Vol au musée Isabella Stewart Gardner de Boston en 1990

Au petit matin du , treize œuvres d'art sont volées au musée Isabella Stewart Gardner de Boston dans l'État américain du Massachusetts. Les agents de sécurité ont admis deux hommes se faisant passer pour des policiers répondant à un appel pour tapage nocturne. Les voleurs ont attaché les gardes et pillé le musée au cours de l'heure et demi suivante. À ce jour, l'affaire reste irrésolue, aucune arrestation n'a été effectuée et aucune œuvre n'a été récupérée. Le Federal Bureau of Investigation (FBI) évalue le butin à 500 millions de dollars américains, et le musée offre une récompense de dix millions de dollars pour toutes informations pouvant mener à la récupération des tableaux, ce qui constitue la plus grande récompense jamais offerte par une institution privée.

Le cadre vide qui contenait Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée de Rembrandt (1633).

Les œuvres volées sont initialement achetées par la collectionneuse d'art Isabella Stewart Gardner (1840-1924) et destinées à être exposées en permanence au musée avec le reste de sa collection. Parmi eux se trouve Le Concert, l'un des trente-quatre tableaux connus de Johannes Vermeer et considéré comme le tableau volé le plus précieux au monde. Parmi les objets volés se trouve également Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée, le seul paysage marin de Rembrandt. D'autres peintures et croquis de Rembrandt, Edgar Degas, Édouard Manet et Govert Flinck se trouvent parmi les objets dérobés, ainsi qu'un fleuron de drapeau relativement sans valeur et un gu (vase) chinois. Les experts ont été intrigués par le choix des œuvres d'art car certaines pièces du musée, parmi les plus précieuses, n'ont pas été touchées. La collection du musée étant permanente, les cadres vides restent suspendus à la fois en hommage aux œuvres disparues et dans l'espoir de leur retour.

Le FBI pense que le vol a été planifié par une organisation criminelle. Le dossier manque de preuves matérielles solides et le FBI a largement dépendu des interrogatoires, des informateurs infiltrés et des opérations sous couverture pour collecter des informations. Ils se sont principalement concentrés sur la mafia de Boston qui était au milieu d'une guerre interne au cours de la période. Une théorie est que le gangster Bobby Donati, membre de l'organisation mafieuse de la famille Patriarca, l'aurait organisé pour négocier la libération de l'un de ses lieutenants. Toutefois, Donati est assassiné un an et demi après le vol, sans réelles preuves à son encontre. D'autres récits suggèrent que le vol aurait été organisé par un gang à Dorchester, un quartier de Boston. Malgré une opération d'infiltration ayant mis certains membres en prison, tous ont nié leur implication ou donné des pistes infructueuses, malgré des offres de récompenses en argent, des peines de prison réduites et même la liberté s'ils donnaient des informations menant à la récupération des œuvres.

ContexteModifier

 
Façade du bâtiment original du musée Isabella Stewart Gardner à Boston (Massachusetts) en 2018.
 
Cour intérieure du musée Isabella Stewart Gardner en 2016.

Le musée Isabella Stewart Gardner est construit sous la direction de la collectionneuse d'art Isabella Stewart Gardner (1840-1924) pour abriter sa collection d'art personnelle[A 1]. Le musée ouvre au public en 1903 et Isabella Gardner continue à élargir la collection et à l'organiser jusqu'à sa mort en 1924[A 1]. Son testament stipule que la disposition des œuvres ne devait pas être modifiée et qu'aucun objet ne devait être vendu ou acheté dans la collection[A 1].

Au milieu des années 1980, le musée se trouve dans une situation financière difficile, ce qui le laisse dans un mauvais état[C 1]. Il manque d'un système de climatisation et d'une police d'assurance[D 1], et un entretien de base du bâtiment est nécessaire[C 2],[C 3]. En 1982, après que la police découvre un complot par des criminels de Boston pour cambrioler le musée, ce dernier alloue des fonds pour améliorer la sécurité[C 4]. Parmi ces améliorations figurent soixante détecteurs de mouvements infrarouges dans les galeries et un système de vidéosurveillance composé de quatre caméras placées autour du périmètre du bâtiment[C 5],[C 6]. Cependant, il n'y avait pas de caméras installées à l'intérieur car le conseil d'administration pensait que l'installation d'un tel équipement dans le bâtiment historique serait trop coûteuse[C 7]. Dans le même temps, d'autres agents de sécurité sont également embauchés[C 6]. Malgré ces améliorations en matière de sécurité, la seule façon d'appeler la police au musée était d'appuyer sur un bouton au bureau de sécurité[D 2],[C 8]. À l'époque, d'autres musées disposaient de systèmes à sécurité intégrée qui obligeaient les veilleurs de nuit à appeler la police toutes les heures pour indiquer que tout allait bien[C 8].

