Victor de Broglie (1756-1794)

général et homme politique né en 1756 et mort en 1794

Victor de Broglie
Illustration.
Louis-Victor de Broglie en 1790, par Charles Toussaint Labadye.
Fonctions
Président de l'Assemblée constituante
Prédécesseur Alexandre de Beauharnais
Successeur Théodore Vernier
Député du bailliage de Colmar et Sélestat aux États généraux de 1789
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès
Lieu de décès Paris
Profession Militaire

Charles Louis Victor, prince de Broglie, né le à Paris où il est mort (guillotiné) le , est un général et homme politique français.

BiographieModifier

Fils du Victor-François de Broglie (1718-1804), 2e duc de Broglie, maréchal de France et secrétaire d'État aux Affaires étrangères, et petit-fils de Louis Antoine Crozat, il entra dans la carrière militaire et débuta sous les ordres de son père, successivement comme sous-lieutenant, capitaine et aide-major dans le régiment de Limousin-infanterie. Il n’avait que 25 ans lorsqu’il fut nommé colonel en second du régiment d’Aunis.

Il épousa à Paris, le , Sophie de Rosen-Kleinroop (1764-1828), petite-fille de Claude-Constant Jouvenel des Ursins d'Harville, dont il eut quatre enfants :

Il servit aux États-Unis durant la guerre d’indépendance et, à son retour (1788), il fut nommé colonel du régiment de Bourbonnais et chef d’état-major du camp de Metz.

Le , le bailliage de Colmar et Schlestadt l’élut député de la noblesse aux états généraux où il défendit constamment la cause du peuple, se réunit au tiers état et vota presque toujours avec la Gauche, notamment le , en faveur de l’égalité de droits de tous les citoyens pour l’accès aux emplois de la magistrature et de l’armée.

Membre des comités militaire et des rapports, il fut élu secrétaire de l’Assemblée en janvier 1790 et chargé, le , de faire un rapport sur les troubles du Midi : il fit licencier par décret la Légion d’Aspe, qui avait provoqué une émeute à Toulouse.

Il prit la défense de son père, qui avait émigré et était accusé de conspirer avec les ennemis du dehors, mais les désaveux qu’il reçut du maréchal réduisirent ces efforts à néant. Élu Président de l’Assemblée constituante du 13 au , il demanda, à la fin de la session, à reprendre du service actif, et fut envoyé avec le grade de maréchal de camp à l’armée du Rhin sous les ordres de Luckner.

Il donna sa démission après le , refusant de reconnaître le décret de déchéance porté contre Louis XVI, et se retira à Bourbonne-les-Bains.

Bien qu’il eût protesté de son civisme dans une lettre adressée au Président de l’Assemblée Législative il fut arrêté peu de temps après et enfermé dans les prisons de Langres. Remis en liberté, il voulut rester en France et fut arrêté une seconde fois peu de temps après et traduit devant le Tribunal révolutionnaire, qui le condamna à mort le ; il fut guillotiné le lendemain.

À la veille de son exécution il recommanda à sa femme de ne pas confondre la Révolution française « avec les monstres qu’elle avait produits » et d’élever ses quatre enfants dans ses principes ; sa veuve se remaria en 1796 avec le marquis Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson, qui éleva leurs enfants et en eut quatre autres avec elle.

« Sans mépriser, a-t-il dit, ou dédaigner l’Ancien Régime, toute tentative de le rétablir me paraissait puérile. J’appartenais de cœur et de conviction à la société nouvelle, je croyais très sincèrement à ses progrès indéfinis ; tout en détestant l’état révolutionnaire, les désordres qu’il entraîne et les crimes qui le souillent, je regardais la Révolution française, prise in globo, comme une crise inévitable et salutaire. » (cité par le Dictionnaire des parlementaires français).

Il est l’auteur d’un Mémoire sur la défense des frontières de la Sarre et du Rhin.

RéférencesModifier

Voir aussiModifier

SourcesModifier