Ne réveillez pas un flic qui dort

film français

Ne réveillez pas un flic qui dort est un film français réalisé par José Pinheiro, sorti en 1988.

SynopsisModifier

Une nuit, un nombre considérable de trafiquants de drogues, de proxénètes, pédophiles et autres autres gangsters libérés faute de preuves, est assassiné avec cruauté. Le massacre est l'œuvre d'une organisation secrète, Fidélité de la police, que le commissaire principal Roger Scatti (Michel Serrault) a mis vingt ans à construire au sein de la police. Son but est, selon son chef, d'être la meilleure « machine de guerre » « contre la pègre et le communisme », « comme en Argentine ».

Le lendemain, le commissaire divisionnaire Grindel (Alain Delon) — aidé de ses adjoints Lutz (Xavier Deluc) et Péret (Patrick Catalifo) — est chargé de l'enquête. Contrairement à beaucoup de ses collègues qui sont plutôt joyeux de voir la ville débarrassée de criminels, Grindel, lui, « préfère voir les truands aux Assises ».

Au cours de son enquête, Grindel voit les témoins et les informateurs être éliminés méthodiquement. Il s'aperçoit que les tueurs profitent de sympathies, voire de complicités, au sein de la police, et même parmi ses plus proches collaborateurs. Il va comprendre ensuite que le mystérieux réseau est encore plus étendu et plus puissant qu'il ne l'imaginait.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Autour du filmModifier

  • Le film est dédié à Jean Gabin.
  • À la fin du film on peut voir la carte de police, la photo représente Alain Delon dans un autre film semblable Parole de flic
  • Le tournage s'est déroulé de juin à .
  • La séquence de l'attaque d'une estafette de la gendarmerie suivie de l'enquête sur place du commissaire Grindel (environ 10 min), a été tournée dans la carrière Lambert de Cormeilles-en-Parisis (Val-d'Oise). Alain Delon y conduit le scraper de carrière n° 2 (décapeuse) de marque Caterpillar[2].
  • L'intrigue et les personnages du film restent plutôt fidèles au roman de Frédéric H. Fajardie, à une exception notable toutefois : le personnage du commissaire Eugène Grindel a été entièrement modifié. Dans le roman, c'est un policier usé, malade, en fin de carrière et vivant seul. Dans le film, à la demande expresse d'Alain Delon, il est devenu un redoutable commissaire divisionnaire chéri par une jeune femme mannequin.
  • Le rôle principal, interprété par Alain Delon, est celui du commissaire Eugène Grindel. Clin d'œil de Frédéric H. Fajardie en hommage au nom et au prénom de naissance de Paul Éluard. Alain Delon, qui n'avait pas fait le rapprochement, prononçait « Grinn'deul ».
  • Pour le groupuscule « Fidélité de la Police » qu'il a créé dans son roman, Frédéric H. Fajardie s'est vraisemblablement inspiré d'Honneur de la Police, une mystérieuse organisation connue pour avoir revendiqué l'assassinat, en 1979, de Pierre Goldman, militant d'extrême gauche basculé dans le grand banditisme. De nombreux journalistes avaient alors prétendu que les corps de police étaient infiltrés par des organisations d'extrême droite[3].
  • Il est fait plusieurs fois dans le film allusion à l'Argentine et à la Triple A (Alliance anticommuniste argentine), un escadron de la mort tenu pour responsable de nombreux assassinats politiques au cours des années 1970.
  • Le film sera parodié par les Inconnus dans leur sketch Cinéma Cinéma no 2 sous le titre : Ne réveillez pas les couilles d'un flic qui dort.
  • Lors de sa sortie, le journaliste Nicolas Gauthier, dans le magazine Le Choc du mois, établit un lien entre les positions politiques d'Alain Delon, ses plans de carrière et le film. En effet, en 1984, à l'occasion des élections européennes, Alain Delon avait apporté son soutien à Jean-Marie Le Pen. Suite aux polémiques, il se tourne ensuite vers Raymond Barre. L'acteur, en tournant ce film, qui présente certaines similitudes de scénarios avec Parole de flic, aurait voulu « donner des gages de bonne volonté ».aux médias, en jouant au policier « chasseur de fascistes », posant en sauveur de la République face à une caricaturale « droite vue par le professeur Choron »[3].

Notes et référencesModifier

  1. http://www.cnc.fr/web/fr/rechercher-une-oeuvre/-/visa/66829
  2. Vincent Farion, « La carrière à l'écran », sur http://www.museeduplatre.fr/, La Lettre Blanche n° 56,
  3. a et b Nicolas Gauthier, « Alain Delon au service de la propagande antinationaliste », Le Choc du mois, no 15,‎ , p. 25 (ISSN 0986-9727)

Liens externesModifier