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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Balzac (homonymie).

8e arrt
Rue Balzac
Image illustrative de l’article Rue Balzac
Rue Balzac.
Situation
Arrondissement 8e
Quartier Faubourg-du-Roule
Début 124, avenue des Champs-Élysées
Fin 193, rue du Faubourg-Saint-Honoré
Morphologie
Longueur 420 m
Largeur 11,50 à 13 m
Historique
Création 1825
Dénomination 1850
Ancien nom Avenue Fortunée (1825)
rue de la Tour du Moulin (1842)
rue Fortunée
Géocodification
Ville de Paris 0639
DGI 0652

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Balzac
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La rue Balzac est une voie du 8e arrondissement de Paris.

Sommaire

Situation et accèsModifier

Elle est située non loin de l’arc de triomphe de l'Étoile, dans le quartier du Faubourg-du-Roule et commence au 124, avenue des Champs-Élysées et se termine au 193, rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Origine du nomModifier

Elle porte le nom du romancier français Honoré de Balzac (1799-1850), décédé au no 12 de cette rue.

HistoriqueModifier

La rue fut ouverte en 1825 sur les terrains de l’ancien jardin Beaujon entre l’avenue des Champs-Élysées et la rue Chateaubriand par la Société du quartier de la chartreuse Beaujon. C'était alors une voie privée élégante fermée à chacune de ses extrémités par une grille. Elle reçut le nom d’« avenue Fortunée » en hommage à l'une des actionnaires de la société, Fortunée Hamelin (1776-1851), l'une des plus fameuses Merveilleuses sous le Directoire, qui avait acquis les anciens jardins Beaujon en association avec MM. Cottin et Rougevin.

En 1842, elle fut prolongée jusqu'à la rue du Faubourg-Saint-Honoré sous le nom de « rue de la Tour-du-Moulin[1] », en souvenir du célèbre Moulin-Joli de la folie Beaujon, construit par l'architecte Pierre-Adrien Pâris, à peu près au carrefour actuel de la rue Balzac et de la rue Beaujon. Mais elle reprit très rapidement la dénomination de « rue Fortunée ».

C'est au no 18[2] de cette rue[3] qu'Honoré de Balzac fit l'acquisition le 28 septembre 1846 d'une ancienne dépendance de la folie Beaujon, contiguë à la chapelle Saint-Nicolas que le financier Nicolas Beaujon (1708-1786) avait également fait construire, pour en faire un palais digne de Mme Hańska, qu'il épousa en mai 1850. C'est là qu'il passa ses derniers jours et mourut le 18 août de la même année, sans avoir jamais réglé le prix d'acquisition.

La rue Fortunée devint aussitôt rue Balzac (1850). Mme Hańska continua d'habiter la maison de Balzac jusqu'à sa mort le 18 avril 1882. Peu avant, elle l'avait vendue à la baronne Adèle de Rothschild (1843-1922), petite-fille du fondateur de la branche napolitaine et veuve du baron Salomon de Rothschild (1835-1864), fils de James de Rothschild, le fondateur de la branche française. Celle-ci la fit raser en 1890 pour agrandir le jardin du vaste hôtel particulier qu'elle avait fait construire en 1874 par l'architecte Léon Ohnet en sacrifiant à cette occasion l'ancienne folie Beaujon proprement dite (voir rue Berryer). Une plaque sur le mur d'enceinte du jardin, près de la petite entrée de service, rappelle seule aujourd'hui le souvenir de la maison où mourut Balzac, avec la statue de l'écrivain commencée par Alexandre Falguière et terminée par Paul Dubois, érigée en 1902 au carrefour de l'avenue de Friedland et de la rue Balzac, dénommé place Georges-Guillaumin.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoireModifier

  • No 1 : cinéma Le Balzac. L'un des derniers cinémas indépendants du quartier des Champs-Élysées, ouvert en 1935 et exploité par Jean-Jacques Schpoliansky, petit-fils du fondateur. La salle principale offre 400 places. Elle est complétée de deux salles plus petites.
  • Nos 2 et 124, avenue des Champs-Élysées) : l'un des derniers hôtels particuliers des Champs-Élysées qui permet d'imaginer ce à quoi ressemblait l'avenue sous le Second Empire lorsqu'elle était bordée de ce type de demeures. Il a été construit peu avant 1858 pour Santiago Drake del Castillo, héritier d'un riche planteur anglo-cubain, également propriétaire du château de Candé. Aujourd'hui siège de la société Hutchinson.
  • No 11 bis : le poète José-Maria de Heredia (1842-1905) a habité au quatrième étage de cet immeuble. « On a beaucoup écrit sur les réceptions du samedi de l'auteur des Trophées, où toute la jeune littérature venait écouter le poète, si savant à utiliser son léger bégaiement pour mieux marquer la cadence des vers. […] André Gide, dans Si le grain ne meurt, avoue qu'il n'osait pas sortir du fumoir où officiait le poète, tant il était timide et craignait de rencontrer “ces dames”. Pour moi, je confesse que je fréquentais bien moins le fumoir que le salon, dont les fenêtres donnaient sur l'avenue de Friedland, et où, avec mes amies, nous répétions des comédies — dont il nous arrivait d'être les auteurs. Elle a bien changé la rue Balzac de ces temps d'insouciance ! La maison des Hérédia a disparu[4], comme celle du Dr Bouffe de Saint-Blaise, praticien à la mode, comme celle de Mlle Invernizzi[5], danseuse à l'Opéra, une belle Milanaise dont les pantomimes étaient fort appréciées dans les salons. Je ne vois guère que l'hôtel Froment-Meurice qui subsiste : il est devenu un hôtel meublé[6]. »
  • No 15 : dans cet immeuble, se trouvait en 1956, la galerie d'art Raymond Creuze, salle Balzac.
  • No 19 : dans ce petit hôtel particulier, le romancier Frédéric Dard a situé une scène scabreuse d'un de ses romans de la série San-Antonio, ce qui lui valut un procès de la part du propriétaire. Acquis en 2005 par la société Vinci dont le président-directeur général, Antoine Zacharias, entreprit de le faire luxueusement aménager par le décorateur François-Joseph Graf pour y installer la présidence avant d'être contraint à la démission. L'hôtel fut revendu par la société Vinci en 2012.
  • Nos 21-25 : vaste ensemble de bureaux qui se développe dans la quasi-totalité du pâté de maisons compris entre la rue Balzac, la rue Beaujon, l'avenue Bertie-Albrecht et la rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Bâtiments détruitsModifier

