïque. Dans certaines tribus touareg, « Ahul » signifie simplement « Salut ! ».



Notes et références

  1. « Rock Art Studies - News of the World Volume 3, Volume 3 »
  2. Jean Servier, Les Berbères, Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », nº 718, Paris, 2003, 4e édition, (ISBN 2 13 053170 9), p. 31.
  3. Revue Aſus Deg Wfus, Académie Berbère du Nord, Comité de Roubaix (lire en ligne)
  4. Mebarek Slaouti Taklit, L'alphabet latin serait-il d'origine berbère ?, Paris, Editions L'Harmattan, , 354 p. (ISBN 978-2747565356), p. 106-108
  5. Libyque : écriture et langue. La question de l’origine (lire en ligne)
  6. Voir Le Quellec, 2011; Casajus 2011.
  7. Ancient Scripts: Berber
  8. E. Buckley (UPenn), "Tifinagh and consonantal writing systems", LSA Meeting Extended Abstracts 2010
  9. Salem Chaker, « Écriture berbère : libyque et tifinagh », sur Centre de recherche berbère de l'Inalco (consulté le 21 février 2014) : « Il est d’ailleurs amusant de constater que plus de 30 années après leur mise en circulation par des militants radicaux kabyles, l’institution marocaine adopte ces "néo-tifinagh" comme alphabet officiel du berbère (décision de l’Institut [r]oyal pour la [c]ulture [a]mazig[he]) : les précurseurs de l’"Académie berbère" de Paris n’espéraient certainement pas un tel succès[ !] »
  10. « Inventaire des œils de la police pan-berbère Hapax Berbère (hapaxber.ttf) », sur hapax.qc.ca, (consulté le 13 septembre 2012)
  11. « Polices et Claviers Unicode », sur Institut royal de la culture amazighe (consulté le 20 août 2012)
  12. Certaines lettres de base de l’alphabet IRCAM sont représentées en Unicode par une consonne de base suivie du signe de labialisation. Bien que le signe soit représenté en Unicode comme une « lettre modificative » qui s’inscrit dans son propre espacement entre deux autres caractères, il peut être rendu dans certains styles modernisés ou calligraphiques comme un signe diacritique au-dessus de leur approche normale, voire uniquement au-dessus de la lettre modifiée à la manière d'un accent latin, sans augmenter l’approche entre les deux caractères de base encadrant le signe.
  13. Le liant de consonne est en Unicode un caractère de « contrôle de format » indique la suppression d’une voyelle inhérente, un peu à la manière du signe diacritique virama des alphasyllabaires dérivés de l’écriture brahmique (comme la devanagari). Il fonctionne alors pour indiquer que les caractères précédent et suivant font partie d'un groupe de plusieurs consonnes ; la forme représentée dans la table (ici un signe plus souscrit) est arbitraire et n'est habituellement pas rendue visiblement (mais un signe peut être rendu si la variante linguistique utilisée peut être déterminée, et le caractère de contrôle permet de savoir quand et comment faire le rendu de signes diacritiques optionnels, non explicitement codés dans le texte, pour lire correctement les voyelles).
    Cependant, le tifinagh est un abjad sémitique et non un alphasyllabaire brahmique (qui dispose d'un système complet et explicite de notation des voyelles) : il utilise dans certaines orthographes des consonnes comme s’il s'agissait de voyelles, là où c’est la consonne phonétique qui est implicitement supprimée pour n'en garder que la valeur phonétique de la voyelle associée (comme dans les autres abjads sémitiques, par exemple le waw et le yod de l'hébreu). Le caractère de contrôle du liant de consonne peut alors aider à lever l’ambiguïté entre les deux lectures possibles de ces lettres : quand il est absent après ces semi-voyelles, la lettre a valeur de voyelle seule ; quand il est présent après ces semi-voyelles, la lettre modifiée par ce caractère de contrôle ne peut avoir que la valeur de consonne seule (ce qui peut aider également à lever des ambiguïtés pour des recherches phonétiques dans un texte codé ou pour affiner un tri alphabétique).

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Juan Luis Blanco, Tifinagh & the IRCAM: Explorations in Cursiveness and Bicamelarism in the Tifinagh script (Master of Arts in Typeface Design), University of Reading, (lire en ligne)
  • Dominique Casajus, L’alphabet touareg : Histoire d’un vieil alphabet africain, Paris, CNRS Éditions, (présentation en ligne)
  • Hélène Claudot-Hawad, « Les Touaregs ou la résistance d’une culture nomade », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, no 51,‎ , p. 63-73 (lire en ligne)
  • Théodore Monod, L’Adrar Ahnet : Contribution à l’étude archéologique d’un district saharien, , p. 135-139
  • (en) Werner Pichler, Origin and Development of the Libyco-Berber Script, Köln, Rüdiger Köppe Verlag,
  • Stéphanie Pouessel, « Écrire la langue berbère au royaume de Mohamed VI : Les enjeux politiques et identitaires du tifinagh au Maroc », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, no 123,‎ , p. 227-252 (lire en ligne)
  • Maurice Reygasse, Contribution à l’étude des gravures rupestres et inscriptions tifinagh du Sahara central, Alger, J. Carbonel, , 98 p.
  • « Écriture libyco-berbère », dans L’aventure des écritures, Bibliothèque nationale de France & Réunion des musées nationaux,
  • Royaume du Maroc, Institut royal de la culture amazighe, Centre des Études informatiques, des systèmes d’information et de communication, Présentation de la nouvelle gamme de polices tifinaghe IRCAM, CEISIC, IRCAM, (lire en ligne)

Articles connexes

Liens externes