Un pastiche (de l'italien pasticcio, « pâté ») est une imitation du style d'un auteur ou artiste qui ne vise pas le plagiat. Le pastiche est à différencier de la parodie ou de la caricature, bien que le mot « pastiche » puisse être employé comme un synonyme de « parodie »[1].

« J'ai besoin de vous pour la Wikipediarmée ».

Pastiche d'une affiche célèbre de l'oncle Sam, « I want you for U.S. Army ».

Le pastiche remplit plusieurs fonctions : mémoire, dérision, hommage (plus ou moins respectueux), voire un pur exercice de style.

Les pastiches se différencient des supercheries, des canulars et des faux montés à des fins vénales ou prosélytes (politiques ou religieux), avec par exemple certains apocryphes ou de fausses œuvres posthumes imitant totalement les productions habituelles d'un créateur disparu (il peut s'agir d'un livre, d'un tableau ou d'un objet d'art, etc.).

Exemples de pastiche littérairesModifier

Ulrich von Hutten (« Lettres d'hommes obscurs », 1515), puis à sa suite Lorenzo Valla (De Insigniis et Armis[2],[3], 1533) ont, par leurs pastiches, tourné en dérision le mauvais latin des prêtres et universitaires de leur temps. Dans la littérature française, Rabelais est l’un des premiers à pasticher, dans Le Tiers Livre, les œuvres et les auteurs de son temps.[réf. souhaitée]

Paul Reboux et Charles Muller se lancent au début du XXe siècle dans une série de pastiches signés Sosie, qui imite notamment Maupassant, le Notre Dame de Paris de Victor Hugo (Colos le Nain), les Histoires comme çà de Rudyard Kipling, et la traduction des Contes des Mille et Une Nuits de Mardrus.

Michel Antoine Burnier et Patrick Rambaud ont pastiché un grand nombre de célébrités littéraires de la fin du XXe siècle, comme Emanuelle Arsan, Maurice Clavel et Samuel Beckett.[réf. souhaitée]

Marcel Proust s'illustre dans ce registre par son long pastiche du Journal des Goncourt dans Le Temps retrouvé et par son recueil Pastiches et mélanges.[réf. souhaitée]

Les Oulipiens comme Raymond Queneau et ses Exercices de style, ou Hervé Le Tellier et son Joconde jusqu'à cent, travaillent explicitement autour du pastiche.[réf. souhaitée]

On peut également citer La Fontaine, dans sa fable Le Lion et le Chasseur, ayant pastiché, le disant lui-même dans Le Pâtre et le Lion la fable homonyme d'Ésope.[réf. souhaitée][pas clair]

Au théâtre, Éric-Emmanuel Schmitt a écrit deux pièces-pastiches, en hommage à des dramaturges qui deviennent l’objet d’une pièce écrite dans leur style. L’une raconte à la Sacha Guitry la vie amoureuse de Sacha Guitry (The Guitrys), l’autre propose un vaudeville à la Georges Feydeau sur Georges Feydeau, explorant la folie de l’auteur (Georges et Georges).[réf. souhaitée]

Le pastiche est également utilisé dans la littérature populaire, comme l’heroic fantasy et la science-fiction. Une grande partie des fanfictions sont des pastiches. Le roman de David Lodge The British Museum Is Falling Down (1965), qui narre sur le mode de l'épopée comique l'harassante journée d'Adam Appleby, un étudiant en thèse impécunieux et angoissé par la possible troisième grossesse de son épouse, ne contient pas moins de dix pastiches littéraires reflétant les sautes d'humeur du personnage principal : Conrad, Graham Greene , Joyce, Kafka, C.P. Snow, Hemingway, D.H. Lawrence, Frederick Rolfe (Alias le Baron Corvo) Henry James et Virginia Woolf[4].

Dans le domaine de la bande dessinée, on peut citer les pastiches de la revue américaine Mad et en Europe, ceux de Roger Brunel.[réf. souhaitée]

Pastiche photographiqueModifier

On doit distinguer les pastiches photographiques de tableaux des pastiches photographiques d'autres photographies.

Pastiche photographique de tableauxModifier

Ce sont ceux de Pierre-Anthony Allard pastichant La Mort de Marat de Jacques-Louis David, de Sabine Pigalle pastichant Vermeer, de Jean-Louis Swiners pastichant Georges de La Tour ou Seuratetc.[réf. souhaitée]

Pastiche photographique de photographiesModifier

Par exemple ceux de Sandro Miller pastichant Philippe Halsmanetc.[réf. souhaitée]

Pastiche picturalModifier

Le pastiche de tableau est un tableau de peinture dans lequel l'auteur cherche à imiter la manière d'un peintre ou d'une école. Affirmant l'habileté (Sébastien Bourdon, Luca Giordano) et la culture (Augustin Théodule Ribot) de l'artiste, il traduit souvent l'influence d'un maître sur un artiste moins doué ou encore jeune[5].

Pastiche musicalModifier

Dans le domaine musical par exemple, Charles Rosen considère diverses œuvres de Mozart comme des pastiches du style baroque.[réf. souhaitée]

Un pastiche (ou pasticcio) est aussi un opéra composite formé à partir d'extraits de différentes œuvres ; un exemple en est le pastiche Les Mystères d'Isis, formé à partir de La Flûte enchantée, et largement critiqué par Berlioz dans ses mémoires.[réf. souhaitée]

Des pastiches en musique ont été réalisés par l'artiste Frank Zappa, dans toute son œuvre.[réf. souhaitée]

Pastiche architecturalModifier

Il existe par exemple de nombreuses répliques du château de Versailles dans le monde.

Pastiche dans la presseModifier

Pastiche au théâtreModifier

Pastiche au cinémaModifier

Dans le domaine du cinéma, le pastiche peut être un hommage rendu par un metteur en scène à un autre en reprenant ses angles de caméra, ses techniques d'éclairage ou de mise en scène, ou l'imitation « utilitaire » d'œuvres antérieures.

Les suites ou les films appartenant à un cycle, comme la saga Star Wars de George Lucas, peuvent être considérés comme des pastiches de Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir, le premier film réalisé.[réf. nécessaire]

Notes et référencesModifier

  1. « Pastiche », définition du mot sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales, cnrtl.fr.
  2. Mario Speroni, « Lorenzo Valla a Pavia: Il Libellus contro Bartolo », Quellen und Forschungen aus italienischen Bibliotheken und Archiven, vol. 59,‎
  3. Jennifer Kathleen Mackenzie, « Lorenzo Valla's Critique of Jurisprudence, the Discovery of Heraldry, and the Philology of Images », Renaissance Quarterly, vol. 72, no 4 (hiver),‎ , p. 1183-1224 (DOI 10.1017/rqx.2019.376)
  4. Gilles Gluck, La chute du British Museum (mémoire de maîtrise de traduction littéraire), Paris, Université Paris VII (Institut d'anglais Charles V) (Supervision Mme Tran Van Khaï), , 75 p..
  5. Pastiche sur larousse.fr
  6. « Page d'accueil du site bravepatrie.com » (consulté le ).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier