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Sport équestre

domaine du sport qui englobe tous les sports qui sont pratiqués avec le cheval comme un partenaire
(Redirigé depuis Sports équestres)
Ne doit pas être confondu avec sport hippique.
Sport équestre
Description de l'image Equestrian pictogram.svg.
Fédération internationale FEI (fondée en 1921)
Sport olympique depuis 1900
Description de cette image, également commentée ci-après

Le sport équestre est l'ensemble des disciplines équestres sportives qui ont pour point commun l'utilisation des capacités athlétiques et esthétiques du cheval. Ces disciplines donnent lieu à des compétitions sportives appelés concours[1]. La formation et la pratique des sports équestres se déroulent généralement dans un centre équestre. Les courses de chevaux soumises à des paris mutuels et dont la finalité première est de remporter une course ne font pas partie des sports équestres mais constituent une catégorie à part, le sport hippique.

Trois disciplines relevant des sports équestres son des sports olympiques : le dressage, le concours complet d'équitation et le saut d'obstacles.

Sommaire

HistoriqueModifier

Le sport équestre tel que nous le connaissons aujourd'hui est apparu à la fin du XIXe siècle lorsque le cheval perdit son rôle utilitaire, notamment comme cheval de guerre, et que l'équitation de loisir et l'équitation sportive se développèrent. Le saut d'obstacles devient discipline olympique en 1900, le dressage et le concours complet en 1912[1]. Elles demeurent les trois seules disciplines équestres admises aux jeux olympiques. Jusqu'aux Jeux olympiques de 1900, le saut en longueur et le saut en hauteur à cheval faisaient partie des disciplines olympiques. Aux Jeux olympiques de 1920, la voltige (individuelle et par équipe) était discipline olympique. À l'occasion des Jeux olympiques d'été de 2004, par souci de rentabilité et pour faciliter les retransmissions télévisées, le concours complet a été allégé de deux épreuves, le steeple-chase et le routier. Depuis lors, ces deux tests ont progressivement disparus des concours internationaux et nationaux et ce nouveau format avec trois épreuves est devenu la norme.

Les premières compétitions d'équitation académique eurent lieu en 1929 à l'initiative des fédérations nationales qui décidèrent de s'affronter. Pour se faire, elles déterminèrent un premier règlement qui imposa un programme précis, limité dans le temps, et elles établirent un jugement relatif[2]. Ces premières compétitions, tout comme les sports équestre furent d'abord pratiqués en Europe et par des militaires. L'essor du sport équestre et son ouverture à un large public date des années 1940[1].

Le sport équestre est régi au niveau international par la Fédération équestre internationale (FEI) qui fut fondée en 1921. Les disciplines qu'elle administre et ordonne en dehors des disciplines olympiques sont l'attelage, la voltige, le reining en équitation Western, l'endurance et le para-dressage[3]. Le horse-ball a le statut de discipline régionale. La FEI organise tous les 4 ans, en alternance avec les Jeux olympiques, une compétition internationale, les Jeux équestres mondiaux (JEM), sur un même lieu et dans les huit disciplines majeures qu'elle reconnaît. Les JEM se sont tenus pour la première fois en août et septembre 2006 à Aix-La-Chapelle (Allemagne), puis en 2010 à Lexington (États-Unis), en 2014 en Normandie, principalement à Caen, et enfin à Tryon (États-Unis) en 2018.

La Fédération française d'équitation (FFE) date aussi de 1921. En dehors des trois disciplines olympiques et des disciplines internationales sous la gouverne de la FEI, elle administre et ordonne les autres disciplines équestres qu'elle reconnait tels le hunter, la monte en amazone et l'équitation d'extérieur ou des activités de jeu comme les poney-games[1].

Le sport équestre en FranceModifier

20 000 journées de concours, réunissant 160 000 compétiteurs, sont organisées en France chaque année sous l'égide de la FFE. En 2018, plus de 3 000 cavaliers concoururent dans les circuits Pro FFE pour se préparer aux compétitions internationales et 130 d’entre eux ont le statut de sportif de haut niveau[4].

Les cavaliers bénéficient de la formation prodiguée par les enseignants diplômés des poney-clubs et des centres équestres labélisés par la FFE. Les jeunes peuvent s'initier à la compétition sur le circuit dédié des compétitions clubs et poneys. Les circuits de compétition proposés par la FFE permettent aux cavaliers de s'aguerrir dans leur discipline jusqu’à atteindre l’objectif annuel des championnats de France. Les meilleurs jeunes cavaliers à poney se préparent sur les circuits Tournée des As Poney et Super As, qui servent de sélection aux épreuves internationales dédiées aux 16 ans et moins. En juillet, le Generali Open de France accueille les jeunes cavaliers à poney, puis les pratiquants des clubs pour des championnats de France qui leur sont réservés[4].

