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Ca' Rezzonico

palais du Grand Canal, Venise
Ca' Rezzonico
Ca' Rezzonico (Venice).jpg
Façade du palais donnant sur le Grand Canal
Présentation
Type
Palais
Destination actuelle
Musée du XVIIIe siècle
Style
Architecte
Construction
XVIIe et XVIIIe siècle
Site web
Localisation
Pays
Région
Ville
Coordonnées

Ca' Rezzonico (« Maison Rezzonico », le terme Ca’ vient du dialecte vénitien qui signifie « maison » équivalent du mot casa en italien) est un palais situé à Venise, sur le Grand Canal.

Aujourd'hui, c'est un musée consacré au XVIIIe siècle à Venise.

Sa construction fut dirigée par l'architecte Baldassare Longhena jusqu'à sa mort, en 1682, puis achevée par Giorgio Massari en 1756.

Sommaire

ArchitectureModifier

Ca 'Rezzonico est situé sur la rive droite du canal, au point où il est rejoint par le rio di San Barnaba. Le site était auparavant occupé par deux maisons appartenant à la famille Bon, l'une des familles patriciennes de Venise.

En 1649, le chef de famille, Filippo Bon décida de construire un grand palais sur le site. À cette fin, il employa Baldassare Longhena, le plus grand promoteur de la Venise baroque, un style qui remplace peu à peu le style gothique plus floral des palais tels que Ca' Foscari et Ca' d'Oro construits plus de cent ans auparavant. Cependant, ni l'architecte, ni le client n'ont vu l'achèvement du palais.

Il est constitué d'une façade à trois étages en marbre, donnant sur le grand canal. Le rez-de-chaussée rustique, avec un portique central de trois travées en retrait, sans embasement, flanqué symétriquement de fenêtres doubles. Au-dessus, se trouve l'étage noble (piano nobile) avec sept travées de fenêtres cintrées, séparées par des pilastres. Au-dessus, le deuxième étage est presque identique, surmonté en mezzanine de fenêtres ovales basses.

La légère saillie des deux niveaux de balcons accentue le décor baroque. Le palais ne fut achevé qu'en 1756 par l'architecte Giorgio Massari, qui avait été recruté pour superviser la réalisation du projet par les nouveaux propriétaires - la famille Rezzonico. Massari cependant, semble avoir respecté les plans originaux de Longhena, avec l'ajout de certains de ses propres concepts, qui reflètent l'évolution de l'architecture entre la conception du palais et son achèvement cent ans plus tard.

La famille RezzonicoModifier

Le palais inachevé a été acheté par Giambattista Rezzonico. Sa famille, comme leurs amis au palazzo Labia, avaient acheté leurs lettres de noblesse vénitienne au milieu du XVIIe siècle après une guerre avec la Turquie, quand les caisses de l'État de Venise ont été épuisées. C'est pourquoi les riches bourgeois, par opposition à l'aristocratie fortunée, ont pu faire un don important à la République Sérénissime, achetant ainsi des lettres de noblesse pour avoir leur nom inscrits dans le Libro d'Oro (le «Livre d'or").

Un tableau de Canaletto du début du XVIIIe siècle montre que le rez-de-chaussée et le piano nobile étaient terminés, avec un toit temporaire pour protéger la structure des éléments. L'achèvement du palais symbolise l'achèvement de l'ascension sociale des Rezzonico. Le summum de la puissance des Rezzonico et la grandeur de leur palais est arrivée en 1758, lorsque Carlo, fils de Giambattista Rezzonico, a été élu pape sous le nom de Clément XIII et que, la même année, Ludovico Rezzonico s'est marié avec Faustina Savorgnan de Venise. Ainsi deux des familles les plus influentes de Venise ont été unies. Cependant cette union, fait inhabituel pour l'époque, a également été un mariage d'amour, qui devait être célébré dans les fresques du palais. Ludovico est devenu plus tard le procureur de la basilique Saint-Marc. En 1810, la famille avait disparu, ne laissant que leur palais prodigieux pour pérenniser le nom de Rezzonico.

IntérieurModifier

En 1758, le palais a été complété et davantage renforcé par l'ajout de fresques sur les plafonds des salles de l'étage avec vue sur le rio di San Barnaba. Les artistes sélectionnés pour cette tâche ont été Jacopo Guarana, Gaspare Diziani et surtout Giambattista Tiepolo.

Les pièces principales du palais sont disposées sur le piano nobile; à tous les étages de la façade donnant sur le canal se trouvent trois grandes chambres. De chaque côté du bâtiment une suite de quatre chambres mène de la façade du Grand Canal à la plus grande salle du palais, la salle de bal à l'arrière. Cette pièce, créée par Massari, est d'une hauteur double. Les murs sont décorés en trompe-l'œil par les Pietro Visconti.

