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Siège de Montségur

siège de 1243-1244
Siège de Montségur
Description de cette image, également commentée ci-après
Informations générales
Date mai 1243 au 1er mars 1244
Lieu Montségur
Issue Victoire française
Belligérants
Arms of the Kings of France (France Ancien).svg Royaume de FranceCathares et faydits
Commandants
Hugues des ArcisRaymond de Péreille
Pierre-Roger de Mirepoix
Forces en présence
~ 2 000 hommes~ 100 hommes
Pertes
inconnues215 à 220 prisonniers cathares brûlés vifs

Croisade des albigeois

Batailles

Croisade des barons (1209)
Guerre du Languedoc (1209-1213)
Révolte du Languedoc (1216-1223)
Intervention royale (1226-1229)
Coordonnées 42° 52′ 32″ nord, 1° 49′ 57″ est

Géolocalisation sur la carte : Midi-Pyrénées

(Voir situation sur carte : Midi-Pyrénées)
Siège de Montségur

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Siège de Montségur

Le château de Montségur a été assiégé à plusieurs reprises. Le siège le plus important est celui de 1243-1244, qui s'acheva par la prise du château et le bûcher de deux cents cathares.

MontségurModifier

Montségur est un fief qui appartient au XIIe siècle à la famille de Péreille. Son château était probablement en ruines en 1200. Vers 1204, pour une raison inconnue, le diacre cathare de Mirepoix demande à son seigneur de rebâtir le château. Certains supposent que les « Parfaits » (surnom que les inquisiteurs donnaient ironiquement aux cathares mais que le peuple occitan préférait appeler les Bonnes Dames et les Bons Hommes), informés des projets d’Innocent III à leur encontre, auraient voulu disposer d’un refuge.

Avec l’occupation des vicomtés Trencavel, puis du comté de Toulouse par les troupes de Simon IV de Montfort, Montségur devient un centre cathare important. Bien que connaissant cette situation, Montfort ne se préoccupa pas de ce château, qui lui aurait fait perdre beaucoup de temps alors qu’il avait tant à faire pour contrôler ses conquêtes. Le château servait ainsi de refuge aux périodes les plus sombres de la lutte, pour se vider en période de paix, les prêtres cathares repartant dans les plaines.

En 1232, l’évêque cathare Guilhabert de Castres demande au seigneur Raymond de Péreille l’autorisation de faire de Montségur la capitale des cathares. Après une longue réflexion[1], Raimond accepte. Le château devient alors un centre cathare important, hébergeant plusieurs centaines de Bonnes Dames et de Bons Hommes. De ce fait, il devient un véritable lieu de pèlerinage pour les fidèles cathares. Leur Église, riche, aide Raimond de Péreille à recruter des soldats pour défendre le château. Le seigneur avait également fait venir un chevalier faydit, Pierre-Roger de Mirepoix, lui avait confié le commandement du château et lui avait donné la main de sa fille Philippa.

Le siègeModifier

En 1243, le concile catholique de Béziers décide d’intensifier la lutte contre les cathares et de prendre le château, comprenant qu’aucune autre action ne serait efficace sans avoir obtenu, auparavant la chute de Montségur. Il voulait également répondre au massacre des Inquisiteurs à Avignonet et châtier ses instigateurs. Le concile confie la lutte à Hugues des Arcis, sénéchal de Carcassonne. Venu en reconnaissance sur les lieux, Hugues comprend que le château, construit sur une montagne escarpée, ne peut être pris d’assaut. Il commence donc le siège autour au mois de mai 1243 après avoir établi un cordon de sécurité, qui se révèlera cependant inefficace, car il n’empêchera jamais le seigneur de Péreille de communiquer avec l’extérieur. L’été et l’automne s’écoulent sans que des actions importantes ne soient entreprises, Hugues des Arcis cherche les points faibles de la forteresse et Raimond de Péreille attend les secours du comte Raymond VII de Toulouse si ce n'est de l'Empereur, ennemi farouche du pape.