  • No 14 : la Société d'encouragement à l'aviation s'installa à cette adresse en 1909.
  • No 22 : hôtel Beaujon (ancienne maison de Balzac). Cette ancienne dépendance de la folie Beaujon constituait l'ancien pavillon des bains. Le domaine était passé en février 1840 aux mains d'un spéculateur, Jean-Raphaël Bleuart qui le revendit à Pierre-Adolphe Pelletreau. C'est à ce dernier qu'Honoré de Balzac acheta le 28 septembre 1846 la maison, fort délabrée (elle avait auparavant servi d'atelier à un blanchisseur), qui comportait un droit d'accès à la tribune de la chapelle Saint-Nicolas attenante. Le prix d'acquisition était fixé à 32 000 francs payables le 28 septembre 1849 avec un intérêt de 5 %[7]. Balzac versa comptant 18 000 francs « qui sont en dehors du contrat[8] ». Sa veuve, Mme Ève de Balzac, acquitta la facture de 32 800 francs avec les intérêts le 28 septembre 1850. En 1875, Mme de Balzac et son gendre, le comte Georges Mniszech (voir infra no 24) envisagèrent de transformer la propriété en une sorte de monument à la mémoire de Balzac, en la réunissant à la chapelle Saint-Nicolas, dont le comte Mnizsech avait fait l'acquisition en août 1872. Ils projetaient de transformer la rotonde de la chapelle en un atrium circulaire avec une fontaine en son centre autour de laquelle une galerie aurait été décorée de statues et de bustes. Une statue de l'écrivain devait être élevée dans la cour, embellie des colonnes de la chapelle, sous les branchages de l'arbre qu'il y avait planté à l'occasion de son mariage. La façade sur rue devait également être embellie et le pavillon central devait représenter l'apothéose de Balzac sur un bas-relief et s'orner d'une statue dans une niche[9]. Le projet ne reçut qu'un commencement d'exécution. Le 19 janvier 1882, pour faire face aux dettes contractées par sa fille et son gendre, Mme de Balzac vendit l'hôtel à la baronne Adélaïde de Rothschild pour la somme de 500 000 francs avec une clause prévoyant que l'entrée en jouissance n'interviendrait qu'un mois après sa mort. Elle décéda peu après, le 10 avril suivant. La presse releva alors l'état de délabrement de l'immeuble[10], que la baronne de Rothschild fit raser en 1890[11] pour agrandir son jardin.
  • No 23 : ancien hôtel de Mme E. Joubert (en 1910).
  • No 24 : le comte Jerzy Wandalin-Mniszech (1822-1881), gendre de Mme Hanska dont il avait épousé en 1846 la fille Anna (1828-1915), habitait la maison de Balzac avec sa belle-mère. Il envisagea de se faire bâtir un hôtel contigu à celui de cette dernière sur d'anciens terrains de la folie Beaujon. Il acquit en août 1872 de l'Assistance publique, qui en était propriétaire comme dépendance de l'hospice Beaujon, la chapelle Saint-Nicolas, qui avait été restaurée en 1856 et transformée entretemps, sous la Commune, en dépôt de munitions. Il y installa un laboratoire où, féru d'occultisme, il se livrait à des expériences d'alchimie et de magie noire. La baronne de Rothschild en fit l'acquisition en novembre 1882 pour la somme de 370 100 francs[12] et, épouvantée par ce qu'elle y trouva, elle en appela à l'exorciste de l'archidiocèse de Paris pour purifier le bâtiment. Devant les réticences du clergé catholique, elle le fit raser et fit construire à la place la rotonde qui se trouve aujourd'hui à l'angle de la rue Balzac et de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans laquelle ont été remontés des éléments du chœur circulaire de l'ancienne chapelle.

Habitants célèbresModifier

Notes et référencesModifier

  1. Ou « rue du Moulin-Beaujon », ou encore « rue du Moulin-de-la-Chartreuse ».
  2. Ou no 14 (selon Rochegude, op. cit., p. 66).
  3. Correspondant aujourd'hui au no 22, sans indication de numéro.
  4. Erreur de l'auteur.
  5. Voir aussi boulevard Malesherbes.
  6. André Becq de Fouquières, Mon Paris et mes Parisiens, vol. 1, Paris, Pierre Horay, 1953, p. 39-40.
  7. Le contrat figure au fonds Spoelberch de Lovenjoul de l'Institut de France, A 327 fol. 16, verso.
  8. Honoré de Balzac, Lettres à madame Hanska, édition établie par Roger Pierrot, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1990, 2 vol., tome II, p. 326 et 350, 21 et 29 septembre 1846.
  9. Frederick Lawton, Balzac, chapitre XII.
  10. « L'habitation du célèbre écrivain tombe littéralement en ruine et ses murs délabrés sont sillonnés en tous sens de nombreuses fissures aux formes bizarres. » Robert Cazin, « Madame de Balzac », L'Événement, jeudi 13 avril 1882, p. 2.
  11. Rochegude, New York Times, 14 avril 1890.
  12. Paul Jarry, op. cit., p. 75.
  13. « Rue Washington » sur le site « Mon village : le faubourg du Roule et ses environs » www.apophtegme.com (consulté le 21 février 2009).

SourcesModifier

Articles connexesModifier