Rigoberta Menchú

femme politique guatémaltèque

Rigoberta Menchú , née à Chimel (Guatemala) le , est une leader indigène guatémaltèque luttant pour les droits de l'homme. Elle a reçu le prix Nobel de la paix en 1992, « en reconnaissance de son travail pour la justice sociale et la réconciliation ethno-culturelle basées sur le respect pour les droits des peuples autochtones ». En 1998, elle fut aussi premier prix princesse d'Asturies de coopération internationale.

Rigoberta Menchú
Rigoberta Menchu 2009 cropped.jpg
Fonction
Ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (61 ans)
ChimelVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Rigoberta Menchú TúmVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Parti politique
Winaq (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Club de Rome
Nobel Women's Initiative (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Distinctions

En 2007, elle fut candidate à la présidentielle du Guatemala et récoltât 3,09% des voies se plaçant à la cinquième place.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Fille de Vicente Menchú Pérez et Juana Tum Kotoja (sage-femme selon la tradition des Quichés), Rigoberta Menchú naît dans l'ethnie maya des Quichés au Guatemala le 9 janvier 1959. Comme toute ethnie indigène à cette époque, elle est sous-considérée au sein de la population guatèmaltèque. Elle naît donc dans une communauté très pauvre. Elle commence à travailler dans une fincas (vastes domaines agricoles) de café dès l'âge de cinq ans. Des familles entières étaient convoyées en camion depuis les montagnes vers les plaines côtières. Ce travail provoqua la mort de son petit frère et d'une de ses amies. Elle a ainsi connu la pression des propriétaires terriens et de l'armée guatémaltèque.

Depuis sa jeunesse, Rigoberta Menchú s'est impliquée dans les luttes revendicatrices des peuples indigènes et paysannes en fondant en 1978 la CUC (Comité d'Unidad Campesina) et RUOG (Representación Unitaria de la Oposición Guatemalteca) dans lesquelles elle resta dans le comité de direction jusqu'à 1992. Ces associations lui valurent une persécution politique et la contraignit à l'exil.

La guerre civileModifier

La guerre civile guatémaltèque eut lieu de 1962 à 1996, bien que les premières violences étaient apparus des années avant. Lors de son discours de prix nobel de la paix, Rigoberta Menchú prit la parole: " dans la tentative de répression de la rébellion, les dictatures commirent les plus grandes atrocités. Des villages furent rasés, des dizaines de milliers de paysans furent assassinés, principalement des indigènes, des centaines de syndicalistes et d'étudiants, de nombreux journalistes ayant donné de la visibilité aux événements, des intellectuels et politiques, des religieux et religieuses ".

À l'âge adulte, elle rejoint des membres de sa famille dans leur action contre des militaires concernant leurs violation des droits humains. Le , son père et son cousin Francisco Tum furent 2 des 37 personnes qui moururent brûlés dans l'incendie de l'ambassade d'Espagne provoqué par les forces de l'ordre. Des membres de sa famille dont sa mère furent torturés par la police ou l'armée. La violence et les répressions la forcent à l'exil en 1981.

Pendant que ses frères s'unissent à la guérilla, Rigoberta entame une campagne pacifiste dénonçant la méthode du gouvernement guatémaltèque et la violation des droits de l'homme. Elle devient une personne de notoriété publique symbolisant la violence de son peuple. A cette lutte pour la paix, elle ajoute sur le débat public la situation de la femme d'Amérique latine devenant ainsi une activiste féministe. Exilée au Mexique, elle publie son autobiographie et entame un tour du monde afin de répandre son message. Entendu par l'ONU, elle rentre au Guatemala en 1988 profitant de son prestige international. En 1991, elle participe à la préparation par les Nations unies d'une déclaration des droits des peuples autochtones. Elle est ambassadrice de bonne volonté de l'Unesco depuis 1993. Elle rentre au Guatemala afin d'œuvrer pour le changement[1].

L'après guerreModifier

Elle cherche à faire juger l'ex-dictateur militaire du Guatemala Efraín Ríos Montt, candidat battu à la présidentielle de 2003, devant les tribunaux espagnols en 1999 pour des crimes commis contre des citoyens espagnols ; cette tentative échoue. En plus des décès des citoyens espagnols, les accusations les plus graves portaient sur un génocide contre le peuple maya du Guatemala.

Rigoberta Menchú s'est impliquée dans l'industrie pharmaceutique indienne en tant que présidente de la compagnie Salud para Todos (« Santé pour tous ») et la compagnie Farmacias Similares, en vue d'offrir de médicaments génériques à bas prix aux populations les plus pauvres.

En 2006, elle a été l'une des fondatrices de l'initiative des femmes ayant reçu le prix Nobel de la paix avec d'autres lauréates : Jody Williams, Shirin Ebadi, Wangari Maathai, Betty Williams et Mairead Corrigan Maguire. Ces six femmes représentent les deux Amériques du Nord et du Sud, l'Europe, le Moyen Orient et l'Afrique, elles ont décidé de mettre en commun leurs expériences et d'unir leurs efforts pour la paix avec la justice et l'égalité. Le but de cette initiative des femmes ayant reçu un Nobel est d'aider à renforcer le travail qui est fait pour aider le droit des femmes dans le monde.

Rigoberta Menchú est membre de la fondation PeaceJam, une organisation dont la mission est de « former de jeunes leaders qui sont engagés dans un changement positif en eux-mêmes, dans leurs communautés et dans le monde ». Elle voyage à travers le monde et s'adresse aux jeunes lors de conférences PeaceJam.

En 2007 et 2011, elle est candidate à l'élection présidentielle de son pays. Elle a créé le mouvement WINAQ, plateforme regroupant de nombreux mouvements mayas de tout le pays et reçoit le soutien moral et logistique du MAS, parti bolivien qui a amené à la victoire Evo Morales[2]. Sa candidature détonne dans un pays où la vie politique est dominée par des politiciens blancs et conservateurs[1]. Néanmoins, elle est éliminée dès le 1er tour, ne recueillant que 3 % des suffrages.

Rigoberta Menchú est également membre du comité d'honneur de la Fondation Chirac[3], lancée en 2008 par l'ancien chef de l'État Français Jacques Chirac pour agir en faveur de la paix dans le monde. Elle est aussi membre honoraire du Club de Rome[4].

Fondation Rigoberta Menchú TumModifier

Elle mène des actions humanitaires par l'intermédiaire de sa fondation la Fondation Rigoberta Menchú Tum.

 
Rigoberta Menchú est prix Nobel de la Paix

Le Club Quetzal, créé en 1997 par un groupe de jeunes collégiens de Mont-de-Marsan sur l'initiative de Vincent Simon (président fondateur), est une ONG travaillant pour la défense des droits des Indiens au Guatemala qui déploie ses énergies dans les domaines de l'éducation, de la nutrition et du commerce équitable. Elle est depuis 2003 le relais de la Fondation Rigoberta Menchu Tum en France[5].

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier