Afrique australe

région la plus méridionale du continent africain

L'Afrique australe est constituée de l'ensemble des territoires situés au sud de la forêt équatoriale africaine.

Carte de l'Afrique avec les pays de l'Afrique australe (en vert)

On y rattache également les îles africaines du sud-ouest de l'océan Indien autour de Madagascar (du canal du Mozambique aux îles Maurice et de La Réunion), ainsi que les îles africaines du sud-est de l'océan Atlantique.

Primitivement occupée par les peuples Khoïsan puis Bantous, cette région fit l'objet de plusieurs vagues de colonisation européenne qui ont laissé leur traces dans le dessin des frontières politiques actuelles de la région.

Depuis les années 1980, le taux d'infection du VIH devient particulièrement aigu en Afrique australe.

Néanmoins, l'économie de cette région reste relativement robuste, surtout grâce à la puissance industrielle de l'Afrique du Sud, l'exploitation minière, l'extraction pétrolière d'Angola, et un climat favorable pour l'agriculture.

L'Afrique australe en 1701 : « Congo. Angola. Cafres. Monoemugi. Monomotapa. Zanguebar & Madagascar »

Liste des pays d'Afrique australeModifier

Outre les nations citées ci-dessus, la Conférence de coordination pour le développement de l'Afrique australe (SADC) comprend la Tanzanie et la République démocratique du Congo.

Territoires non autonomesModifier

Sous souveraineté de la France, dans l'océan Indien :

Sous souveraineté du Royaume-Uni, dans l'océan Atlantique :

GéographieModifier

Les grandes régionsModifier

L'Afrique australe est en bonne partie constitué d'un plateau bordé d'une frange de plaines côtières, qui n'est souvent large que de quelques dizaines de kilomètres, davantage au Mozambique traversé par les fleuves Limpopo, Savé et Zambèze. Ce plateau est assez haut (il dépasse les 1 500 m au Zimbabwe) et il s'incline au sud-ouest, formant la steppe du Karoo. Au centre-ouest, se trouve la cuvette du Kalahari, un paysage de savane bénéficiant au nord, en un grand delta intérieur, des eaux de l'Okavango. Plus à l'ouest, le long des rivages de la côte occidentale, se trouve le désert du Namib qui mérite pleinement ce terme de désert. Seuls deux fleuves, le Kunene et, de l'est à l'ouest, l'Orange (alimenté par les cours d'eau de la chaîne montagneuse du Drakensberg), parviennent à le traverser[1].

Les ÉtatsModifier

Noms des États avec drapeau et noms officiels Superficie[2]
(km²) 2015
Population[2]
estimation 2017
Densité[2]
(hab. par km²) est. 2017
Capitale
  Afrique du Sud (Republic of South Africa (en) (fr)) 1 219 912 55 653 654 46 Pretoria
  Botswana (Lefatshe la Botswana (tn) (fr)) 581 726 2 209 208 3,8 Gaborone
  Comores (Union des Comores (fr) (fr)) 2 612 813 912 343 Moroni
  Eswatini (Kingdom of Eswatini (en) (fr)) 17 363 1 451 428 82,7 Lobamba
  Lesotho (Kingdom of Lesotho (en) (fr)) 30 355 1 924 381 63 Maseru
  Madagascar (Repoblikan'i Madagasikara (mg) (fr)) 587 041 24 430 325 41,61 Antananarivo
  Malawi (Republic of Malawi (en) (fr)) 118 844 18 091 575 152 Lilongwe
  Maurice (Republic of Mauritius (en) (fr)) 2 040 1 259 838 630 Port-Louis
  Mozambique (República de Moçambique (pt) (fr)) 801 590 25 900 000 32 Maputo
  Namibie (Republic of Namibia (en) (fr)) 825 418 2 484 780 3 Windhoek
  Zimbabwe (Republic of Zimbabwe (en) (fr)) 390 245 14 030 368 36 Harare
  Zambie (Republic of Zambia (en) (fr)) 752 614 15 066 266 20 Lusaka
Total 5 329 760 163 315 735 30,6

Les ressources naturellesModifier

L'Afrique Australe possède une des plus vastes réserves de platine, chrome, vanadium et cobalt ainsi que d'uranium, d'or, de cuivre, de titane, de fer et de diamants[3].

HistoireModifier

Si des traces d'activités ont été repérées en différents points d'Afrique australe dès le paléolithique, des structures politiques ont laissées des traces ultérieurement avec les civilisations toutswe et l'ancien royaume de Mapungubwe, dans le bassin du fleuve Limpopo. Le plateau du Zimbabwe a été également le lieu d'une civilisation importante du XIIIe siècle au XVe siècle, avec le peuple San, les Bantous, le Royaume de Butua, l'Empire du Monomotapa, etc.. Plus tard, du XVIe siècle au XIXe siècle, les formations politiques liées au peuple Nguni vont être agrégées, de force, par le royaume zoulou de Chaka, avec une ascension marquée par le cycle de guerres et de migrations Mfecane[4].

