Parti des communistes de la république de Moldavie

Parti des communistes de la république de Moldavie
(ru) Партия коммунистов Республики Молдова
(ro) Partidul Comuniștilor din Republica Moldova
Image illustrative de l’article Parti des communistes de la république de Moldavie
Logotype officiel.
Présentation
Premier secrétaire Vladimir Voronin
Fondation
Siège 11 rue Iorga Nicolae, Chișinău
Secrétaire exécutif Oleg Reidman (ro)
Fondateur Vladimir Voronin
Journal Comunistul
Organisation de jeunesse Komsomol (ro)
Slogan « République ! Le pouvoir au peuple ! Socialisme ! »
Republică! Puterea poporului! Socialism![1]
Religion Église orthodoxe
Positionnement Extrême gauche
Idéologie Communisme
Marxisme-léninisme
Moldavisme (en)
Russophilie
Affiliation nationale Bloc électoral des communistes et socialistes
Affiliation régionale Union des partis communistes - KPSS
Affiliation européenne Parti de la gauche européenne
Affiliation internationale Solidnet
Adhérents 11 700 (juillet 2018)[1]
Couleurs Rouge
Site web pcrm.md
Représentation
Députés
10  /  101
Présidents de districts
1  /  32

Le Parti des communistes de la république de Moldavie (en russe : Партия коммунистов Республики Молдова, en roumain : Partidul Comuniștilor din Republica Moldova, PCRM) est un parti politique communiste moldave. Il est dirigé par Vladimir Voronin, président de la République entre 2001 et 2009. C'est le seul parti communiste à avoir formé un gouvernement majoritaire dans les États post-soviétiques[2],[3],[Note 1]. Le PCRM se décrit comme un parti socialiste démocratique[1]. Il a été diversement décrit comme communiste[2], moldovéniste (en)[4], et russophile[5],[6],[7].

Affilié à l'Union des partis communistes - Parti communiste de l'Union soviétique, il est également membre du Parti de la gauche européenne[8] et de la Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers[9]. Contrairement à la plupart des partis de gauche et communistes aux vues similaires, en particulier dans le monde occidental, le parti a une vision conservatrice des questions sociales[10],[11], reflétant les vues de Voronin[12], les faibles droits LGBT en Moldavie (en), le fort conservatisme social du pays et l'influence de l'Église orthodoxe moldave[13].

HistoireModifier

Le PCRM est l'héritier du Parti communiste (en) de la République socialiste soviétique moldave, affilié au Parti communiste de l'Union soviétique. Contrairement à beaucoup d'anciens partis communistes des pays de la sphère d'influence soviétique, le PCRM n'a pas bifurqué vers un modèle de parti social-démocrate. Il a gardé comme insignes la faucille et le marteau. Le PCRM souhaite un rapprochement économique et politique avec la Russie alors que d'autres partis moldaves souhaitent un rapprochement avec la Roumanie.

Lors des élections législatives du , le parti est sorti largement en tête avec 45,98 % des voix et 56 des 101 sièges de l'Assemblée moldave. Le Premier ministre Vasile Tarlev, son gouvernement et le président du Parlement Marian Lupu sont issus de ses rangs. En , le Parti est déclaré vainqueur des élections législatives, ce qui provoque des accusations de fraude et de nombreuses manifestations : des élections anticipées sont alors organisées en juillet, et sont remportées par l'opposition libérale. Le PCRM conserve néanmoins le groupe le plus important au parlement, avec 48 sièges sur 101. Le , Vladimir Voronin a démissionné de son poste de président de la République et a été remplacé par Mihai Ghimpu, président par intérim. Lors de nouvelles élections, en avril 2010, le score du PCRM baisse de 6 %, et son nombre de sièges descend à 42.

En 2011, le parti se scinde par consentement mutuel entre Vladimir Voronin qui garde la direction de la moitié continuant à s'appeler « communiste », et Igor Dodon qui prend la direction de l'autre moitié, qui adhère au Parti des socialistes de la république de Moldavie, le faisant subitement grossir et adopter les mêmes orientations politiques que le PCRM[14].

IdéologieModifier

Selon l'art. 1 de ses statuts adoptés en 2008, le PCRM est le « successeur et héritier légitime du Parti communiste de Moldavie (en) tant par ses idées que par ses traditions ». Tout en épousant officiellement une doctrine communiste léniniste, il y a un débat sur son orientation politique réelle. En 2009, The Economist le considérait comme un parti de centre droit, communiste de nom seulement[15],[16]. Le politologue roumain Vladimir Tismăneanu (en) postule que le parti n'est pas communiste au sens classique du terme en raison des nombreux changements intervenus depuis la dissolution de l'Union soviétique, mais qu'il est le successeur évident du Parti communiste de Moldavie, et non quelque chose d'étranger à celui-ci, pour sa nostalgie soviétique[17].