En 1988, un consultant indépendant en sécurité examine les opérations du musée et détermine qu'elles sont à égalité avec la plupart des autres musées, mais recommande tout de même des améliorations[C 6]. En raison des difficultés financières et des souhaits de Mme Gardner contre toute rénovation majeure, le conseil d'administration n'approuve pas ces améliorations de sécurité[C 6],[C 9]. Le conseil d'administration rejette également une demande du directeur de la sécurité pour des salaires plus élevés dans le but d'attirer des candidats plus qualifiés[C 10]. Les gardiens étaient alors payés légèrement au-dessus du salaire minimum[C 1]. Les failles de sécurité du musée étaient un secret de polichinelle parmi les gardes[C 11].

Déroulement du braquageModifier

PréludeModifier

 
Carte agrandie de la localisation du musée Isabella Stewart Gardner à Boston (Massachusetts) et des routes adjacentes.

Le braquage a lieu aux premières heures du dimanche [C 12]. Au cours de la soirée, les voleurs sont aperçus pour la première fois vers h 30 par plusieurs fêtards de la Saint-Patrick quittant une fête près du musée[C 12],[C 13]. Les deux hommes étaient déguisés en policiers et garés dans une voiture sur Palace Road, à une trentaine de mètres de l'entrée latérale du musée Gardner, où rentrent les employés[C 12],[C 14].

Les gardes en service ce soir-là sont Richard « Rick » Abath, 23 ans, veilleur de nuit régulier, et Randy Hestand, 25 ans, engagé une année plus tôt mais qui effectue sa première affectation dans l'équipe de nuit[C 15]. La politique de sécurité stipulait alors qu'un garde patrouille dans les galeries avec une lampe torche et un talkie-walkie, tandis que l'autre restait assis au bureau de sécurité[C 15]. Au cours de la première patrouille de Rick Abath, des alarmes incendie se déclenchent dans différentes salles du musée, mais il ne parvient pas à localiser ni feu ni fumée[C 8],[C 16]. Ce dernier retourne au bureau de sécurité où le panneau de commande des alarmes indique la présence de fumée dans plusieurs pièces[C 8],[C 16]. Dès lors, il suppose un certain type de dysfonctionnement et ferme le panneau[C 17]. Il retourne en patrouille et avant d'avoir terminé sa ronde, fait un rapide arrêt à l'entrée latérale du musée, ouvrant brièvement la porte latérale et la refermant[C 14]. Il n'a pas dit à son collègue qu'il avait effectué cette action ni pourquoi[C 14]. Rick Abath termine sa tournée et retourne au bureau de sécurité vers h 0, heure à laquelle Randy Hestand commence sa ronde[C 14].

Entrée des braqueursModifier

À h 20, les voleurs conduisent jusqu'à l'entrée latérale du musée, se garent et se dirigent vers la porte réservée aux employés[C 13],[C 16]. Ils sonnent à l'interphone, qui les connecte à Rick Abath à l'intérieur du musée, puis expliquent qu'ils sont des policiers enquêtant sur un appel de tapage nocturne et qu'ils doivent entrer dans le musée[C 13]. Rick Abath peut les voir sur la vidéosurveillance portant ce qui semble être de vrais uniformes de police[C 13],[C 18]. Ce dernier n'était au courant d'aucune perturbation, mais a émis l'hypothèse qu'un fêtard de la Saint-Patrick avait peut-être escaladé la clôture et que quelqu'un l'avait vu et l'avait signalé[C 19]. À h 24, Rick Abath laisse les deux hommes entrer dans le musée[C 18].

Ces derniers se retrouvent alors dans un hall sécurisé qui sépare la porte latérale de l'intérieur du musée[C 20]. Dès lors, ils se rapprochent du garde, assis au bureau de sécurité, et demandent si quelqu'un d'autre se trouve dans le musée et de le faire descendre[C 20]. Rick Abath demande alors par radio à son collègue de retourner au bureau de sécurité[C 20],[C 18]. Dans le même temps, il remarque que la moustache de l'homme le plus grand semble fausse[C 20]. L'homme le plus petit rétorque à Rick Abath qu'il lui a l'air familier, qu'il pourrait y avoir un mandat d'arrêt contre lui et qu'il doit sortir de derrière le bureau et fournir une pièce d'identité[C 20],[C 18]. Il s'exécute, s'éloignant du bureau où se trouve le seul bouton de panique pour alerter la police[C 18],[C 20]. L'homme le plus petit force Rick Abath à se mettre contre un mur, lui écarte les jambes et le menotte, mais sans le fouiller, ce qui lui fait prendre conscience de la situation[C 21],[C 22]. Son collègue, Randy Hestand, entre dans la pièce à ce moment-là, et l'autre homme le retourne et le menotte à son tour[C 21],[C 18]. Une fois les deux gardes menottés, les voleurs révèlent leurs véritables intentions de cambrioler le musée et demandent aux gardes de ne pas leur poser de problèmes[C 21],[C 22].

