Bataille de Baziège

Bataille de Baziège
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Dessin de la bataille
Informations générales
Date 1219
Lieu Baziège (Lauragais)
Issue Victoire des seigneurs occitans
Belligérants
Armée occitaneCroisés
Commandants
Raymond VII de Toulouse
Raymond-Roger de Foix
Foucault de Berzy
Alain de Roucy
Hugues de Lacy
Sicard VI de Lautrec

Croisade des albigeois

Batailles

Croisade des barons (1209)
Guerre du Languedoc (1209-1213)
Révolte du Languedoc (1216-1223)
Intervention royale (1226-1229)
Coordonnées 43° 27′ 19″ nord, 1° 36′ 58″ est
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Géolocalisation sur la carte : Occitanie (région culturelle)
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La bataille de Baziège est une bataille en rase campagne de la croisade des albigeois qui a lieu au prinptemps 1219 près de Baziège, dans le Lauragais. Elle oppose Raymond VII de Toulouse et le comte Raymond-Roger de Foix à certains seigneurs croisés comme Alain de Roucy ou Sicard VI de Lautrec. C'est une des rares victoires occitanes.

Elle est relatée dans la chanson de la croisade albigeoise.

La batailleModifier

ContexteModifier

Simon de Montfort, chef de la croisade, passe par Baziège en septembre 1217, avant d'aller assiéger Toulouse. Il trouve la mort au cours de ce long siège, en juin 1218.

Son fils Amaury de Montfort lui succède et met bientôt le siège devant Marmande, ville cathare qui réclame le soutien du comte Raymond VII. Ce dernier, après avoir réuni ses troupes, se met sur le pied de guerre et se prépare à venir en aide aux assiégés. Mais alors même qu'il part, on lui annonce que son allié, le comte Raymond-Roger de Foix, est bloqué à Baziège par des croisés venant de Carcassonne[1] avec tout son convoi de ravitaillement qu'il convoyait vers Toulouse. Le comte de Foix s'est replié dans la ville, où il est assiégé. Désormais, Raymond VII détourne ses troupes de Marmande pour prêter main forte à son allié[2].

Le champ de bataille et les forces en présenceModifier

Le comte de Foix est retranché à Baziège, sur la rive droite de l'Hers, tandis que les croisés se sont placés sur la rive gauche, en face du village[3]. Ce dernier est défendu par différents niveaux de douves, alimentés par la rivière, et possiblement par un petit rempart de terre. Le champ de bataille se situe dans les méandres de la rivière, jusqu'aux lieux-dits Las Puntas, La Boulbène et Les Landes.

Les seigneurs occitans sont nombreux. Le comte Raymond-Roger de Foix emmène ses deux fils, Roger-Bernard de Foix et Loup de Foix, ainsi qu'un certain nombre de seigneurs et faydits tels que Chabert de Barbaira ; Guilhem-Bernard d’Arnave (seigneur de Miglos) ; Raymond-Arnaud Delpech ; Aimery de Clermont ; Isarn Jourdain ; Guillaume de Niort ; Bernard-Amiel de Pailhès ; Jourdain de Cabaret (frère de Pierre Roger de Cabaret) ; Robert de Tinhes. Le comte Raymond VII de Toulouse guide quant à lui une importante troupe de seigneurs locaux, comme Arnaud II de Villemur (seigneur de Saverdun) et, peut-être, le comte Bernard IV de Comminges.

Les croisés ne sont pas en reste de puissants seigneurs. Ainsi on trouve parmi leurs rangs Alain de Roucy ; Foucault de Berzy et son frère Jean ; le comte Hugues de Lacy ; le vicomte Sicard VI de Lautrec ; Jean de Bouillon ; Thibaud de Nonneville ; Amaury de Lucy ; Evrard de Torlet ; Jean de Monceaux ; Pierre-Guillaume de Séguret ; Sicard de Montaut ; Jean de Lomagne ; Pierre-Guillaume de Séguret ; Jean de Berzy. Certains, comme le vicomte de Lautrec, dont le frère Bertrand combat avec les cathares, sont eux-mêmes occitans et ne combattent dans les rangs des croisés que pour obtenir de nouvelles terres ou l'indépendance vis-à-vis du comté de Toulouse[2].

