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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bonnafous.

Max Bonnafous
Illustration.
Fonctions
Ministre de l'Agriculture et du ravitaillement
Gouvernement Pierre Laval VI
Prédécesseur Jacques Le Roy Ladurie
Successeur Pierre Cathala
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bordeaux, France
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Nice, France
Conjoint Gaby Morlay

Max Bonnafous est un homme politique français né le 21 novembre 1900 à Bordeaux et décédé le 16 octobre 1975 à Nice, socialiste, puis néo-socialiste et enfin ministre du régime collaborationniste de Vichy.

Itinéraire politique avant la guerreModifier

Il est normalien et militant socialiste, membre de la SFIO. Philosophe inspiré par Jean Jaurès, il est maître de conférences en sciences sociales à la faculté de Bordeaux. Il est choisi comme le maître d'œuvre d'une grande édition des Œuvres de Jaurès, préfacée par Léon Blum, qui paraît à partir de 1931 chez Rieder. Neuf volumes paraissent avant la guerre sur la vingtaine prévue.

Proche d'Adrien Marquet et de Marcel Déat, il participe à la scission néo-socialiste de 1933 et milite au Parti socialiste de France. L'année suivante, il est chef de cabinet de Marquet, ministre de l'intérieur du gouvernement Gaston Doumergue.

Lors des élections législatives de 1936, il affronte, sous l'étiquette de l'Union socialiste républicaine, par deux fois (la première élection ayant été invalidée) Philippe Henriot à Bordeaux. Il défend alors le programme du Front Populaire, et se présente alors comme celui qui est « le mieux à même de battre le fascisme dans cette circonscription »[1]. Il échoue cependant à prendre le fief d'Henriot.

En 1937, hostile à l'antisémitisme et à l'hitlérisme, il est en liaison avec un militant juif, qui l’informe des agissements de Louis Darquier de Pellepoix[2],[3].

Ministre de VichyModifier

De nouveau chef de cabinet d'Adrien Marquet du 27 juin au 6 septembre 1940, il rencontre le 25 juillet 1940 Helmut Knochen qui dirige la petite équipe de la SIPO installée à Paris contre l'avis de la Wehrmacht par Himmler et Heydrich[4]. Bonnafous transmet à Knochen la proposition d'Adrien Marquet d'établir un lien direct avec un homme de confiance d'Hitler afin de contourner l'administration militaire allemande.

Après l'éviction de Marquet du gouvernement, Bonnafous est nommé préfet à Constantine (département de Constantine) et à Marseille (Bouches-du-Rhône). Au retour de Laval, en 1942, il devient secrétaire d'État puis ministre de l'Agriculture et du ravitaillement. Il ne cesse d'être ministre qu'en janvier 1944, au moment où son vieux rival Philippe Henriot devient membre du gouvernement.

Il a été décoré de l'ordre de la Francisque[5].

À la LibérationModifier

Il est frappé d'indignité nationale à la Libération, puis rapidement relevé de cette indignité pour services rendus à la Résistance, et pour son attitude vis-à-vis de l'occupant, en particulier lors des nombreux entretiens avec les Allemands à l'hôtel Majestic, où il s'efforce « d'atténuer le plus possible leurs impositions et de résister à leurs exigences »[6]. Dès 1943, en effet, convaincu de la victoire à venir des alliés, il avait mené une sorte de double jeu.

Le 2 décembre 1948, Bonnafous obtient un non-lieu pour charges insuffisantes.

Il se retire de la vie politique, à Nice. À la mort de sa première femme, il épouse, en 1961, l'actrice Gaby Morlay, sa maîtresse, qui décède en 1964. Il meurt à Nice le 16 octobre 1975.

Notes et référencesModifier

SourcesModifier

  • Biographie dans : Simon Epstein, Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Albin Michel, 2008, p. 50-51
  • Article « Bonnafous Max », d'Anne-Martine Fabre, in : Dictionnaire des ministres de 1789 à 1989 Paris, Perrin, 1990 (ISBN 978-2-226-17915-9)

RéférencesModifier

  1. M. Bergès, P. Brana, J. Cavignac, Y. Cuq et J. Dusseau, Les Néo-Socialistes girondins, Institut aquitain d'études sociales, 1988.
  2. Maurice Hermann à Georges Scapini, 3 mai 1937, Archives du Centre de documentation et de Vigiliance, AIU, dossier 29.
  3. Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 60.
  4. Peter Longerich, Himmler, Éditions Héloise d'Ormesson, 2010, p. 483.
  5. Henry Coston (préf. Philippe Randa), L'Ordre de la Francisque et la révolution nationale, Paris, Déterna, coll. « Documents pour l'histoire », (ISBN 2-913044-47-6), p. 30 — première édition en 1987.
  6. Rapport de M. Melox, 18 mars 1946, dossier Bonnafous, Haute Cour de Justice, A.N., 3W75-76.

Liens externesModifier