Armand-Émile Mathey-Doret

artiste français
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Armand-Émile Mathey-Doret est un artiste graveur et aquafortiste, né le à Besançon (Doubs) et décédé à Buffard (Doubs) en 1931.

Armand-Émile Mathey-Doret
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Photographie d'Armand-Emile Mathey-Doret dans sa propriété de Buffard, dans le Doubs
Naissance
Décès
Nom de naissance
Armand-Emile Mathey-Doret
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Distinctions
Médaille de bronze (1889), médaille d’argent, médaille d’or (1900) - Chevalier de la Légion d’honneur (1901)
Œuvres principales
Victoria du Royaume-Uni, Le Christ devant Pilate, Portrait de Giovanna Tornabuoini

BiographieModifier

Armand-Émile Mathey-Doret est né de parents horlogers, d'origine suisse du canton de Neuchâtel, naturalisés français (attention! selon acte de naissance , les parents sont de Besançon, rien indique une nationalité suisse; il se pourrait que la perte de na nationalité suisse de cette branche familiale remonte aux grands parents). Il montre très vite de grandes facilités pour le dessin et suit les cours de l'École des Beaux-arts de Besançon. Il obtient de nombreuses récompenses, dont une médaille d'or pour un sujet galant gravé sur un boitier de montre. Il occupe la place de professeur de dessin au collège de Luxeuil pendant dix-huit mois, et quitte par la même occasion son métier de graveur-décorateur. Il est ensuite reçu à l'École des Beaux-arts de Paris ainsi que dans l'atelier d'Henri Lehmann, où il reste pendant trois ans en tant qu'élève peintre. Il fait alors la connaissance du graveur Charles Albert Waltner, avec qui il part en Angleterre[1].

En 1882, Mathey s'essaie pour la première fois au Salon de Paris avec Le Christ devant Pilate, d'après Mihaly Munkacsy. Par la suite, il envoie Le Dernier Jour d'un condamné, d'après le même artiste, ce qui lui vaut une mention honorable. En 1888, on lui commande en Angleterre l’eau-forte Chien au canard, d’après Troyon.

Il travaille ensuite beaucoup pour le collectionneur et éditeur Charles Sedelmeyer (1837-1925). Celui-ci, très actif à Paris à partir de 1870, lui commande notamment un magnifique portrait de Giovanna Tornabuoni, d’après Ghirlandaio, ainsi que Le Mariage Mystique de Sainte Catherine, une eau-forte de 1893 d’après Van Dyck.

Ses œuvres ont en général toutes obtenu un franc succès, aussi bien auprès du public que des critiques et des juges des salons et expositions. En 1878, il obtient une médaille de bronze, en 1889, une médaille d’argent et en 1900, une médaille d’or. Il participe également à de nombreuses expositions universelles à l’étranger, où il est récompensé à de nombreuses reprises.

Il est même considéré par les Anglais comme un des plus grands artistes français de son temps, grandement aidé en cela par le fait d'avoir très souvent reproduit des œuvres d’artistes anglo-saxons comme Thomas Gainsborough ou Talbot Hughes (en). La plupart des œuvres qu'il a exposées aux Salons ou aux Expositions Universelles ont été rachetées par des collectionneurs anglais, comme M. Dowdeswell, à Londres. En effet, Armand Mathey accordait un grand soin au moindre détail. Comme l’on peut le constater dans les œuvres conservées au musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon, le dessin, les modelés, les effets de lumière sont amenés à une perfection qui explique son succès auprès des collectionneurs anglais. Il savait à merveille reproduire le style de chaque artiste.

