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Rosalba Carriera

peintre italienne
Rosalba Carriera
Rosalba Carriera Self-portrait.jpg
Autoportrait :
Rosalba Carriera tenant un portrait de sa sœur (1715).
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Lieux de travail
Mouvement
pastel

Rosalba Giovanna Carriera, née le à Chioggia, morte à Venise le , est une peintre vénitienne, qui lança la mode du pastel en France lors de son passage à Paris en 1720.

Elle a été l’une des premières miniaturistes européennes. Sa technique consistait à peindre directement aux pastels, sans dessin préalable. Elle développa aussi une technique de peinture sur ivoire qui connut également un grand succès à Venise auprès des touristes britanniques.

BiographieModifier

Avant 1700, elle commence à exécuter des portraits au pastel et s'affirme dans la production de miniatures.

Elle suit une formation à Venise et est membre de l'Accademia di San Luca à Rome en 1705[1].

Entre 1706 et 1713, elle peint de nombreux pastels pour le duc Christian Ludovic de Mecklenbourg, pour l'électeur palatin, à partir de 1706, et et pour le roi Frédéric IV de Danemark, à partir de 1708[2]. En 1709 elle se représente en train de peindre le portrait de sa sœur et collaboratrice Giovanna[3]. Cet autoportrait se trouve à Florence, dans le corridor de Vasari reliant le palais Vecchio au palais Pitti, où est accrochée une collection d’autoportraits.

En 1720, elle entre à l'Académie de Bologne, puis au début de 1720, elle part de Venise avec sa mère, sa sœur Giovanna, et son autre sœur Angela, épouse de Pellegrini.

Elle arriva à Paris, via Lyon, vers la fin d’avril[2].

A ParisModifier

Elle est reçue à l'Académie Royale de Peinture le 26 octobre 1720.

La Rosalba, sa mère et sa sœur Giovanna, descendirent chez Crozat, dont l’hôtel était situé rue de Richelieu. À peine installée, l’artiste, spécialiste de portraits de la noblesse européenne de son époque, fut accablée de visites, et, pour ainsi dire, persécutée par les plus grandes dames et par les principaux seigneurs de la cour : tous voulaient leurs portraits de sa main. Elle fit ceux du jeune roi Louis XV, du Régent, de Mmes de Parabère et de Prie ; de Law, de sa femme et de sa fille, des princesses de Conti, de la duchesse de Clermont, et de beaucoup d’autres.

La Rosalba n’eut pas un moment de répit pendant tout le temps de son séjour, et fit un grand nombre de mécontents et de jalouses, qu’elle ne put satisfaire. Toutes les beautés en vogue de la Régence, toutes les grandes dames, toutes les bourgeoises de qualité, voulaient leur portrait peint au pastel par Rosalba Carriera. L’artiste était assiégée du matin au soir par une foule de demandes qu’elle était contrainte de refuser. Les femmes de la plus haute naissance et les plus exigeantes venaient poser chez elle dès six heures du matin. Elle était obligée, faute de temps, de refuser les instances de ses plus intimes amis. Le comte de Caylus, jeune alors et très grand admirateur du beau sexe, qui voulait avoir le portrait d’une des plus belles femmes de Paris, ne put l’obtenir, Rosalba ne pouvant trouver un moment pour le faire pendant le temps fixé pour son séjour à Paris.

Dérangée à chaque instant par les plus grands seigneurs, qui, tout en l’honorant de leurs visites, la détournaient de son travail, Rosalba raconte, en termes très laconiques et sans paraître vouloir s’en faire honneur, que le , le Régent vint à l’improviste chez elle, et qu’il y resta plus d’une demi-heure pour la voir peindre au pastel, probablement le portrait de Mme de Parabère. Les artistes français alors en vogue ne voyaient peut-être pas sans une certaine jalousie les succès de Rosalba et l’admiration que ses œuvres suscitaient dans les plus hautes régions de la cour et de la société. Toutefois, ils ne laissèrent paraître contre elle aucun sentiment d’hostilité. Antoine Coypel, Nicolas Vleughels, François de Troy, le grand portraitiste Hyacinthe Rigaud, le pastelliste Vivien, Charles de La Fosse, Largillière, Watteau, Lemoine, le sculpteur Falconet, le graveur Gérard Edelinck, recherchèrent sa société et furent admis, chez Crozat, dans son intimité. Le journal de la Vénitienne est rempli de leurs visites. Ils firent plus : sur la proposition de Coypel, Rosalba fut reçue à l’Académie Royale, le 26 octobre 1720. Rigaud lui fit cadeau du recueil de ses portraits gravés par Pierre Brevet jusqu’au no 39, et il lui en envoya la suite à Venise. La Rosalba ne voulut pas se montrer moins généreuse : quelque temps après son retour dans sa patrie, elle fit passer à Mariette deux pastels, parmi lesquels Rigaud devait choisir celui qu’il préférerait.

