Petit Satan

Petit Satan (en persan : شیطان کوچک) (en anglais : Little Satan) (en hébreu : השטן הקטן), est un surnom injurieux utilisé par les ayatollahs iraniens, pour désigner l'État d'Israël[1],[2],[3], qui est comparé au diable par la propagande du régime.

Le Royaume-Uni, la France (pour sa coopération économique avec l'État hébreu, et à une époque pour ses liens avec l'Irak)[4],[5], l'Australie et le Canada, en étant les alliés des États-Unis (ainsi que d'autres pays s'y relatant), sont aussi surnommés « Petit Satan ». Ce terme désignait aussi, durant la Guerre froide, l'URSS[6].

Usage historiqueModifier

D'après certaines sources, l'ayatollah Rouhollah Khomeini, chef suprême de la révolution iranienne, a le premier utilisé ce terme avec son sens actuel[7]. Selon d'autres sources, comme le quotidien écossais The Herald, c'est le colonel Mouammar Kadhafi qui serait le premier à avoir utilisé ce terme pour désigner l'État d'Israël en [8].

Le Premier ministre d'Israël, Benyamin Netanyahou, a déclaré en 2015 : « Pour les Mullahs qui gouvernent l'Iran, Israël est le petit Satan et l'Amérique est le grand Satan »[9].

Usage contemporainModifier

Ce terme est souvent utilisé par les militants islamistes pour recruter des terroristes, et par les prédicateurs chiites pour propager la haine contre Israël. Le terme apparaît souvent dans la propagande du régime iranien.

Au Liban, à la porte de Fatima, proche d'Israël, le Hezbollah a installé deux piliers utilisés pour la lapidation symbolique du Petit Satan (Israël) et du Grand Satan (États-Unis), ceci enfin d'éviter que les Libanais ne jettent des pierres contre les soldats israéliens[10].[Information douteuse] Le Hezbollah suivent la République islamique d'Iran, et appellent aussi l'État d'Israël « Petit Satan »[11].

AnalyseModifier

Selon le professeur israélien Ze'ev Maghen, dans le Wall Street Journal, il faut voir une différence d'attitude de la part du gouvernement islamique d'Iran envers le « Grand » et le « Petit Satan » car, bien que des manifestants crient des slogans tels que « Mort à l'Amérique » et « Mort à Israël », les ayatollahs iraniens savent qu'ils doivent d'abord vaincre tactiquement les États-Unis[12].

Notes et référencesModifier

  1. Mark Hitchcock, Iran and Israel, Harvest House Publishers, , 16 and 40 (ISBN 978-0-7369-5335-1, lire en ligne)
  2. Franklin, Lawrence A., « Iran's Quds Day: Death to America, Death to Israel », Gatestone Institute (think-tank),‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. Chevy Purdie, The Israel Story : Chevy Purdie : The story of the most successful nation in the world, Chevy Purdie, (lire en ligne), p. 12
  4. « Nucléaire : Fabius, le "petit Satan" qui fait trembler l'Iran », Le Point, .
  5. Pascal Boniface, « La France est redevenue le petit Satan », Le Parisien, .
  6. Olivier Roy, « Le grand vainqueur de la «guerre contre le terrorisme», c'est l'Iran », Le Figaro, .
  7. (en) John Hagee, In Defense of Israel, Revised : The Bible's Mandate for Supporting the Jewish State, Charisma Media, , 256 p. (ISBN 978-1-59979-681-9, lire en ligne), p. 70.
  8. (en) « U.S. 'great Satan', says Gaddafi », The Herald, (consulté le ).
  9. (en) « Netanyahu: For Iran's mullahs 'Israel is the small Satan and American is the great Satan' », The Jerusalem Post, .
  10. (en) Joseph Elie Alagha, Hizbullah's Identity Construction, Amsterdam, Amsterdam University Press, , 308 p. (ISBN 978-90-8964-297-4, lire en ligne), p. 223.
  11. (en) Joseph Elie Alagha, The Shifts in Hizbullah's Ideology : Religious Ideology, Political Ideology and Political Program, Leiden/ISIM/Amsterdam, Amsterdam University Press, , 380 p. (ISBN 978-90-5356-910-8, lire en ligne), p. 53, 135, 195,.
  12. (en) Ze'ev Maghen, « Eradicating the 'Little Satan' », The Wall Street Journal, .

Articles connexesModifier