Le comte de Toulouse, toujours excommunié, cherche alors à rentrer en grâce auprès du pape et n’a pas, de toutes les façons, les moyens militaires pour déloger l’assaillant. Hugues des Arcis, l’hiver venu, ne plie pas bagages pour autant. Il a désormais un plan. Le long de la crête, à environ un kilomètre, il y a le Roc de la Tour sur lequel est construit un petit fortin. Des hommes l'escaladent de nuit et massacrent dans leur sommeil les soldats de la garnison. La prise de cette défense avancée permet à une partie de l’armée de s’installer à la même altitude que celle de la forteresse. En novembre 1243, Durand, évêque d’Albi, arrive avec un nouveau contingent de soldats. Leurs connaissances techniques leur permettent d’installer une pierrière sur le Roc de la Tour et de bombarder une barbacane qui, située sur la crête, défend l’accès au château.

En janvier 1244, Péreille et Mirepoix reçoivent l'ingénieur Bertrand de la Bacalaria envoyé par le comte de Toulouse. Il construit plusieurs machines pour contrer celle des Français. En février, la barbacane, qui vient de subir depuis trois mois les bombardements est prise par les assaillants. Démoralisé, manquant de soldats, Raymond de Péreille, avec le consentement de l'évêque cathare Bertrand Marty décide de négocier la reddition du château. Les pourparlers commencent le 1er mars. Hugues d’Arcis accepte les conditions demandées par Raimond de Péreille :

  • reddition de la forteresse au bout de quinze jours ;
  • pardon à tous les défenseurs, y compris ceux qui ont participé au massacre d’Avignonet, à condition qu'ils comparaissent devant l’Inquisition qui leur fera subir, éventuellement, une peine légère ;
  • vie sauve à tous les autres habitants du château à condition qu'ils abjurent leur foi cathare ;
  • ceux qui s'y refuseront seront brûlés.

BilanModifier

 
Vestiges d'artillerie sur la montagne de Montségur.

La forteresse est livrée le 16 mars. Certains des cathares, au nombre de deux cent quinze à deux cent vingt, refusent d’abjurer et sont brûlés vifs. Le château est confié en 1245 à Guy II de Lévis, seigneur de Mirepoix, qui le fait rebâtir peu après. Après le bûcher, l’Église cathare est complètement désorganisée .

Les dernières citadelles cathares, Quéribus et Niort-de-Sault, se rendent en 1255 et les derniers Bons Hommes se réfugient en Lombardie.

Auparavant et pendant le siège, vers Noël 1243, plusieurs cathares avaient quitté le château et s'étaient glissés entre les lignes françaises, emportant le trésor des cathares pour le cacher dans une grotte du Sabarthès. De même, quatre Bons Hommes avaient quitté secrètement le château au moment de la reddition. Ces faits, dont la finalité demeure encore mystérieuse, ont donné lieu à de nombreuses spéculations à propos du « Trésor » et des « mystères » cathares.

CommémorationModifier

Un monument commémorant les deux cent Parfaits brûlés à l'issue de ce siège est édifié à Montségur. Il a été dressé au printemps 1960 sous l'égide de la « Société du souvenir et des études cathares », mais aussi sous l'autorité de Déodat Roché (1877-1978)[2]. Toutefois, selon Yves Dossat, le « bûcher de Montségur » relève de la légende. Selon cet auteur, les cathares arrêtés à Montségur ont été conduits à Bram où ils ont été interrogés par l’Inquisition, puis livrés aux flammes[3]. Par contre, dans Citadelles du vertige (Toulouse, Privat, 1966) Michel Roquebert situe le bûcher à Montségur au « prat das cramats ».

Notes et référencesModifier

  1. Auparavant, le seigneur gardait la possibilité d’expulser les Parfaits en cas de siège. Accepter la demande de Guilhabert signifie se mettre aux ordres de l’église cathare et se faire les protecteurs des dignitaires.
  2. Jean-Marc Comas, « Stèle de Montségur », sur cathare1244.overblog.com, .
  3. Dossat 1971, p. 361-369.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Georges Bordonove, La Tragédie cathare, Paris, Pygmalion – Gérard Watelet, coll. « Les Grandes Heures de l’Histoire de France », , 462 p. (ISBN 2-85704-359-7), p. 417-430
  • Yves Dossat, « Le « bûcher de Montségur » et les bûchers de l’Inquisition », Cahiers de Fanjeaux, Privat, no 6, Le Credo la Morale et l’Inquisition,‎ , p. 361-378.
  • Jean Duvernoy, Le dossier de Montségur, Interrogatoires d'Inquisition, 1242 - 1247, Toulouse, Le Pérégrinateur éditeur, 1998, 200 p.
     
    Monument commémorant les deux cents Parfaits brûlés à l'issue du siège

Articles connexesModifier