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Charles Sedelmeyer
Munkácsy Charles Sedelmeyer.jpg
Mihály Munkácsy, Portrait de Charles Sedelmeyer (1879),
Budapest, Galerie nationale hongroise.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 88 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activités
Œuvres principales
Illustrated catalogue of 300 paintings by old masters of the Dutch, Flemish, Italian, French and English schools (d), Secretan sale 1889 (d), Catalogue de la collection Rodolphe Kann (d), Illustrated catalogue of the eigth series of 100 paintings by old masters of the Dutch, Flemish, Italian, French and English schools (d), Illustrated catalogue of Second series of 100 paintings by old masters of the Dutch, Flemish, Italian, French and English schools (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Charles Sedelmeyer, né le à Vienne (Autriche), et mort le à Paris, est un marchand d'art et éditeur autrichien naturalisé français en 1895, l'un des plus grands collectionneurs et galeristes du XIXe siècle, aux côtés des londoniens Colnaghi et Thomas Agnew.

Sommaire

BiographieModifier

 
Publicité pour les galeries Sedelmeyer (Paris) destinée aux acheteurs américains (Palmer's European pocket guide, New York, 1882).

Charles Sedelmeyer avait commencé sa carrière de marchand de tableaux en 1854 à Vienne et y épousa vers 1860, Thérèse Brünner, d'une famille foncière des environs dont il aura six enfants dont un fils mort jeune et cinq filles.

Alors qu'il y venait depuis l'âge de vingt ans, il s'installe à Paris vers 1866 dans un petit local rue du Faubourg-Montmartre. Il se fait une réputation internationale en constituant la collection de Friedrich Jacob Gsell (1812-1872).

Sedelmeyer devint ensuite propriétaire de l'hôtel particulier de Madame de Sancy, dame d'honneur de l'impératrice Eugénie situé au no 6, rue de La Rochefoucauld à Paris, qu'il annexa au no 4 bis de la même rue, où il fit construire une galerie d'art.

Parmi ses autres grandes ventes, on compte les 1er et 4 juillet 1889 celles de la collection d'Eugène Secrétan, au cours desquelles fut présenté le célèbre Angélus de Jean-François Millet, qui donna lieu à une véritable bataille entre acheteurs. Georges Petit et Antonin Proust l'emportèrent pour 553 000 francs-or : à l'origine, ce tableau avait été payé 1 800 francs au peintre par Alfred Feydeau. Cette vente constitua longtemps un record pour une toile moderne et le montant extravagant fut dénoncé par la presse de droite comme de gauche[1].

Sedelmeyer alimentait en œuvres d'écoles anciennes les riches collectionneurs, dont des Américains, comme le banquier John Pierpont Morgan, à qui il vendit La Madone Colonna de Raphaël, et Peter A. B. Widener (1834–1915), ou encore Jules Porgès et André Groult.

En 1875, la galerie Sedelmeyer expose pour la première fois l'œuvre peint de Jan Van Goyen. Il a durant ces années-là comme assistant le peintre paysagiste Eugen Jettel.

Dès 1878, il signe un contrat d'exclusivité de dix ans avec le peintre Mihály Munkácsy à qui il achète les toiles et qui fera un de ses portraits aujourd'hui conservé à la Galerie nationale hongroise de Budapest.

En 1885, Sedelmeyer consacre une grande exposition des toiles du peintre James Tissot. En juin 1890, il assure la vente de la collection du sénateur belge Prosper Crabbe (1827-1889).

En 1893, le peintre Tito Lessi est invité par la galerie Sedelmeyer où il exposera ses œuvres de 1893 à 1896, c'est aussi en 1893 que Sedelmeyer rachète le château d'Ambleville, qu'il restaurera à grands frais en y faisant installer un théâtre, des cheminées et des balcons vénitiens.

Le 8 septembre 1894, Sedelmeyer vend pour 50 400 florins à Jules Porgès un tableau de Rembrandt qu'il ne possédait pas mais que son propritaire s'était engagé à vendre : un procès s'ensuivit que le galeriste remporta. La même année, il organise une exposition de peintures anglaises comprenant notamment diverses œuvres de Turner. Il publia ensuite une série d'études fondatrices sur l'école anglaise de peinture (XVIIIe siècle).

