Ara Güler

photographe et photojournaliste turc

Ara Güler né le à Istanbul, et mort le dans la même ville, est un photographe photojournaliste turc d'origine arménienne.

Ara Güler
Ara Güler 2008.jpg
Ara Güler en 2008.
Biographie
Naissance
Décès
(à 90 ans)
Istanbul (Turquie)
Sépulture
Cimetière arménien de Şişli (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
À partir de Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Lycée arménien Guétronagan (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Site web
Distinctions
Liste détaillée
Officier de la Légion d'honneur
Chevalier de la Légion d'honneur‎
Grand prix de la culture et des arts de la présidence de la République de Turquie (en) ()
Lucie Award ()Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Fils d’un pharmacien arménien, Ara Güler naît le à Beyoğlu, un quartier d’Istanbul. Il porte le nom turc que son père a choisi en lieu et place de son patronyme arménien originel, Derderian[1]. Il passe son enfance, dans le quartier de Péra[2], et effectue sa scolarité à l’école arménienne de Getronagan.

À 22 ans, il est engagé comme reporter-photographe au journal Yeni İstanbul[3], alors qu’il est encore étudiant en économie. Il travaille ensuite au journal Hürriyet[4]. En 1958, lorsque Time ouvre un bureau en Turquie, Güler est le premier correspondant au Proche-Orient pour ce magazine.

En 1958, le magazine Hayat l’envoi pour documenter l'ouverture du barrage de Kemer à Aydin, en Turquie. Sur le chemin du retour, son chauffeur de taxi se perd, entraînant la découverte de l’ancienne ville d'Aphrodisias, un centre de culte consacré à la déesse Aphrodite. Il envoi les images à l’Architectural Review, et reçoit rapidement un télégramme du magazine Horizon demandant des photos en couleur et un article pour accompagner son reportage. Güler suggère le nom du professeur Kenan Erim comme auteur de cet article. Le professeur de l'Université de New York accepte la mission et a ensuite consacré sa vie à fouiller le site d’Aphrodisias[5].

Dans les années 1960, il publie dans les magazines les plus célèbres tels Stern, Paris Match[3] ou The Sunday Times.

 
Ara Güler (2007)

Après sa rencontre avec Henri Cartier-Bresson et Marc Riboud en 1961[6], Güler rejoint l’Agence Magnum[3]. La même année, la revue anglaise Photography Annual le désigne comme l’un des sept meilleurs photographes du monde[7].

En 1961, il devient l’unique membre turc de l’American Society for Media Photographers.

En 1962, il obtient le titre de Master of Leica et en 1979, le premier prix du reportage de l’Association des journalistes turcs[7].

Ara Güler a travaillé dans de très nombreux pays autour du monde, tels l'Iran, le Kazakhstan, l'Inde, le Kenya, la Nouvelle-Guinée ou Bornéo. Mais il a surtout photographié en profondeur la Turquie, son pays d'origine, et principalement Istanbul, à tel point qu'il est surnommé l’« Œil d’Istanbul »[2]. Portraitiste, il a photographié les personnalités les plus diverses, de Winston Churchill à Ansel Adams en passant par Bertrand Russell ou Pablo Picasso[2].

On trouve de nombreux exemples de l'œuvre photographique d'Ara Güler dans des institutions internationales telles que la Bibliothéque Nationale de France à Paris et la Collection Sheldon de l'Université du Nebraska, ainsi que dans des collections privées à Boston, Chicago et New York. Ses photographies sont également exposées au Ludwig Museum de Cologne[8].

Il conserve ses archives de plus de huit cent mille photographies dans la maison familiale à trois étages héritée de son père à Galatasaray, où il a installé son atelier[9]. En , le « Musée Ara Güler » y est ouvert[10].

Ara Güler meurt des suites d’une insuffisance cardiaque à l’hôpital Florence Nightingale d’Istanbul le [4].

Récompenses et distinctionsModifier

CollectionsModifier

Les photographies d'Ara Güler sont conservées dans les plus grands musées :

ExpositionsModifier

Ara Güler a exposé dans des institutions prestigieuses :

Café Ara (Ara Kafe)Modifier

À l’angle d’Istiklal Caddesi et du lycée Galatasaray, Ara Güler possède un café restaurant au pied de son immeuble maternel dans lequel ses plus célèbres photographies sont accrochées[13].

PublicationsModifier

Ara Güler a publié ou illustré plusieurs dizaines d'ouvrages. Liste non exhaustive.

Notes et référencesModifier

  1. Allan Kaval, « Le photographe Ara Güler, « l’Œil d’Istanbul », est mort », Le Monde, 19 octobre 2018.
  2. a b et c Guillaume Perrier et Claire Guillot, « Ara Güler, un photographe perdu à Istanbul », sur lemonde.fr,
  3. a b et c « Mort d’Ara Güler, photographe turc de légende », sur lemonde.fr, (consulté le 18 octobre 2018)
  4. a et b « Décès de l'iconique photographe d'Istanbul Ara Güler à 90 ans », sur rtl.be, (consulté le 18 octobre 2018)
  5. (en-US) « Ara Güler and the Lost City of Aphrodisias », sur Freer Gallery of Art & Arthur M. Sackler Gallery, (consulté le 3 mai 2020)
  6. « Ara Güler, 1928-2018 », Magnum Photos,18 octobre 2018.
  7. a et b Ara Güler, Istanbul, éditions du Pacifique, notice biographique.
  8. « Turkey old photos », sur Master of leica (consulté le 7 mai 2020)
  9. Orhan Pamuk, Ara Güler, Istanbul, éditions du Pacifique, p. 14.
  10. « Décès du photographe d'Istanbul Ara Güler », 24heures.ch, 18 octobre 2018.
  11. « Ara Güler », sur www.saatchigallery.com (consulté le 7 mai 2020)
  12. « Exposition "Ara Güler" - Polka Galerie », sur www.polkagalerie.com (consulté le 7 mai 2020)
  13. Violaine Jaussent, « Rencontre avec Ara Güler, “l’œil d’Istanbul” », sur blogs.mediapart.fr,
  14. « France Culture, émission Chrétiens d'Orient »,

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jacques Perot « Persistantes souvenances du Bosphore : Melling, Le Corbusier, Ara Güler », Istanbul, traversée, Lille 3000, Palais des Beaux-Arts, , p. 62-68,

Liens externesModifier