Par la suite, les voleurs enroulent du ruban adhésif autour de la tête et des yeux des gardes[C 21],[C 22]. Sans demander le chemin, ils les conduisent au sous-sol où ils sont menottés à un tuyau et à un plan de travail[C 21],[C 22]. Avant de remonter, les voleurs examinent les portefeuilles des gardes et leur expliquent qu'ils savent désormais où ils habitent[C 21],[C 22]. Afin de les dissuader de parler aux autorités, ils leur promettent également « une récompense dans environ un an »[C 21],[C 23]. Il a fallu aux voleurs moins de quinze minutes pour maîtriser les gardes, ces derniers remontants du sous-sol vers h 35[C 24].

Vol des œuvresModifier

Première pièceModifier

Les mouvements des voleurs dans le musée sont enregistrés sur les détecteurs de mouvements infrarouges[C 25]. Les pas dans la première pièce dans laquelle ils entrent, la « salle hollandaise » (Dutch Room[A 2]) au deuxième étage, ne sont enregistrés qu'à h 48[C 24]. Cela correspond à treize minutes après avoir fini de maîtriser les gardes, ces derniers attendants peut-être de s'assurer que personne n'avait été alerté[C 24].

Alors que les voleurs s'approchent des peintures dans la salle hollandaise, un appareil commence à émettre un son fort qui se déclenche normalement lorsqu'un client se trouve trop proche d'une peinture[C 26],[C 22]. Après avoir localisé le détecteur, ils le brisent et le son s'éteint brusquement[C 26],[C 22]. Ils prennent alors Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée et Une dame et un gentleman en noir de Rembrandt et les jettent sur le sol en marbre, brisant leurs cadres de verre[C 26],[C 27]. À l'aide d'une lame, ils découpent les toiles de leurs châssis en bois[C 26],[C 27]. Ils retirent également du mur une grande peinture à l'huile d'un autoportrait de Rembrandt, mais, peut-être trop encombrante pour le transport car peinte sur du bois et non une toile, la laisse appuyée contre un meuble « comme le parapluie oublié d'un visiteur[C 28] »[C 29],[C 28],[C 30]. Au lieu de cela, les voleurs dérobent une petite gravure d'autoportrait de Rembrandt de la taille d'un timbre postal exposée sous le plus grand portrait[C 31],[C 28]. Sur le côté droit de la pièce, ils retirent Paysage avec un obélisque de Govert Flinck et Le Concert de Johannes Vermeer de leurs cadres[C 32],[C 28]. La dernière pièce prise dans la pièce est un ancien gu (vase) chinois datant du XIIe siècle av. J.-C.[C 33],[C 28].

Progression dans le muséeModifier

À h 51, alors qu'un voleur continue de dérober les œuvres dans la salle hollandaise, l'autre entre dans une pièce étroite surnommée « galerie courte » (Short Gallery[A 3]) à l'autre bout du deuxième étage[C 33],[C 28]. Bientôt rejoint par son collègue, ils commencent à retirer les vis d'un cadre retenant un drapeau napoléonien, mais semblent avoir abandonné à mi-chemin car toutes les vis n'ont pas été retirées et ils n'ont finalement pris que le fleuron de l'aigle en bronze exposé au sommet du mât du drapeau[C 33],[C 34], pensant peut-être, selon le FBI, qu'il s'agissait d'or[B 1]. Dans la même salle, ils emportent également cinq croquis d'Edgar Degas[C 33],[C 34]. La dernière œuvre volée dans le musée est le tableau Chez Tortoni d'Édouard Manet se trouvant dans la « salle bleue » (Blue Room[A 4]) au premier étage[C 25],[C 34]. Étrangement, les détecteurs de mouvements n'ont signalé aucune intrusion dans la salle bleue pendant la présence des voleurs dans le bâtiment, alors que leur parcours a pu être retracé précisément dans les autres salles[C 25]. Les seuls pas détectés dans la pièce cette nuit-là sont ceux de Rick Abath lors des deux fois où il a traversé la galerie lors de sa patrouille plus tôt dans la soirée[C 25].

