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Amédée Ier de Genève

comte de Genève

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Amédée de Genève et Amédée Ier.
Amédée Ier de Genève
Fonction
Comte de Genève
-
Titre de noblesse
Comte
Biographie
Naissance
Date inconnueVoir et modifier les données sur Wikidata
Comté de GenèveVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Activité
Famille
Père
Mère
Ita ou Ida
Conjoint
1- Mathilde
2-N... de Domène
Enfant
Guillaume Ier ; Beatrix de Genève ; Amédée Ier de Gex
Blason comte Geneve ancien.svg
blason

Amédée Ier de Genève (Amadeus de Gebennis), né vers 1098 et mort en 1178, est comte de Genève[Note 1] de 1128 à 1178. Il est le fils de Aymon ou Aimon Ier, comte de Genève, et de dame Ita ou Ida.

BiographieModifier

OrigineModifier

Amédée de Genève est le fils d'Aymon Ier, comte de Genève, et d'It(t)a ou Ida[ReG 1], probablement une fille d'un premier mariage de Louis Ier, seigneur de Faucigny[2],[3] ou de la famille de Glâne[4],[5]. Pierre Duparc relevait, dans son ouvrage sur le comté de Genève, « L'origine de sa femme Ita reste encore inconnue ; il ne semble pas en particulier qu'elle soit issue de la famille de Faucigny, ni de celle de Glâne »[6]. Il a deux aînés, Gérold et Lecerina / Laure.

RègneModifier

 
D'argent à la bande d'azur accompagnée de deux lions du même
Amédée Ier « prit pour armoiries souveraines les armes mêmes de Zähringen »[7],[8],[9].

Amédée de Genève succède à son père vers 1128[3],[10]. Amédée, soumis au accord de Seyssel de 1124[ReG 2], tente toutefois de recouvrir son autorité sur la ville et le territoire[11]. Ces diverses actions et tentatives sont rencontres la résistance de l'évêque de Genève, Ardutius de Faucigny, un parent, qui dénonce ces abus[ReG 3]. Le , une confirmation est à nouveau proclamée lors de la convention de Saint-Sigismond (Saint-Simon[1])[Note 2],[ReG 3],[11],[12],[Note 3]. Le comte de Genève semble « [obtenir] tout de même quelques concessions » dont son accord pour la mise en servage ou encore le bénéfice de dîmes[11].

Lors de la guerre de succession, après 1127[13], du comté de Bourgogne, il soutient Renaud III contre Conrad de Zähringen[ReG 5], et entreprend alors une politique de fortification. C'est au cours de cette période, qu'il inaugure une politique d'extension dans le pays de Vaud, appartenant à la juridiction de l'évêque de Lausanne, s'emparant du château de Lucens et semble en faire construire un dans la région[ReG 6]. Il s'oppose ainsi à son oncle Gérold de Faucigny, évêque de Lausanne[ReG 6]. L'abbé de Clairvaux, Bernard, semble intervenir pour mettre fin au conflit entre ces seigneurs[ReG 7].

Malgré l'accord de Saint-Simon de 1156, l'empereur, Frédéric Barberousse, apporte son soutien au duc Berthold IV de Zähringen en lui donnant le vicariat impérial[14] et ainsi la main sur les évêchés de Genève, Lausanne et Sion[7],[15]. Amédée obtient l'année suivante le droit, perdu par ses ancêtres, de nommer l'évêque de la ville[15]. C'est à cette période qu'il choisit le blason de Zähringen[7],[Note 4]. Face aux nouvelles tentatives de prise d'influence du comte, l'archevêque de Vienne reprend les sanctions appliquées contre Aymon en excommuniant Amédée et en plaçant sous interdit le comté[16]. L'anti-pape Victor IV soutient la démarche[16]. Pierre Duparc souligne que « ces sanctions et ces menaces ecclésiastiques eurent peu d'effet. »[16] L'évêque de Genève Ardutius porte alors plainte devant la cour impériale[16]. Le , l'empereur rend son verdict en cassant les donations qu'ils avaient faites au duc de Zähringen et proclame que seul l'évêque possède les droits dans la ville et son diocèse et que le duc et le comte Amédée devaient rendre l'ensemble des confiscations[16].

Amédée semble accompagner le comte Humbert III de Maurienne en Angleterre pour la signature d'une traité avec le roi Henri II[17].

DonationsModifier

En dehors des conflits contre le diocèse de Genève, le comte Amédée de Genève poursuit la politique de dons faits aux établissements monastiques[18], entamée par ses prédécesseurs, sans distinction des ordres et dans l'ensemble des territoires autour de leurs possessions[18].