Les images sont de nature architecturale, qui donnent l'illusion que la grande salle est encore plus massive qu'elle ne l'est en réalité. Le plafond, peint par Giovan Battista Crosato, représente Apollon guidant son char entre l'Europe, l'Asie, l'Afrique et les Amériques. La salle de bal et les chambres attenantes sont desservies par le vaste escalier d'honneur, avec ses balustrades en marbre orné de statues par Giusto Le Court. Le Court, grand sculpteur de Venise de la fin du XVIIe siècle a travaillé en étroite collaboration sur de nombreux projets avec le premier architecte Longhena, ce qui suggère l'importance de la salle de bal.

Le piano nobile contient également des salles telles que la chapelle et la fresque nuptiale de la chambre, décorée pour célébrer le mariage en 1758 de Ludovico Rezzonico. Ludovic et son épouse sont représentés par Tiepolo dans un trompe-l’œil tracé à travers le plafond dans le char d'Apollon. Ce thème romantique se poursuit dans la chambre voisine, célébrant ainsi le mariage heureux.

Au centre du palais rectangulaire se trouve une petite cour ornée de sculptures et une petite fontaine. La cour est dominée par le balcon à colonnades du piano nobile. Le rez-de-chaussée ressemble à une simple expansion du porche voûté - une salle qui relie l'entrée du canal à l'entrée des terres à l'arrière.

Au XIXe siècleModifier

Dans les premières années du XIXe siècle le palais devait devenir un collège de Jésuites, mais par un héritage complexe, il est finalement passé dans les mains de la famille Pindemonte-Giovanelli. En 1832, la famille a vendu l'ensemble du mobilier et des collections du palais. Seules les fresques sont restés in situ.

En 1837, Ca 'Rezzonico a été acquis par le comte de Ladislao Zelinsky, il laisse à son tour le palais à une succession de locataires aristocratiques. Dans les années 1880, il devient la maison du peintre Robert Browning Barrett, dont le père le poète Robert Browning, est mort dans son appartement à l'entresol, en 1889. À cette époque, le portraitiste John Singer Sargent a également occupé un studio dans le palais.

En 1906, Browning en ignorant une offre de l'empereur allemand Guillaume II a vendu le bâtiment au comte Lionello von Hierschel Minerbi. L'extravagant Minerbi (qui emplit le palais d'objets d'art) vivait luxueusement au palais jusqu'en 1935 quand, comme ses prédécesseurs de la famille Bon, l'argent lui a manqué.

Le palais aujourd'huiModifier

En 1935, après de longues négociations, Ca' Rezzonico a été acquis par le Conseil municipal de Venise pour afficher les vastes collections d'art vénitien du XVIIIe siècle, qui manquent d'espace dans le musée Correr.

Le rez-de-chaussée et la courModifier

Le bâtiment à sa façade principale sur le grand canal face au palais Grassi. Un arrêt de vaporetto lui est dédié. Le tragetto de San Samuelle permet de rejoindre la rive opposée. Il y a une deuxième entrée par le côté, par la fondameta Rezzonico à partir de San Barnaba. Cette dernière entrée donne sur le jardin avec une fontaine où sont sculptées les armes de la famille Rezzonico. Du rez-de-chaussée, les visiteurs montent au Piano Nobile par l'escalier d'honneur, doté de balustrades en marbre décorées de statues de Giusto Le Court . Le Court était le principal sculpteur à Venise à la fin du XVIIe siècle et travaillait en étroite collaboration sur de nombreux projets avec le premier architecte du bâtiment, Longhena.

Premier étage - Piano NobileModifier

La salle de balModifier

Une génération après les travaux de Longhena, la famille Rezzionico confie à Giorgio Massari un nouveau projet de salle de bal. Il y adjoint un grand escalier monumental. L’espace est trouvé grâce au sacrifice des étages supérieurs ouvrant ainsi la hauteur des deux étages. La décoration est confiée à Giambattista Crosato, peintre et dessinateur vénitien actif en Vénétie et au Piémont et Girolamo Mengozzi élève de Francesco Scala et d'Antonio Ferrari actif comme collaborateur de Giambattista Tiepolo puis de son fils Giandomenico Tiepolo à Venise. Au centre du plafond, Giambattista Crosato a représenté Apollon, le dieu du soleil, son un char. Face à l’entrée le visiteur ne peut pas ignorer les armoiries de la famille Rezzonico d’une taille démesurée.

