Ascagne

fils d'Enée, roi fondateur légendaire d'Albe la Longue

Ascagne
Énée fuyant Troie avec Anchise sur le dos, accompagné de son fils Ascagne et de son épouse, amphore grecque d'Étrurie, v. 470 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen
Énée fuyant Troie avec Anchise sur le dos, accompagné de son fils Ascagne et de son épouse, amphore grecque d'Étrurie, v. , Staatliche Antikensammlungen

Nom original Ascagne
Alias Iule
Origine Troie
Sexe Masculin
Famille Énée (père), Créuse (mère), Anchise (grand-père), Priam (grand-père), Lavinia (belle-mère), Astyanax (cousin), Silvius (demi-frère)

Dans la mythologie grecque et romaine, Ascagne (en grec ancien Ἀσκάνιος / Askánios) ou Iule/Jule[1] est le fils d'Énée et de Créuse (la fille de Priam).

LégendeModifier

Selon la version la plus ancienne et la plus traditionnelle du mythe, Ascagne fuit Troie, après la prise de la cité par les Achéens, avec son père et son grand-père paternel Anchise. Plus tard, il aurait été envoyé par son père en Propontide pour y régner, avant de se joindre à son cousin Astyanax, le fils d'Hector, pour rétablir la cité de Troie. Une seconde version prétend qu'Ascagne accompagne son père en Italie et revient avec lui à Troie où, devenu vieux, Énée aurait régné avant de céder le royaume à son fils. Une dernière version, que l'on retrouve notamment chez Tite-Live (Histoire romaine - Livre I - « Fondation d'Albe la Longue ; la série des rois albains »), estime qu'Ascagne serait le fils d'Énée et de Créuse, fille du roi Priam qu'épouse Énée. Tite-Live cite les deux dernières versions comme également plausibles.

Cependant la tradition la plus connue est la tradition romaine, reprise dans l’Énéide, où Ascagne s'établit avec son père en Italie. Virgile nous le présente comme un personnage incarnant l’espoir des Troyens survivants, adoré par son père et sa grand-mère paternelle, la déesse Vénus, mais parfois maladroit, qui par exemple déclenche les hostilités avec les Latins en tuant une biche sacrée. Il présente une aigrette de feu sur sa tête, « annonce d'un grand destin et de l'accession à la royauté »[2].

À la mort de son père, la tradition romaine représente Ascagne régnant sur les Latins et les Troyens réunis, luttant contre les Étrusques sur lesquels il aurait remporté une victoire près du Numicus. Enfin, il est considéré comme le fondateur d'Albe la Longue, trente ans environ après la fondation de Lavinium par son père. Il y est contraint par l’hostilité des Latins, lesquels prennent le parti de sa belle-mère Lavinia, veuve d’Énée, et de son demi-frère Silvius. C'est pourtant ce dernier qui lui succède sur le trône d'Albe.

Vers l'HistoireModifier

Il est connu parfois chez les Romains sous le nom d'Iule (en latin Iulus), ce qui permettait à la famille des Iulii de prétendre descendre de lui. L’origine de ce nom est expliquée de la façon suivante : à la disparition d’Énée, des combats éclatent entre les Troyens unis aux Latins, dirigés par Ascagne, et les Rutules et leurs alliés étrusques. Ascagne est victorieux et reçoit le surnom d’Iobum ou Iolum diminutif de Jupiter. Ascagne, par ce surnom, serait devenu le « petit Jupiter ». Caton, dans ses Origines, rapporte déjà cette étymologie. Une autre tradition attribue ce nom au fils d’Ascagne, écarté du trône d’Albe par son oncle Silvius qui en fait un prêtre.

Notes et référencesModifier

  1. François Sabbathier, Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques grecs et latins, tant sacrés que profanes, 1775, t. 15, p. 433.
  2. Jean Haudry, Enéide, Revue des Études latines, 95, 2018, p.99-124

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • M. Cruz Garcia , « Aeneas, Ascanio y los reyes de Alba », Hispania Antiqua. Revista de historia antigua, II, 1972, pp. 21-34.
  • Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, PUF, 3e éd., 1963, p. 53.

Liens externesModifier