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Tsai Ing-wen

femme politique taïwanaise
Dans ce nom chinois, le nom de famille, Tsai, précède le nom personnel Ing-wen.

Tsai Ing-wen
蔡英文
Illustration.
Portrait officiel de Tsai Ing-wen en 2016.
Fonctions
Présidente de la république de Chine (Taïwan)
En fonction depuis le
(3 ans, 6 mois et 17 jours)
Élection 16 janvier 2016
Vice-président Chen Chien-jen
Premier ministre Lin Chuan
William Lai
Su Tseng-chang
Prédécesseur Ma Ying-jeou
Vice-Première ministre de la république de Chine (Taïwan)

(1 an et 4 mois)
Premier ministre Su Tseng-chang
Prédécesseur Wu Rong-i (en)
Successeur Chiou I-jen (en)
Biographie
Date de naissance (63 ans)
Lieu de naissance Fangshan, comté de Pingtung (Taïwan)
Nationalité Taïwanaise
Parti politique Parti démocrate progressiste
Diplômée de Université nationale de Taïwan
Université Cornell
London School of Economics
Profession Avocate

Tsai Ing-wen
Présidents de la république de Chine (Taïwan)

Tsai Ing-wen (chinois : 蔡英文 ; pinyin : Cài Yīngwén ; Wade : Ts'ai Ing-wen ; pe̍h-ōe-jī : Chhoà Eng-bûn) est une avocate et femme d'État taïwanaise, née le à Fangshan.

Membre du Parti démocrate progressiste (PDP), elle est présidente de la république de Chine depuis le . Elle est la première femme à exercer cette fonction.

BiographieModifier

FormationModifier

Elle est diplômée en droit de l'université nationale de Taïwan, de l'université Cornell et de la London School of Economics[1]. Elle est spécialisée en droit du commerce et a participé aux négociations pour l'entrée de Taïwan à l'Organisation mondiale du commerce[2].

Carrière politiqueModifier

Tsai Ing-wen est ministre des Affaires continentales dans le gouvernement de Chen Shui-bian entre 2000 et 2004. Elle est d'abord indépendante mais proche du PDP, avant de rejoindre ce parti en 2004[1]. Elle est vice-Première ministre de 2006 jusqu'à la démission du cabinet de Su Tseng-chang en mai 2007[3].

En mai 2008, Tsai Ing-wen prend la direction du PDP. En 2009, à Kaohsiung, en présence de la maire Chen Chu, elle rencontre le 14e dalaï-lama en visite à Taïwan[4].

Candidate à l'élection présidentielle de 2012Modifier

Elle est candidate à l'élection présidentielle de janvier 2012 dans laquelle elle porte en avant des revendications sociales, mais la position indépendantiste du PDP vis-à-vis de la Chine continentale ne rencontre pas l'approbation des électeurs. Tsai réunit 45,6 % des voix contre 51,6 % au candidat du Kuomintang, Ma Ying-jeou[3].

À la suite de cette défaite, elle démissionne de la présidence du PDP où elle est remplacée par Kiku Chen. Elle retrouve la direction du PDP en mai 2014.

Candidate à l'élection présidentielle de 2016Modifier

Tsai Ing-wen est de nouveau candidate à l'élection présidentielle de janvier 2016. Son co-listier est Chen Chien-jen, un épidémiologiste, vice-président de l'Academia sinica[5].

Elle fait campagne sur plusieurs thèmes[2] :

  • S'occuper du chômage des jeunes, encourager l'entrepreneuriat des jeunes, promouvoir le logement social, mener à bien la réforme des retraites, la mise en place d'un système de soins de longue durée ;
  • Augmenter la part des énergies renouvelables et arrêter la production d'électricité d'origine nucléaire d'ici dix ans ;
  • Elle soutient la déclaration de l'indépendance de Taïwan de la Chine populaire, mais modère sa position par rapport à 2012, où elle souhaitait déclarer l'indépendance unilatéralement, et souhaite maintenant un dialogue avec la Chine continentale ;
  • Mettre en place la loi sur le mariage des personnes de même sexe.

Tsai souhaite en outre signer des accords de libre-échange avec le Japon et l'accord de partenariat transpacifique[2].

Le , elle remporte l'élection avec plus de 56,12 % des voix face à Eric Chu et James Soong[6]. Elle devient la première femme élue présidente de la République dans son pays.

En décembre 2016, alors que Donald Trump vient d'être élu président des États-Unis, elle lui téléphone. Rompant avec plusieurs décennies de diplomatie américaine, suscitant l'ire de la Chine communiste (qui considère l'île de Taïwan comme partie de son territoire) et l'espoir des militants indépendantistes taïwanais, le nouveau chef de l'État accepte la conversation téléphonique. Cet appel conduit à des mesures de rétorsion de la part de Pékin contre Taïpeh[7].

Présidente de la république de ChineModifier

Le , elle prête serment et prend ses fonctions de présidente de la république de Chine.

Depuis l'arrivée de Tsai et du DPP au pouvoir, la Chine a augmenté les pressions diplomatiques contre les pays et entreprises qui reconnaissent Taïwan comme un État indépendant. Le nombre de pays qui reconnaissent Taïwan est tombé à 18 en juin 2018. La Chine a aussi accru ses manœuvres militaires dans le détroit de Taïwan[8].

En juin 2018, Tsai déclare être disposée à rencontrer le président chinois Xi Jinping mais pour cette rencontre elle refuse toujours la politique d'une seule Chine ou le pseudo-Consensus de 1992 et demande que la Chine considère cette rencontre comme la rencontre de deux chefs d'États souverains. Tsai demande aussi l'aide des autres nations pour contrer l'expansion militaire chinoise en Asie du Sud-Est et défendre la démocratie et la liberté à Taïwan[8].

À la suite de la défaite de son parti aux élections locales de novembre 2018, Tsai Ing-wen démissionne de son poste de présidente du Parti démocratique progressiste[9].

En février 2019, Tsai déclare sa candidature à l'investiture du PDP pour l'élection présidentielle de 2020[10].

Conformément à sa promesse de campagne, le mariage homosexuel est adopté en mai 2019, une première en Asie[11].

En juin 2019, après une primaire controversée (reports de la date de la primaire, introduction de sondages par téléphone), Tsai devance l'autre candidat à l'investiture, William Lai, et obtient le soutien du PDP pour l'élection présidentielle[12],[13],[14].

À Hong Kong, placé sous l'influence de la Chine continentale depuis sa rétrocession en 1997, des manifestations massives et durables éclatent en mars 2019 pour protester contre l'influence de la Chine continentale dans la politique hongkongaise. Tsai exprime son soutien aux manifestants. Ce combat des Hongkongais rappelle aux Taïwanais le risque qu'un rapprochement avec la Chine continentale ferait courir à la démocratie, aux libertés et à l'État de droit. En conséquence, la faible côte de popularité de Tsai, défendant le statu quo dans la relation avec la Chine populaire, remonte dans les sondages[15].

AnecdotesModifier

Son prénom, 英文 (Ing-wen), se comprend en chinois comme « langue anglaise »[16].

RéférencesModifier

  1. a et b Arnaud Vaulerin, « Tsai Ing-wen, la force tenace de Taiwan », liberation.fr, 17 janvier 2016.
  2. a b et c (en) « Not trying to cause a big sensation », The Economist, .
  3. a et b Victor Yu, « Taïwan : Tsai Ing-wen, la prochaine présidente ? », Asialyst, .
  4. « Tsai Ing-wen, la présidente du DPP, s’entretient avec le dalaï-lama à Kaohsiung », Taiwan Info, 2 septembre 2009.
  5. (en) Chen Chi-fon, Chen Chi-chung et Lilian Wu, « Academia Sinica VP confirmed as running mate of Tsai Ing-wen », CNA et Focus Taiwan, .
  6. Arnaud Vaulerin, « Taïwan : Tsai Ing-wen, première femme présidente du monde chinois », Libération, (consulté le 17 janvier 2016).
  7. Cyrille Pluyette, « Taïwan déstabilisé par la discorde sino-américaine », Le Figaro, samedi 18 / dimanche 19 mars 2017, page 8.
  8. a et b (en) « Taiwan's Tsai urges world to stand up to China: AFP interview », AFP,
  9. « Les électeurs taïwanais sanctionnent la présidente indépendantiste, qui quitte la tête de son parti », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 13 décembre 2018)
  10. (en) Matt Rivers et Steven Jiang, « Taiwan President Tsai Ing-wen will run for re-election in 2020 », CNN,
  11. Cyrille Pluyette, « Taïwan approuve le mariage gay, une première en Asie », Le Figaro, 18-19 mai 2019, p. 10.
  12. (en) Stacy Hsu, « Tsai wins DPP primary, beating Lai by 8.2 points », Focus Taiwan,
  13. (en) Ku Chuan, Yeh Su-ping et Emerson Lim, « DPP formally backs Tsai Ing-wen as 2020 presidential nominee », Focus Taiwan,
  14. (en) Teng Pei-ju, « Taiwan's Democratic Progressive Party to incorporate cell phone survey into primary poll », Taiwan News,
  15. Simon Leplâtre, « La mobilisation à Hongkong profite à la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen », Le Monde,
  16. 英文 Ing-wen sur fr.wiktionary.org.

AnnexesModifier

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Article connexeModifier

Liens externesModifier