Marc Riboud

photographe français
Marc Riboud
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Marc Riboud (Arles, 1975).
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Marc Riboud, né le à Saint-Genis-Laval (Rhône) et mort le à Paris 13e, est un photographe français.

Il est connu, entre autres, par ses livres sur ses reportages en Asie : Les Trois bannières de la Chine, Face of North Vietnam, Chine Instantanés de voyage, et ses plus récents Vers l'Orient et Cuba.

BiographieModifier

Marc Eugène Riboud naît le le à Saint-Genis-Laval[1],[2] près de Lyon. Il est le cinquième enfant d'une fratrie de sept, et le frère des industriels Antoine et Jean Riboud[1]. Il est élevé dans une famille bourgeoise lyonnaise. Son père, diplômé de Sciences Po, est un ami de jeunesse de Maurice Schlumberger, qui suivit la carrière des enfants Riboud, et son grand-père avait été l'un des fondateurs de la Lyonnaise de Banque)[1].

Il commence la photographie avec l'appareil photographique Vest Pocket Kodak que son père utilisait en 1914-1918 dans les tranchées[3].

En 1937, à 14 ans, il prend ses premières photos à l'exposition internationale « Arts et techniques dans la vie moderne » à Paris[1]. Il photographie aussi les châteaux de la Loire.

Traumatisé par le souvenir de la Première Guerre mondiale qui avait durement touché sa famille, son père se suicide quelques semaines après l’entrée en guerre en novembre 1939[1].

Marc Riboud passe les trois premières années de l'Occupation à Lyon, et étudie au lycée Ampère. En 1943, il prend le maquis avec le fiancé de sa sœur Françoise qui sera abattu par les nazis[4],[5]. Marc échappe de peu à l’arrestation par les Allemands dans le maquis du Vercors à l’été 1944[1].

Il entreprend alors des études à l’École centrale de Lyon pour devenir ingénieur. Il continue à faire de la photographie plus intensément et envisage d’en faire son métier[1].

En 1952, alors ingénieur à Villeurbanne, il « oublie » de rentrer d’un congé pris pour photographier Maria Casarès et Gérard Philippe aux festivals de danse de Lyon et d’Avignon, et s’installe à Paris où, grâce à son frère Jean, il rencontre Henri Cartier-Bresson puis Robert Capa, deux des créateurs de Magnum Photos[1].

En 1953, il photographie Le Peintre de la Tour Eiffel, où éclate déjà son talent et son goût de la composition de l’image. Cette photographie sera sa première publication dans Life et son ticket d’entrée à Magnum Photos[1].

Après un premier reportage en Yougoslavie, sur les conseils de Robert Capa, il part un an en Grande-Bretagne et photographie Londres et Leeds, qui se relèvent lentement de la guerre[1].

En 1955, Marc Riboud prend la route à Istanbul (avec la Land Rover de George Rodger) et traverse l'Iran, l'Afghanistan et le Pakistan pour atteindre l'Inde. Il y séjourne une année avant d’obtenir son visa pour la Chine, où il fait en 1957 son premier long séjour.

En 1958, il termine son voyage en Extrême-Orient par un séjour au Japon qui sera avec Women of Japan le sujet de son premier livre (avec un texte de Christine Arnothy). Il reprend à nouveau la route à partir de l’Alaska en hiver 1958 jusqu’à Acapulco.

De 1960 à 1962, Marc Riboud photographie les indépendances africaines, fait plusieurs séjours en Algérie et photographie la liesse de l’indépendance en [1].

En 1965, il retourne en Chine et photographie les prémices de la révolution culturelle ; il publie Les Trois Bannières de la Chine aux éditions Robert Laffont.

En 1967, à Washington lors d'une manifestation contre la guerre au Viêt Nam, il photographie une militante qui tend une fleur aux soldats. Cette photographie, La Fille à la fleur, deviendra une icône de la paix. En 1968, il photographie les manifestations étudiantes de mai à Paris et voyage au Nord et au Sud Viêt Nam. Il retourne au Viêt Nam en 1969, en 1972 et aussi en 1976 ; il photographiera la rééducation forcée des cadres par le pouvoir communiste[1].

Au cours des années 1970, il retrouve la Chine où il retournera régulièrement pour suivre son évolution et ses transformations jusqu’à son dernier séjour à Shanghai en 2010. En 1973, il couvre le procès du Watergate à Washington. Il se rend plusieurs fois à Prague pour soutenir les signataires de la Charte 77 et surtout son amie Anna Farova, historienne de la photographie. En 1979, il est à Téhéran lors de la prise d'otages de l'ambassade des États-Unis et pour photographier les foules en délire fêtant le retour de l'ayatollah Khomeiny[1].

En 1980, il se rend en Pologne pour un long reportage sur les débuts de Solidarnosc. En 1987, il photographie à Lyon le procès de Klaus Barbie. À partir de 1986, sur les conseils de son ami le peintre Zao Wou-Ki, il découvre Huang Shan, et est fasciné par la beauté de ces montagnes qui ont inspiré les peintres chinois. Il fait aussi plusieurs séjours à Angkor, amoureux de ces temples envahis par les racines et les arbres séculaires[1].

Dans les années 1990, il accompagne ses expositions à travers le monde et s’attache à publier des livres. En 1998, après l’apartheid, il va en Afrique du Sud, à Johannesburg, à Soweto et dans des villages éloignés de la capitale[1].

