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Avec Maurice Papon (1944-1967)Modifier

Fils d'ouvrier agricole[2], il connaît une ascension sociale qui l'amène sur les bancs de la faculté de droit de Bordeaux.

La première partie de sa carrière est attachée à la personnalité de Maurice Papon. Leur rencontre a lieu à la préfecture de la Gironde, où Pierre Somveille est recruté en 1944[3]. La manière dont ce « modeste commis » gagne la confiance de Maurice Papon au point de devenir rapidement selon ses propres mots son « collaborateur direct » demeure mystérieuse. Toujours est-il que sa fidélité est totale : en 1998, témoignant pour la défense de son ancien supérieur, il va jusqu'à affirmer que « jusqu’à la fin de 1945, [il] ignorait tout du sort fait aux juifs pendant la guerre [et] ne savai[t] même pas qu'il existait un service des juifs à la préfecture »[2]. Pierre Somveille assure également n'avoir jamais évoqué le souvenir de cette période avec celui qui fut son supérieur direct pendant plus de vingt ans. Comme le remarquent les avocats des parties civiles, « il est pourtant à Bordeaux au moment où les victimes de la dernière rafle sont parquées à la synagogue. Il est là quand s'ébranle le dernier convoi pour Drancy »[2].

Dans l'après-guerre, il suit Maurice Papon dans ses différents postes aux préfectures de Corse, de Constantine puis à la préfecture de police de Paris. De 1961 à 1967, il est directeur de cabinet du préfet de police.

L'homme du maintien de l'ordre (1967-1986)Modifier

Après un passage au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou en 1967-1968, le nouveau ministre de l'Intérieur Raymond Marcellin, nommé le , prend Pierre Somveille comme directeur de cabinet. Durant les six années du ministère Marcellin, il est l'homme de confiance de celui qui se veut la bête noire des militants d'extrême gauche.

En raison de sa grande discrétion médiatique, il demeure difficile d'apprécier avec précision le rôle concret joué par Pierre Somveille dans les différentes affaires mettant en cause la répression policière des années 1960 et 1970 (17 octobre 1961, Charonne, « bavures » du 9 février 1971, etc.). Selon l'historien Alain Dewerpe, Pierre Somveille fut constamment un apôtre de la répression violente des contestations. Il voit dans sa carrière une « trajectoire de criminel par raison d'État »[4].

Après l'arrivée de Jacques Chirac au ministère de l'Intérieur en mars 1974, Pierre Somveille échappe en partie à la « démarcellinisation » de la place Beauvau ; il est alors nommé préfet des Bouches-du-Rhône en remplacement de Louis Verger. Quelques années après, il est nommé préfet de police de Paris, poste qu'il occupe de 1976 à 1981. Ayant été apprécié par Gaston Defferre dans son poste précédent à Marseille, Pierre Somveille obtient du nouveau ministre de l'Intérieur de se faire renommer,pour rejoindre ses petits enfants, ce qui est très rare, à la tête de la préfecture des Bouches-du-Rhône, de 1981 à 1986 où il achève sa carrière.

PS : MOI Pascal VELLIEUX, ajoute un peu de réalité: Mr Pierre SOMVEILLE, orphelin à l'age de 5 mois, sa mère ne s’étant jamais remariée pour protéger son unique fils. Il a suivi une scolarité à l’école des garçons de HIERSAC avec le soutien de son professeur, a fait des études de droit à Angoulême. C'est par hasard qu'au moment de la libération de Bordeaux que mon grand-père a été recruté par Maurice PAPON comme directeur de cabinet de la préfecture de la Corse. C'est là que ma mère a été conçue. Muté à Constantine en 1950, ça bardait à l'époque, ma mère est née chez les bonnes sœurs. À l'age de 8 ans, ma mère ne se souvient pas de l’assassinat d'un parent d’élève poignardé devant l’école face à ces enfants ! Devant des scènes tragiques où des familles de fermiers étaient égorgées, ou des appelés du contingent étaient exposés sur le bord de la route, leurs têtes plantées sur un pieu avec le service 3 pièces dans la bouche, Mr Pierre SOMVEILLE ne succomba pas à la haine et œuvra pour la paix et la réconciliation des peuples.

DécorationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. (fr) Notice biographique sur le site officiel de l'Association Georges Pompidou, consulté le 13 juillet 2009
  2. a b et c (fr) Déposition au procès de Maurice Papon, 2 mars 1998. [réf. souhaitée]
  3. (fr) Élisabeth Fleury, « Les épurateurs ont été placés devant le "fait accompli" », L'Humanité, 3 mars 1998
  4. (fr) Alain Dewerpe 2006, p. 208 : Ce constat s'appuie, entre autres, sur le témoignage de l'ancien espion Constantin Melnik pour qui la police était « la seconde nature » de Pierre Somveille.

BibliographieModifier

  • Michel Aubouin, Arnaud Teyssier, Jean Tulard (dir.), Histoire et dictionnaire de la police, du Moyen Âge à nos jours, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1059 p.
  • Georges Carrot, Le Maintien de l'ordre en France au XXe siècle, Paris, éditions Veyrier, coll. « Kronos », , 431 p.
  • Alain Dewerpe, Charonne, 8 février 1962, Paris, éditions Gallimard, coll. « Folio Histoire »,