Autre fait marquant dans l'histoire de l'Afrique australe, dès 1488, des navigateurs Portugais débarquent à Mossel Bay. En 1497, Vasco de Gama dépasse concrètement le cap de Bonne-Espérance. Puis le , cinq navires de la VOC arrivent au Cap et des pionniers néerlandais commencent à développer la Colonie du Cap. Ils s'attaquent de façon violente aux peuples autochtones[4],[5], les Khoïkhoï et les Sans, mettent en place une traite esclavagiste qui conduit une partie de ces populations hors d'Afrique, et étendent leur territoire, au fil des décennies vers le Nord[4]. Une deuxième colonisation se superpose à la colonisation néerlandaise, dès le début du XIXe siècle, par les Britanniques[4]. Cette double colonisation se traduit dans les années 1835-1840 par le Grand Trek, une migration organisée de plusieurs milliers de fermiers Boers de la colonie du Cap vers l'intérieur des terres en franchissant les montagnes du Drakensberg. Jusqu'aux années 1900, ce mouvement social engendre des guerres presque continues, avec des créations de nouvelles colonies, des protectorats et la création/disparition de différents États[4].

La situation semble se stabiliser ensuite, l'Union d'Afrique du Sud est créée en 1910, sous protectorat britannique. Les deux Guerres mondiales successives occupent les esprits et mobilisent les forces politiques. Les Britanniques, comme les autres forces coloniales veulent éviter l'ouverture de fronts militaires en Afrique qui pourrait faire le jeu de leurs adversaires, et les Allemands cherchent à maintenir leurs implantations. Le maintien de régimes dictatoriaux en Espagne et au Portugal jusqu'aux années 1970 ralentit également le mouvement progressif de décolonisation, notamment dans les implantations portugaises. Mais, au Sud de l'Afrique, la démographie pèse sur les populations issues des colons néerlandais, les Afrikaners. Après la Seconde Guerre mondiale, en 1948, le régime de l'apartheid est conceptualisé et introduit, renforcé progressivement par un arsenal juridique dans différents États de l'Afrique australe. Avec l'apartheid, le rattachement territorial, la nationalité, et le statut social dépendent du statut racial de l'individu[4]. Cette politique d'apartheid est probablement le « résultat de l'anxiété historique des Afrikaners obsédés par leur peur d'être engloutis par la masse des peuples noirs environnants »[6],[7].

Avec la guerre froide, l'Union Soviétique, mais aussi Cuba tentent de s'introduire en Afrique australe, d'aider et de tirer profit des mouvements indépendantistes et anticolonialistes. Des forces cubaines sont présentes sur plusieurs territoires. Le , l'Afrique du Sud, Cuba et l'Angola signent un accord de paix en Namibie et en Angola. Progressivement, les nations actuelles deviennent indépendantes (en 1990 pour la Namibie par exemple). Et en juin 1991, en Afrique du Sud, les dernières lois piliers de l'apartheid sont abolies : dans ce pays commence aussi un scénario de transition démocratique difficile, dans une situation marquées par de profondes inégalités, avec une violence qui s'est introduite au fil des décennies dans le jeu politique et social (comme dans les autres pays d'Afrique australe)[4],[7].

Sécheresses et crises alimentairesModifier

L’Afrique australe est frappée en 2019 et 2020 par sa « pire sécheresse » depuis 35 ans. D’après le Programme alimentaire mondial (PAM), organisme des Nations unies, 45 millions de personnes vivant dans la région pourraient se trouver en situation de grave insécurité alimentaire. L'organisme souligne que « la sécheresse persistante, les cyclones consécutifs et les inondations ont complètement ravagé les récoltes dans cette région extrêmement dépendante de l’agriculture pluviale et des petits exploitants agricoles ». Le Mozambique, la République démocratique du Congo, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe sont les pays les plus lourdement touchés[8].

Notes et référencesModifier

  1. François-Xavier Fauvelle, Histoire de l'Afrique du Sud, éditions du Seuil, coll. « Points Histoire (Poche) », , « L'invention d'un espace », p. 44-45
  2. a b et c « UNdata », sur data.un.org (consulté le )
  3. SADC, « Mining » (consulté le )
  4. a b c d e f et g François-Xavier Fauvelle, Histoire de l'Afrique du Sud, éditions du Seuil, coll. « Points Histoire (Poche) », , « Du Sud de l'Afrique à l'Afrique du Sud », p. 34-36
  5. Jean-Pierre Stroobants, « Le Rijksmuseum d’Amsterdam brise un tabou aux Pays-Bas en évoquant les exactions commises durant l’époque coloniale », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. Antoine Bullier, « Apartheid : l'écriture d'une histoire 1940-1990 », Palabres, vol. V, no 1,‎ , p. 62
  7. a et b Frederick Cooper (trad. Christian Jeanmougin), L'Afrique depuis 1940, Payot et Rivages, coll. « Petite bibliothèque Payot »,
  8. « En Afrique australe, le changement climatique cause la "pire sécheresse" depuis 35 ans », sur LCI,

Voir aussiModifier

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Sources et bibliographieModifier

Articles connexesModifier