La batailleModifier

Dès l'arrivée de Raymond VII près de Baziège, il harangue ses hommes et veut prendre part aux combats. Néanmoins, ses proches le convainquent de ne point le faire pour lui éviter la mort, qui serait catastrophique pour la cause cathare. C'est donc le comte de Foix qui commande le premier assaut. L'armée cathare se met en position et marche sur le camp croisé. Foucault de Berzy, qui commande ceux-ci, malgré ses craintes face au nombre de soldats ennemis décide d'engager le combat. Les autres capitaines croisés se disputent d'ailleurs quant à la marche à tenir. Si le vicomte Sicard VI de Lautrec conseille de fuir, Thibaud de Nonneville déclare que la victoire est assurée.

Les deux armées se font finalement face de part et d'autre de l'Hers, que les occitans franchissent. Ils appliquent alors un plan en trois étapes, dicté par le comte de Toulouse, qu'il avait déjà voulu réaliser en 1213 lors de la cuisante défaite de Muret, mais que le roi d'Aragon lui avait refusé. Cette fois-ci, la tactique est appliquée et fonctionne à la perfection[2].

La cavalerie légère de Foix, composé d'arbalétriers et de lanciers, commence à harceler l'ennemi, l'affaiblissant et l'encerclant[1]. Elle est suivie par la cavalerie lourde de Foix, puis celle de Toulouse. Ces deux bataillons massacrent l'ennemi, déjà quelque peu dérouté par la cavalerie légère : trop dispersée, l'armée croisée ne peut riposter et la mêlée tourne en sa défaveur. Le comte de Toulouse prend finalement lui-même part à l'assaut, et selon la chanson de la croisade albigeoise, il se montre plus brave que quiconque. Les croisés tentent par tous les moyens de le tuer, car s'il meurt, la rébellion occitane est finie. Pour finir, les fantassins occitans, composés de routiers du royaume de Navarre et de miliciens de Toulouse, entrent dans la bataille et par leur action, mettent un terme à celle-ci en massacrant les derniers croisés en état de se battre. La défaite est totale pour les croisés[2].

ConséquencesModifier

Constatant leur défaite, Sicard VI de Lautrec, Alain de Roucy et Hugues de Lacy parviennent à s'enfuir. Les autres capitaines, s'ils ne sont pas morts sur le champ de bataille, sont emmenés captifs, ou pendu comme Pierre-Guillaume de Séguret. C'est le cas de Foucaud de Bercy, Jean de Berzy et Thibaud de Nonneville qui sont enfermés au château Narbonnais, avant d'être échangés contre des prisonniers cathares, comme Bernard-Othon de Niort.

C'est la première défaite lors d'une bataille rangée infligée par les occitans aux croisés. Tandis que Raymond VII rentre glorieux à Toulouse, Amaury de Montfort se venge en massacrant la population de Marmande[2].

CommémorationsModifier

Chaque année, les Médiévales de Baziège se tiennent dans divers lieux de la ville. Au cours de cet événement ont lieu des expositions, des conférences et des ateliers sur le thème de la bataille même, de la croisade des albigeois ainsi que de la vie au Moyen Âge. Une reconstitution a aussi lieu. Entre les 15 et 17 novembre 2019, la 25e édition de l'événement coïncidait avec le 800e anniversaire de la bataille[4].

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Lauragais. Une grande reconstitution pour les 800 ans de la bataille de Baziège », sur actu.fr (consulté le )
  2. a b c d et e « Il y a 800 ans : la bataille de Baziège (CL212) », sur Couleur Lauragais, (consulté le )
  3. Lucien Aries, « 13. Bataille de Baziège de 1219: Données nouvelles sur le cadre de la bataille », dans From Carickfergus to Carcassonne, vol. 5, Brepols Publishers, coll. « OUTREMER », (ISBN 978-2-503-56781-5, DOI 10.1484/m.outremer-eb.5.114247, lire en ligne), p. 249–262
  4. « Médiévales : Il y a 800 ans, la bataille de Baziège », sur ladepeche.fr (consulté le )