DépartModifier

Alors qu'ils se préparent à partir, les voleurs vérifient une dernière fois les gardes au sous-sol et leur demandent s'ils sont à l'aise[C 35]. Ils se rendent ensuite dans le bureau du directeur de la sécurité où ils emportent les cassettes vidéo qui ont enregistré leur entrée sur les caméras ainsi que les données imprimées des détecteurs de mouvements[C 36]. Toutefois, ces dernières ont été enregistrées sur un disque dur, qui n'a pas été emporté[C 36]. Avant de partir, les voleurs laisse le cadre du tableau Chez Tortoni sur la chaise du bureau du directeur de la sécurité[C 36]. Ils s'organisent ensuite pour sortir les œuvres d'art à l'extérieur du musée, ouvrant les portes d'entrée latérales à h 40 et une dernière fois à h 45[C 37],[C 36]. Au final, le braquage a duré 81 minutes[C 36].

Environ quatre heures plus tard, vers h 45, l'équipe de sécurité suivante arrive pour prendre la relève mais réalise que quelque chose ne va pas lorsqu'ils échouent à établir un contact avec l'intérieur pour être autorisé à entrer[C 37],[C 38]. Ils décident d'appeler le directeur de la sécurité qui, en entrant dans le bâtiment avec ses clés, ne trouve personne au bureau et appelle immédiatement la police[C 37],[C 38]. À leur arrivée, les policiers fouillent le bâtiment jusqu'à ce qu'ils trouvent les gardes toujours attachés au sous-sol[C 39],[C 40].

Œuvres voléesModifier

Les œuvresModifier

Caractéristiques et estimationsModifier

Au total, treize œuvres sont volées. En 1990, le Federal Bureau of Investigation (FBI) estime la valeur du casse à 200 millions de dollars américains puis augmente cette estimation à 500 millions de dollars en 2000[C 41]. À la fin des années 2000, certains marchands d'art suggèrent que le butin pourrait valoir plus de 600 millions de dollars[C 42],[D 3]. Il est considéré comme le plus grand vol de musée en termes de valeur jusqu'à ce qu'il soit dépassé par le cambriolage de la « voûte verte » au sein du château de la Résidence de Dresde en Allemagne, le , avec un butin approchant du milliard d'euros[D 4].

À l'intérieur du musée, les œuvres les plus précieuses sont emportées depuis la salle hollandaise (Dutch Room)[A 2]. Parmi celles-ci figure Le Concert, l'un des trente-quatre tableaux connus[N 1] du peintre néerlandais Johannes Vermeer (1632-1675)[A 5]. La peinture, qui représente la moitié de la valeur du casse[C 42], est estimée à 250 millions de dollars en 2015[C 31]. Certains experts pensent qu'il s'agit probablement de l'objet volé le plus précieux au monde[C 43]. Dans la même pièce, les voleurs visent également des œuvres du peintre néerlandais Rembrandt (1607-1669)[C 44]. Parmi elles, Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée, son seul paysage marin et la plus précieuse de ses œuvres volées cette nuit-là[C 45]. Les estimations placent sa valeur à environ 140 millions de dollars depuis le vol[C 42]. Les autres œuvres de Rembrandt dérobées sont Une dame et un gentleman en noir et une petite gravure d'autoportrait de la taille d'un timbre postal[C 29]. Ce dernier avait déjà été volé et restitué en 1970[C 31]. D'un autre côté, les voleurs ont peut-être pris le tableau Paysage avec un obélisque en pensant qu'il s'agissait d'un Rembrandt car ce dernier lui fut longtemps crédité jusqu'à ce qu'il soit discrètement attribué à son élève Govert Flinck (1615-1660) quelques années avant le casse[C 31],[B 5]. Le dernier objet pris dans la salle est un gu en bronze d'environ vingt-cinq centimètres de hauteur[C 46]. Traditionnellement utilisé pour servir le vin dans la Chine ancienne, il constituait l'une des œuvres les plus anciennes du musée, datant de la dynastie Shang au XIIe siècle av. J.-C.[C 33],[C 46]. Sa valeur estimée n'est que de plusieurs milliers de dollars[C 33].

Dans la galerie courte (Short Gallery), cinq croquis du peintre français Edgar Degas (1834-1917) sont volés[C 33]. Ils ont chacun été réalisés sur du papier de moins d'un pied carré (moins de 0,093 m2) et réalisés avec des crayons ou du fusain, en utilisant sur la plupart d'entre eux la technique du lavis[C 30]. Leur valeur est relativement faible par rapport aux autres œuvres volées avec une estimation de moins de 100 000 dollars au total[C 33]. De plus, un fleuron d'aigle impérial français en bronze de vingt-cinq centimètres de hauteur est également pris au sommet d'un drapeau de la garde impériale de Napoléon Ier[C 33]. En 2015, le musée Isabella Stewart Gardner décide d'offrir une récompense de 100 000 dollars pour des informations menant au retour du seul fleuron[D 6],[A 18]. Enfin, le tableau Chez Tortoni du peintre français Édouard Manet (1832-1883) est le seul objet extrait de la salle bleue (Blue Room), au rez-de-chaussée[C 25].

Choix des œuvresModifier

Le mélange particulier des œuvres volées a intrigué les experts[C 33],[C 47]. Alors que certaines des peintures étaient bel et bien précieuses, les voleurs sont passés proche d'autres œuvres de grande valeur de Raphaël, Sandro Botticelli et Michel-Ange sans les prendre, choisissant des objets relativement sans valeur comme le gu chinois et le fleuron d'aigle[C 47],[C 48],[C 33]. De plus, ils ne sont jamais entrés au troisième étage où était accroché Le Rapt d'Europe (1562) de Titien, l'un des tableaux les plus précieux de la ville et pouvant valoir jusqu'à plusieurs centaines de millions de dollars[C 25],[C 49]. Ainsi, la sélection des œuvres et la manière brutale dont les voleurs les ont manipulé conduisent les enquêteurs à penser que ces derniers n'étaient pas des experts chargés de voler des œuvres spécifiques[C 50].

RécompenseModifier

 
Le cadre qui contenait le tableau Chez Tortoni d'Édouard Manet.

Comme le testament d'Isabella Stewart Gardner décrète que rien dans sa collection ne devrait être déplacé, les cadres vides des peintures volées restent accrochés à leurs emplacements respectifs dans le musée à la fois en hommage aux œuvres disparues et dans l'espoir de leur retour[C 51]. Dans les jours suivant le braquage, en raison du manque de fonds du musée et de l'absence de police d'assurance[D 1], le directeur sollicite l'aide des maisons de vente aux enchères Sotheby's et Christie's pour verser une récompense d'un million de dollars pour toutes informations menant à la récupération des œuvres[C 52]. Ce montant est porté à cinq millions de dollars en 1997[C 53],[D 7]. En 2017, il est doublé pour atteindre dix millions de dollars avec une date d'expiration fixée à la fin de l'année[D 8],[D 9]. Cette récompense est prolongée indéfiniment en suite à un afflux d'informations provenant du public[A 19],[D 10],[D 11],[A 18]. Il s'agit de la plus grosse récompense jamais offerte par une institution privée[C 54],[N 2]. Elle serait attribuée pour toutes « informations menant directement à la récupération de tous les objets en bon état »[B 14]. De plus, les procureurs fédéraux déclarent que quiconque retournerait volontairement les articles ne serait pas poursuivi[C 56]. Le délai de prescription étant dépassé depuis 1995, les voleurs et toute personne ayant participé au vol ne peuvent plus être poursuivis[C 56].

Début de l'enquête et premières pistesModifier

Premières constatationsModifier

 
Portrait-robot des voleurs en uniforme de police réalisé par le FBI et la police de Boston (BPD) en utilisant les premiers témoignages des deux gardes[C 57].

Le Federal Bureau of Investigation (FBI) prend immédiatement le contrôle de l'affaire au motif que les œuvres volées pourraient probablement traverser le pays en passant les frontières des États[C 58]. Rapidement, les enquêteurs qualifient l'affaire d'unique en raison de son manque de preuves matérielles solides[C 59]. Les voleurs n'ont pas laissé d'empreintes de pas ni de cheveux, et il n'a pas été déterminé si les empreintes digitales laissées sur les lieux provenaient des voleurs ou des employés du musée[C 59],[C 60]. Au fil des années, le FBI effectue des analyses ADN à mesure que les progrès dans le domaine se développent mais doit faire face à la perte de certaines preuves, notamment le ruban adhésif et les menottes utilisées par les voleurs pour retenir les gardes au sous-sol[D 12]. Ces derniers et les témoins dans la rue ont décrit l'un des voleurs comme âgé d'un peu moins de quarante ans, mesurant entre 1,75 et 1,78 m avec une corpulence moyenne, et l'autre d'environ trente ans, mesurant entre 1,83 et 1,85 m avec une corpulence plus imposante[C 11],[C 61].

Premiers suspectsModifier

Rick AbathModifier

Dès le début de l'enquête, l'agent de sécurité Rick Abath fait l'objet d'une attention particulière en raison de son comportement suspect la nuit du vol[C 25],[C 62]. Lors de sa patrouille, ce dernier ouvre brièvement puis ferme la porte latérale du musée[C 14], un mouvement qui, selon certains, aurait pu être un signal pour les voleurs garés à l'extérieur[C 63]. Par la suite, il déclare aux autorités qu'il le faisait régulièrement pour simplement s'assurer que la porte était verrouillée[C 64]. Toutefois, l'homme qui a formé les gardes du musée Gardner pour le quart de nuit déclare que s'il avait ouvert la porte de manière routinière comme il le prétend, ses superviseurs l'auraient remarqué et auraient mis un terme à cette habitude[C 64],[D 13]. Ce dernier affirme qu'il n'y a aucune raison pour qu'un agent de sécurité ouvre la porte du musée après les heures de travail, même pas pour des policiers[D 13],[C 65]. Dans ce cas, le protocole était d'obtenir leur nom et leur numéro de badge, d'appeler la police de Boston pour vérifier leur identité, et de ne les laisser entrer que s'il y avait une raison légitime[D 13],[C 65].

Plus de soupçons sont tirés des détecteurs de mouvements du musée, qui n'ont enregistré aucune présence dans la salle bleue, où la peinture Chez Tortoni a été volée, pendant les 81 minutes où les voleurs étaient dans le musée[C 25]. Les seuls pas enregistrés dans la pièce cette nuit-là sont ceux de Rick Abath pendant sa patrouille, plus tôt dans la soirée[C 25]. Plusieurs semaines après le vol, un consultant en sécurité examine l'équipement du détecteur et détermine qu'il fonctionne correctement[C 25]. Depuis le vol, Rick Abath clame son innocence, et l'agent du FBI supervisant l'affaire dans ses premières années a déterminé que les gardes étaient « trop incompétents et idiots » pour avoir participé au crime[C 62]. Rick Abath avait déposé une demande de démission deux semaines avant le vol et son collègue, Randy Hestand, quitte son travail quelques jours plus tard[C 62].

En , le FBI publie une vidéo de sécurité datant de la nuit précédant le vol, montrant Rick Abath faisant entrer un homme non identifié dans le musée et parler avec lui au bureau de sécurité[D 14],[D 15],[D 16]. Ce dernier a déclaré aux enquêteurs qu'il ne se souvenait pas de ce moment ni ne reconnaissait l'homme en question[D 17]. Sollicitant l'aide du public pour identifier l'inconnu[B 15] et malgré quelques témoignages[D 18], notamment ceux d'anciens gardes du musée déclarant qu'il s'agit du patron de Rick Abath, le chef adjoint de la sécurité du musée, décédé en 2014, aucune piste concrète n'a pu être avancée par le FBI[D 19],[D 20].

James J. BulgerModifier

À l'époque du vol du musée Gardner, James J. Bulger est l'un des criminels les plus puissants de Boston, à la tête du gang de Winter Hill[C 66]. Il a affirmé qu'il n'avait pas organisé le casse et aurait même envoyé ses agents pour tenter de déterminer qui l'avait fait parce que le vol a été commis sur son « terrain » et qu'il souhaitait qu'on lui paye un « tribut » à ce titre[C 67].

L'agent du FBI Thomas McShane a enquêté sur l'implication de James Bulger[C 66]. Il détermine que ses liens étroits avec la police de Boston pourraient expliquer comment les voleurs ont acquis de véritables uniformes de police, peut-être par le biais de ses relations avec des officiers corrompus au sein de la police de Boston et de la station du FBI dans la ville[C 66]. D'un autre côté, James Bulger avait également des relations avec l'Armée républicaine irlandaise (IRA)[C 66]. McShane a identifié le faux déclenchement de l'alarme incendie avant le cambriolage comme une « carte de visite » de l'IRA et de son rival l'Ulster Volunteer Force (UVF)[C 68]. Les deux organisations disposaient d'agents à Boston, et toutes deux avaient démontré leur capacité dans le passé à réussir des vols d'art[C 66]. Toutefois, malgré quelques affirmations selon lesquelles les œuvres se trouveraient en Irlande[D 21], l'enquête de McShane sur James Bulger et l'IRA n'a produit aucune preuve qui permettrait de les relier au vol[C 69].

Brian McDevittModifier

Brian McDevitt était un escroc de Boston qui a notamment tenté sans succès de cambrioler le musée d'art The Hyde Collection à Glens Falls, dans l'État de New York, en 1981[C 70]. Il s'était déguisé en chauffeur de FedEx, portait des menottes et du ruban adhésif et prévoyait de voler un Rembrandt[C 71]. De plus, il correspondait généralement à la description de l'un des voleurs, à l'exception de ses cheveux roux clairsemés[C 72]. Ces parallèles avec l'affaire du musée Gardner finissent par intriguer le FBI, qui décide de l'interroger à la fin des années 1990[C 71]. Ce dernier nie alors toute implication et refuse de passer un détecteur de mensonge[C 71],[C 72]. Néanmoins, le FBI a relevé ses empreintes digitales qui ne correspondaient à aucune de celles qui se trouvaient sur les lieux du crime[C 71]. McDevitt a ensuite déménagé en Californie et s'est frayé un chemin dans l'écriture pour la télévision et le cinéma[C 71],[C 72]. Il est décédé en 2004[C 71].

Lettre adressée au musée en 1994Modifier

En 1994, la directrice du musée Anne Hawley reçoit une lettre anonyme d'une personne prétendant vouloir négocier pour le retour des œuvres[C 73]. L'auteur explique qu'il est un tiers négociateur et qu'il ne connaît pas l'identité des voleurs[C 74]. Il indique notamment que les œuvres ont été volées dans l'objectif de réduire une peine de prison, mais l'occasion étant passée, les voleurs n'avaient plus de motif pour garder les œuvres[C 75]. De fait, ces derniers désirent l'immunité pour eux-mêmes et pour toutes les autres personnes impliquées ainsi que 2,6 millions de dollars envoyés sur un compte bancaire offshore en même temps que l'art serait remis au musée[C 74]. Si celui-ci est intéressé à négocier, il doit imprimer un message codé dans le quotidien américain The Boston Globe[C 76].

Après plusieurs années de pistes infructueuses, la directrice Hawley estime qu'il s'agit enfin d'une piste intéressante[C 77]. Elle contacte le FBI, qui s'occupe de discuter avec le Boston Globe du message codé, qui est finalement imprimé dans l'édition du [C 78]. À la suite de cela, Anne Hawley reçoit une deuxième lettre quelques jours plus tard dans laquelle l'auteur déclare qu'il a bien reconnu que le musée est intéressé à négocier, mais qu'il a peur de ce qu'il perçoit comme une enquête massive des autorités fédérales pour déterminer leur identité[C 78]. L'auteur explique qu'il a besoin de temps pour évaluer ses options, mais la directrice n'a plus jamais entendu parler de lui et celui-ci n'a jamais pu être identité[C 79].

Enquête sur la mafia de BostonModifier

Gang MerlinoModifier

ContexteModifier

En , le FBI annonce lors d'une conférence de presse avoir fait des progrès significatifs dans son enquête[B 14],[C 80],[D 22],[D 23]. Le responsable de l'enquête, Richard DesLauriers, déclare « avec un degré élevé de confiance » avoir identifié les voleurs, qu'il pense être des membres d'une organisation criminelle basée sur la côte est des États-Unis, dans la région des Mid-Atlantic, et en Nouvelle-Angleterre[C 80],[D 22]. Il estime que les œuvres ont été transportée dans le Connecticut et dans la région de Philadelphie en Pennsylvanie dans les années qui ont suivi le vol, avec une tentative de vente à Philadelphie en 2002[C 81]. La connaissance de ce qui s'est passé après cela étant limitée, il demande alors l'assistance du public pour localiser et restituer les œuvres[C 82],[B 14].

En , le FBI déclare que les deux voleurs sont décédés[D 24],[D 25]. Bien qu'il n'ait identifié publiquement aucune personne, des sources proches de l'enquête déclarent qu'ils seraient associés à un gang de Dorchester, un quartier situé dans le sud de Boston[D 26]. Le gang était fidèle à Frank Salemme, le patron de la mafia de Boston, la famille Patriarca, et dirigeait ses opérations à partir d'un atelier de réparation automobile dirigé par le criminel Carmello Merlino[D 26],[C 83],[C 84]. Les associés de Merlino ont peut-être pris connaissance des faiblesses du musée après que le criminel Louis Royce y ait fait du repérage en 1981[C 85]. Ce dernier avait conçu des plans avec un associé pour allumer des fumigènes et se précipiter dans les galeries au milieu de la confusion[C 86]. En 1982, alors que des agents infiltrés du FBI enquêtent sur Royce et ses associés pour un vol d'art sans rapport, ils apprennent leur projet de cambrioler le musée Gardner et l'avertissent immédiatement[C 87],[C 88]. Toutefois, Royce était en prison au moment du vol en 1990[C 89], mais ce dernier avait partagé son plan avec plusieurs personnes et il est possible que son associé Stephen Rossetti ait pu ordonner le vol ou partagé à nouveau le plan avec quelqu'un d'autre[C 90].

Robert Guarente et Robert GentileModifier

Parmi les associés du gang Merlino se trouvaient Robert Guarente, un associé de la mafia de Boston[D 27], et Robert Gentile, un criminel de Manchester dans le Connecticut[C 91]. Guarente est décédé d'un cancer en 2004[D 28], mais sa veuve Elene déclare au FBI en 2010 que son mari a possédé certaines des peintures[C 92]. Elle affirme que lorsque son mari est tombé malade d'un cancer au début des années 2000, il a confié les peintures à son ami Robert Gentile[C 93],[D 27]. Ce dernier, qui a nié les accusations, affirme qu'il n'a jamais reçu les peintures et qu'il ne sait rien de leur sort[C 94]. En , les autorités fédérales l'inculpe d'accusations liées à la drogue, probablement dans le but de faire pression sur lui pour obtenir des informations sur les œuvres[C 94]. Il est soumis à un détecteur de mensonges qui a indiqué qu'il mentait lorsqu'il a nié avoir eu connaissance du vol ou de l'emplacement des œuvres[C 95]. Gentile a soutenu qu'il disait la vérité et a demandé un nouveau test[C 96]. Au cours de celui-ci, il déclare qu'Elene Guarente lui a montré l'autoportrait de Rembrandt, affirmation à laquelle le polygraphe n'indique pas de mensonge[C 97]. L'avocat de Gentile a estimé que la véracité des affirmations de son client était affectée par l'importante présence d'agents fédéraux, et a demandé une réunion plus restreinte dans l'espoir qu'il puisse parler honnêtement[C 98]. Lors de la réunion plus privée, il maintient qu'il n'a aucune information[C 99].

Quelques jours plus tard, le FBI prend d'assaut la maison de Robert Gentile à Manchester, à l'est de la ville d'Hartford dans le Connecticut, avec un mandat de perquisition[C 100]. Les agents fédéraux trouvent un compartiment caché avec une trappe sous un faux plancher dans l'abri de jardin, qui se révèle être vide[C 101]. Au sous-sol de sa maison, ils découvrent une copie du quotidien Boston Herald datant de rapportant le vol ainsi qu'un morceau de papier indiquant le prix que chaque pièce pourrait valoir sur le marché noir[C 100]. Au-delà de cela, aucune autre preuve concluante n'a été trouvée qui indiquerait qu'il aurait bel et bien possédé les peintures[C 102]. Gentile est finalement condamné à une peine de trente mois de prison pour les charges liées à la drogue[C 103]. Après sa sortie, il s'entretient avec le journaliste d'investigation Stephen Kurkjian, affirmant qu'il a été piégé par le FBI et que son emprisonnement a eu un impact négatif sur ses finances et sa vie personnelle[C 104]. Il explique également que la liste retrouvée dans son sous-sol a été rédigée vers 2001 par un criminel essayant de s'approcher, par son intermédiaire, de Guarente, qu'il pensait détenteur des œuvres et qu'il savait ami de Gentile[C 105]. Concernant ce qui avait pu se trouver à l'intérieur de l'abri de jardin, il déclare qu'il n'entreposait que des pièces d'équipement pour moteur mais « rien d'illégal ou de volé, et certainement pas les peintures du [musée] Gardner »[C 106].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le nombre de tableaux attribués à Johannes Vermeer est contesté[D 5].
  2. La récompense du musée Isabella Stewart Gardner n'est dépassée que par la prime de vingt-cinq millions de dollars du Gouvernement fédéral des États-Unis pour des informations menant à la capture d'Oussama ben Laden dans les années 2000[C 55].

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Voir aussiModifier

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  • (en) Robert K. Wittman et John Shiffman, Priceless : How I Went Undercover to Rescue the World's Stolen Treasures [« Inestimable : comment je me suis infiltré pour sauver les trésors volés du monde »], New York, Broadway Books, (réimpr. 2011), 327 p. (ISBN 978-0-307-46148-3, OCLC 1258037756, lire en ligne).  
  • (en) Stephen Kurkjian, Master Thieves : The Boston Gangsters Who Pulled Off the World's Greatest Art Heist [« Maîtres voleurs : les gangsters de Boston qui ont réussi le plus grand braquage d'art au monde »], New York, PublicAffairs, (réimpr. 2016), 251 p. (ISBN 978-1-610-39632-5, OCLC 1057609658, lire en ligne).  
  • (en) Peggy Fogelman, Anthony M. Amore, C. M. Nielsen et Peggy Burchenal, Isabella Stewart Gardner Museum, Stolen [« Volé »], Carlisle (Massachusetts), Benna Books, , 36 p. (ISBN 978-1-944-03852-6, OCLC 1002126600).

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