Procès du palais Bourbon

Le procès du palais Bourbon est le procès mené par les autorités nazies en mars 1942 contre sept combattants des Bataillons de la jeunesse, groupes de jeunes résistants communistes menant la lutte armée contre l'occupant allemand.

Procès à grand spectacleModifier

Ce procès se déroule du 4 au dans la galerie des fêtes du palais Bourbon[1], lequel était à Paris le siège de la Chambre des députés mais durant l'Occupation abrite des services de la Kommandantur du Gross Paris.

Le gouverneur militaire allemand pour la France, Carl-Heinrich von Stülpnagel, décide de donner un grand retentissement à ce procès en en faisant un procès à grand spectacle. La presse et le cinéma sont convoqués et von Stülpnagel est là en personne avec son état-major[2]. Il ne s'agit en fait que d'un « simulacre de justice »[3].

Les nazis reprochent au groupe d'avoir mené en trois mois plus de dix-sept opérations de guerre.

AccusésModifier

Les sept jeunes accusés sont :

Arrêtés entre et par la police de Vichy, ils sont incarcérés à la prison de la Santé et mis au secret, puis livrés aux autorités allemandes. Leur procès ne dure que trois jours.

Ils sont condamnés à mort le et fusillés le au fort du Mont-Valérien.

Dans une lettre adressée à la mère de Christian Rizo, Maître Wilhelm, l'avocat chargé de sa défense et ayant assisté aux derniers moments des condamnés, écrit : « ils ont pris congé dans la dignité, le courage et la foi de leur conviction[9]. »

HommageModifier

Le , un hommage solennel de la Nation leur est rendu et une plaque commémorant le sacrifice de ces résistants est apposée sur la façade de l’hôtel de Lassay, à l’initiative de Laurent Fabius, président de l'Assemblée nationale[10].

La plaque[11] rappelle qu'ils sont morts pour la France et qu'ils sont décorés à titre posthume de la Médaille militaire, de la croix de guerre avec palme et de la médaille de la Résistance.

Notes et référencesModifier

  1. « Ce n’est pas par hasard, d’ailleurs, si les nazis avaient choisi pour faire leur procès le lieu qui symbolisait, en France, la démocratie et la représentation populaire. Ni par hasard qu’en ce même lieu, en 1940, le propagandiste de l’idéologie nazie Julius Rosenberg avait dénoncé les grands idéaux de la Révolution française (...). », extrait du discours de Robert Chambeiron, ancien secrétaire général adjoint du Conseil national de la Résistance, lors de la cérémonie du (cf. « Arrestations & procès du Palais-Bourbon », sur Aux jeunes résistants - resistance-ftpf.net (consulté le )).
  2. Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, p. 249-252.
  3. Romain Rosso, « Les nazis au Palais-Bourbon », sur l'Express, (consulté le ).
  4. Notice Roger Hanlet, sur resistance-ftpf.net.
  5. Notice Acher Semahya, sur resistance-ftpf.net.
  6. Notice Robert Peltier, sur resistance-ftpf.net.
  7. Notice Christian Rizo, sur resistance-ftpf.net.
  8. Notice Pierre Milan, sur resistance-ftpf.net.
  9. « Arrestations et procès du Palais-Bourbon », sur resistance-ftpf.net (consulté le ).
  10. Jean Morawsky, « Les fusillés du palais Bourbon », sur l'Humanité, (consulté le ).
  11. Photographie de la plaque.

BibliographieModifier

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier