Un pastiche (de l'italien pasticcio, « pâté ») est une imitation du style d'un auteur ou artiste qui ne vise pas le plagiat. On peut en découvrir dans tous les domaines littéraires et artistiques. Le pastiche est à différencier de la parodie ou de la caricature, bien que le mot « pastiche » puisse être employé comme un synonyme de « parodie »[1].

« J'ai besoin de vous pour la Wikipediarmy ».

Pastiche d'une affiche célèbre de l'oncle Sam, « I want you for U.S. Army ».

Le pastiche remplit plusieurs fonctions : mémoire, humour, hommage (plus ou moins respectueux), voire un pur exercice de style. Aussi, en général, les productions « plasticiennes » réunissent-elles un ou plusieurs de ces critères mais toujours l'humour, véritable garant de leur authenticité.

Les pastiches se différencient des supercheries, des canulars et des faux montés à des fins vénales ou prosélytes (politiques ou religieux), avec par exemple certains apocryphes ou de fausses œuvres posthumes imitant totalement les productions habituelles d'un créateur disparu (il peut s'agir d'un livre, d'un tableau ou d'un objet d'art, etc.).

Pastiche littéraireModifier

Le pastiche est aussi vieux que la littérature. C’est l’imitation minutieuse du style d’un écrivain, reproduisant les formes et les contours de ses phrases, comme la pâte d’un moule reproduit un modèle. Dans la littérature française, Rabelais est l’un des premiers à pasticher, dans Le Tiers Livre, les œuvres et les auteurs de son temps.[réf. souhaitée]

Les deux maîtres du genre sont évidemment Paul Reboux et Charles Muller, qui, au début du XXe siècle, vont se lancer dans le « à la manière de », pastichant à la fois la forme et les thèmes de cette talentueuse série de pastiches signés Sosie, celui de Maupassant restant un modèle du genre.[réf. souhaitée]

Paul Reboux et Charles Muller ont joué avec talent de tous les registres de langue et de tous les ressorts comiques possibles dans leurs "A la manière de"... Pour Pasticher Victor Hugo, ils ont remarquablement réussi à imiter ses tournures stylistiques dans une improbable parodie de Notre Dame de Paris intitulée Colos le Nain, où, sur un fond médiéval sont narrées les amours contrariées de Mignonette, une jeune géante de douze pieds de haut (comme les Alexandrins... mais à la verticale, précisent les auteurs) et d'un nain nommé... Colos, tous deux persécutés par Maître Requin, un sombre personnage démarqué de Claude Frollo. Dans la veine du XXe siècle naissant, amateur de calembours (d'Alphonse Allais à l'Almanach Vermot) et de chansons estudiantines (l'esprit du Chat Noir ou des Hydropathes d'Emile Goudeau) les pastiches de Reboux et Muller en sont littéralement truffés.[réf. souhaitée]

Ils n'ont pas craint de s'y adonner, par exemple, dans une pastiche du Docteur Mardrus (époux de la poétesse Lucie Delarue), célèbre traducteur-adaptateur des Contes des Mille et Une Nuits (notamment ceux de la tradition persane, très empreints d'érotisme). L'histoire narre les amours de la belle Zemmoréïd, de son ardent amant nommé Hassan Lassardine, contrariées par la sévérité du père de la belle, nommé Harrascha Lapatal-Omar, et se conclut d'une manière extrêmement leste, à peine voilée par les « turqueries » au style très fleuri propres à l'écriture de Mardrus.[réf. souhaitée]

Pour pasticher Rudyard Kipling et ses Histoires comme çà aux thèmes darwiniens et animaliers, ils ont repris, parfois mot à mot, une célèbre chanson paillarde : Le Pou et l'Araignée[2]qui était (et est encore) un classique des monômes estudiantins et qu'une tradition tenace attribue à Alfred de Musset.[réf. souhaitée]

Michel antoine Burnier et Patrick Rambaud ont repris la balle au bond et, dans l'esprit du tandem Reboux / Muller, ont pastiché bon nombre de célébrités littéraires de la fin du XX° siècle, avec un rare éclectisme, depuis Emanuelle Arsan jusqu'à Maurice Clavel en passant par Samuel Beckett.[réf. souhaitée]

Marcel Proust s'illustre dans ce registre par son long pastiche du Journal des Goncourt dans Le Temps retrouvé et par son recueil Pastiches et mélanges.[réf. souhaitée]

Parmi les auteurs contemporains, les Oulipiens surtout, comme Raymond Queneau et ses Exercices de style, ou Hervé Le Tellier et son Joconde jusqu'à cent, travaillent explicitement autour du pastiche.[réf. souhaitée]

On peut également citer La Fontaine, dans sa fable Le Lion et le Chasseur, ayant pastiché, le disant lui-même dans Le Pâtre et le Lion la fable homonyme d'Ésope.[réf. souhaitée]

Au théâtre, Eric-Emmanuel Schmitt a écrit deux pièces-pastiches, deux hommages à des dramaturges qui deviennent l’objet d’une pièce écrite dans leur style. L’une raconte à la Sacha Guitry la vie amoureuse de Sacha Guitry (The Guitrys), l’autre propose un vaudeville à la Georges Feydeau sur Georges Feydeau, explorant la folie de l’auteur (Georges et Georges).[réf. souhaitée]

Le pastiche est également utilisé dans la littérature populaire, comme l’heroic fantasy et la science-fiction. Une grande partie des fanfictions sont des pastiches. Le roman de David Lodge The British Museum Is Falling Down (1965), qui narre, sur le mode de l'épopée comique, la très harassante et très particulière journée d'Adam Appleby, un étudiant thésard particulièrement impécunieux et angoissé par la possible troisième grossesse de son épouse, ne contient pas moins de dix pastiches littéraires reflétant les sautes d'humeur du personnage principal : Conrad, Graham Greene , Joyce, Kafka, C.P. Snow, Hemingway, D.H. Lawrence, Frederick Rolfe (Alias le Baron Corvo) Henry James et Virginia Woolf[3].

Dans le domaine de la bande dessinée, les pastiches de la revue américaine Mad et en Europe, ceux de Roger Brunel.[réf. souhaitée]

Pastiche photographiqueModifier

On doit distinguer les pastiches photographiques de tableaux des pastiches photographiques d'autres photographies.

Pastiche photographique de tableauxModifier

Ce sont ceux de Pierre-Anthony Allard pastichant La Mort de Marat de Jacques-Louis David, de Sabine Pigalle pastichant Vermeer, de Jean-Louis Swiners pastichant Georges de La Tour ou Seuratetc.[réf. souhaitée]

Pastiche photographique de photographiesModifier

Par exemple ceux de Sandro Miller pastichant Philippe Halsmanetc.[réf. souhaitée]

Pastiche picturalModifier

Le pastiche de tableau est un tableau de peinture dans lequel l'auteur cherche à imiter la manière d'un peintre ou d'une école. Affirmant l'habileté (Sébastien Bourdon, Luca Giordano) et la culture (Augustin Théodule Ribot) de l'artiste, il traduit souvent l'influence d'un maître sur un artiste moins doué ou encore jeune[4].

Pastiche musicalModifier

Dans le domaine musical par exemple, Charles Rosen considère diverses œuvres de Mozart comme des pastiches du style baroque.[réf. souhaitée]

Un pastiche est aussi un opéra composite formé à partir d'extraits de différentes œuvres ; un exemple en est le pastiche Les Mystères d'Isis, formé à partir de La Flûte enchantée, et largement critiqué par Berlioz dans ses mémoires.[réf. souhaitée]

Des pastiches en musique ont été réalisés par l'artiste Frank Zappa, dans toute son œuvre.[réf. souhaitée]

Pastiche architecturalModifier

Il existe par exemple de nombreuses répliques du château de Versailles dans le monde.

Pastiche dans la presseModifier

Pastiche au théâtreModifier

Pastiche au cinémaModifier

Dans le domaine du cinéma, le pastiche peut être un hommage rendu par un metteur en scène à un autre en reprenant ses angles de caméra, ses techniques d'éclairage ou de mise en scène, ou l'imitation « utilitaire » d'œuvres antérieures.

Les suites ou les films appartenant à un cycle, comme la saga Star Wars de George Lucas, peuvent être considérés comme des pastiches de Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir, le premier film réalisé.[réf. nécessaire]

Notes et référencesModifier

  1. « Pastiche », définition du mot sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales, cnrtl.fr.
  2. « Le pou et l'araignée - Chansons paillardes de France et d'ailleurs », sur xavier.hubaut.info (consulté le 27 décembre 2019)
  3. Gilles Gluck, La chute du British Museum (mémoire de maîtrise de traduction littéraire), Paris, Université Paris VII (Institut d'anglais Charles V) (Supervision Mme Tran Van Khaï), , 75 p..
  4. Pastiche sur larousse.fr
  5. « Page d'accueil du site bravepatrie.com » (consulté le 13 septembre 2020).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier

  • Vert Pastiche, site de la revue de pastiches littéraires et graphiques.