René Le Fur

médecin et militant royaliste français

René-Frédéric Le Fur, né à Pontivy le [1] et mort à Paris le [2], est un chirurgien, urologue et militant royaliste français du début du XXe siècle.

René Le Fur
Docteur René Le Fur 1914.jpg
René Le Fur en 1914 au lycée Janson-de-Sailly réquisitionné.
Biographie
Naissance
Décès
(à 61 ans)
Paris
Sépulture
Nom de naissance
René-Frédéric Le Fur
Nationalité
Activités
Famille
Louis Le Fur (frère)
Fernand Nicolaÿ (beau-père)
Autres informations
Parti politique
Membre de
Distinction

BiographieModifier

René Le Fur est le fils de l'avoué Jules-Louis Le Fur, maire de Pontivy à la fin du XIXe siècle[3], et le frère du juriste Louis Le Fur[4].

Ayant obtenu un baccalauréat ès-sciences à Rennes en 1890[1], René Le Fur intègre la promotion 1895 de l'Internat des hôpitaux de Paris après en avoir réussi le concours d'admission en 1894[5]. Lors de la guerre gréco-turque de 1897, alors qu'il est interne à la Pitié et aide d'anatomie auprès du docteur Berger, il fait partie d'une ambulance organisée par la succursale parisienne de la Banque ottomane[5]. Disciple de Félix Guyon[2], il se spécialise dans l'urologie. Ayant obtenu son doctorat en , il pratique quelque temps la chirurgie à l'hôpital Péan puis à la clinique Saint-Jean-de-Dieu[6].

Catholique fervent, il a appartenu au cercle des étudiants catholiques (ou cercle du Luxembourg) de l'abbé Fonssagrives[7], qui institue en 1908, sous le patronage de l'Institut catholique de Paris, un service d'enseignement médical complémentaire dont Le Fur devient secrétaire général[8].

René Le Fur est un partisan de la monarchie. Vers 1900, il avait remplacé le docteur Récamier, médecin ordinaire de la maison royale de France, à l'occasion d'une longue croisière du duc d'Orléans à bord du yacht Maroussia. Depuis lors, il s'était attaché à la personne et à la cause du prétendant orléaniste[9]. Un membre de la maison royale déchue en 1848, le comte d'Eu, est d'ailleurs présent au mariage, en 1903, du docteur Le Fur et de Marie Nicolay, fille de l'avocat et essayiste catholique Fernand Nicolaÿ[4].

Antidreyfusard[10] et opposant à la politique anticléricale du Bloc des gauches (qu'il qualifie de « Bloc maçonnique »)[11], il fonde en 1904 une ligue catholique d'orientations orléaniste et antimaçonnique, l'Entente nationale pour la reconstitution intégrale des libertés de France[12]. Cette activité lui vaut d'être perquisitionné en , à l'instar de nombreux autres militants d'extrême droite suspectés de comploter contre le régime, en lien avec les meneurs anarcho-syndicalistes des grèves dans le Nord[11]. En 1906, il fait partie du comité de patronage de l'Institut d'Action française présidé par Eugène de Lur-Saluces[13].

Proche de défenseurs de l'identité bretonne tels que Théodore Botrel, Charles Le Goffic, Eugène Le Mouël et le marquis de L'Estourbeillon, René Le Fur dirige Le Breton de Paris à partir de 1908 ainsi que l’œuvre de la Mutualité bretonne[14]. Attaché à sa province natale, il y possède le domaine de Beg-Quilvic à Saint-Pierre-Quiberon.

Pendant la Première Guerre mondiale, le docteur Le Fur est le chirurgien en chef de l'hôpital militaire auxiliaire installé dans les locaux du lycée Janson-de-Sailly. En 1917, il est décoré de la médaille d'honneur des épidémies[15] puis il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1921[16]. En 1923 et 1924, il préside le Syndicat des médecins de la Seine[2].

René Le Fur meurt à Paris dans la nuit du 22 au [2]. Après des obsèques en l'église Notre-Dame-de-Grâce-de-Passy, auxquelles assiste le président de la République Albert Lebrun, il est inhumé au cimetière de Montmartre[17].

PublicationsModifier

RéférencesModifier

  1. a et b Paul Meyan Annuaire des diplômés 1890, Paris, 1891, p. 271.
  2. a b c et d Le Médecin de France, journal officiel bimensuel de la Confédération des syndicats médicaux français, 15 mai 1933, p. XXXII.
  3. La Croix, 4 mars 1914, p. 2
  4. a et b La Revue mondaine, 1903, p. 53.
  5. a et b Raymond Durand-Fardel, L'Internat en médecine et en chirurgie des hôpitaux et hospices civils de Paris : centenaire de l'internat, Paris, Steinheil, 1902, p. 136 et 279.
  6. Gil Blas, 31 janvier 1904, p. 2.
  7. La Croix, 29 septembre 1901, p. 1.
  8. R. de La Tour du Villard, « Pour les étudiants catholiques », La France illustrée, 5 mars 1910, p. 164-167.
  9. Le Figaro, 5 janvier 1903, p. 2
  10. En 1906, Le Fur est l'un des donateurs d'une souscription lancée par la Revue d'Action française pour une médaille commémorative en l'honneur du général Mercier (L'Action française, revue bimensuelle, 15 octobre 1906, p. 89).
  11. a et b La Presse, 28 avril 1906, p. 1-2.
  12. Journal des débats, 13 juillet 1904, p. 2-3.
  13. L'Action française, revue bimensuelle, 15 décembre 1906, p. 3).
  14. Pastentek, « Le Docteur Le Fur », Les Hommes du jour, 13 juin 1914, p. 7-8.
  15. La Croix, 16 octobre 1917, p. 8.
  16. Le Rappel, 12 mai 1921, p. 2.
  17. Le Figaro, 27 avril 1933, p. 2.

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :