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Pierre-Jacques Seveste

acteur français
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Pierre-Jacques Seveste
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Enfants

Pierre-Jacques Seveste appelé aussi Seveste père, né le à Verdun et mort le à Paris, est un artiste du théâtre du Vaudeville qui avec ses deux fils Jules et Edmond connus comme les frères Seveste reçurent un privilège à vie en date du 10 juin 1817.

Celui-ci les amena à bâtir plusieurs théâtres dans des communes situées alors dans la banlieue de Paris : les théâtres des Batignolles, de Belleville, de Grenelle, de Montmartre et Montparnasse.

Le privilège exista un peu plus de 37 années et disparut naturellement le 30 juillet 1854 avec la mort de Jules le dernier des frères Seveste (Edmond étant mort le 28 février 1852).

Histoire du privilègeModifier

En 1860, Émile de Labédollière parlant du théâtre de Belleville est amené à faire l'histoire du privilège :

Après la restauration, Louis XVIII voulait faire réunir dans un monument funèbre les restes de Louis XVI et de Marie-Antoinette ; mais grand fut alors l'embarras du gouvernement, car nul ne savait au juste où reposaient ces restes oubliés ; ceci donna lieu à une enquête. M. Seveste père, artiste du théâtre du Vaudeville, et qui savait, lui, où avaient été inhumés les illustres condamnés, alla aussitôt faire sa déclaration, et grâce aux renseignements donnés par lui, on retrouva leurs ossements. Pour le récompenser, le gouvernement lui accorda, sur sa demande, pour lui et ses fils, leur vie durant, l'exploitation dramatique de toute la banlieue, privilège énorme quand on songe qu'outre ses théâtres il avait droit de prélever une redevance sur tous les saltimbanques, faiseurs de tours, directeurs de jeux, etc., qui exerçaient dans le département de la Seine au-delà des murs de Paris. Ce privilège est daté du 10 juin 1817.
Dès lors, ces messieurs firent construire plusieurs salles, sortes d'écoles dramatiques où vinrent s'essayer à la rampe une multitude de jeunes gens dont quelques-uns ont fait leur chemin depuis : c'est du théâtre de Belleville que sont sortis Boutin, Tétard, Étienne Mélingue, Lacressonnière, Brasseur, Tisserand, Julien Deschamps, Virginie Goy et une foule d'autres que le public applaudit tous les jours.
Le théâtre de Belleville fut ouvert le 25 octobre 1828 ; au bout de quelques années, les frères Seveste ne se souciant plus d'exploiter leur privilège par eux-mêmes, le fractionnèrent en autant de parties qu'ils avaient de salles, et affermèrent chacune d'elles, moyennant de fortes redevances, à des subdélégués choisis par eux. On comprend que les pauvres fermiers dramatiques, ayant à défalquer de leurs bénéfices la part de ces messieurs, ne durent pas faire de brillantes affaires ; en effet, à Belleville seulement, huit de ces subdélégués vinrent se ruiner tour à tour. Mais après la mort du dernier des frères Seveste, leur privilège excessif fut anéanti tout naturellement, et les théâtres de la banlieue rentrèrent dans le droit commun ; aussi, depuis lors, ces directions, libres d'elles-mêmes, ont pris d'autres allures, et nous voyons Belleville, Montparnasse, etc., n'ayant plus à lésiner sur la mise en scène, à rogner les appointements des artistes et à économiser sur le luminaire pour satisfaire aux exigences de tutelles onéreuses, être en voie de prospérité. C'est que ces théâtres, une fois libres d'entraves, ont eu jusqu'ici une position exceptionnellement avantageuse sous le triple rapport du répertoire, du personnel et du public. En effet, placés en dehors de l'enceinte[1], ils étaient considérés comme théâtres de province,et par conséquent avaient et ont encore la latitude de jouer les pièces des autres théâtres quarante jours après leur première représentation ; de plus, leur proximité de la capitale leur procure un public assuré, celui des promeneurs enchantés de pouvoir, dans la même soirée, voir une pièce de l'Odéon, du Gymnase et du Palais-Royal ; enfin, pour leur personnel, ils peuvent choisir dans les meilleurs artistes des départements, qui, regardant le théâtre de banlieue comme la dernière étape pour arriver à Paris, acceptent chez eux les plus modiques appointements.
Depuis cette régénération, le théâtre de Belleville, dont la direction a été confiée à M. Fresne, a monté les meilleures pièces du répertoire parisien, et chacune de ces œuvres y a obtenu le plus grand succès.
Cependant, le décret d'annexion ayant fait tomber l'enceinte de Louis XVI, les théâtres extra-muros se trouvèrent tout à coup théâtres de Paris, et une réforme dans leur constitution était imminente pour tout le monde ; en effet, une ordonnance ministérielle parut bientôt, qui autorise les théâtres de la ci-devant banlieue à jouir encore pendant quatre ans du privilège de représenter les pièces des autres théâtres, mais les informe aussi qu'au bout de ce laps de temps, ils devront se trouver en mesure de ne jouer que des pièces inédites ; auteurs et directions, d'ici-là, auront le temps de se préparer, et ces théâtres, après avoir été l'école des comédiens d'aujourd'hui, seront désormais l'école des écrivains dramatiques de la génération future.
Quant à la direction de Belleville, qui nous occupe exclusivement ici, on lui doit cette justice qu'elle a depuis longtemps devancé l'ordonnance, en faisant jouer des pièces composées pour elle : ...

La rue SevesteModifier

À Paris existe aujourd'hui une rue Seveste, anciennement appelée rue de la Carrière, et située à proximité du Théâtre Montmartre (appelé aujourd'hui Théâtre de l'Atelier).

Ce nom a été donné en l'honneur de son petit-fils Jules Didier Seveste, également comédien. Jouant à la Comédie-Française, il est mobilisé comme lieutenant pendant le siège de Paris. Grièvement blessé le 19 janvier 1871 à la Bataille de Buzenval, il est amputé et nommé chevalier de la Légion d'honneur. Il meurt des suites de ses blessures le 30 janvier 1871. Une statuette à la Comédie-Française commémore également son souvenir[2].

Notes et référencesModifier

  1. L'enceinte c'est-à-dire le mur des fermiers généraux achevé en 1788 et où se prélevait l'octroi, douane citadine.
  2. Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, volume 2, p. 646

SourcesModifier

  • Émile de Labédollière, Le Nouveau Paris, Gustave Barba Libraire Éditeur, Paris 1860, page 307.
  • Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, 2 volumes, Bibliothèque de la Revue Universelle Illustrée, Genève

Liens externesModifier