Sous l'impulsion de l'archevêque, Pierre de Tarentaise, il donne ainsi, vers 1132, une forêt et une rentre aux moines de Tamié, nouvellement installés, à la frontière avec le comté de Savoie[18],[ReG 8],[ReG 9]. Les bénédictins de Saint-Oyen ou Saint-Oyand de Joux ou encore de Saint-Claude voient leurs droits confirmés, « moyennant quelques cadeaux »[18]. Toujours dans le Jura, le comte donne aux Chartreux d'Oujon des droits[19]. Vers 1139 et 1142, c'est l'abbaye d'Hauterive, dans la région de Fribourg, qui obtient divers dons[19],[ReG 10],[ReG 11]. L'abbaye de Montheron, à Lausanne, obtient une terre et des droits en 1141[19],[ReG 12] ainsi que les terres du seigneur de Boulens[ReG 13]. L'abbaye d'Abondance, dans le Chablais voisin, reçoit des pâturages en 1153[19],[ReG 1]. L'acte mentionne l'abbé, Borcard, un parent et indique que ce don est fait pour l'âme de ses parents, ainsi que de son frère[ReG 1]. En 1162, Haut-Crêt dans le pays de Vaud reçoit des terres[19],[ReG 14] et en 1176, on trouve une donation avec son fils à l'abbaye de Bellelay, située dans la partie du Jura bernois de l'évêché de Bâle[ReG 15].

Il semble que par ses donations, il puisse être considéré comme étant à l'origine de la fondation de la chartreuse de Pomier vers 1170[20],[21]. Au cours de cette période, c'est la chartreuse d'Oujon, dans le Jura, qui reçoit des droits de pâturage[ReG 16]. L'abbaye de Chézery reçoit également de nombreuses terres[19], laissant à penser que le comte Amédée soit à l'origine de la fondation plutôt que le comte Amédée III[22].

Enfin, l'année de son décès, en 1178, il fait don aux chanoines du chapitre de la cathédrale de Genève des vignes et de la dîme perçue à Bossey[23].

Fin de règne et successionModifier

Le comte Amédée meurt en 1178[17],[ReG 17],[3]. Les auteurs du Régeste genevois (1866) font observer que deux actes de l'année 1178 mentionnent le comte mais qu'un troisième daté de août ne semble pas le désigner dans un hommage à l'abbaye de Saint-Maurice pour des fiefs[ReG 17],[ReG 18],[3].

Amédée de Nangy est exécuteur testamentaire[24]. Guillaume de Genève succède à son père en et est connu sous le nom de Guillaume Ier[11],[24].

FamilleModifier

Vers 1131, il épouse une Mathilde de Cuiseaux[25] (? - vers 1137), avec qui il aura un fils, Guillaume Ier (1132 - 1195), qui succède à son père de 1178 à 1195[3],[26]. Sur l'origine de Mathilde, l'historien spécialisé du comté de Genève, Pierre Duparc, relève « dont on ignore l'origine » annotant qu'elle était peut être de la famille de Neuchâtel[27]. Certains auteurs donnent, comme par exemple Michel Germain, Mathilde de Gex, fille de Ponce, de Cuiseaux[3] ou plutôt Mathilde de Cuiseaux, fille d'Hugues Ier de Cuiseaux (le frère du précédent), seigneur de Clairvaux.

En secondes noces, il épouse avant 1147[27], une fille issue de la famille de Domène[27],[26], probablement Béatrix, fille de Pierre Ainar ou de Guigue Ainard de Domène. Ils ont trois enfants, selon Duparc[27]. Le premier enfant est une fille connu sous le nom de « Comtesson » ou « la comtesse » de Genève (1155-?), qui épouse Henri Ier, seigneur de Faucigny[27],[28]. Un second fils, Amédée (avt 1153[ReG 1]-1210-11) sera à l'origine de la branche de Gex (baronnie de Gex)[1],[27], sous le nom d'Amédée Ier. Enfin, une dernière fille, Béatrice (?), qui épouse d'Ebal IV de Grandson, parents du futur évêque de Genève Aymon[29].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. L'historien Paul Guichonnet rappelle dans son article consacré au « Genève (de) » que la traduction de comes gebennensis est « comte de Genève ». Certains auteurs ont commis l'erreur de parfois le traduire sous la forme « comte de Genevois »[1], notamment le Régeste genevois (1866).
  2. Le toponyme de Saint-Sigismond utilisé pour qualifier l'accord est en réalité, selon Pierre Duparc, la « forme savante du nom de lieu étant calquée sur la forme latine » et désigne en réalité le village de Saint-Sigismond, entre Aix-les-Bains[12] et Grésy[11].
  3. L'accord est confirmé l'année suivante par le pape Adrien IV[ReG 4].
  4. Ce blason est utilisé jusqu'au règne d'Amédée II de Genève où il est remplacé par les armes D'or à quatre points équipolés d'azur[7].

