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Apremont-sur-Allier

commune française du département du Cher

Apremont-sur-Allier
Apremont-sur-Allier
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Arrondissement Saint-Amand-Montrond
Canton La Guerche-sur-l'Aubois
Intercommunalité Communauté de communes Portes du Berry, entre Loire et Val d'Aubois
Maire
Mandat
Nathalie de Bartillat
2014-2020
Code postal 18150
Code commune 18007
Démographie
Population
municipale
71 hab. (2016 en diminution de 2,74 % par rapport à 2011)
Densité 2,3 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 54′ 25″ nord, 3° 02′ 52″ est
Altitude Min. 168 m
Max. 226 m
Superficie 30,69 km2
Localisation

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Apremont-sur-Allier

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Apremont-sur-Allier
Liens
Site web http://www.apremont-sur-allier.com/fr/

Apremont-sur-Allier est une commune française située dans le département du Cher, en région Centre-Val de Loire.

La commune s'est vu décerner le label de l'association Les Plus Beaux Villages de France.

GéographieModifier

Apremont-sur-Allier se situe à proximité du confluent de l'Allier et de la Loire. Le village se niche dans un paysage de bocage.

LocalisationModifier

ToponymieModifier

Le nom de la localité est attesté sous une forme latine De aspero Monte en 1255S[1], dont le sens est identique au sens actuel et signifie « Colline âpre, difficile, escarpée ».

HistoireModifier

Apremont était un village de carriers. Les carrières, nombreuses, fournissaient en abondance des pierres de taille[Note 1][3]. Celles-ci étaient acheminées par des bateaux à fond plat qui suivaient l'Allier puis la Loire[2]. Les pierres ont servi, ainsi, à la construction de plusieurs édifices religieux, tels que la Cathédrale d’Orléans, et l'Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire ; ou encore des places fortes comme l'ancienne résidence seigneuriale de Châteauneuf-sur-Loire[2]. Une des maisons du XVe siècle , devant l’ancien port d’embarquement, porte encore le nom de « Maison des Mariniers ».

S’inspirant de ce passé médiéval, Eugène Schneider, en 1930, aidé de l’architecte de Galea, va entreprendre un patient travail de mise en valeur du village. Ce qui n’est pas en harmonie avec le site est rasé. À la place, des maisons sont reconstruites dans le style néo-médiéval berrichon.

ÉconomieModifier

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Renée Bey[4]    
mars 2001 mars 2008 Michel Milaveau    
mars 2008 En cours
(au 27 septembre 2014)
Nathalie de Bartillat[5] DVD Agricultrice

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[7].

En 2016, la commune comptait 71 habitants[Note 2], en diminution de 2,74 % par rapport à 2011 (Cher : -1,47 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
381483568400467516476546563
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
565587557511460498406347324
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
341366373362313311232229213
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
2011801441068387787772
2016 - - - - - - - -
71--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Lieux et monumentsModifier

Le châteauModifier

Le château d'Apremont-sur-Allier est inscrit au titre des monuments historiques en 1989[10].

Situé à 16 km de Nevers, aux confins du Berry et aux limites de la Bourgogne, le château d’Apremont domine l’Allier qui coule à ses pieds.

Il ne reste pas grand-chose de la formidable forteresse anglo-bourguignonne de 12 à 14 tours du XVe siècle. Aux premiers seigneurs connus, la famille des Barres qui habitèrent le château aux XIIe siècle, XIIIe siècle et XIVe siècle, succéda Guyot de Revillon puis Philibert de Boutillat, bailli de Nevers et de trésorier du Royaume de France[11], qui le reçut en apanage du comte de Nevers en 1477. À cette date, Philibert de Boutillat demande les fonds nécessaires à son suzerain pour reconstruire partiellement le château. C’est la forteresse qui est de nos jours visibles avec ses cinq tours, ses remparts, ses courtines et ses mâchicoulis.

Diverses familles se succèdent pendant les XVIe et XVIIe siècles. Le fils de Philippe de Boutillat, Nicaise, le cède aux descendants de la famille des Barres. En 1602, François de Roffignac achète le château. Sa descendance le vend en 1722 à Louis Marie Victoire comte de Béthune (-Charost-Pologne : car neveu maternel de la reine de Pologne Marie-Casimire-Louise de La Grange d'Arquien par sa mère Louise-Marie). Dès ce moment, il restera dans la même famille par la lignée féminine : Béthune, Masseran, Saint-Sauveur, Schneider et Brissac.

Caroline de Fiesque-Masseran, l’aînée des petites-filles de la comtesse de Béthune-Pologne Antoinette-Marie-Louise de Crozat, épouse en 1801, Aldonce, marquis de Saint-Sauveur qui fait d’Apremont sa résidence d’été.

À la fin du XIXe siècle, la famille est ruinée. Le marquis Paul-Henry-Raymond de Rafélis de Saint-Sauveur (1838-1884) a dilapidé sa fortune dans les fêtes et au jeu. Il s'est suicidé (cf. Salbris). Ses terres, ses voitures, ses meubles ont été vendus à l'encan. Il ne subsiste guère que le château d'Apremont, un bien souvent transmis par les femmes, qui ont réussi à le sauver pendant la Révolution. Désormais inhabité, il se délabre. En 1894, sa fille, arrière-petite-fille d'Aldonce, Antoinette de Rafélis-Saint-Sauveur (descendante d'Henri IV et de Jacques II)[12], épouse Eugène Schneider, maître de forges au Creusot, et troisième de la dynastie industrielle. Elle l’emmène en voyage de noces à Apremont. Il s’enthousiasme pour le site, rachète à sa belle-mère et à ses beaux-frères leurs parts respectives, et devient alors le seul propriétaire du château. Il ne cessera alors de le transformer et d’en améliorer le confort pendant 50 ans.

À la mort de son mari, en 1942, Antoinette Schneider se consacre au maintien de la demeure. À sa mort, en 1969, sa fille, la duchesse de Brissac (Marie/May Schneider, x Pierre de Cossé, duc de Brissac.) en devient le propriétaire.

Après avoir perdu un fils de 22 ans, tué en combat aérien en 1918, Antoinette Schneider avait demandé à son époux, qui la voyait inconsolable, de lui donner un jardin. Le goût des jardins s'est transmis à son petit-fils, Gilles de Brissac, qui décide de créer, au début des années 1970, un parc floral à Apremont. Celui-ci englobe une partie du village. Il attire environ 40 000 promeneurs au cours des six mois d'ouverture au public et contribue à maintenir le village en vie.

Le château est toujours au sein de la même famille.

Le parc floralModifier

Le Parc Floral d’Apremont-sur-Allier a été imaginé, créé et modelé par Gilles de Brissac. Les premiers travaux ont commencé en 1970. Le jardin a été aménagé à partir de rien. Sur un terrain plat, sans volume, composés de prés et d’une ancienne carrière désaffectée, une cascade a été construite avec 650 tonnes de rochers, une vallée a été barrée afin de constituer une série d’étangs sur lesquels s’épanouissent maintenant une collection de plantes aquatiques, de nymphéas et de lotus. Les prés ont été changés en pelouses et en massifs d’arbustes à fleurs dédiés à la promenade (il n’y pas d’allées dans le parc).

Le parc qui s’étend sur quatre hectares se confond avec les champs qui le bordent ainsi qu’avec une grande retenue d’eau qui semble faire partie du domaine. Il s’agrémente de « fabriques » qui sont des constructions de fantaisie, réalisées dans l’esprit de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Celles-ci sont l’œuvre du peintre-architecte d’origine russe, Alexandre Sérébriakoff. Le Pont-Pagode et son toit en écailles rappelle la Chine, tandis que Le Pavillon Turc et son décor intérieur (de J. Robinet qui illustre les âges de la vie) évoque les rives du Bosphore et les splendeurs passées de l’Empire Ottoman. Le Belvédère est, quant à lui, d’inspiration russe. Huit panneaux ont été réalisés spécialement pour le Parc Floral d’Apremont-sur-Allier par la faïencerie Montagnon, à Nevers, sur les dessins originaux d’Alexandre Sérébriakoff. Sur ces panneaux se déroule le voyage imaginaire autour du monde des «Pulcinelli», les polichinelles de la Comédie Italienne. Dix années de travail ont été nécessaires pour leur réalisation.

