Laure Hayman

sculptrice, salonnière et demi-mondaine française

Laure Hayman née au Chili le [1] et morte à Monaco en [2] ou [3] est une sculptrice, salonnière et demi-mondaine française.

Laure Hayman
Image dans Infobox.
Attribué à Julius Leblanc Stewart, Portrait de Laure Hayman (1882), localisation inconnue.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Parentèle
Francis Hayman (arrière-grand-père côté paternel)Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Origines familialesModifier

Laure Hayman a des origines belges, françaises, créoles et anglaises[1]. Elle descend du peintre Francis Hayman[2] (1708-1776), le maître de Thomas Gainsborough. Elle naît dans l'hacienda de la Mariposa, au pied de la cordillère des Andes où son père est ingénieur[1].

La courtisaneModifier

Après une enfance assez libre, elle doit gagner sa vie à la mort de son père et devient une courtisane, encouragée par sa mère[1]. Quelques réussites spectaculaires la lancent.

Parmi ses amants figureraient le duc d'Orléans, Charles de La Rochefoucauld duc d'Estrées, le roi de Grèce, Charles-Egon IV de Fürstenberg, Louis Weil (grand-oncle maternel de Marcel Proust) et Adrien Proust, le père de Marcel[4]. Le seul qu'elle aima vraiment aurait été le prince Alexis Karageorgevich (en)[4], prétendant au trône de Serbie et, selon Eugénie Buffet, elle passait « une bonne partie de son temps et de ses loisirs à se fâcher et à se raccommoder avec son plus fervent adorateur[5] ». Elle vit des libéralités du financier Raphaël Bischoffsheim. Ses fréquentations lui valent le surnom de « déniaiseuse des ducs »[6].

Elle a également une relation avec Mimi Pegère, avec laquelle elle vécut[7],[8].

L'amie des artistesModifier

Son salon situé dans un petit hôtel particulier parisien au 4, rue La Pérouse est l'un des plus brillants de l'époque[2]. Il est fréquenté, entre autres, par Marcel Proust, Paul Bourget et Jacques-Émile Blanche.

Elle déménage ensuite au 34, avenue du Président-Wilson[3].

Hayman rencontre Marcel Proust en 1888 (il a 17 ans), l'écrivain restera un ami intime et un familier de son salon[4]. Elle le surnommera d'ailleurs « son petit Saxe psychologique[9] ». Odette de Crécy serait inspirée de Laure Hayman dans À la recherche du temps perdu[2] et aurait également inspiré Proust pour Mademoiselle Sacripant[10].

Paul Bourget — dont elle fut sans doute la maîtresse[6] — la prend pour modèle dans une nouvelle sous le nom de Gladys Harvey. En , Laure Hayman en donne un exemplaire à Marcel Proust, relié avec la soie d'un de ses jupons et dédicacé d’une mise en garde : « Ne rencontrez jamais une Gladys Harvey »[9].

Elle tente de proposer des œuvres de Gustave Jacquet et Julius LeBlanc Stewart pour le musée du Louvre[11].

La sculptriceModifier

 
Femme aux raisins (Salon de 1907), sculpture de Laure Hayman, localisation inconnue.

Laure Hayman pratique la sculpture avec un intérêt pour les bustes, puis pour les sujets à thèmes orientalistes. Elle expose à Paris au Salon d'automne de 1905[12], ce qui lui permet d’acquérir une notoriété. Elle expose ses œuvres à la galerie Georges Petit à Paris du 3 au [13]. Elle est également collectionneuse de porcelaine de Saxe[4].

De nombreux artistes de son époque comme Isadora Duncan et Gertrude Norman (en)[14] posent pour ses sculptures. Elle modèle également elle-même des figurines de cire pour la manufacture de Sèvres[11] ou en collaboration avec Émile Decœur[15].

ExpositionModifier

Une exposition lui est dédiée à Paris en 2020 à l’hôtel littéraire Le Swann[16].

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Bernard Briais, Au temps des frou-frous, FeniXX (lire en ligne).
  2. a b c et d Georges-Paul Collet, Correspondance Jacques-Émile Blanche-Maurice Denis (1901-1939), Genève, Droz, coll. « Textes littéraires français », (ISBN 978-2-600-02643-7, notice BnF no FRBNF36638892, lire en ligne), p. 157.
  3. a et b Henri Raczymow, Le Paris littéraire et intime de Marcel Proust, Parisgramme, .
  4. a b c et d Jérôme Picon, Proust Correspondance, Paris, Flammarion, coll. « GF poche », , 382 p. (ISBN 978-2-08-071251-6, lire en ligne).
  5. Eugénie Buffet, "Ma vie, Mes amours, mes aventures" ou Confidences recueillies par Eugène Figuière, Paris, Eugène Figuière, , 70 p. (lire en ligne), p. 11 chapitre IV
  6. a et b Guy Schoeller (dir.), Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, Dictionnaire des relations de Proust, Robert Laffont Bouquin, , notes sous Bourget et Hayman pp. 110 et 127.
  7. Nathalia Brodskaya et Edgar Degas, Edgar Degas, Parkstone International, (ISBN 978-1-78042-749-2, lire en ligne)
  8. (en) David Charles Rose, Oscar Wilde's Elegant Republic: Transformation, Dislocation and Fantasy in fin-de-siècle Paris, Cambridge Scholars Publishing, (ISBN 978-1-4438-8763-2, lire en ligne).
  9. a et b Michel Erman, Marcel Proust: Une biographie, Editions de la Table Ronde, (ISBN 978-2-7103-7062-8, lire en ligne)
  10. (en) Armine Kotin Mortimer, Katherine Kolb et Professor Emerita of French and German Katherine Kolb, Proust in Perspective: VISIONS AND REVISIONS, University of Illinois Press, (ISBN 978-0-252-02754-3, lire en ligne).
  11. a et b Correspondance de Jacques-Émile Blanche, Librairie Droz (ISBN 978-2-600-02643-7, lire en ligne), p. 155.
  12. (en) « Hayman, Laure », sur Benezit Dictionary of Artists (DOI 10.1093/benz/9780199773787.001.0001/acref-9780199773787-e-00084909, consulté le 2 juillet 2020).
  13. Jean-Jacques Lévêque, Les Années Impressionnistes : 1870-1889, Courbevoie (Paris), ACR Edition, , 660 p. (ISBN 2-86770-042-6, notice BnF no FRBNF35105453, lire en ligne), p. 645, no 34.
  14. (en) « Gertrude Norman | Hayman, Laure | V&A Search the Collections », sur V and A Collections, (consulté le 2 juillet 2020).
  15. Millon, « Émile Decœur (1876-1953) et Laure Hayman… », sur Millon (consulté le 2 juillet 2020).
  16. « Exposition "Souvenirs de Laure Hayman" à l'Hôtel Littéraire Le Swann », sur Hotels Littéraires, (consulté le 13 juillet 2020).

Liens externesModifier