RéférencesModifier

Régeste genevoisModifier

Actes publiés dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) :

  1. a b c et d Acte de l'année 1153 (REG 0/0/1/332).
  2. Acte de l'année 1124 (REG 0/0/1/267).
  3. a et b Acte du (REG 0/0/1/344).
  4. Acte du (REG 0/0/1/345).
  5. Acte entre 1120 et 1135 (REG 0/0/1/278).
  6. a et b Acte entre 1118 et 1138 (REG 0/0/1/277).
  7. Acte entre 1120 et 1135 (REG 0/0/1/279).
  8. Acte entre 1122 et 1142 (REG 0/0/1/280 bis).
  9. Acte entre 1122 et 1142 (REG 0/0/1/280 ter).
  10. Acte de 1139 (REG 0/0/1/298).
  11. Acte du (REG 0/0/1/307).
  12. Acte du (REG 0/0/1/304).
  13. Acte entre 1152 et 1172 (REG 0/0/1/372).
  14. Acte de 1162 (REG 0/0/1/371).
  15. Acte du (REG 0/0/1/395).
  16. Donation entre 1135 et 1185 (REG 0/0/1/358).
  17. a et b Acte du (REG 0/0/1/404).
  18. Acte du (REG 0/0/1/407).

Autres référencesModifier

  1. a b et c Paul Guichonnet, « de Genève » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne..
  2. Romain Pittet, L'abbaye d'Hauterive au moyen âge, Fragnière Frères, 1934, 295 pages, p. 47.
  3. a b c d e et f Personnages illustres des Savoie 2007, p. 269.
  4. Frédéric Charles Jean Gingins de la Sarraz, « Mémoire sur le rectorat de Bourgogne », Mémoires et documents, Société d'histoire de la Suisse romande, 1856, Volume 1, p. 61 (Lire en ligne).
  5. Louis de Carrières, Recherches sur les dynastes de Cossonay et les diverses branches de leur famille: avec pièces justificatives, tableaux généalogiques et planches de sceaux, G. Bridel, 1865, 400 pages, p. 54, d'après une note de bas de page (Lire en ligne).
  6. Duparc 1978, p. 108 (Lire en ligne).
  7. a b c et d Jean Daniel Blavignac, Armorial Genevois. Essai historique sur les armoiries, les sceaux, les milices, et les sociétés militaires, les uniformes et les bannières, les médailles et les monnaies de Genève, depuis l'époque la plus ancienne jusqu'à nos jours, Genève, Chez les principaux libraires et chez l'auteur, 1849, p. 293-294 Lire en ligne.
  8. Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, volume 1, p. 759 « Genevois (comtes du) » (Lire en ligne).
  9. Vitrail de l'abside de l'église Saint-Nicolas-de-Tolentin du monastère royal de Brou (Bourg-en-Bresse).
  10. Histoire de Savoie 1984, p. 34, 38.
  11. a b c d et e Histoire de Savoie 1984, p. 34.
  12. a et b Duparc 1978, p. 118 (Lire en ligne).
  13. Matthieu de La Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève : étude des principautés et de l'habitat fortifié, XIIe-XIVe siècle, vol. 107, Académie salésienne, , 646 p. (ISBN 978-2-9011-0218-2), p. 290.
  14. Bettina Braun, « Vicariat impérial » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du ..
  15. a et b Duparc 1978, p. 124 (Lire en ligne).
  16. a b c d et e Duparc 1978, p. 125-126 (Lire en ligne).
  17. a et b Duparc 1978, p. 131 (Lire en ligne).
  18. a b c et d Duparc 1978, p. 129 (Lire en ligne).
  19. a b c d e et f Duparc 1978, p. 130 (Lire en ligne).
  20. Abel Jacquet, Sur le versant du Salève : la chartreuse de Pomier, Annecy, Académie salésienne, , 210 p. (lire en ligne).
  21. Abel Jacquet, Sur le versant du Salève : la chartreuse de Pomier. D'après le manuscrit d'André Folliet, Annecy, Académie salésienne, , 210 p. (lire en ligne), p. 4 et suivantes
  22. « Histoire de la Commune », sur www.chezery.fr, Chézery-Forens (consulté le 30 mai 2013).
  23. Dominique Ernst, « Le paradoxe religieux d'une commune coupée en deux », Le Dauphiné libéré du 1er avril 2008
  24. a et b Nicolas Carrier, Matthieu de La Corbière, Entre Genève et Mont-Blanc au XIVe siècle : enquête et contre-enquête dans le Faucigny delphinal de 1339, Librairie Droz, , 401 p. (ISBN 978-2-8844-2019-8, lire en ligne), p. IX
  25. Foras, p. 69 (lire en ligne).
  26. a et b Marie-Claud Junod, Monique Droin-Bridel, Olivier Labarte, « Polémiques religieuses. Etudes et textes », Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, Genève, tome XLVIII,1979, page II « Tableau généalogique, très simplifié, pour illustrer les liens de parenté entre les principaux personnages de l'époque » (Lire en ligne).
  27. a b c d e et f Duparc 1978, p. 132 (Lire en ligne).
  28. M. A. Pollock, Scotland, England and France After the Loss of Normandy, 1204-1296, vol. 3, St Andrews Studies in Scottish History, Boydell & Brewer Ltd, , 288 p. (ISBN 978-1-84383-992-7, lire en ligne), p. 218, note n°283.
  29. Duparc 1978, p. 133 (Lire en ligne).