Le parc abrite les essences les plus rares de conifères et de caduques, qui ont fait sa renommée. Les arbres en bac, pesant chacun entre trois et quatre tonnes, ont été amenés en camion semi-remorque et mis en place. Il est ainsi possible , de nos jours, de voir s’épanouir des séquoias, des cèdres pleureurs, des cyprès chauves, des thuyas dorés, des cryptomérias du Japon, des chamaecyparis ou des obtusas crippsii …pour les conifères ; des tulipiers, des liquidambars, des hêtres panachés, des hêtres pourpres, des bouleaux pleureurs, des ginkos bilobas, des érables brillantissimes, des magnolias soulangeana et lennei, des cerisiers et des pommiers d’ornement… pour les caduques.

Les arbustes à fleurs (rhododendron, azalées, forsythias, lilas, kolkwitzias, choisyas, weigelias, deutzias, seringats, buddleias, rosiers, clérodendrons, pyracanthas, cotonéasters, desmodium, penduliflorum…) constituent une riche collection.

Les vivaces ne sont pas oubliées et forment des bordures colorées durant le printemps, l’été et l’automne qui attirent abeilles et papillons.

La pergola est exclusivement composée de fleurs à grappes ; cytises jaunes, acacias roses et surtout d’extraordinaires glycines du Japon mauves valent à elles seules le déplacement au moment des floraisons à la mi-mai.

Surplombant la cascade, des plantes de rocaille et des conifères rampants introduisent des notes vives dans l’entassement des pierres.

D’inspiration anglaise, ce parc laisse également la part belle aux pelouses, lien entre ces divers univers très poétiques. Inspirée du « jardin blanc » anglais de Sissinghurst, situé dans le Kent, une bordure d’arbustes et de plantes vivaces à fleurs blanches ou à feuillages argentés s’étend devant un groupe de maisons médiévales créant, ainsi, une ambiance très pittoresque.

Les périodes de floraison :

Personnalités liées à la communeModifier

Notes et référencesModifier

Notes
  1. Il s'agit essentiellement d'une pierre à caractère calcaire et de couleur jaunâtre[2].
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.
Références
  1. Stéphane Gendron - Les noms des lieux en France: essai de toponymie - Page 198 - (id).
  2. a b et c Franck Tournadre, « Châteauneuf-sur-Loire : Découvertes inédites sur la grande salle du château. », Bulletin Monumental, vol. tome 168, no 4,‎ , pages 377 et 378 ; note 29 (DOI 10.3406/bulmo.2010.7606, lire en ligne, consulté le 23 novembre 2016).
  3. Sylviane Albertan-Coppola (dir.), Antony McKenna (dir.) et al., « Françoise de Person : Bateliers sur la Loire 17e-18e siècles., 2001. », dans Sylviane Albertan-Coppola (dir.), Antony McKenna (dir.) et al., Christianisme et Lumières, vol. 34, Dix-huitième Siècle, (lire en ligne), page 609.
  4. indiquée en fonction en 1988, Brigitte Coulon, Gérard Coulon, « Les femmes à la conquête de leurs droits : autour d'une polémique dans la presse locale en 1913 », Berry no 7, automne 1988, ISSN 0985-1569, p. 8
  5. Liste des maires du Cher et appartenance des communes aux cantons sur le site de la préfecture (consulté le 27 septembre 2014).
  6. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  10. Notice no PA00096630, base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. M. De Barante, Histoire des ducs de Bourgogne de la Maison de Valois 1364-1477, vol. 2, Societe Typographique Belge, , 779 p. (lire en ligne), page 580, note 2.
  12. « Antoinette de Rafélis de St-Sauveur », sur Geneanet Pierfit

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Caroline Holmes, « Le château d'Apremont, Apremont-sur-Allier » in Folies et fantaisies architecturales d'Europe (photographies de Nic Barlow, introduction de Tim Knox, traduit de l'anglais par Odile Menegaux), Citadelles & Mazenod, Paris, 2008, p. 218-221 (ISBN 978-2-85088-261-6)

Articles connexesModifier

Lien externeModifier

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