Pour les cavaliers plus aguerris, la FFE propose des circuits de compétition pour les divisions Amateurs, puis Professionnels. En 2018, 30 000 cavaliers licenciés Compétition Amateur et 3 000 Compétition Pro. La fédération propose un circuit Grand National FFE dans les trois disciplines olympiques et organise les championnats de France Master Pro. Trois circuits dédiés, le French Tour pour le saut d'ostacles, le Dress Tour pour le dressage et l'Eventing Tour en concours complet regroupent les concours internationaux organisés dans l'hexagone [4].

Le sport équestre représente en France un enjeux économique non négligeable car il permet de dynamiser toute la filière équine qui, outre les clubs et les écoles d'équitation, comprend l’élevage des équidés, la production d’aliments et tous les métiers nécessaires au développement des sports équestres tels que les vétérinaires, les maréchaux-ferrants ou bien encore les fournisseurs d'équipements pour les chevaux et cavaliers[4].

Principales disciplines équestresModifier

Disciplines olympiquesModifier

  • concours complet d'équitation (CCE), appelée aussi par raccourci « complet » ou « concours complet ». Lors d'un concours complet, le cavalier doit enchainer trois tests distincts avec le même cheval, d'abord une reprise de dressage permettant de juger la qualité de son emploi des aides et du dressage de sa monture, puis un cross qui permet de vérifier la franchise du couple sur des obstacles fixes et la maîtrise d’une vitesse imposée en équitation d’extérieur, et enfin une épreuve de saut d'obstacles qui permet d'apprécier la capacité du couple à enchainer un parcours avec les gestes techniques appropriés, mais aussi l'aptitude du cavalier à gérer sa monture sur l'ensemble des épreuves, cette épreuve intervenant en fin de concours après des efforts répétés. Le concours complet se pratique sur cheval et sur poney. Il est principalement effectué en extérieur et requiert une expérience du cavalier dans les disciplines des trois tests ainsi qu'une connaissance précise des moyens de son cheval[5],[2]. Ce dernier, pour sa part, doit avoir reçu une formation multiple, résultant un entrainement intelligent et rationnel[6].
  • dressage : discipline mère de toute l'équitation car elle juge de la qualité de la communication du cavalier avec son cheval en appréciant les qualités de soumission, de légèreté et de brillant acquises par le cheval, le tact équestre du cavalier et l'harmonie du couple cheval-cavalier. Les épreuves de dressage se déroulent sur un terrain de 60 m x 2 m, parfaitement plat et délimité, et dont des lettres jalonnant la piste servent de points de repère pour l'exécution des mouvements demandés, appelés figures. L'ensemble de ces figures constitue une reprise qui doit être exécutée dans un temps déterminé et qui est notée par des juges[6]. Les figures peuvent être imposées ou libres et sont exécutées aux différentes alluresː pas, trot et galop. Les figures libres sont exécutées en musique. Cette discipline permet de développer les qualités du poney ou du cheval tout en tendant à le rendre calme, souple, attentif, confiant et brillant. Les épreuves de dressage permettent aussi d'apprécier la complicité entre le cheval ou poney et son cavalier. Le dressage constitue la base de toutes les disciplines équestres. Elle vise à améliorer les qualités intrinsèques du cheval comme la locomotion, la souplesse et l’équilibre. La formation du cavalier passe nécessairement par son initiation aux méthodes de dressage afin qu'il puisse progressivement dresser lui‐même son cheval ou poney[7].
  • concours de saut d'obstacles : discipline équestre olympique la plus pratiquée en compétition et dans laquelle un cavalier et sa monture franchissent des barres d'obstacles mobiles. Ses aspects ludiques et spectaculaires ainsi que la simplicité de ses règles y sont pour beaucoup. Les concours de saut d'obstacles permettent de mettre en évidence les qualités de maniabilité, de franchise, de rapidité, d'adresse et de puissance des chevaux ainsi que leur respect de l'obstacle. Elles permettent d'apprécier la qualité de l'équitation du cavalier. Les chevaux ou poneys doivent franchir dans un temps imparti, sans renverser de barres ni refuser ou dérober, des obstacles répartis sur un terrain selon un tracé obligatoire dessiné par le chef de piste[6],[8]. Le cheval et le cavalier doivent avoir une bonne technique et une certaine agilité pour résoudre les difficultés d'un parcours. Le type d'obstacle, les distances, les angles, les virages sont variés et obligent le cavalier à adapter sa monte en fonction de chaque obstacle. Il doit modifier la vitesse, l'amplitude, l'impulsion et la trajectoire de son cheval pour réussir son parcours plus vite que les autres concurrents[8].

Disciplines internationalesModifier

  • endurance : l'objectif de la discipline est de parcourir de longues distances en extérieur avec son cheval, avec ou sans limitation de vitesse, sur un itinéraire balisé, avec des examens vétérinaires validant la capacité du poney ou du cheval à parcourir de longues distances. L’endurance équestre est pratiquée individuellement ou en équipe[9]. Depuis la fin des années 1970, ce type d'équitation a connu une véritable montée en puissance dans les pays européens et arabes.
  • voltige en cercle : entre équitation, gymnastique et acrobatie, cette discipline consiste à effectuer, individuellement ou en équipe, des figures sur un cheval ou un poney au pas ou au galop qui est tenu en longe. Ce dernier est équipé d’un surfaix et d’un large tapis permettant aux voltigeurs d’effectuer une série de figures libres ou imposées. Au niveau des concours Club, les épreuves permettent de juger du liant, de la fixité et de l’aisance du voltigeur sur un poney ou un cheval d’instruction habitué au travail à la longe tout en offrant aussi aux voltigeurs et aux longeurs la possibilité de se former[10].
  • attelage : discipline dans laquelle un meneur conduit un ou plusieurs poneys ou chevaux attelés à une voiture, cette dernière pouvant aussi emmener des coéquipiers. Les compétitions d'attelage comportent jusqu'à trois tests, le dressage constitué d'un enchainement de figures imposées évaluées par des juges, le marathon qui est constitué d’un parcours souvent spectaculaire en terrain varié où les attelages enchainent des difficultés techniques appelées « obstacles », et la maniabilité qui consiste à passer à allure libre, une succession de portes matérialisées par des cônes appelées obstacles, des balles posées sur les cônes engendrent des pénalités lorsque l’attelage les fait tomber. Ces différents tests permettent de juger de la compétence et l’habileté du meneur d'une part, et la bonne condition physique, la franchise, la soumission et la souplesse des poneys ou chevaux d'autre part. L’attelage se pratique en compétition avec 1, 2, 4 poneys ou 1, 2, 4 chevaux. Aux Jeux Equestres Mondiaux, seuls concourent les attelages 4 chevaux, catégorie phare de cette discipline. En dehors des trois tests majeurs, des tests préparatoires sont proposés en compétitionː le test d'adresse pour les débutants, le test de dressage combiné qui allie un parcours de maniabilité avec des figures imposées de dressage, et le test de maniabilité combinée qui associe un parcours de maniabilité avec des obstacles de marathon[11].
  • para dressageː discipline s’adressant aux cavaliers ayant des déficiences motrices ou visuelles qui ne leurs permettent pas un usage complet de leur corps ou de leur vision. En fonction de leur handicap, les cavaliers sont classifiés dans cinq catégories nommées Grades. Le para dressage consiste à présenter lors de reprises, les figures et les mouvements du dressage classique mettant en valeur la qualité du dressage et de la locomotion du cheval. Toutes les références à l’emploi des aides sont adaptées afin de permettre l’utilisation d’autres parties du corps et/ou des aides compensatoires appropriées et officiellement approuvées[12]. L’équitation handisport, gérée par la FEI, est au programme des Jeux Paralympiques où elle est le seul sport paralympique auquel hommes et femmes participent dans les mêmes conditions et où le cavalier ou la cavalière, ainsi que le cheval, sont déclarés médaillés paralympiques. L’équitation dite para équestre est inscrite au programme des Jeux Mondiaux depuis 2010[13].
  • reining

Discipline régionaleModifier

  • horse-ball : sport collectif dont les racines nous viennent d'un ancien jeu équestre asiatique. Deux équipes de quatre ou six cavaliers s'affrontent et doivent envoyer un ballon dans le but adverse après un jeu de passes. Le horse-ball est une sorte de basket-ball adapté à l'équitation. Les équipes s'affrontent sur un terrain délimité, et doivent défendre leur panier (un cerceau vertical placé à 3,5 mètres du sol) contre les buts de l'autre équipe. Le ballon est maintenu dans un harnachement de cuir comprenant des poignées solides qui permettent à la fois l'arrachage et sa récupération au sol sans descendre de cheval, mais en se penchant.