Retour en ItalieModifier

 
Autoportrait, L"Hiver", 1730-1731
Gemäldegalerie Alte Meister

Ses dons séduisent l'Europe entière, de Venise - où vivent la majorité de ses mécènes - à Paris, de Dresde à Londres[4].

Elle envoie de Venise le morceau de réception à l'Académie de France qu'elle vient d'achever, la Nymphe, conservée au musée du Louvre avec une lettre pour Antoine Coypel datée du 10 octobre 1721 : "Une nymphe de la suite d'Apollon qui va faire présent de sa part à l'académie de Paris d'une couronne de lauriers, la jugeant la seule digne de la porter et de présider à toutes les autres"[4].

L'été 1723, elle se rend à Modène, appelée par la famille d'Este, où elle peint les portraits des trois filles du duc Rinaldo.

En 1728 elle est l'hôte des comtes Lanthieri de Gorizia et en 1730 elle se rend à la cour de Vienne.

Son activité diminue en 1747 quand elle commence à être atteinte de cécité[2].

ŒuvreModifier

Elle commence sa carrière à la fin du XVIIe siècle grâce à la mode du tabac dont Sganarelle fait l'éloge au début de Dom Juan de Molière : elle décore des tabatières de sujets galants.

Elle développe ensuite une activité de miniaturiste, admirée dès 1698.

Mais sa véritable notoriété naît des portraits au pastel auxquels elle se consacre exclusivement à partir de 1708 et dont elle lance la mode en France à la suite de son séjour à Paris.

Son journal renseigne sur sa carrière professionnelle. Ses pastels, précédés de croquis à la plume ou à la pierre, sont très largement connus ainsi que ses miniatures. Le fait que seuls une douzaine de dessins préparatoires survivent suggère qu'elle ou ses héritiers pensaient que ces études ne rendaient pas justice à son art. Mais les quelques rescapés montrent que, tels les Vénitiens de sa génération, Rosalba utilise la technique du dessin pour développer et affûter ses idées[4].

Les œuvres des années 1720-1730, constituées en grande partie de portraits en buste représentés de trois-quart, dénotent une plus grande recherche d'introspection[2].

Dates non documentées 

NotesModifier

  1. Notice Royal Collection
  2. a b c et d Tiziana Zennaro, « Notices biographiques », dans Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti, Paris, Editions Place des Victoires, (ISBN 2-84459-006-3), p. 638
  3. a b c et d Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Editions Place des Victoires, (ISBN 2-84459-006-3), p. 457 et 603
  4. a b et c Notice du Louvre
  5. J. Fille au singe, Louvre
  6. Me de Clermont, Chantilly
  7. Gouvernante, Louvre
  8. Printemps Dijon
  9. Louis XV, Dresde
  10. Giovanna Nepi Sciré, La Peinture dans les Musées de Venise, Editions Place des Victoires, , 605 p. (ISBN 978-2-8099-0019-4), p. 413
  11. Madone, Ca' Rezzonico
  12. Enfant, Venise
  13. J. Noble, Venise
  14. Le Blond, Venise
  15. J. Fille Colombe, Dijon
  16. Cardinal de Polignac, WebGallery
  17. Vieille dame, Venise
  18. G. Sartori, Ca' Rezzonico, Akg
  19. F. Sartori, Genève. Copie de celui des Offices ?
  20. Autoportrait, Venise
  21. J. Femme, Venise
  22. Amour, Louvre
  23. J. Femme, Louvre
  24. Automne, Bemberg

BibliographieModifier

  • Rosalba Carriera, Journal de Rosalba Carriera pendant son séjour à Paris en 1720 et 1721, éd. Giovanni Vianelli, Alfred Sensier, Paris, J. Techener, 1865.
  • Rosalba Carriera, Journal pendant mon séjour à Paris en 1720-1721, éd. Les Presses du réel, Dijon, 1997.
  • Antoine Jules Dumesnil, Histoire des plus célèbres amateurs et de leurs relations avec les artistes, vol. 4, Paris, E. Dentu, 1856, p. 21-3.
  • Bernardina Sani, Rosalba Carriera, éd. Umberto Allemandi, Torino, 1988.
  • Francesco Cessi, Rosalba Carriera, Fratelli Fabbri, Milano, 1965

Liens externesModifier

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