La salle de l'allégorie nuptialeModifier

La salle est remarquable par la fresque du plafond, due au travail de Giambattista Tiepolo et Girolamo Mengozzi. Elle fut réalisée en douze jours. Elle célèbre le mariage de Ludovico Rezzonico et de Faustina Savorgnan au décours de l'hiver 1757. Au mur un grand portrait de Francesco Falier Provéditeur Général de la province vénitienne de Dalmatie (1783-1786). Sur le mur de droite une petite chapelle en alcôve, du XVIIIe siècle on y trouve La sainte famille et saint Jean-Baptiste, de Francesco Zugno, peintre vénitien de la période rococo élève de Giambattista Tiepolo. Sur le mur face à l'entrée une tapisserie au armes de la famille Tiepolo. Manufacture française du XVIII (Gilles Bacor).

La salle des PastelsModifier

Le plafond est dû à Gaspare Diziani peintre rococo élève de Gregorio Lazzarini et de Sebastiano Ricci, qui réalisa sur le plafond un thème souvent demandé par la noblesse vénitienne, le Triomphe des Arts sur l’Ignorance. La salle rassemble une collection de portraits au pastel, technique qui est née en France, au cours de la Renaissance, et qui trouve sa plus grande diffusion au cours du XVIIIe siècle.
La Vénitienne Rosalba Carriera passa à juste titre pour un maître dans cette technique : une Madonne dans un cadre baroque, Portrait de gentilhomme en rouge, Portrait de Sœur Marie Catherine Puppi morte en odeur de sainteté en 1722 et celui de la contralto Faustina Bordoni Hasse chanteuse, une diva très célèbre dans l’opéra du XVIIIe siècle, épouse de Johann Adolph Hasse. Deux pastels de la famille Sartori : Lucietta et son époux Giambattista.
De Marianna Carlevaris autre portraitiste sur pastel une série sur la famille Balbi datant de la période 1740-42 : portrait de Gerolamo Maria Balbi et de son épouse Cornelia Foscolo Balbi, les enfants : Caterina Balbi et Marco Balbi.
De Gian Antonio Lazzari pastelliste vénitien élève de Langetti, il passe pour avoir été le maître de Rosalba Carriera pour les miniatures et les pastels; deux pastels : portrait d'un enfant noble, Portrait d'un noble et portrait d'une Dame de qualité.

La salle des tapisseriesModifier

Le plafond de cette salle est un allégorique complexe, réalisé par Jacopo Guarana. Elle représente la Force, et la Tempérance, puis plus en haut la Concorde conjugale et la Valeur avec le lion. Sur la gauche la Justice et la Prudence ; plus en haut l’Éternité avec le soleil et la lune, l’Abondance et la Gloire. On trouve dans les coins les Vertus théologales. Le nom de la salle est lié aux tapisseries flamandes du XVIIe siècle, avec des scènes tirées de l’histoire de Salomon et la reine de Saba, elles proviennent du palais Balbi Valier à Santa Maria Formosa.

La salle du trôneModifier

Le plafond est peint à fresques par Giambattista Tiepolo avec la collaboration de Girolamo Mengozzi Colonna en 1758. Il représente le Mérite, figuré comme un vieux barbu couronné de laurier, qui monte au Temple de la gloire immortelle accompagné de la Noblesse, la figure ailée qui porte la lance, et de la Vertu, la figure à droite du vieil homme, richement vêtu. Cette salle, tapissée de velours rouge, prend son nom du trône en bois doré, exposé dans cette salle et qui a été utilisé par Pie VI le 10 mars 1782 quand il s’arrêta à Chioggia, hôte de la famille Grassi.

  • Portrait en pied de Gian Rinaldo Carli de 1749 par Bartolomeo Nazari. Il montre de sa main droite le collier rompu et l'allégorie de la peine.
  • Portrait en pied de Gerolamo Maria Balbi vers 1751 par Fortunato Pasquetti
  • Portrait du sénateur Pietro Barbarigo dit lo Zoppo par Bernardino Castelli.
  • La salle Tiepolo
  • La bibliothèque
  • La salle Lazzarini
  • La salle Brustolon

Au plafond un lustre en verre de Murano à vingt feux sur deux rangées, décoré de fleurs en pâtes de verre aux couleurs vives, produit vers la moitié du XVIIIe siècle par l’atelier de Giuseppe Briati à Murano.

Second étageModifier

  • Portego (Le salon passant)
  • Portego des tableaux
  • Giandomenico Tiepolo à Zianigo
  • Salle du clavecin
  • Salle du parloir
  • Salle Longhi
  • Salle des laques vertes
  • Salle d’Antonio Guardi
  • Alcôve
  • Pharmacie “ai Do San Marchi”

Le troisième étage et la mezzanine - Collection Martini et Collection MestrovichModifier

Liens externesModifier