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Chronologie des faits économiques et sociaux dans les années 1740

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Années :

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Décennies :

1720 · 1730Années 17401750 · 1760

Siècles :

XVIIe siècleXVIIIe siècleXIXe siècle

Millénaires :

 Ier millénaire • IIe millénaireIIIe millénaire 

Chronologie de l'économie

Années 1730 - Années 1740 - Années 1750

ÉvénementsModifier

  • 1739-1752 : années froides en Europe. Avancée des glaciers dans les Alpes (1740-1752).
  • 1739-1742, 1748 : crises de subsistance en Norvège[1].
  • 1741-1743 : une terrible famine décime la population soudanaise[2].
  • 1740-1750 :
    • Construction d’une route postale entre Moscou et Astrakhan par Tsaritsyne, avec une liaison entre Tsaritsyne et Kiev.
    • Industrie du drap à Voronej en Russie . Le marchand Poustolov obtient d’importants privilèges (1740-1750).
  • 1741-1760 :
    • La production annuelle moyenne d’or du Brésil est de 15 000 kg.
    • La production moyenne annuelle d’argent de l’Amérique espagnole est de 454 tonnes.
  • 1742-1754 : maximum historique des glaciers norvégiens et islandais.
  • 1743 :
    • Saint-Domingue produit 43 000 tonnes de sucre par an.
    • Crise agricole en Scandinavie. Hausse de la mortalité.
  • 1748 : oukase ordonnant la fermeture des forges, distilleries et verreries dans un rayon de 200 km autour de Moscou, pour arrêter le déboisement[3].
  • 1749 :


  • La Barbade produit 7 000 tonnes de sucre par an, la Jamaïque 10 000, pour 24 000 tonnes au total dans les Antilles britanniques.
  • Le commerce entre la Chine et l’Occident représente environ 20 navires par an (soieries, porcelaine, thé). Ce commerce est déficitaire pour les européens qui soldent le déficit en or et en argent.
  • Dantzig exporte 40 000 tonnes de céréales (250 000 tonnes en 1649).
  • Développement des fabriques d’indiennes catalanes.
  • Essor du commerce en Autriche.

FranceModifier

  • 1739-1740 : Philibert Orry parvient à équilibrer le budget de l’État[6].
  • 1743-1771 : augmentation rapide de la population française.
  • 1744 : conflits sociaux dans l'industrie de la soie à Lyon.
  • 1745 : 25,3 millions d’habitants dans les frontières actuelles.
  • 1747-1748 : fortes hausses des prix du blé suite à des récoltes médiocres (1746-1747). Crise de mortalité consécutive, particulièrement dans l’Est et le Midi. Baisse de la nuptialité et de la natalité[7].
  • 1748 : mauvais état des finances du royaume de France après la guerre. L’économie, à l’exception du commerce colonial, n’a pas été trop durement touchée et se maintient.
  • 1748-1750 : grèves des ouvriers tondeurs de la manufacture de Sedan.
  • Le commerce total de Bordeaux avec les Caraïbes, de 13 millions de livres en 1717, monte à plus de 50 millions entre 1740 et 1745. 200 millions de livres d’exportations nationales en France.
  • Au XVIIIe siècle, avec de fortes disparités régionales, l’Église contrôle environ 15 à 20 % des sols, la noblesse de 15 à 20 %, les citadins de 30 à 40 %, la paysannerie de 20 à 40 %. Nobles, hommes d’Église et bourgeois font rarement valoir directement leurs terres et en confient l’exploitation à des fermiers ou à des métayers. Les paysans propriétaires cherchent souvent un complément de ressources dans des terres louées à fermage ou à métayage. Les communautés villageoises, qui s’administrent elles-mêmes (bien communaux, droits d’usage, perception des impôts), sont soumises au régime seigneurial. Le seigneur est réputé propriétaire des terres du finage, et perçoit pour cela des redevances sur la récolte (champarts), sur les services (banalités), sur la terre (cens), sur les transactions et héritages (lods et ventes), sur le commerce local (droits de marché, octroi, péage). Il est souvent propriétaire d’une portion de terroir, la réserve, qui se distingue des tenures et censives des tenanciers. Quand cette directe est forte, les prélèvements se font plus légers que si elle est faible ou inexistante.

Le prix constaté du blé stagne au cours de la décennie en France, y compris si l'on prend en compte l'évolution parallèle du salaire horaire, selon l'économiste Jean Fourastié, qui a démontré l'importance de l'Histoire de la culture des céréales sur celle de l'économie, également pour cette décennie inégale dans l'approvisionnement en céréales[8]:

Années 1740 1741 1742 1743 1744 1745 1746 1747 1748 1749
Prix observé du quintal de blé (en livres) 16,2 18,8 14,2 10,4 10 10 12,4 16 18,2 16,5
Prix réel (ajusté du salaire horaire) 203 235 177 130 126 126 155 200 227 207

Îles britanniquesModifier

 
Portrait d'un représentant de la gentry : l'évêque Benjamin Hoadly, peint par William Hogarth vers 1743.
  • Augmentation de la production agricole en Angleterre grâce à la généralisation des innovations agricoles.
  • Expansion des exportations, en particulier celle des produits cotonniers et lainiers, pendant les années 1740. La consommation de laine brute double entre 1740 et 1799.
  • La société anglaise reste dominée par les possesseurs de terres. Environ 200 lords, issus de la vieille noblesse, ont conservé leur richesse et certains privilèges, dont celui des aînés de siéger à la Chambre des lords. La gentry (15 000 maisons), qui possède la moitié du sol, n’a aucun droits ni privilèges. Cette aristocratie assure l’encadrement politique et administratif (députés aux communes, juges de paix, officiers, ministres, évêques). La paysannerie est divisée en freeholders (propriétaires), menacés par les grands domaines et les enclosures, farmers (fermiers) et cottagers (journaliers). Les grands négociants dominent le monde économique et accèdent souvent à la gentry par l’achat de terres. Les marchands-fabricant animent les manufactures dispersées, fournissant des ressources d’appoint aux cottagers. Aucune structure juridique ne bloque les mécanismes d’ascension sociale.

DémographieModifier

  • 24 millions d’habitants en France.
  • Les pays héréditaires des Habsbourg comptent 7,4 millions d’habitants.
  • La Hongrie compte 3,6 millions d’habitants.
  • Frédéric II de Prusse règne sur trois millions d’habitants et dispose d’une armée de 81 000 hommes (200 000 en 1786). Berlin compte 90 000 habitants.
    • En s’emparant de la Silésie, Frédéric II augmente le territoire prussien de 36 000 km2 et sa population de 1,5 million d’habitants.
  • 5,7 millions d’habitants en Angleterre.
  • 637 000 habitants en Norvège en 1745.
  • 1 740 000 habitants en Suède en 1749.
  • Crise démographique en Italie.
  • Barcelone atteint 130 000 habitants.

Notes et référencesModifier

  1. Michel Peronnet, Alain Molinier, Henri Michel, Mireille Laget, Yves-Marie Bercé, Le XVIIe siècle 1620 - 1740 De la Contre-réforme aux Lumières, Hachette Éducation technique, (ISBN 9782011814340, présentation en ligne)
  2. Clive Alfred Spinage, African Ecology: Benchmarks and Historical Perspectives, Springer, (ISBN 9783642228711, présentation en ligne)
  3. François-Xavier Coquin, La Grande Commission législative : 1767-1768, vol. 67, Béatrice-Nauwelaerts, (présentation en ligne)
  4. Lex Heerma Van Voss, Els Hiemstra-Kuperus, Elise Van Nederveen Meerkerk, The Ashgate Companion to the History of Textile Workers, 1650-2000, Ashgate Publishing, (ISBN 9780754664284, présentation en ligne)
  5. Kazimierz Waliszewski, La dernière des Romanov, Élisabeth Ire, impératrice de Russie, 1741-1762, Plon-Nourrit et cie, (présentation en ligne)
  6. Élisabeth Belmas, Robert Muchembled, Le XVIIIe siècle, 1715-1815, Éditions Bréal, (ISBN 9782853947367, présentation en ligne)
  7. Emmanuel Le Roy Ladurie, Histoire humaine et comparée du climat : Disettes et révolutions 1740-1860, vol. 2, Fayard, (ISBN 9782213640181, présentation en ligne)
  8. "Statistiques de prix – La baisse des prix du blé, fait capital de l’histoire économique" par Jacqueline Fourastié, 2013 [1]