Sedelmeyer achète des tableaux à l'hôtel Drouot pour le compte d'Henri Heugel auquel il revend Le Jubilé de Jan Steen le 18 février 1895, le jour même de l'acquisition. Il est naturalisé français par décret le 11 mars.

En 1897, il commande à Wilhelm von Bode la première somme sur Rembrandt : le marchand vit passer par sa galerie au cours de sa carrière près de cent œuvres attribuées au maître hollandais. Sur ce total, seulement 50 % des toiles répertoriées par Bode s'avèrent aujourd'hui authentiquement de Rembrandt, du fait des travaux menés par des experts disposant de nouveaux moyens d'analyses[2].

Particulièrement affecté à la suite du décès de son épouse, il décide de vendre la quasi-totalité de sa collection en quatre séries de ventes historiques étalées entre mai et juin 1907[3], avec le commissaire-priseur Paul Chevallier au marteau assisté de l'expert Jules Féral, puis se retire du marché de l'art[4].

Il meurt le à Paris et est inhumé dans la même ville au cimetière de Montmartre.

Une de ses filles, Émilie, avait épousé le sculpteur Stanislas Lami et une autre, Hermine, le peintre Václav Brožík.

Le musée du Petit Palais à Paris conserve un portrait de Sedelmeyer (1911) par le peintre Gabriel Ferrier.

 
Tombe de Charles Sedelmeyer à Paris au cimetière de Montmartre (division 28).

PublicationsModifier

  • Hôtel Drouot, Vente Sedelmeyer, comprenant des tableaux modernes des écoles française et étrangères, joints à ceux des galeries de San Donato et de San Martino, 1877.
  • Galerie Sedelmeyer et Germain Bapst, Catalogue de l'exposition de Marie-Antoinette et son temps, chez Chamerot et Renouard, 1894.
  • Wilhelm von Bode, Rembrandt, 8 volumes, en collaboration avec Cornelis Hofstede de Groot, Paris, Sedelmeyer, 1897-1905.
  • Catalogues de la vente Sedelmeyer, préface de Léon Roger-Milès, Paris, 1907 :
    • Tableaux composant la Collection Ch. Sedelmeyer, première vente, comprenant les tableaux des écoles anglaise et française ;
    • Tableaux composant la Collection Ch. Sedelmeyer, deuxième vente, comprenant les tableaux de l'école hollandaise du XVIIe siècle ;
    • Tableaux, composant la collection Ch. Sedelmeyer, troisième vente, comprenant les tableaux des écoles flamande, italienne, espagnole et des maîtres primitifs ;
    • Collection Ch. Sedelmeyer, quatrième vente, comprenant les tableaux, aquarelles et dessins de l'école moderne et des dessins anciens.

Dans la littératureModifier

Le critique Léon Roger-Milès (1907) rapporte qu'on le surnommait « l'empereur de l'art ».

Dans son Arsène Lupin gentleman de la nuit (1983), Jean-Claude Lamy évoque au chapitre III intitulé « Mensonges et vérités d'une vente aux enchères » la personne du marchand Sedelmeyer auquel il donne un rôle ainsi qu'à sa galerie.

Dans Bel-Ami de Guy de Maupassant, le personnage de M. Walter est assimilé au marchand Sedelmeyer. En effet Walter ayant acquéri une fortune importante Il achète « Jésus marchant sur les flots », une toile d’un dénommé Karl Marcowitch qu’il fera exposer dans son hôtel particulier comme le fera Sedelmeyer avec le tableau de Mihály Munkácsy « Le Christ devant Pilate »

Notes et référencesModifier

  1. Le Voleur illustré, du 11 juillet 1889, pp. 440-441 — sur Gallica.
  2. (en) Catherine B. Scallen, Rembrandt, Reputation, and the Practice of Connoisseurship, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2004, pp. 173-174extrait en ligne.
  3. Respectivement les 16, 17 et 18 et 25, 26, 28 mai ; les 3, 4, 5 et 12, 13, 14 juin.
  4. Le Connaisseur du 11 mai 1907, p. 3 — sur Gallica.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Émile Bergerat, Vente Sedelmeyer, comprenant des tableaux modernes des écoles françaises et étrangères joints à ceux des galeries de San-Donato et de San Martino. Étude sur les collections Sedelmeyer, San Donato et San Martino, Hôtel Drouot, 30 avril au 2 mai 1877 — vente de 170 toiles.

Liens externesModifier