Antoine Leandri

journaliste français
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Antoine Leandri
Leandri, Antoine.jpg
Biographie
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Antoine Leandri (1860-1933) est un journaliste corse au centre de deux affaires mystérieuses.

Né à Santa-Lucia-di-Tallano le , Antoine Pierre Leandri est élevé grâce à un oncle prêtre et fait de bonnes études à Aix-en-Provence. Bonapartiste enthousiaste, il devient rédacteur en chef de la Défense, journal qui attaque vivement les républicains insulaires.

La prise d'armes de 1887Modifier

En duel il blesse un haut fonctionnaire, M. Barraban, mais surtout il s'en prend violemment à un magistrat de Sartène, le président Giuli. Leandri est alors condamné pour diffamation. Dans une atmosphère enfiévrée il est menacé d'arrestation.

C'est alors qu'en il fait placarder dans l'ile un appel à l'insurrection qui se termine ainsi : « Je me révolte. Et je crie à vous tous, qui sentez du sang corse couler dans vos veines : À moi les opprimés ! À moi les vaillants ! À moi les Corses ! Aux armes ! Que Dieu protège la Corse ! Bastia le . A. Leandri »

En plusieurs endroits, la prise d'armes se fait et il y a effectivement des concentrations d'hommes armés, des coups de feu contre des bâtiments publics. À Bastia, l'infanterie barre le col de Teghime contre d'éventuels rebelles. À Sartène, les autorités s'inquiètent car les grands propriétaires sont républicains tandis que leurs bergers et métayers sont bonapartistes. Finalement l'armée et la gendarmerie dégagent la petite ville, Leandri et ses hommes se dispersent.

L'appel aux armes a échoué mais les chefs bonapartistes du comité conservateur n'en voulaient surtout pas. La presse parisienne s'est enflammée pour ces péripéties et l'opération « médiatique » est un grand succès. Finalement Antoine Leandri est acquitté à Bastia sous les vivats le par la cour d'assises, il quitte alors la Corse pour Paris.

L'amant de Marie Bonaparte ?Modifier

À Paris, Antoine Leandri devient avocat et journaliste politique, mais surtout il devient le secrétaire et l'intime du prince Roland Bonaparte. Il se marie avec une compatriote et en 1898 le couple accompagne en Suisse le prince et sa fille, la jeune princesse Marie Bonaparte. Antoine est beau et Marie écrira plus tard : « ... le Corse, cheveux noirs, yeux bleus, barbe en pointe. J’avais seize ans, lui trente-huit, j’étais laide, il était beau. »

La suite est mal connue. Que s'est-il passé ? Des lettres imprudentes écrites par Marie sont en tout cas entre les mains d'Antoine. Le prince Roland congédie celui-ci. À la majorité de Marie, Leandri assigne Marie au tribunal pour perte d'emploi fautive. La princesse a peur que ses lettres soient publiées, elle donne 100 000 francs-or contre les lettres.

Cet épisode, très confus et controversé dans son déroulement, aura des conséquences sur le développement de la psychanalyse en France[1].

Antoine Leandri est ensuite journaliste dans la presse d'extrême droite, continue de se battre en duel contre ses adversaires politiques. Il est secrétaire politique de François Coty et milite dans les Ligues. Il meurt peu de temps avant le 6 février 1934.

NoteModifier

  1. Celia Bertin, La Dernière des Bonaparte, Payot, 1987.