Pour sa dernière période de gouvernance, le PCRM a défini une nouvelle qualité de vie, la modernisation économique, l'intégration européenne et la consolidation de la société comme objectifs pour le pays. Pendant le temps du parti au gouvernement, le parti a adopté des politiques pro-russes, tout en restant attaché à l'intégration européenne. Bien qu'il soit connu pour avoir obtenu l'essentiel de son soutien auprès des retraités, il a également commencé depuis 2009 à attirer plus de voix des jeunes et à adopter une perspective populiste[2], qui a été minimisée pendant le temps du PCRM au gouvernement mais a refait surface au sein de l'opposition et au niveau extra-parlementaire[18]. Contrairement aux partis sociaux populistes, dont certains combinent des politiques de gauche sur le volet socio-économique avec des positions nationalistes plus de droite, le PCRM n'est que marginalement populiste, et son idéologie principale continue d'être le marxisme-léninisme et le socialisme européen[18].

Le parti est connu pour sa position moldaviste (en), soutenant l'existence de la langue et de l'ethnie moldaves[19]. Le parti considère le 28 juin 1940 comme « le jour où la Moldavie a été libérée par l'Union soviétique de l'occupation roumaine »[20],[21]. Pour ces raisons, une partie de la presse (comme Oleg Serebrian)[22] a décrit le parti comme anti-roumain (en)[23].

Résultats électorauxModifier

Élections législatives
Année Voix % Sièges Gouvernement
1998 487 002 30,01
40  /  101
Opposition
2001 794 808 50,07
71  /  101
Tarlev I
2005 716 336 45,98
56  /  101
Tarlev II (2005–2008), Greceanîi I (2008–2009)
04/2009 760 551 49,48
60  /  101
Greceanîi II
07/2009 706 732 44,69
48  /  101
Opposition
2010 677 069 39,34
42  /  101
Opposition
2014 279 372 17,48
21  /  101
Opposition
2019 53 172 3,75
0  /  101
Extra-parlementaire
2021 En coalition
10  /  101

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le Parti communiste de la fédération de Russie (KPRF) a remporté deux élections législatives dans les années 1990 en obtenant une majorité relative (mais notamment pas une majorité absolue) de sièges à la Douma ; cependant, comme la Russie est une république présidentielle et que Boris Eltsine en était le président à l'époque, le KPRF n'a pas été en mesure de former un gouvernement. Le Parti communiste d'Ossétie du Sud, qui était de facto indépendant à l'époque, a remporté la majorité des sièges aux élections de 1994.

RéférencesModifier

  1. a b et c (ro) « Partidul Comuniştilor din Republica Moldova (PCRM) », sur e-democracy.md (consulté le ).
  2. a b et c Vladimir Socor, « Ten Reasons Why the Communist Party Won Moldova's Elections Again », sur Jamestown, Jamestown Foundation, (consulté le )
  3. Graeme P. Herd et Jennifer D. P. Moroney, Security Dynamics in the Former Soviet Bloc, Routledge, (ISBN 9781136497889, lire en ligne), p. 144
  4. « Parliamentary Elections », Center for Strategic and International Studies,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. Vladimir Socon, « Moldova’s Communist Party Haunted by Its Past and Its Present », JamesTown,‎ (lire en ligne)
  6. « Moldova election: Will voters choose EU or Putin? », BBC,‎ (lire en ligne)
  7. « Opportunistic Communist », Politico,‎ (lire en ligne)
  8. « Our Parties », sur European Left, Party of the European Left (consulté le )
  9. (en) « Communist and Workers' Parties », sur solidnet.org (consulté le ).
  10. Mircea Ticudean, « Conservatives Angered By Moldova's Recognition Of Muslims », sur RFERL, Radio Free Europe/Radio Liberty, (consulté le )
  11. (ru) « Voronin vrea referendum 'anti-homosexuali' » [« Voronin wants 'anti-gay' referendum »], sur Point.md, (consulté le )
  12. (ro) « Voronin, ieşire rasistă şi xenofobă în direct la TV: Vreţi să vină soldaţii NATO aici şi să vi se nască copii de culoare? » [« Voronin, racist and xenophobic live broadcast on TV: Do you want NATO soldiers to come here and give birth to children of color? »], Adevărul,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. Madalin Nescutu, « Moldova to Host Global Christian Right-Wing Congress », Balkan Insight,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. (ro) Dodon, Greceanîi şi Abramciuc se retrag din PCRM!, Infoprut, 4 novembre 2011.
  15. « Street scenes », The Economist,‎ (ISSN 0013-0613, lire en ligne, consulté le )
  16. « Who's left? Who's right? », The Economist,‎ (ISSN 0013-0613, lire en ligne, consulté le )
  17. Vladimir Tismăneanu, « What Moldova's Protests Mean », sur RFERL, Radio Free Europe/Radio Liberty, (consulté le )
  18. a et b Paulina Ochoa Espejo, Pierre Ostiguy, Cristóbal Rovira Kaltwasser et Paul A. Taggart, The Oxford Handbook of Populism, Oxford University Press, (ISBN 9780198803560, lire en ligne), p. 227
  19. « Vladimir Voronin: Moldova nu renunta la limba si la trecutul comunist nici de dragul UE - International - HotNews.ro »,
  20. « Comuniștii moldoveni au consemnat eliberarea Moldovei de sub ocupația română »
  21. « 73 de ani de la ocuparea Basarabiei. Comuniştii de la Chişinău au sărbătorit "eliberarea de sub ocupaţia românească" »
  22. « Oleg Serebrean: Comunistii moldoveni si-au facut din antiromanism un pilon doctrinar: ZIUA »
  23. « Politicianismul de la Chişinău provoacă dezamăgire în România »

Liens externesModifier