En 2008, Marc Riboud se rend à New York pour photographier la victoire de Barack Obama. En 2009, il publie des photos du Tibet dans Les Tibétains avec les textes d'André Velter qu'il a rencontré pour ce livre, comme il le relate lors de leur entretien dans l'émission Sagesses bouddhistes en novembre de la même année[6].

En 2010, Marc Riboud effectue un ultime voyage à Shanghai pour inaugurer une exposition. Sa santé fragile le contraint ensuite à rester à Paris, où il meurt le à 93 ans des suites d’une longue maladie[7],[8].

Marié en 1961 à Barbara Chase dont il a divorcé[9], Marc Riboud partageait sa vie avec la journaliste Catherine Riboud Chaine[10]. Il est le père de David, Alexi, Clémence et Théo Riboud[3].

Son épouse, Catherine Riboud Chaine a effectué en août 2016 la donation de la totalité du fonds de Marc Riboud, soit cinquante mille négatifs, diapositives et épreuves sur papier, au Musée national des Arts asiatiques - Guimet, qui organise en 2021 la première grande exposition monographique consacrée au photographe : « Marc Riboud - Histoires possibles »[11],[12].

ŒuvresModifier

Photographies célèbresModifier

  • Photographie en noir & blanc du Peintre de la Tour Eiffel, publiée dans Life en 1953 : « Zazou », le seau de peinture accroché en contrebas, ouvrier en équilibre sur la structure métallique, peint la tour au-dessus de Paris.
  • La Fille à la fleur : la photographie d'une jeune femme, Jane Rose Kasmir, une fleur à la main face aux lames des fusils à baïonnettes des soldats de la garde nationale près du Pentagone, fixant un militaire dans les yeux, pendant une marche contre la Guerre du Viêt Nam, le , est l'une des plus célèbres images de lutte contre la guerre.

PublicationsModifier

Les photographies de Marc Riboud ont été publiées dans de nombreux magazines dont Life, Look, Le Nouvel Observateur, Paris-Match, Géo, Stern. Il a remporté deux fois le Overseas Press Club Award (en 1966 pour The Three Banners of China et en 1970 pour Face of North Vietnam). Il a reçu à New York le prix de Leica Lifetime Achievement en 2001[1].

En 2012, son livre Vers l'Orient, publié aux éditions Xavier Barral, qui rassemble une sélection de photographies prises lors de son voyage de jeunesse à travers le Moyen-Orient et l'Asie, est récompensé par le prix Nadar[13].

ExpositionsModifier

Années 1960
Années 1970
Années 1980
Années 1990
Années 2000
Années 2010
Années 2020
  • 2020-2021 : Marc Riboud. Histoires possibles, Musée national des Arts asiatiques - Guimet, Paris[16]
  • 2021 : Bangladesh 1971: Mourning and Morning, Liberation War Museum, Dhaka, du 16 octobre au 16 novembre[17]
  • 2022 : I comme Image, un abécédaire photographique de Marc Riboud, médiathèque André-Labarrère, Pau, du 23 avril au 25 juin[18]

Prix et récompensesModifier

DécorationModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v et w Quentin Bajac, Marc Riboud, Paris, Centre Pompidou, coll. « Monographies », .
  2. Insee, « Acte de décès de Marc Eugene Riboud », sur MatchID.
  3. a et b Armelle Canitrot, « Le photographe Marc Riboud est mort à 93 ans », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
  4. « L’Alpe 54 : Marc Riboud, un photographe en liberté », sur lalpe.com.
  5. Patricia Blettery et Alain Genestar, « Marc Riboud s'en est allé, ses photos restent », RFI, 31 août 2016.
  6. « Marc Riboud et le Tibet », Sagesses bouddhistes, émission diffusée le 15 novembre 2009.
  7. « Le photographe Marc Riboud est décédé », sur lefigaro.fr, 31 août 2016.
  8. (en) Richard B. Woodward, « Marc Riboud, Photojournalist Who Found Grace in the Turbulent, Dies at 93 », The New York Times, 31 août 2016.
  9. Paris Match, « Barbara Chase-Riboud : une vie comme un roman », sur parismatch.com (consulté le ).
  10. « De la part de Marc Riboud, avec toute sa tendresse », sur Polka Magazine, (consulté le ).
  11. Laure Etienne, « Marc Riboud au musée Guimet: histoire d'un legs », sur Polka Magazine, (consulté le ).
  12. Nicolas Ungemuth, « Marc Riboud, l'œil d'un maître », Le Figaro Magazine,‎ , p. 64 (lire en ligne).
  13. a et b « Marc Riboud, Prix Nadar 2012 », sur ConnaissanceDesArts.com, .
  14. Service Protocole, « Les premiers déclics de Marc Riboud », Vernissage des Expositions de la Région Rhône-Alpes, sur http://www.rhonealpes.fr, conseil régional de Rhône-Alpes, (consulté le ).
  15. Catherine Chaine, « Cuba 1963 par Marc Riboud », in L'Œil de la photographie, 27 octobre 2016.
  16. « Marc Riboud. Histoires possibles », Musée national des Arts asiatiques - Guimet, consulté le 23 mai 2021.
  17. « Marc Riboud Photography Exhibition Bangladesh 1971: Mourning and Morning », sur afdhaka.org (consulté le )
  18. « Marc Riboud : "I comme image" sur le réseau des médiathèques », sur www.pau.fr (consulté le )
  19. « LEGION D'HONNEUR », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussiModifier

Bibliographie.Modifier

Liens externesModifier