Ouvrir le menu principal
René Legrand
René Legrand au chevalet.jpg
L'artiste devant son chevalet (années 1950).
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Formation
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Legrand.

René Legrand, né à Nantes le et mort à La Rochelle le , est un peintre, céramiste et décorateur d'intérieur français.

Peintre de la Nouvelle École de Paris après la Seconde Guerre mondiale, il abandonne, en 1956, la peinture pour la création et la diffusion d'objets en matières naturelles et de mobiliers en bois, sous l'enseigne « Quatre Saisons » (1965-1985).

Sommaire

Peintre de l’abstraction lyriqueModifier

Né à Nantes, René Legrand grandit à Paris. Entre 1943 et 1944, il suit les cours de l'École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris et fréquente l’Académie de la Grande Chaumière[1]. Après ses études, il se consacre à la peinture et à la lithographie pendant une dizaine d’années.

Legrand (il n'utilise pas son prénom), jeune peintre, fait partie de la Nouvelle École de Paris. C’est ainsi que dénomme le critique d’art Charles Estienne la génération de peintres non figuratifs qui éclot à la fin de la guerre de 1939-1945. Ce n’est pas une école, juste un état d’esprit commun à une génération emplie des aspirations de liberté et de créativité de l’après-guerre.

Parmi cette jeune génération apparait un courant artistique qui se reconnaitra sous le nom d’« abstraction lyrique », par opposition à l’abstraction géométrique ou formelle. Legrand fait partie de ce mouvement. « Matière, rythme, symbolique du signe convoquent les formes et les couleurs sous la pression d’une écriture gestuelle », écrit Lydia Harambourg[réf. nécessaire][2] pour résumer ce courant. Les artistes de l’abstraction lyrique partagent une volonté de ne pas s’enfermer dans des structures conceptuelles, mais de laisser libre cours à leur désir d’expression personnelle hors de la figuration. « Un seul mot d’ordre, ne plus figurer » (Lydia Harambourg[réf. nécessaire][3]).

Portés par des personnalités comme Manessier qui soutient et encourage la peinture de Legrand, comme Roger van Gindertael, Pierre Restany et Michel Ragon, ces jeunes peintres cohabitent plus qu’ils ne forment un groupe uni, sur les cimaises des galeries Arnaud, Drouin, Jeanne Bucher, Kleber et dans les Salons créés par des critiques d’art qui les soutiennent : Salon des Réalités Nouvelles, Salon de mai, et Salon d'Octobre.

À partir de 1955 la gestuelle libre de Legrand emprunte au tachisme une nouvelle voie moins contrôlée. En 1956, pris entre la difficulté d’exister en tant qu’artiste dans un milieu qui est vite devenu concurrentiel et où des courants séparent les groupes et les amitiés, et la difficulté matérielle de faire vivre une famille, René Legrand abandonne la peinture mais pas la création.

Ses amitiés artistiques de l’époque étaient pour le sculpteur Willy Anthoons, les peintres Claude Viseux et Claude Georges qui poursuivront leur parcours artistique tout au long de leur vie.

ExpositionsModifier

  • 1946, 1947 et 1948, Legrand expose au Salon des moins de trente ans comme de nombreux artistes de sa génération (dont Geneviève Asse).
  • En 1951 il expose à la Galerie Saint-Placide. Cette galerie a été ouverte en 1947 par Augustin Rumeau au 41 rue Saint-Placide pour son fils, Jean, peintre lui-même et collectionneur. Cette galerie a été connue pour son Prix de la Critique. La même année, il expose au Salon de Mai et entre dans les collections de l’amateur d’art belge Fernand Graindorge.
  • En 1952, Legrand expose au Salon de Mai, mais aussi au Salon d'Octobre créé le 10 mai 1952 par Charles Estienne. Le salon d’Octobre réunit les représentants de l’Abstraction lyrique. Legrand y expose aux côtés d’Pierre Alechinsky, François Arnal, Roger Bissière, Jean Degottex, Émile Gilioli, Zao Wou-Ki et Charles Lapicque.
  • 1953, Legrand expose à nouveau au Salon d’Octobre, ainsi qu’au IXe Salon de mai qui se tient au Palais de New York.

Le Salon de mai est un salon très important par les artistes qui y ont exposé. Il est présidé en 1953 par Gaston Diehl. Son comité directeur comprend des personnalités comme Alfred Manessier, Germaine Richier, Félix Labisse et Jean Le Moal. Son catalogue est préfacé par Bernard Dorival, conservateur du Musée d’art moderne de la ville de Paris. Bernard Buffet y expose ainsi que Karel Appel, Magnelli, Man Ray, Charles Lapicque, Robert Lapoujade, Jean Dewasne, Raoul Dufy, Maurice Estève, André Lhote. Laurent de Brunhoff, ami depuis l’école des arts décoratifs de René Legrand, y expose avec lui. Des toiles de Legrand sont achetées par deux collectionneurs bruxellois : Gustave van Geluwe (1883-1962) et Baucher-Ferron.

  • En 1954, Legrand expose du 26 février au 11 mars 1954 à la Galerie Le Miroir, 70 Avenue Louise à Bruxelles.

Du 9 juillet au 22 septembre 1954, il participe avec 16 autres jeunes artistes peintres à une exposition collective appelée Divergences à la Galerie Arnaud 34 rue du Four à Paris. La galerie Arnaud organise, la même année, deux expositions personnelles de Legrand, une de peinture du 1er au 4 avril et une de dessins du 18 novembre au 3 décembre. Une linographie de Legrand fait la couverture de la revue Cimaise (septembre-octobre 1954), revue d’art créée en 1953 par Jean-Robert Arnaud, Roger van Gindertael, Herta Wescher, Julien Alvard, Michel Ragon, Claude-Hélène Sibert.

  • 1955 : il participe à une exposition de groupe, « Dix-sept peintres de la génération nouvelle », à la Galerie Kleber, 24 avenue Kleber, Paris du 13 au 31 mai, avec entre autres Messagier, Martin Barré, Rezvani, Pons. La Galerie-librairie Kleber est dirigée par Jean Fournier qui créera ensuite sa propre galerie. Vente d’une toile au ministère de l’Éducation nationale, direction générale des arts et des lettres (mars 1955).
  • 1956 : Legrand expose à la galerie Grange, 21 rue Chaponnay à Lyon du 28 avril au 15 mai avec ses deux amis Claude Georges et Claude Viseux.
  • 2000 : Le 10 mai, l’atelier fait l’objet d’une vente après la mort de René Legrand par Maitre Robert à l'hôtel Drouot à Paris.

Le designerModifier

René Legrand épouse la céramiste Mado Jolain en 1946[4]. Tout en menant son travail artistique de peintre, René Legrand participe aux créations de l’atelier de céramique. Parmi les productions de l’atelier, plusieurs modèles de tables basses avec plateaux en carreaux de céramique émaillés sur des piétements de métal brossé dessinés par lui.

En 1956, René Legrand fonde avec Mado Jolain-Legrand, I/D, une société d’édition pour diversifier leurs productions au-delà de la céramique. La même année, René Legrand décide de lâcher ses pinceaux, non pour arrêter de créer, mais pour créer autrement. En plus des tables basses, il dessine des porte-revues, des lampadaires, des appliques à structures métalliques. Il développe des collections d’objets en cartonnage gainé. Il adapte des objets industriels (verrerie de laboratoire)comme des productions artisanales traditionnelles (bois tourné, vannerie, tonnellerie…) à l’esprit des années 50 puis 60. Après avoir débuté au Salon de la céramique, aux côtés des céramistes Chambost, Ruelland, Jouve, Capron, Deblander…René et Mado Legrand exposent leurs créations au Salon des métiers d’art, porte de Versailles.

En 1965, ils créent leur propre enseigne « Quatre Saisons » pour présenter leurs créations dans un ensemble cohérent, qui exprime leurs convictions en matière d’ameublement intérieur, à l’opposé de l’état d’esprit des décorateurs de l’époque. Bien dans l’esprit des années 70 qui révolutionnent le vêtement, la musique, le cinéma ou le roman, l'enseigne Quatre Saisons[5] (trois magasins à Paris, trois en province) propose une nouvelle façon de se meubler décontractée avec des étagères et des meubles modulables en bois brut à peindre ou à vernir, qui se composent et se recomposent au fil de l’évolution des familles, et des équipements professionnels détournés tels que tables tréteaux, tabourets à vis, étagère de stockage industriel, etc.

En 1985, René Legrand vend Quatre Saisons et prépare un tour du monde à la voile qu’il réalise sur le bateau qu’il a construit, de 1987 à 1989. Attentif toute sa vie à l’évolution de l’art, il ne reviendra jamais à la peinture.

Il meurt à La Rochelle en 1996.

BibliographieModifier

  • Catalogue du Salon d’octobre, 1952.
  • Catalogue du IXe Salon de mai, 1953.
  • Catalogue Divergences édité par la galerie Arnaud, 1954.
  • Citations de presse en Belgique en mars 1954 : Le Soir, Le Phare, La Dernière Heure, La Gazette des beaux-arts, La Lanterne
  • Citations de presse française : Pierre Descargues dans Les Lettres françaises 1954 et Guy Marester à Combat, 1954.
  • Cimaise, linographie de Legrand en couverture du numéro de septembre-octobre 1954. Citation dans le numéro de janvier-février 1955.
  • Bernard Dorival, Les peintres du vingtième siècle du cubisme à l'abstraction - 1914-1957, Éditions Pierre Tisné, Paris, 1957.
  • Lydia Harambourg, Index des peintres de l'École de Paris, dans L'École de Paris, 1945-1965 - Dictionnaire des peintres, Éditions Ides et Calendes, 1993.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1996.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001.
  • « Charles Estienne, l’aventure de l’art abstrait » : exposition au musée des beaux-arts de Brest, 2012.
  • Lydia Harambourg sur l'abstraction lyrique[6].

Notes et référencesModifier

  1. (en) « René Legrand », Extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit, sur Oxford Index, 2006 (ISBN 9780199773787)
  2. Lydia Harambourg, Index des peintres de l'École de Paris, dans L'École de Paris, 1945-1965
  3. Lydia Harambourd, Index des peintres de l'École de Paris, dans L'École de Paris, 1945-1965
  4. Voir sur madojolain.fr.
  5. Voir sur quatresaisons-1965-1985.fr.
  6. Voir sur canalacademie.com.

Liens externesModifier