Pont d'Arcole

pont français

Le pont d’Arcole est un pont français situé à Paris. Il franchit le grand bras de la Seine, au niveau de l’île de la Cité.

Pont d’Arcole
Le pont de jour.
Le pont de jour.
Géographie
Pays France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Coordonnées géographiques 48° 51′ 21″ N, 2° 21′ 03″ E
Fonction
Franchit la Seine
Caractéristiques techniques
Type Pont en arc
Longueur 80 m
Hauteur 20 m
Matériau(x) Fer forgé
Construction
Construction 1828 (1er)
1854-1856 (actuel)
Architecte(s) Alphonse Oudry
Nicolas Cadiat
Historique
Anciens noms Pont de la Grève

Situation et accèsModifier

Ce site est desservi par la station de métro Hôtel de Ville.

Il relie l'Hôtel de Ville sur la rive droite à l'Hôtel-Dieu sur l'île de la Cité.

DescriptionModifier

 
Pont d'Arcole et l'Hôtel de ville de Paris.

Le pont d'Arcole est le premier pont parisien en fer ; large de 20 mètres et comportant une structure métallique sous forme d'une arche unique de 80 mètres de portée sise entre deux culées en pierre de taille, il est réalisé en 1856 sous la direction de l'ingénieur Alphonse Oudry. Sa construction dure moins de trois mois.

Origine du nomModifier

D'après l'hypothèse la plus admise[réf. nécessaire], le nom lui vient de la bataille du pont d'Arcole remportée par Napoléon Bonaparte sur les Autrichiens en 1796[réf. souhaitée].

Selon Jacques Hillairet[1], Louis et Félix Lazare[2] et Gustave Pessard[3] il porte le nom d'un jeune républicain nommé d'Arcole, s'élançant sur ce pont à la tête de plusieurs combattants, au cours des Trois Glorieuses, qui se dirigeaient sur l'Hôtel de Ville abattu alors qu'il plantait un drapeau tricolore, et qui s'écria avant de mourir : « Rappelez-vous que je m'appelle d'Arcole[4],[5]. »,[6] En réalité cet épisode se déroula le [7],[8], comme le décrit Louis Canler.

HistoriqueModifier

Passerelle de 1828Modifier

Demandé dès le XVIIIe siècle[réf. nécessaire], c'est seulement en 1827 qu'une ordonnance royale autorise la construction du pont entre la place de l'Hôtel de Ville et l'île de la Cité[5]. Construite en 1828 par Marc Séguin[9], une passerelle est ouverte à la circulation le 21 décembre de cette même année[5]. Ce pont suspendu est composé de deux travées d'environ 40 m. Il ne mesure que 3,50 m de large entre les garde-corps et est réservé aux piétons[5].

La passerelle est d'abord appelée « pont de la Grève » pendant ses deux premières années[10]. Elle prend ensuite son nom actuel.

Ouvrage métallique (1854)Modifier

En 1854, il est remplacé par un ouvrage métallique, plus solide et permettant le passage de véhicules conçu par Nicolas Cadiat et Alphonse Oudry. Le pont d'Arcole est alors novateur : c'est le premier pont sans appui sur la Seine entièrement réalisé en fer et non plus en fonte[11].

Pourtant, le 16 février 1888 le pont s'affaisse brusquement de 20 cm, et doit alors être consolidé. Comme le montre Jean Résal dans son livre sur les ponts en arc métalliques, la conception du pont le rend très sensible aux effets thermohygrométriques[12].

Le 30 mars 1918, durant la première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose quai de l'Horloge, devant le pont d'Arcole[13].

C’est par le pont d'Arcole qu'arrivèrent sur la place de l'hôtel de ville les premiers chars de la 2e division blindée du général Leclerc lors de la libération de Paris en août 1944.

C'est seulement entre 1994 et 1995 que la Ville de Paris fait procéder à la réfection complète du tablier, revoyant l'étanchéité et la peinture du pont par la même occasion.

En 2012, la Ville de Paris rénove les illuminations du pont d'Arcole pour réduire de 90 % la consommation d'énergie de l'ouvrage[14].

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Louis Canler, Mémoires de Canler, ancien chef du service de Sûreté, Paris, F. Roy, 2e éd., 1882, vol.1, chap. XXV, p. 181 : « Pont d'Arcole », [1], pour le massacre du .
  • Félix Lazare et Louis Lazare, Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris [en] 1855 : avec les plans des 48 quartiers, Maisonneuve & Larose, , 796 p. (ISBN 978-2-86877-184-1 et 2-86877-184-X).
  • Alphonse Oudry, « Le nouveau pont d'Arcole », Nouvelles annales de la construction, septembre 1855, p. 2-3, (lire en ligne).

Notes, sources et référencesModifier

  1. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, p. 106-107.
  2. Louis et Félix Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, p. 172
  3. Gustave Pessard : Nouveau dictionnaire historique de Paris p. 53
  4. « Le pont d'Arcole ou l'incertain équilibre », www.lerendezvousdumathurin.com.
  5. a b c et d Félix Lazare et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, (lire en ligne), p. 31.
  6. Suivez-moi et si je suis tué, souvenez vous seulement que je m'appelle d'Arcole.
  7. Exploits et aventures de Mayeux
  8. Paul Emile Debraux : Les barricades de 1830
  9. Passerelle d'Arcole par Marc Seguin sur Structurae.
  10. Frédéric Locke, Guide alphabétique des rues et monuments de Paris : à l'usage des voyageurs et des parisiens, p. 14, Hachette, 1855 (consultable sur Gallica: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6383096z/f78.image)
  11. Gallica : Pont d'ArcoleAnnales des ponts et chaussées, Paris, 1864, 2e semestre, p. 195-198.
  12. Jean Résal, Cours de ponts métalliques professé à l'École nationale des ponts et chaussées, Librairie polytechnique Ch. Béranger, Paris et Liège, 1922 t. 3, 3e fascicule, p. 66 (lire en ligne).
  13. Excelsior du 9 janvier 1919 : Carte et liste officielles des obus lancés par le canon monstre et numérotés suivant leur ordre et leur date de chute
  14. « Paris : l'éclairage du pont d'Arcole rénové », Le Figaro, 7 juin 2012.

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier