Taneti Maamau

homme politique gilbertin

Taneti Maamau
Illustration.
Taneti Maamau en mai 2016.
Fonctions
Président de la République des Kiribati
En fonction depuis le
(6 ans, 3 mois et 23 jours)
Élection 9 mars 2016
Réélection 22 juin 2020
Vice-président Kourabi Nenem (2016-2019)
Teuea Toatu (2019- )
Gouvernement gouvernement Maamau I
gouvernement Maamau II
Prédécesseur Anote Tong
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Onotoa (Kiribati)
Nationalité Kiribatienne
Parti politique Tobwaan Kiribati

Taneti Maamau
Présidents de la République des Kiribati

Taneti Maamau[1], né le [2] à Onotoa, est un homme politique kiribatien, président de la République depuis le .

BiographieModifier

Fonctionnaire au ministère des Finances à partir de 1979, Taneti Maamau se lance en politique en 2007 en étant élu député de l'île d'Onotoa (dont il est originaire) au Parlement. Il siège alors sur les bancs de l'opposition parlementaire au gouvernement du président Anote Tong[2]. Il est réélu député en 2011 et en 2015[3].

Seul candidat de l'opposition[4] à l'élection présidentielle du , soutenu par la nouvelle coalition du Tobwaan Kiribati Party, il reçoit aussi l'appui[5] de l'ancien président Teburoro Tito. Élu avec 60 % des voix[6],[7], Taneti Maamau succède le à Anote Tong qui avait été président pendant plus de douze ans, après avoir exercé trois mandats, le maximum autorisé par la constitution.

Il obtient un second mandat en remportant l'élection présidentielle de juin 2020 avec 59,3 % des voix face au candidat de l'opposition, Banuera Berina[8].

Prises de position et politiques menéesModifier

Longtemps diacre de l'Église protestante des Kiribati, Taneti Maamau met en avant son « engagement envers l'Église [et ses] valeurs chrétiennes ». Sur le plan politique, durant sa campagne présidentielle pour l'élection de 2016, il promet la gratuité de l'enseignement secondaire, la création d'un comité pour enquêter sur les affaires de corruption, et le maintien des relations diplomatiques du pays avec Taïwan plutôt qu'avec la République populaire de Chine[2].

Le toutefois, quatre jours après les Îles Salomon, il rompt les relations diplomatiques des Kiribati avec la République de Chine (Taïwan) et reconnaît la République populaire[9]. Joseph Wu, le ministre taïwanais des Affaires étrangères, accuse Pékin d'avoir acheté ce revirement en promettant au gouvernement kiribatien de financer l'achat de plusieurs avions et de ferrys. La présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, dit regretter que Taaneti Mamau ait « choisi d'abandonner un ami sincère et devenir un pion de la Chine ». Pékin, pour sa part, promet aux Kiribati de nouvelles opportunités pour son développement économique[10]. Le , l'opposition organise une manifestation de protestation à Tarawa, et le chef de l'opposition, Titabu Tabane, promet de rétablir les relations avec Taïwan s'il remporte l'élection présidentielle début 2020[11].

Lorsque l'Assemblée législative siège le , pour la première fois depuis ce changement d'orientation diplomatique, le gouvernement de Taaneti Mamau est privé de majorité parlementaire : certains de ses députés ont formé un nouveau parti d'opposition, Kiribati d'abord (Kiribati Moa en gilbertin), et le parti Tobwaan Kiribati ne dispose plus que de vingt sièges sur quarante-six[12]. Le gouvernement reporte alors le vote du budget, décision qui entraîne la démission du ministre des Finances, Natan Teewe. Le , l'Assemblée rejette le budget[13]. Deux jours plus tard le président de l'Assemblée, Tebuai Uaai, déclare subitement close la dernière session parlementaire avant les élections législatives à venir. Cette clôture de la session empêche l'Opposition de déposer à l'Assemblée une motion de censure visant à destituer le gouvernement[14]. Malgré l'opposition du Parlement et l'approche des élections, Taaneti Mamau se rend en visite d'État à Pékin en , où il reconnaît publiquement la politique d'une seule Chine et signe un accord de participation des Kiribati au projet de Nouvelle route de la soie initié par le président chinois Xi Jinping[15].

La victoire de Taneti Maamau à élection présidentielle de juin 2020 scelle cette politique pro-Pékin, le seul autre candidat -Banuera Berina- étant investi par le camp pro-Taipei[8]. Ayant remporté peu de sièges pour son parti Tobwaan Kiribati aux élections législatives en avril, le président Maamau fait la part belle à des députés élus sous les couleurs de l'opposition, et notamment du parti Kiribati d'abord, lorsqu'il nomme son nouveau gouvernement début juillet[16],[17].

Le 8 février 2021, solidairement avec les présidents des quatre autres États micronésiens, il annonce que les Kiribati quitteront le Forum des îles du Pacifique, jugeant que cette organisation manque de considération pour les pays de la Micronésie[18],[19].

Notes et référencesModifier

  1. Se prononce « Taanesi Mamaou ». Le nom de famille s'écrit aussi Mamau, selon l'ancienne orthographe du gilbertin.
  2. a b et c (en) Fiche biographique, site de la présidence
  3. (en) Maneaba ni Maungatabu, newsletter mars 2011
  4. (en) « Kiribati Parliament elects news Speaker and candidates for the Presidential election next mont », pina.com.fj, 4 février 2016
  5. (en) « Three in the running for Kiribati presidential election », radionz.co.nz, 10 février 2016
  6. (en) « Taneti Maamau declared new president of Kiribati », fijitimes.com, 10 mars 2016
  7. Roxane Berget, « Kiribati: un nouveau président élu à la place d'un champion de la cause climatique », tahiti-infos.com, 10 mars 2016
  8. a et b (en) "Taneti Maamau re-elected president of Kiribati, in blow for Taiwan", Radio New Zealand, 23 juin 2020
  9. (en) "Taiwan loses second ally in a week as Kiribati switches to China", The Guardian, 20 septembre 2019
  10. (en) "Taiwan says China lures Kiribati with airplanes after losing another ally", Reuters, 20 septembre 2019
  11. (en) "Opposition organises anti-China protest march in Kiribati", Radio New Zealand, 27 septembre 2019
  12. (en) "Kiribati govt loses majority in Parliament", Radio New Zealand International, 4 novembre 2019
  13. (en) "Kiribati budget defeated in Parliament", Radio New Zealand, 13 novembre 2019
  14. (en) "Kiribati Opposition's hopes of no confidence vote quashed", Radio New Zealand, 14 novembre 2019
  15. (en) "'On right side of history': Xi Jinping praises Kiribati for switch to China", The Guardian, 7 janvier 2020
  16. (en) "Kiribati cabinet sworn in", Radio New Zealand, 3 juillet 2020
  17. (en) "Kiribati New Cabinet Ministers sworn-in", Radio Kiribati, 2 juillet 2020
  18. (en) "Pacific Islands Forum in crisis as one-third of member nations quit", The Guardian, 8 février 2021
  19. (en) "Five Micronesian countries leave Pacific Islands Forum", Radio New Zealand, 9 février 2021