Armand Mathey voyageait régulièrement dans le monde pour graver les œuvres qu’il souhaitait reproduire, ce qui lui valut quelquefois de sérieux soucis. Ce fut le cas lorsqu'il voulut reproduire l'autoportrait de Rubens, de 1623, conservé au Château de Windsor. Les appartements de la Reine Victoria, où ce portrait était conservé, étaient fermés à tout visiteur, sauf reçu ou recommandé par quelqu’un de confiance ou résidant au château. Il en parla lors d’une réception chez des amis, où la Princesse Bibesco était présente[2] La princesse entretenait une bonne relation avec l’ambassadeur de France Charles-Joseph Tissot, qui occupa ce poste de 1882 à 1884, dates qui peuvent correspondre au premier voyage que fit Armand Mathey avec son maître, le graveur Waltner. Cet ambassadeur fit part de cela à la Reine Victoria elle-même qui accorda l’autorisation à condition que l’artiste s’installe devant l’œuvre pendant le mois qu’elle passait chaque année dans un de ses châteaux en Écosse. Un intendant devait enfermer Armand Mathey à son arrivée dans la salle du Rubens, il le libérait à midi et recommençait l’après-midi jusqu’au soir. Selon une anecdote rapportée par Émile Fourquet, ami de l’artiste, l’intendant vint le voir au milieu de son travail, suivi par la Princesse Bibesco elle-même. L’intendant lui demanda s’il connaissait la princesse et s’il pouvait s’en porter garant. En effet, elle avait l’intention de visiter le palais mais, tout comme Mathey-Doret, elle se retrouva confrontée à cette consigne. « Voyez donc M. Mathey-Doret », dit la princesse, « c’est moi qui vous ai procuré l’entrée des appartements royaux, et voici qu’à mon tour j’ai besoin de votre appui pour y pénétrer, bien que je sois personnellement connue de Sa Majesté. » La Reine étant absente à ce moment, ce fut à Armand Mathey de prendre cette décision.

Il a été membre de la délégation de la Société Nationale des Beaux Arts de 1901 à 1905[3].

Armand-Émile a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 1901 après avoir reçu de nombreuses distinctions lors d'expositions ainsi qu'un diplôme en peau de chamois, établi en par Louis II de Bavière pour une médaille de reconnaissance de 3e classe au salon des arts de Munich (médailles d'Anvers, Melbourne, ...)

Concernant son caractère, ceux qui l’ont connu le dépeignent comme un homme extrêmement sociable et généreux. Il avait également un humour acidulé et un caractère assez trempé.

Il fut marié à Jeanne Robbe, et eut 4 enfants (Charlotte, Andrée-Louise, Marcelle et Jean). Armand-Emile Mathey-Doret était très attaché à la commune de Buffard, dont il fut maire dans les années 1920[réf. souhaitée] (à confirmer, aucun acte dans les archives de la commune mais se sont les prfets qui pouvaient nommer les maires; de source familiale, je précise que mon ancêtre a démissionné du poste de Maire suite à un refus de bourse pour que son fils Jean suive les études de médecine; Jean finira Médecin Général dans l'armée, j'ai une lettre de 1940, faite à Dunkerque, il était Médecin Commandant)). Il fut le seul artiste français autorisé à faire un portrait de la reine Victoria. Il s'illustra aussi dans la confection de goussets et réalisa quelques peintures. Une rue de Besançon (Bregille) porte son nom, ainsi qu'une rue de Buffard. Il mourut à Buffard en 1931, et y fut inhumé.

ExpositionModifier

Ville de Pontarlier (Doubs), exposition octobre/

GalerieModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Journal de Gaston Coindre
  2. Il s’agit sûrement de la Princesse Elena Bibescu, ou Hélène Bibesco, née Elena Costache Epureanu, épouse du prince Alexandrú Bibescu, de la famille royale roumaine. Elle joua un rôle très actif dans la vie artistique du XIXe siècle et rencontra de nombreux artistes, écrivains et musiciens tels que Pierre Bonnard, Anatole France ou Georges Enesco.
  3. G.Dugnat, L'échelle de Jacob

SourcesModifier

  • Émile Fourquet, « Les artistes comtois disparus : Armand Mathey-Doret », Le Pays Comtois, deuxième année, n° 33,
  • Beraldi (H), Les graveurs du XIXe siècle, Guide de l’amateur d’estampes modernes, IX, Jacques Laget, L.A.M.E., Nogent-le-Roi, 1981, p. 248-249
  • Benezit (E), Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Tome 9, nouvelle édition sous la direction de Jacques Busse, Gründ, 1999, p. 349
  • Gaïté Dugnat et Pierre Sanchez (préf. Christian Galantaris), Dictionnaire des graveurs, illustrateurs et affichistes français et étrangers 1673-1950, vol. 4, Dijon, L'Échelle de Jacob, (ISBN 978-2-913224-19-3, OCLC 422119252), p. 1744-1745
  • Racines Comtoises -site web- , A-E MATHEY-DORET par Olivier MATTHEY-DORET + autoportrait de l'artiste en illustration

Articles connexesModifier