Autres disciplinesModifier

  • hunter : pratiqué couramment aux États-Unis, discipline intermédiaire entre le saut d'obstacles et le dressage dans laquelle le couple cavalier-cheval est noté sur son style ;
  • monte en amazone : seule équitation où le cavalier a ses deux jambes du même côté du cheval ;
  • oulak : sport collectif équestre kirghiz dans lequel une chèvre ou un mouton décapité sert de balle. Deux équipes de cinq cavaliers s'opposent pour s'emparer de la carcasse et la mettre dans le but adverse un maximum de fois sur une durée de 20 minutes.
  • polo : sport équestre collectif le plus ancien dans lequel deux équipes de quatre cavaliers s'affrontent en envoyant une balle dans les buts adverses grâce à un long maillet ;
  • polocrosse : mélange de polo et du jeu amérindien lacrosse. Chaque joueur utilise une raquette comparable à une épuisette dans laquelle la balle en mousse légère et élastique est portée. L'objectif est de lancer la balle dans les buts adverses ;té
 
Pony Games : La tour de Windsor
  • pony games: (= mounted games) jeux par équipe consistant en une série d'épreuves de relais où les cavaliers doivent faire preuve d'athlétisme et d'agilité (remonter sur son cheval au galop, déplacer des balles sur des cônes...).
  • randonnée équestre : tout simplement voyager à cheval, la randonnée est reconnue en tant que discipline par la Fédération française d'équitation même si elle est exempte de compétition. Cette activité, très pratiquée, a pour particularité de pouvoir être exercée "chez soi", en dehors de tout lien avec un organisme équestre professionnel ;
  • ski joëring : un skieur est tracté par un cheval qu'il doit diriger. Cette discipline tire son originalité d'être un trait union entre deux sports qui pouvaient sembler n'avoir aucun point commun ;
  • TREC : TREC signifie Techniques de Randonnée Équestre de Compétition. Cette discipline permet aux amoureux du « cheval nature » de se mesurer en compétition dans des épreuves qui font appel aux mêmes qualités que lors des randonnées ;
  • Voltige cosaque : se pratique le plus souvent en ligne, parfois entre deux fils tendus pour délimiter le couloir. Les figures sont variées et très spectaculaires.

Sports équestres attelésModifier

  • attelage de tradition : discipline dont l'objectif est de maintenir l'art traditionnel de l'attelage et la sauvegarde du patrimoine hippomobile. La voiture doit être d'un ancien modèle.

Sports équestres de traditionsModifier

  • équitation western ou équitation américaine : comme son nom l'indique, il s'agit de l'équitation pratiquée à l'origine par les cow-boys. Elle s'est développée sur tous les continents et de nombreuses compétitions existent. Des disciplines comme le reining et le gymkhana sont particulièrement pratiquées ;
  • doma vaquera : équitation d'origine andalouse et liée à la garde des taureaux de combat. Elle nécessite un dressage fin et particulier ;
  • équitation islandaise : équitation pratiquée avec un cheval islandais. Ce dernier dispose en plus des trois allures habituelles du tölt et de l'amble.
  • équitation Camargue : née du travail du gardian face aux taureaux, l'équitation Camargue se pratique sur des chevaux Camargue, avec un matériel spécifique et des épreuves qui font appel aux compétences de dressage ;
  • rodéo chilien : deuxième sport le plus populaire au Chili après le football. Le Rodéo est constitué de collera, composé de deux Huasos, ouvriers agricoles chiliens, montés sur leurs chevaux qui doivent arrêter le taureau.


Fédérations sportivesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d « Sports équestres », sur Encyclopédie Larousse (consulté le 23 aout 2019)
  2. a et b Michel Henriquet et Alain Prevost, L'équitation, un art, une passion, Paris, Seuil, , 319 p.
  3. (en) « Welcome to FEI database », sur FEI (consulté le 24 août 2019)
  4. a b c et d « Les sports équestres en France », sur FFE (consulté le 23 aout 2019)
  5. « Présentation du CCE », sur FFE (consulté le 24 août 2019)
  6. a b et c sous la direction du docteur-vétérinaire Pierre Rousselet-Blanc, Larousse du cheval, Paris, Librairie Larousse, 3ème trimestre 1975, 260 p. (ISBN 2-03-014855-5)
  7. « Présentation du dressage », sur FFE (consulté le 24 août 2019)
  8. a et b « Présentation du CSO », sur FFE (consulté le 24 aout 2019)
  9. « Présentation de l'endurance », sur FFE (consulté le 25 août 2019)
  10. « Présentation de la voltige », sur FFE (consulté le 25 août 2019)
  11. « Présentation de l'Attelage », sur FFE (consulté le 25 août 2019)
  12. « Règlement des compétitions FFE Dispositions spécifiques para dressage », sur FFE (consulté le 25 août 2019)
  13. « Présentation para dressage », sur FFE (consulté le 25 août 2019)

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier