Maurice Estève

artiste français
Maurice Estève
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Maurice Estève est un peintre et graveur français, né le à Culan (Cher) et mort le dans la même ville.

Il est l'un des peintres majeurs de la nouvelle école de Paris. Coloriste, son style se caractérise par un entrelacement de formes naturelles, voire organiques.

BiographieModifier

Fils d'une couturière modéliste travaillant pour la haute couture et d'un cordonnier syndicaliste, Maurice Estève naît chez ses grands parents paternels, simples paysans, à Culan où il passe son enfance. Il les rejoint en 1913 ses parents à Paris, où il découvre au musée du Louvre les œuvres de Corot, Delacroix, Chardin, Courbet et Paolo Uccello. Revenu à Culan pour l'été, il y reste durant les années de la Première Guerre mondiale, et commence à peindre dès 1915. Il vit de nouveau à Paris à partir de 1918. Apprenti chez un typographe puis dans un atelier de dessin de mobilier moderne, il suit des cours du soir de dessin, découvre en 1919 la peinture de Paul Cézanne puis, rencontrant l'opposition inquiète de son père à sa vocation, dirige en 1923 à Barcelone, pendant un an, un atelier de dessin de châles et de tissus[1].

De retour à Paris, Estève fréquente à Montparnasse l'atelier libre de l'Académie Colarossi. Marqué jusque-là par la peinture des primitifs et l'œuvre de Cézanne, il subit passagèrement en 1927 l'influence du surréalisme, notamment de Giorgio De Chirico. Il présente sa première exposition particulière en 1930 avant de s'intéresser au cinéma et à la mise en scène. Il réalise de 1930 à 1936 dix linogravures essentiellement en noir et blanc[2] pour les portfolios réalisés par le groupe contestataire et libertaire Les Indélicats[3], auxquels participent vingt-et-un artistes dont Édouard Pignon, Gabriel Robin et André Fougeron[4],[5]. Ces recueils sont exposés en 1936 à Paris à la galerie Billiet.

À la suite des évènements de la guerre civile en Espagne, sa peinture traverse elle aussi en 1936 une brève période expressionniste. Sur le conseil de Georges Braque, il lui est demandé en 1936 d'exposer à Stockholm avec Henri Matisse, Pablo Picasso, Juan Gris et Fernand Léger. Il participe l'année suivante à la réalisation des décorations murales de Robert et Sonia Delaunay pour les pavillons de l'aviation et des chemins de fer à l'Exposition universelle de Paris[6].

Mobilisé lors de la Seconde Guerre mondiale jusqu'en , il expose plusieurs fois en 1942, et à la galerie de France en 1943 aux côtés de Jean Bazaine, Léon Gischia, Jean Le Moal, Alfred Manessier, Édouard Pignon et Gustave Singier.

Estève accepte un contrat d'exclusivité de 1942 à 1949 avec la galerie Louis Carré, qui réalise en 1945 une exposition « Bazaine, Estève, Lapicque », respectivement préfacés par André Frénaud, Jean Lescure et Jean Tardieu. Il commence alors à exposer régulièrement à l'étranger, notamment en Scandinavie. En 1947, la série de ses toiles autour des Métiers le fait passer d'une stylisation formelle à une peinture non figurative affranchie de tout réalisme, fortement structurée et intensément colorée, dont il apparaît dans les décennies suivantes l'un des représentants essentiels[6]. Il réalise en 1949 une première lithographie pour La plaie ne se ferme pas, recueil de poèmes de Jean Lescure publié par les Éditions Charlot.

 
Détail d'un vitrail d'Estève pour la chapelle de Berlincourt

En marge de ses expositions de peintures à la galerie Carré, à la galerie Villand et Galanis puis à la galerie Claude Bernard, Estève qui travaille régulièrement durant l'été à Culan, réalise par la suite de nombreuses lithographies, pratique régulièrement l'aquarelle mais aussi le fusain, le monotype, le collage. Il conçoit également, en 1957, les vitraux (deux verrières et bandeaux latéraux sur une surface de 22m2) de la chapelle de Berlincourt[7], dans le canton du Jura en Suisse[8] et des cartons de tapisseries. Il reçoit en 1970 le grand prix national des arts. À partir de 1981 sont organisées plusieurs rétrospectives de son œuvre.

 
Pont romain de Culan

La Ville de Bourges décide de présenter l'ensemble des œuvres (plus d'une centaine) dont le peintre lui fait donation en 1985 dans l'hôtel des Échevins, restauré avec le concours des monuments historiques et la direction des musées de France pour devenir le musée Estève, inauguré en 1987. Deux autres donations complètent ses collections, en 1989 et, pour le 10e anniversaire du musée, en 1997. On y découvre des dessins, des aquarelles et des papiers collés, auprès d’huiles sur toiles illustrant son parcours, de 1918 à 1988.

Estève s'installe définitivement à Culan en 1995 dans sa maison natale, rue du Pont romain, et y restera jusqu'à sa mort. Il y est inhumé au cimetière de Prahas.

Estève fait partie des peintres réunis pour l'exposition L'Envolée lyrique, Paris 1945-1956[9], présentée à Paris au musée du Luxembourg (Sénat) en 2006 (Ardentes en Berry, 1949 ; Intérieur de Juillet, 1950, du musée national d'Art moderne ; Orly, 1952).

Œuvres dans les collections publiquesModifier

Voir article annexe: Liste des œuvres de Maurice Estève dans les musées du monde

HommagesModifier

  • Un timbre reproduisant l'une des œuvres d'Estève, Skibet (1979), a été émis par les Postes françaises en 1986 (valeur de 5 francs)[10].
  • Une médaille dédiée à Maurice Estève, œuvre de Nicolas Carrega, a été éditée en 1979 par la Monnaie de Paris[11].

Notes et référencesModifier

  1. Harambourg 1993, p. 164.
  2. https://webmuseo.com/ws/musees-bourges/app/collection/record/10123
  3. https://www.ville-bourges.fr/site/autour-des-indelicats
  4. Les linogravures du groupe Les Indélicats, 1932-1936, présentées par Barbara Dramé, ouvrage édité par Plein Chant, Bassac, en 2022 reproduit l'ensemble des neuf portfolios tirés à 100 exemplaires. Les contributions d'Estève pour 1932 sont Chômage (p. 123), La patrie est en danger (p. 133), Sans titre (p. 154), Sans titre (p. 163), pour 1933 La justice (p. 183), Sans titre (p. 191), La terre malade (p. 205), Les affaires reprennent (p. 219), pour 1934 L'âge du sport (p. 227) et pour 1936 Poétissime (p. 240).
  5. Les sportifs de 1934 vus par " Les Indélicats ", Jean-Pierre LOGEAISle 29 novembre 2014 [1]
  6. a et b Harambourg 1993, p. 165.
  7. http://www.juravitraux.ch/f/eglises/?cat=2&cid=7&show=eglise
  8. Harambourg 1993, p. 166.
  9. http://www.senat.fr/evenement/envolee_lyrique/esteve.html
  10. « Maurice Estève «Skibet» », sur philateliefrancaise.fr, .
  11. Musée du Berry, Bourges, médaille Maurice Estève dans les collections

Voir aussiModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

BibliographieModifier

  • Pierre Francastel, Estève, Paris, Éditions Galanis, .  
  • Frank Elgar, Estève, Dessins, Éditions Galanis, Paris, .
  • Joseph-Emile Muller, Estève, Paris, Fernand Hazan, (1re éd. 1961)  
  • « Hommage à Estève », XXe siècle, numéro spécial, Paris, Édition Société internationale d'art du XXe siècle |année=1975.  
  • Estève, peintures récentes (préf. Pierre Volboudt), Paris, Galerie Claude Bernard, .
  • Estève, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, .  
    Catalogue de l'exposition au Grand Palais à Paris en 1986-1987.
  • Monique Prudhomme-Estève, Collection du Musée Estève, Bourges, Éditions des musées de la ville de Bourges, .
  • Lydia Harambourg, « Maurice Estève », dans L'École de Paris 1945-1965, Dictionnaire des peintres, Neuchâtel, Ides et Calendes, (ISBN 2825800481).  
  • Monique Prudhomme-Estève et Robert Maillard, Catalogue raisonné de l'œuvre peint de Maurice Estève, Neuchâtel, Ides et Calendes, , 498 p. (ISBN 2-8258-0060-0, BNF 37669176).
  • Robert Maillard, Maurice Estève, Neuchâtel, Éditions Ides et Calendes, , 96 p. (ISBN 2825800759).  
  • Maurice Estève, Peintures 1929-1994, FIAC Paris, Applicat-Prazan, (ISBN 9782916277417).
  • Monique Prudhomme-Estève, Estève, l'envers d'une discrétion, Éditions des Cendres, .

Articles connexesModifier

Liens externesModifier